Seigneur, viens convertir nos indifférences
📖 Méditation du dimanche · 26e dimanche du temps ordinaire, année C · Lc 16, 19-31
Élisabeth et Pascal Péron · Méditations ignatiennes CVX — 2025 · diffusé en sept. 2025
🎧 Écouter sur Radio Grand Ciel📖 Ce texte à la messe : Lu récemment : Jeudi 5 mars 2026 · jeudi, 2ᵉ sem. Carême (paire)
En bref : Vous entrez dans la parabole de l'homme riche et de Lazare à la manière de saint Ignace. Vous contemplez la scène, vous laissez les images vous saisir, puis vous reconnaissez en vous ce qui demeure pauvre et ce qui reste fermé. Un colloque et un chant de Michel Scouarnec referment ce temps de prière.
Se préparer
Les textes de dimanche prochain, 28 septembre, nous rappellent avec force les paroles du pape François dans Laudato si'. Notre maison commune est menacée, lézardée par les fossés et tous les murs qui la défigurent. Entendrons-nous gémir tous les Lazare de notre temps ?
Seigneur, touche nos cœurs et nos oreilles. Nous écoutons le chant : « Là où sont amour et charité. »
Le texte choisi pour cette méditation est tiré de l'évangile de saint Luc, chapitre 16.
Le texte : Luc 16, 19-31
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or, le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin, et Lazare tout près de lui. Alors il cria : "Père Abraham, prends pitié de moi, et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise."
"Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous."
Le riche répliqua : "Eh bien, père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j'ai cinq frères : qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture."
Abraham lui dit : "Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent."
"Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront."
Abraham répondit : "S'ils n'écoutent pas Moïse ni les prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus." »
Je contemple la scène
Je contemple la scène. Je me laisse saisir par la force des images. Je vois cet homme riche, repu, et Lazare, dehors, qui n'a rien, qui n'est rien. Rien, et pourtant il est nommé, reconnu. Il existe donc, alors que l'autre n'a pas de nom. Je médite cela.
À sa mort, le riche retourne à la terre. Lazare, lui, est porté par les anges tout auprès d'Abraham. Oui, il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Alors merci, Seigneur, pour ceux qui, en moi, demeurent pauvres, affamés, dépendants de toi. Et pardon pour ceux qui restent fermés sur mes richesses, mes sécurités.
La suite de la parabole peut paraître cruelle. L'abîme est dit infranchissable. Pourtant, tout à la fin, imperceptiblement, c'est comme un jour qui se lève. Je cite : « Quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts. » Nous le savons, le Christ seul a pu franchir cet abîme, lui qui est descendu aux enfers prendre par la main ceux et celles qui l'y attendaient. Est-ce que ma foi en sa victoire sur la mort est totale et définitive, en toute confiance et certitude ?
Je relis une fois encore ce texte, en portant mon attention sur ce qui fait davantage sens pour moi : la vacuité de l'un, la douleur de l'autre, sa consolation.
Reprise du texte
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or, le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin, et Lazare tout près de lui. Alors il cria : "Père Abraham, prends pitié de moi, et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise."
"Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous."
Le riche répliqua : "Je te prie donc, père, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j'ai cinq frères : qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture."
Abraham lui dit : "Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent."
"Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront."
Abraham répondit : "S'ils n'écoutent pas Moïse ni les prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus." »
Le colloque
Maintenant, dans le temps du colloque, du cœur à cœur, je me tourne vers mon Père. Lui sait ce qu'il y a en moi, à la fois du riche et de Lazare. Qu'il m'éclaire, qu'il me console, qu'il fortifie ce qui doit l'être.
Le chant final
Pour finir ce temps, nous écoutons deux strophes d'un des chants écrits par Michel Scouarnec.
Ouvre mes mains, Seigneur, qui se ferment pour tout garder. Le pauvre a faim devant ma maison : apprends-moi à partager.
Fais que j'entende, Seigneur, tous mes frères qui crient vers moi. À leurs souffrances et à leurs appels, que mon cœur ne soit pas sourd.
Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.