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Ne vous inquiétez pas mais cherchez

👁 Contemplation · Lc 12, 22-32

Sœur Michèle Marchant · Thèmes spirituels (#7 à #10) · diffusé en juin 2022

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En bref : Cette dernière étape d'une retraite en ligne vous invite à habiter votre vie telle qu'elle est, sans la fuir. Sœur Michèle Marchant vous propose d'apprendre à durer en consentant au réel. Elle vous guide ensuite dans une prière sur l'évangile des corbeaux et des lis, pour chercher d'abord le Royaume de Dieu.

Bonjour à tous, Sœur Michèle vous rejoint pour la dernière étape de notre retraite d'année, l'étape 12 : « Ne vous inquiétez pas, mais cherchez ». Je suis toujours heureuse de vous retrouver pour notre parcours « J'expérimente une retraite ». Mais c'est déjà la fin de notre retraite.

Apprendre à durer

Il s'agit maintenant d'apprendre à durer. Durer malgré les aléas de la vie, durer avec tout ce que réservent nos existences, mais jamais sans Dieu. Et comment faire ?

Toi qui as promis d'envoyer l'Esprit à ceux qui te prient, voici l'heure.

Au long de cette retraite, nous avons appris que Dieu me parle dans la journée. C'est la relecture quotidienne qui nous permet de discerner la présence de Dieu. Notre expérience est peut-être faite d'une succession de relectures plus ou moins approfondies. Est-ce que j'habite vraiment ma vie telle qu'elle est maintenant, avec toute sa réalité, tous ses accidents de parcours ?

Jésus, toi qui as promis d'envoyer l'Esprit à ceux qui te prient, pour le porter au monde.

Consentir au réel

Il nous est demandé de ne pas fuir : notre vie est occasion de faire des rencontres dynamisantes ou difficiles. Je peux me heurter aux autres, tel événement contrarie mes projets — tout cela, voilà ma vie. C'est le lieu où Dieu me fait signe, c'est là qu'il me rejoint et non ailleurs, dans ma vie telle qu'elle est, non comme je la rêve.

Nous rêvons d'être autres, d'être ailleurs, ou que les autres correspondent à nos attentes ; nous pensons facilement que si nous pouvions changer le monde ou changer les autres, la vie serait bien meilleure. Dans tout ce qui me résiste, je fais l'expérience, parfois et même souvent douloureuse, que ni les temps, ni les moments, ni les choses, ni les êtres ne m'appartiennent.

Habiter ma vie, c'est y consentir, c'est l'aimer. Consentir, c'est aimer ; ce n'est pas se résigner, c'est un dynamisme positif. Notre histoire, nos échecs dans nos rencontres et nos relations, nos chutes et même nos fragilités, nos limites et pesanteurs, tout autant que nos réussites et nos dons, peuvent entrer dans cet amour.

Il nous est demandé de rester attentifs au réel, de ne pas nous laisser envahir par les regrets, les impatiences qui surgissent à la moindre occasion, quand les choses ne vont pas ainsi.

Jésus, toi qui as promis d'envoyer l'Esprit à ceux qui te prient, pour le porter au monde.

S'appuyer sur la réalité, c'est s'appuyer sur un sol ferme. Le consentement au réel se joue dans de toutes petites choses : un feu rouge quand je suis pressé, une visite importante à l'improviste m'obligeant à modifier mes projets, un ordinateur qui se bloque. Tout cela me provoque. C'est un long apprentissage qui nous permettra d'entrer avec souplesse dans ce quotidien.

Je vous propose une citation de Marie-Thérèse Abgrall :

Le cœur ainsi s'apprivoise à la conduite de l'Esprit, s'accorde peu à peu à ses projets qui sont immenses, plus grands que notre cœur.

Nos humeurs et impressions, cessant d'être nos maîtres, alors peut s'établir en nous cet état d'union à Dieu en toutes choses, comme un instinct spirituel qui nous fait réagir au bon moment, de la bonne manière, avec la justesse de Dieu.

Pour venir ainsi dans l'essentiel, je vous propose un temps de prière avec l'évangile de Luc, les corbeaux et les lis des champs.

Le texte : Luc 12, 22-32

Puis il dit à ses disciples : Voilà pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.

Regardez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux ! Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant, ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Si donc les plus petites choses mêmes passent votre pouvoir, pourquoi vous inquiéter des autres ?

Regardez les lis, comme ils ne filent ni ne tissent. Or je vous le dis, Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Que si, dans les champs, Dieu revêt de la sorte l'herbe qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, combien plus le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi !

Ne cherchez donc pas, vous non plus, ce que vous mangerez ou boirez, et ne vous tourmentez pas. Car ce sont là toutes choses dont les païens de ce monde sont en quête. Mais votre Père sait que vous en avez besoin. Aussi bien, cherchez son royaume, et cela vous sera donné par surcroît.

Sois sans crainte, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume.

Se rappeler l'histoire

D'abord, je me rappelle l'histoire. Jésus parle à ses disciples ; il enseigne ceux qui ont déjà choisi de le suivre librement. Il les introduit dans une manière de vivre nouvelle, à partir d'exemples simples pris dans leur vie quotidienne. Il parle du royaume de Dieu, son Père.

Jésus, toi qui as promis d'envoyer l'Esprit à ceux qui te prient.

Demander la grâce

Et je demande au Seigneur la grâce d'ouvrir mes yeux à la réalité du royaume. J'écoute la parole, je la laisse agir en moi. Je regarde ce qui se passe et je me laisse transformer par la scène que je contemple. Ici, je peux m'arrêter en particulier sur trois passages.

« Ne vous inquiétez pas »

Après la générosité et l'élan suscités par leur appel à suivre Jésus, les disciples commencent à s'inquiéter du lendemain. C'est beau de suivre le Christ, mais il faut quand même se nourrir et se vêtir. Alors j'entends résonner l'invitation de Jésus sur ce fond de préoccupation de la vie de tous les jours. Il les introduit à une autre réalité : la vie est plus que cela, le corps est plus que cela. J'entre à ma mesure dans ce « plus que cela », me demandant ce que représentent pour moi la vie, le corps, et ce pour quoi je m'inquiète.

Considérer

Jésus n'appelle pas à l'insouciance, mais cherche à éveiller ses disciples à d'autres réalités, en prenant des exemples d'une simplicité biblique. Je considère à mon tour les trois exemples que donne Jésus : les corbeaux, la durée de la vie, les lis. Je laisse les jeux de comparaison agir en moi, éclairer ma vie, mes angoisses, mes inquiétudes. Je les laisse affermir en moi la valeur que j'ai aux yeux de Dieu, la prévenance qu'il déploie à mon égard.

Chercher le royaume

À la fin, Jésus parle de son Père, de son royaume qui nous est donné. J'entends ce que dit Jésus de Dieu, son Père et notre Père. Que sait-il ? Quel a été son projet à notre égard ? J'entends l'assurance qui doit être la nôtre, selon Jésus, la promesse du don qui nous est fait. J'entends la recherche qui doit finalement être la nôtre, ce qui doit finalement être l'objet de nos inquiétudes.

Jésus, toi qui as promis d'envoyer l'Esprit à ceux qui te prient, pour le porter au monde.

Conclure la prière

Et je conclus ma prière avec une prière d'Église : le Notre Père, par exemple.

Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.