Une vie reçue
👁 Contemplation · Mc 10, 13-16
Sœur Michèle Marchant · Thèmes spirituels (#7 à #10) · diffusé en mai 2022
🎧 Écouter sur Radio Grand CielEn bref : Sœur Michèle vous guide dans une contemplation de l'évangile des enfants présentés à Jésus (Marc 10). Vous entrez dans la scène, vous regardez Jésus se fâcher puis bénir, et vous vous laissez aimer comme un tout-petit. Sainte Thérèse et le portail de la cathédrale de Chartres prolongent cette prière d'une vie reçue.
Bonjour, Sœur Michèle est au micro. Je vous parle depuis le Prieuré Saint-Thomas, à Épernon. Je suis très heureuse de vous retrouver pour notre parcours « J'expérimente une retraite ». Nous sommes passés par bien des étapes depuis septembre. Je vous les rappelle : faire silence intérieurement, accueillir Dieu, demander une grâce, écouter Dieu, lui parler, le remercier, prier avec ma journée. Puis, en carême, « Venez vous abreuver » et « Espère, Israël ». Et, en temps pascal, « Tout est grâce ». Nous en sommes à la onzième étape, grâce à « Prie en Chemin », le portail de la spiritualité à l'école d'Ignace de Loyola et des Jésuites.
Si tu savais le don de Dieu, c'est toi qui m'aurais demandé à boire.
Je suis ton Dieu, ton Créateur, viens reposer sur mon cœur. Je suis le Dieu qui t'aimait, je suis le Dieu qui t'a fait, celui qui t'a tissé dans le sein de ta mère. J'ai tout donné pour ta vie, ne crains plus désormais, car je t'ai racheté.
Le texte : Marc 10, 13-16
On lui présentait des petits enfants pour qu'il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. Voyant cela, Jésus se fâche et leur dit : « Laissez les petits enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car c'est à leur pareil qu'appartient le royaume de Dieu. En vérité, je vous le dis, quiconque n'accueille pas le royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas. » Puis il les embrassa et les bénit en leur imposant les mains.
Demander la grâce
Pour prier le Seigneur à partir de ce récit, je lui demande son aide, pour que je puisse consentir à être aimé de Dieu, son Père et notre Père.
Composer le lieu
Je peux m'aider à écouter la parole en imaginant le lieu où se déroule la scène que je vais prier. Ici, ce sera une route, ou peut-être un chemin, sur lequel Jésus et ses disciples marchent. Ou peut-être une place de village, un lieu ombragé, où Jésus aime rencontrer les gens.
J'écoute la parole, je la laisse agir en moi. Je regarde ce qui se passe et je me laisse transformer par la scène que je contemple.
Regarder la scène
Ici, je peux m'arrêter en particulier sur trois passages.
On fait toucher des enfants à Jésus. Les disciples les grondent : on ne dérange pas le Maître. Je prends le temps de voir les disciples qui font barrage. Pourquoi ne veulent-ils pas que l'on fasse toucher des enfants par Jésus ? Je prends également le temps de voir ceux qui présentent les enfants. Qu'attendent-ils de Jésus ? Qui est-il pour eux ? Et moi, de quel côté est-ce que je me reconnais le mieux ?
Jésus se fâche. Le mot est de Marc lui-même. Jésus ordonne aux disciples de ne pas empêcher la venue des enfants. Pourquoi se fâche-t-il ainsi ? Jésus s'explique lui-même en évoquant le royaume de Dieu qui est à accueillir, à accueillir pour y entrer. J'entends la manière dont Jésus réagit, le ton de sa voix, la vigueur de sa réaction. Il parle du royaume et d'empêchement pour y arriver. À quoi cela m'invite-t-il ?
Jésus embrasse, bénit, impose les mains. Je regarde ses gestes. Je m'attarde sur leur signification, sur le visage de Dieu ainsi révélé.
Le colloque
Je peux ensuite m'interroger sur la relation que Dieu veut nouer avec moi, et sur la relation que moi, je veux nouer avec lui. Et je parle à Dieu comme un ami parle à son ami.
Avec sainte Thérèse
Pour poursuivre, je peux écouter la petite Thérèse. Avoir une âme d'enfant, c'est bien la petite Thérèse qui peut nous l'apprendre. Je vous la cite dans un texte écrit, bien sûr, au XIXe siècle : nos mots seraient différents, mais c'est bien la même réalité. Voici ce qu'elle dit :
J'ai compris que l'amour de notre Seigneur se révèle aussi bien dans l'âme la plus simple, qui ne résiste en rien à sa grâce, que dans l'âme la plus sublime ; en effet, le propre de l'amour étant de s'abaisser. Si toutes les âmes ressemblaient à celles des saints docteurs qui ont illuminé l'Église par la clarté de leur doctrine, il semble que le bon Dieu ne descendrait pas assez bas en venant jusqu'à leur cœur. Mais il a créé l'enfant qui ne sait rien et ne fait rien ; il ne fait entendre que de faibles cris. Il a créé le pauvre sauvage n'ayant pour se conduire que la loi naturelle. Et c'est jusqu'à leur cœur qu'il daigne s'abaisser. Ce sont là ces fleurs des champs dont la simplicité le ravit. En descendant ainsi, le bon Dieu montre sa grandeur infinie. De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle était seule sur la terre, de même notre Seigneur s'occupe aussi particulièrement de chaque âme que si elle n'avait pas de semblable. Et comme dans la nature toutes les saisons sont arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble pâquerette, de même tout correspond au bien de chaque âme.
Ce texte est tiré de ses œuvres complètes, aux éditions du Cerf.
La création de l'homme à la cathédrale de Chartres
Je vous invite aussi à regarder la création de l'homme, au portail nord de la cathédrale de Chartres. À son sujet, je vous lis ce poème :
Par sa jeunesse et son auréole porteuse de la croix, Dieu créateur est ici père et fils réunis en un seul. Assis et tout à son ouvrage, il tient entre ses mains la tête qu'il pétrit, caresse de celui qui fait l'humain à son image. De fait, ils se ressemblent. Adam, encore inachevé, repose, confiant, sur les genoux de celui qui le crée. Yeux clos, sourire aux lèvres, il est le bienheureux qui se connaît aimé.
Bon temps de prière. Je vous rappelle que, tout l'été, au Prieuré Saint-Thomas, on peut venir faire une retraite : deux jours, trois jours, huit jours si on veut. Il suffit de consulter le site du Prieuré Saint-Thomas. Au revoir à vous.
Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.