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Le Mouvement eucharistique des jeunes

🎓 Enseignement

Élisabeth et Nathalie Rousseau · Témoins d'hier et d'aujourd'hui · diffusé en sept. 2019

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En bref : Vous découvrez ici le témoignage de Nathalie Rousseau, mégiste depuis l'enfance et responsable de l'équipe diocésaine du Mouvement eucharistique des jeunes en Eure-et-Loir. Elle raconte comment ce mouvement a été pour elle une école de prière, d'amitié avec le Christ et de service. L'émission se termine par la prière du MEJ.

Bonjour à vous tous qui rejoignez notre émission « Foi, chemin de liberté ». Aujourd'hui, dans notre rubrique « Témoins d'hier et d'aujourd'hui », j'ai le plaisir de recevoir Nathalie Rousseau.

Élisabeth. Bonjour Nathalie, et merci d'être avec nous aujourd'hui pour nous parler du Mouvement eucharistique des jeunes, le MEJ. Avant d'entrer dans le vif du sujet, peux-tu nous dire un peu qui tu es, d'où tu viens ?

Nathalie. Tout d'abord, je suis ravie de rejoindre aujourd'hui les auditeurs de Radio Grand Ciel. Je suis mariée à Olivier depuis 23 ans, maman de deux enfants, tous deux jeunes adultes. Je vis en Beauce, je travaille à Chartres tout en étant engagée dans le MEJ de notre diocèse, et j'ai la joie d'être mégiste depuis l'âge de 12 ans.

Un parcours commencé dans l'enfance

Élisabeth. Tu es donc dans le MEJ depuis longtemps. Est-ce que tu pourrais nous parler de ton parcours dans ce mouvement ?

Nathalie. J'ai été nourrie par le Mouvement eucharistique des jeunes depuis mon enfance, comme mégiste dans ma ville natale, à Brou. C'est à la fin du caté, encouragée par le curé de l'époque et sœur Marie-Thérèse, une religieuse de Saint-Paul, qui nous a proposé le MEJ dans notre paroisse. J'ai tout de suite adhéré à cette proposition avec d'autres jeunes de mon âge.

Comme jeune témoin d'abord, puis témoin aîné, nous nous réunissions chez les sœurs de Saint-Paul, à Brou, les samedis après-midi, avant la messe. Nos rencontres étaient de vrais moments de joie, de prière, de partage aussi, car nous réalisions de nombreux projets au profit des sœurs de Saint-Paul. Grâce à elles, nous voyagions au bout du monde, car les sœurs nous parlaient beaucoup de ce qu'elles vivaient dans les missions en Asie et en Afrique.

Les missions des sœurs de Saint-Paul

Élisabeth. Tu viens de nous parler des projets portés par les sœurs de Saint-Paul. Nous aimerions bien en savoir plus.

Nathalie. C'était très concret. Les sœurs de Saint-Paul ont de nombreuses missions dans le monde entier. Nous découvrions grâce à elles, avec intérêt et curiosité, leur quotidien dans leurs missions, et nous participions financièrement à leurs œuvres pour les missions d'Afrique et d'Asie. Par exemple, au cours de nos réunions d'équipe, nous fabriquions des cartes de vœux, des crèches, des objets décoratifs, que nous vendions à la sortie des messes. Et le fruit de la vente partait aux quatre coins du monde pour soutenir leurs écoles, leurs dispensaires.

Une école de prière

Élisabeth. Il y avait de vrais moments de prière. Ils t'ont sûrement nourrie. Comment cela se déroulait-il ?

Nathalie. Le MEJ a été, et il est toujours pour moi, une école de prière. Enfant, je ne priais pas en famille, je ne savais pas prier. C'est grâce à ma vie d'équipe au MEJ et en participant à la messe que j'ai appris à prier. Nous aimions bien préparer la prière universelle pour ensuite la lire à la messe.

Animatrice à Gallardon

Élisabeth. Et puis les années ont passé, tu as commencé à travailler. Quelle place a alors occupé le MEJ à cette période de ta vie ?

Nathalie. Devenue jeune professionnelle et travaillant à Saint-Symphorien-le-Château, j'ai rejoint l'équipe locale du MEJ de Gallardon. Et c'est là que je suis devenue animatrice d'une équipe de lycéens avec Olivier, mon mari.

Élisabeth. Cette équipe de lycéens, c'était pour toi une expérience nouvelle. Que leur proposais-tu de vivre, et sous quelle forme ?

Nathalie. Nous nous retrouvions surtout les week-ends avec ces jeunes. C'étaient des mini-week-ends. Cela nous permettait de vivre un temps convivial suffisamment long pour favoriser la cohésion du groupe, pour avoir le temps de réfléchir sur notre thème et pour prier.

Un engagement vécu en couple

Élisabeth. Mais tu n'étais plus seule, puisque tu as vécu cet engagement avec Olivier. Peux-tu nous dire en quoi cela a nourri le tout jeune couple que vous étiez alors ?

Nathalie. Nous avons toujours eu le désir de vivre un engagement commun. Notre choix se portait vers une mission d'Église, et le MEJ nous est apparu comme une évidence puisque chacun de nous y était engagé. Préparer les réunions d'équipe en couple, les vivre et les relire ensemble, nous a permis de nous enrichir mutuellement et de prendre le temps de nous poser ensemble.

Ses enfants rejoignent le MEJ

Élisabeth. Et ensuite, Nathalie ?

Nathalie. Quelques années plus tard, au sein de la paroisse d'Auneau, j'ai eu la chance d'accompagner de nouveau des jeunes dans leur croissance humaine et spirituelle. Le MEJ s'y est développé et mes enfants ont pu également goûter les pépites du MEJ.

Élisabeth. J'imagine combien tu as dû être heureuse de voir tes enfants rejoindre ce mouvement. Comment cela s'est-il fait ?

Nathalie. Oh oui, en effet. François, notre aîné, alors âgé de 7 ans, avait le désir de faire du scoutisme. Mais pas de groupe dans notre paroisse. Alors nous lui avons proposé le MEJ et de créer une petite équipe locale. Un jeudi saint, au début de la célébration, il a fait part de son désir à Jean-Marie Liutz, notre curé à l'époque. Et bingo, à la fin de la messe, il encourage François à prendre la parole. À la sortie de la messe, six garçons et filles de son âge sont venus s'inscrire. Ce fut le début d'une vie d'équipe joyeuse et lumineuse, et d'autres équipes ont ensuite été créées dans notre secteur. Et tu vois, Élisabeth, je suis convaincue qu'avec la grâce de Dieu, le désir profond des enfants est toujours exaucé.

La place du MEJ dans sa vie de foi

Élisabeth. J'en suis bien convaincue aussi. Et maintenant, quelle est la place du MEJ dans ta vie de foi ?

Nathalie. Je dois dire que le MEJ fait partie de mon ADN. C'est au cœur de ce mouvement que j'ai réellement découvert le don de soi, la fraternité, l'amitié aussi avec le Christ, et puis approfondir ma vie intérieure.

Responsable de l'équipe diocésaine

Élisabeth. Aujourd'hui, quel est ton rôle dans le MEJ ?

Nathalie. Je suis depuis plusieurs années responsable de l'équipe diocésaine du MEJ. J'ai été appelée à cette mission en juin 2014, ayant reçu une lettre de mission de l'aumônier national du MEJ, co-signée par l'évêque de l'époque, Mgr Pansard.

Élisabeth. Et en quoi consiste précisément ta mission ?

Nathalie. J'ai pour mission de coordonner la vie du MEJ sur le territoire de l'Eure-et-Loir, et de représenter le mouvement auprès des instances de l'Église et des pouvoirs publics. Je suis aussi chargée de prendre soin des animateurs.

Élisabeth. Prendre soin, c'est tellement important. Mais de quelle manière ?

Nathalie. Nous nous rencontrons en équipe locale régulièrement, que ce soit pour prier, pour nous former, pour échanger. L'écoute de nos joies, mais aussi de nos difficultés, permet de nous soutenir et de nous nourrir les uns les autres. Relire nos missions à la lumière de la parole de Dieu, c'est ça, prendre soin.

Élisabeth. J'imagine qu'une telle mission est très importante.

Nathalie. Oui, c'est une mission extraordinaire, mais je ne la vis pas seule. Car au-delà des liens avec les instances nationales et régionales, je vis cette mission en co-responsabilité avec le Père Silouane, notre aumônier, actuellement curé de la paroisse bienheureuse Marie Poussepin. Mais je la vis aussi avec les membres de l'équipe diocésaine. Il s'agit principalement des animateurs des équipes de jeunes et de quelques amis du MEJ qui assurent des missions ponctuelles.

Les quatre essentiels du MEJ

Élisabeth. Toi qui connais si bien le MEJ, en quoi est-il, comme tout mouvement d'ailleurs, unique et spécifique ?

Nathalie. C'est tout simple. Je dirais que cela repose sur les quatre essentiels de notre projet éducatif.

Premier essentiel, l'amitié avec Jésus : fonder sa vie sur lui, le connaître pour mieux l'aimer et le suivre.

Deuxième essentiel, l'unité des relations à soi, à Dieu et aux autres, c'est-à-dire s'épanouir en maintenant l'équilibre dans les divers domaines de sa vie et en cultivant l'esprit de fête. Au MEJ, nous chantons beaucoup.

Troisième essentiel, la liberté intérieure, c'est-à-dire se rendre libre et disponible par la dynamique eucharistique, qui est centrale dans notre mouvement.

Et enfin, l'engagement et le service : choisir de s'engager pour et avec les autres en vue d'un monde plus fraternel.

Comment rejoindre le MEJ

Élisabeth. Merci Nathalie. Si tu le veux bien, on pourrait peut-être aborder maintenant le sujet de façon plus concrète. Par quels moyens tous ces jeunes peuvent-ils rejoindre le MEJ ?

Nathalie. Les moyens sont assez divers dans notre diocèse. Le MEJ fait partie des diverses propositions post-catéchèse, tout comme l'aumônerie, les mouvements d'action catholique ou bien le scoutisme. Pour les plus jeunes, ils sont souvent issus de familles dont les parents ont eux-mêmes été nourris par le MEJ dans leur enfance. Pour les plus grands, il s'agit d'une décision personnelle après avoir été interpellés, par exemple par un ami, un catéchiste, un prêtre. Mais nous accueillons également des jeunes lycéens qui n'ont jamais reçu d'éducation religieuse et qui cherchent à donner du sens à leur vie. C'est une joie pour nous et d'une grande richesse pour l'équipe, et le MEJ est une porte d'entrée pour eux.

La vie d'équipe

Élisabeth. Comment se passe une réunion d'équipe, et à quel rythme se retrouve-t-elle ?

Nathalie. Une vie d'équipe régulière est essentielle. Toutes les deux ou trois semaines, selon l'âge et les réalités de l'équipe. Chacun y trouve sa place, est reconnu et aimé pour lui-même. Les jeunes y partagent leur vie et leur foi, et ils le font à la lumière de la parole de Dieu. Cette vie d'équipe est un lieu privilégié pour développer son sens de l'écoute : s'écouter les uns les autres, écouter ce qui se passe autour d'eux et en eux-mêmes. Tout cela grâce à une ambiance favorable. Les jeunes sont encouragés à parler.

Temps forts et rassemblements

Élisabeth. À part ces rencontres d'équipe, dont j'ai bien compris qu'elles sont essentielles, qu'est-ce que propose le MEJ à tous ces jeunes qui le rejoignent ?

Nathalie. Des temps forts diocésains, régionaux ou nationaux, des camps d'été. Ce sont des temps spécifiques pour les jeunes, pour aller à la rencontre et pour élargir leur tente. Il y a aussi les rencontres diocésaines comme « Jeunes en marche », les messes des jeunes inter-mouvements à Chartres, qui sont également des lieux d'appartenance à une communauté plus large. Ils permettent de se mettre en mouvement, de bouger, de cheminer et de se déplacer intérieurement.

Une journée avec l'hospitalité de Lourdes

Élisabeth. Tu viens de nous parler de temps forts. Aurais-tu un exemple vécu récemment ?

Nathalie. Oui, avec beaucoup de joie, Élisabeth. Le 19 mars dernier, nous avons eu la grande chance de vivre une journée entière avec l'hospitalité chartraine Notre-Dame de Lourdes, avec les pèlerins malades et handicapés, avec les hospitaliers. Ensemble, jeunes et animateurs du MEJ, rejoints par l'aumônier, nous avons vraiment expérimenté l'amour, la fraternité, la solidarité, la beauté, la joie. Ce fut réellement une journée joyeuse, heureuse, comme on aime tant les vivre au MEJ.

Élisabeth. J'imagine que vivre de tels moments est une expérience très enrichissante, qui nourrit, qui porte du fruit.

Nathalie. Oui, je dirais : amour, bonté, joie, douceur, bienveillance, fidélité, confiance en Dieu, paix, liberté intérieure, maîtrise et patience. Ce sont les fruits de l'Esprit dont nous parle si bien saint Paul.

Accompagner les adolescents

Élisabeth. Il y a sans doute eu des expériences, des vécus, heureux ou plus difficiles, à la source de ces fruits que tu viens de citer. Est-ce que tu pourrais nous en partager un peu ?

Nathalie. Tu le sais, Élisabeth, être animateur, c'est aussi être accompagnateur et éducateur. Nous accompagnons des adolescents, et l'adolescence est pour certains d'entre eux une période très compliquée, une traversée difficile et parfois même douloureuse : corps constamment en évolution, personnalité en construction. Eh bien, grâce au charisme et à la bienveillance des animateurs, bon nombre de jeunes ont pu sortir de leurs difficultés et s'accomplir. J'ai en tête des visages de gars et de filles. Certains, devenus adultes, en témoignent aujourd'hui. Je retiendrai donc maîtrise, patience et confiance en Dieu. Et ces fruits sont pour nous animateurs des cadeaux reçus. J'en suis moi-même réellement témoin.

Le MEJ en quelques mots

Élisabeth. Et si on essayait de résumer tout cela en quelques mots ?

Nathalie. Au MEJ, on croit que, grâce à l'amour chrétien, un monde meilleur est possible. On apprend les valeurs de solidarité, de paix et de dignité de l'homme. On lance le défi de l'aventure de l'amour gratuit, offert à tous sans exception. On présente la beauté de la vie en communauté. On propose l'offrande de sa propre vie, et on cultive des espaces de respect et d'éducation.

La prière du MEJ

Élisabeth. Un grand merci, Nathalie, pour ce témoignage et ce beau partage. Pour finir, nous vous proposons de découvrir, si vous ne la connaissiez pas, la prière du MEJ.

Nathalie. La prière du MEJ s'inspire de l'envoi en mission de saint Paul. Elle nous invite à faire de nos vies une eucharistie, en nous rassemblant dans l'unité, en apprenant à redire le « oui » du Christ à son Père dans nos gestes quotidiens, et en nous appelant à devenir témoins de sa bonne nouvelle.

Apprends-nous, Seigneur, à te choisir tous les jours, à redire ton « oui » en chacun de nos actes. Donne-nous de te suivre sans peur et de t'aimer plus que tout. Rends-nous frères, toi qui nous as rassemblés. Fais de nous des témoins devant tous nos frères de ce que nous avons vu et entendu, de ce que nous croyons et vivons, pour que tout homme avec nous reconnaisse en toi l'unique Seigneur. Amen.

Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.