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Résumé : En ce cinquième jour, le frère Paul-Adrien clôt le prologue biblique et entre dans le temps de l’histoire avec Genèse 10–11. Après la table des nations (descendants de Noé) et le récit de la tour de Babel — symbole d’orgueil et de peur face à Dieu —, la généalogie conduit jusqu’à Abraham, père des croyants, dont la famille marquée par un déficit de vie va tout quitter pour suivre Dieu. Le commentaire relie Babel à la Pentecôte, qui inversera la dispersion des langues par l’unité de l’Esprit Saint.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Cinquième jour de notre parcours biblique. Ça commence à peut-être ressembler à quelque chose, peut-être que vous avez commencé à mettre ça dans une de vos routines quotidiennes. Ça va être le moment aussi où, quand même, de manière solennelle, je vous dis que si vous voulez nous aider, c’est possible. Parce que moi, ce beau petit podcast, je l’ai fait tout seul, avec mes petites mains et mes petites forces, donc ça demande pas mal de travail. Si vous voulez être sympa, aidez-moi à payer les patates. Je vous mets plein de liens pour nous aider. Je suis heureux qu’il soit gratuit. N’oubliez pas que derrière, il y a quand même pas mal de travail et il faut bien que je vive aussi, moi et ma petite équipe. Soyez généreux.

Aujourd’hui, nous commençons un nouveau cycle. Jusqu’à présent, c’était, comment je pourrais dire ça, la préhistoire biblique. Le Déluge, Adam et Ève, Caïn et Abel. Des personnages, on ne sait pas tant. On ne sait pas très bien s’ils ont existé, s’ils n’ont pas existé, mais le prologue maintenant est fini. Il aura posé la question de la chute, du jardin d’Éden perdu et qu’il faut retrouver. Et puis ensuite, il aura posé la question de l’Alliance, la pédagogie que Dieu va utiliser pour nous ramener jusqu’à lui.

Fin du prologue biblique et maintenant, nous entrons dans le temps humain, dans le temps de l’histoire. Ce sera celui d’Abraham et nous allons commencer à poser le décor de la vie d’Abraham avec Genèse chapitre 10 et chapitre 11. On va parler de sa famille, donc ça va être une longue série de généalogies avec, intercalé au milieu, un passage que vous connaissez bien : la tour de Babel.

Lecture : Genèse 10–11

Voici la descendance des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils, après le Déluge.

Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Yavan, Toubal, Méshek et Tiras. Fils de Gomer : Ashkenaz, Riphat et Togarmah. Fils de Yavan : Élisha, Tarsis, Kittim et Rodanim. C’est à partir d’eux que se fit la dispersion dans les îles des nations. Chacun s’installa selon son clan et sa langue, sur sa terre, parmi les nations.

Fils de Cham : Koush, Misraïm, Pout et Canaan. Fils de Koush : Séba, Havila, Sabtah, Raama, Sabteka. Fils de Raama : Saba et Dédane.

Koush engendra Nemrod. Il fut le premier héros sur la terre. C’était un vaillant chasseur devant le Seigneur. C’est pourquoi on dit : « Être tel Nemrod, vaillant chasseur devant le Seigneur. » Les capitales de son royaume furent Babel, Érek, Akkad, Kalné, au pays de Shinéar. De ce pays sortit Assur, qui construisit Ninive, Rehovot-Ir, Kalah et Résèn, entre Ninive et Kalah. C’est la grande ville.

Misraïm engendra les gens de Loud, d’Einam, de Léhab, de Naphtouah, de Patrousch et de Kaslouah, d’où sortirent les Philistins, et les gens de Kaphtor.

Canaan engendra Sidon, son premier-né, et Heth. Puis le Jébuséen, l’Amorite, le Guirgashite, le Hivvite, l’Arkite, le Sinite, l’Arvadite, le Tsemarite, le Hamatite. Et les clans cananéens se dispersèrent ensuite. Le territoire cananéen s’étend de Sidon vers Guérar jusqu’à Gaza, vers Sodome et Gomorrhe, Adma et Tseboïm, jusqu’à Lésha. Tels furent les fils de Cham, installés selon leurs clans et leurs langues, sur leurs terres, parmi les nations.

De Sem, le frère aîné de Japhet, naquit aussi le père de tous les fils d’Héber. Fils de Sem : Élam, Ashour, Arpakshad, Loud et Aram. Fils d’Aram : Outs, Oul, Guéter et Mash. Arpakshad engendra Shéla, et Shéla engendra Héber.

À Héber naquirent deux fils. Le premier s’appelait Péleg, ce qui signifie « divisé », car en son temps la terre fut divisée. Et son frère s’appelait Yoqtan. Yoqtan engendra Almodad, Shélef, Hasarmavet, Yérah, Adoram, Uzal, Diqla, Obal, Abimaël, Saba, Ophir, Havila, Yobab. Tous ceux-là sont les fils de Yoqtan. Leur lieu d’habitation s’étendait depuis Mésha, en direction de Sefar, jusqu’à la montagne de l’Orient.

Et tels furent les fils de Sem, installés selon leurs clans et leurs langues, sur leurs terres, parmi les nations. Tels furent les clans des fils de Noé, selon leurs descendances, d’après les nations. C’est à partir d’eux que se fit la dispersion des nations sur la terre, après le Déluge.

Toute la terre avait alors la même langue et les mêmes mots. Au cours de leur déplacement du côté de l’Orient, les hommes découvrirent une plaine en Mésopotamie et s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons, fabriquons des briques et mettons-les à cuire. » Les briques leur servaient de pierre et le bitume de mortier. Ils dirent : « Allons, bâtissons-nous une ville avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Faisons-nous un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre. »

Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Le Seigneur dit : « Ils sont un peuple, ils ont tous la même langue. S’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Allons, descendons, et là, embrouillons leurs langues, qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. »

De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre. Et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.

Voici la descendance de Sem. Sem était âgé de cent ans quand, deux ans après le Déluge, il engendra Arpakshad. Après avoir engendré Arpakshad, Sem vécut encore cinq cents ans et engendra des fils et des filles.

Arpakshad vécut trente-cinq ans, puis il engendra Shéla. Après avoir engendré Shéla, Arpakshad vécut encore quatre cent trois ans et engendra des fils et des filles.

Shéla vécut trente ans, puis il engendra Héber. Après avoir engendré Héber, Shéla vécut encore quatre cent trois ans et engendra des fils et des filles.

Héber vécut trente-quatre ans, puis il engendra Péleg. Après avoir engendré Péleg, Héber vécut encore quatre cent trente ans et engendra des fils et des filles.

Péleg vécut trente ans, puis il engendra Réou. Après avoir engendré Réou, Péleg vécut encore deux cent neuf ans et engendra des fils et des filles.

Réou vécut trente-deux ans, puis il engendra Seroug. Après avoir engendré Seroug, Réou vécut encore deux cent sept ans et engendra des fils et des filles.

Seroug vécut trente ans, puis il engendra Nahor. Après avoir engendré Nahor, Seroug vécut encore deux cents ans et engendra des fils et des filles.

Nahor vécut vingt-neuf ans, puis il engendra Térah. Après avoir engendré Térah, Nahor vécut encore cent dix-neuf ans et engendra des fils et des filles.

Térah vécut soixante-dix ans, puis il engendra Abraham, Nahor et Harân.

Voici la descendance de Térah. Térah engendra Abraham, Nahor et Harân. Harân engendra Lot. Harân mourut avant son père Térah, dans le pays de sa parenté, Our des Chaldéens.

Abraham et Nahor prirent femme. L’épouse d’Abraham s’appelait Saraï, celle de Nahor, Milka, fille de Harân, père de Milka et de Yiska. Saraï était stérile. Elle n’avait pas d’enfant.

Térah prit son fils Abraham, son petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme de son fils Abraham, qui sortirent avec eux d’Our des Chaldéens pour aller au pays de Canaan. Ils gagnèrent Harân, où ils s’établirent. Térah vécut deux cent cinq ans, puis il mourut à Harân.

Commentaire

Ça y est, nous sommes entrés dans le temps de l’histoire. La grande puissance du moment s’appelle Babel, ce qui vous donne Babylone, avec cette fameuse tour de Babel que l’on a retrouvée, ce qu’on appelle des ziggourats. Les ziggourats étant des temples très hauts par étage, comme des sortes de pyramides. Mais oubliez les pyramides égyptiennes. Là, vous êtes plutôt comme une sorte d’immense escalier. Et au bout de cette tour-escalier, vous avez une maison, et c’est la maison où habitait le dieu. Ces ziggourats, on les a retrouvées à Babel, qui est maintenant Bagdad. On sait que ça a été fait.

Mais voilà que ce peuple est caractérisé par l’orgueil et la peur. L’orgueil, pour se faire un nom et bâtir une ville qui va jusqu’au ciel, et la peur — la peur d’être disséminé sur toute la surface de la terre, alors que Dieu nous a demandé de peupler la terre. Et ça va être cette tour qui va être érigée comme un défi lancé à Dieu.

Regardez ce que Dieu dit : « Ils sont un seul peuple. Ils ont tous la même langue. S’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera. Et rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. » On pourrait se dire : Dieu est mesquin. Qu’est-ce que ça l’embête de voir un peuple uni pour essayer de faire des choses qui sont belles, qui sont grandes, une belle tour ? Mais la vérité, la vérité, c’est que quand tout un peuple ne fait qu’un, qu’un seul cœur, qu’une seule langue, c’est ou bien très bon signe, ou bien très mauvais signe. C’est aussi comme ça que fonctionnent les régimes totalitaires. Et les régimes totalitaires dans l’Antiquité, ce n’est pas ce qui manquait. D’où Dieu qui descend pour remettre de la diversité et qui détruit la tour en détruisant la langue.

Ce qui vous a donné Babel. Initialement, Babel, c’est de l’akkadien qui veut dire Bab-El, la porte de Dieu. Mais ensuite, blbl, ça vous a donné le mot balbutier.

Alors vous avez ici, petite parenthèse, comme la réponse du berger à la bergère. Bien plus tard, les Israélites vont être déportés à Babel, Babylone. Et donc ici, la Bible se moque de l’ennemi de toujours. Se moquer de son ennemi, c’est déjà éviter d’y être totalement asservi. Babylone, la grande ennemie de toujours, dont l’ombre va planer sur toute la Bible.

En attendant, à l’ombre de Babel, c’est une autre famille qui va prendre le relais : la famille d’Abraham. Avec Abraham, nous sommes en l’an moins 1800, à 200 ans près. Une famille de nomades dont nous allons suivre les pérégrinations, ce qui nous amènera d’Our en Chaldée, à côté de Babel, jusqu’en Israël, la Terre Sainte.

Dans la famille d’Abraham, il y a quelque chose qui ne va pas. La Bible attire à mot couvert votre attention sur un déficit de vie. Vous avez un fils qui meurt avant son père. Vous avez une femme, Saraï, qui est stérile. Il y a comme une sorte de tristesse, de quelque chose de mal réglé, de vie qui s’échappe dans cette famille. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi la tradition — la Bible, dans le livre de Josué — vous dira que le père d’Abraham était polythéiste et que, se détournant des idoles qui manifestement ne lui ont pas donné la vie, Abraham tente sa chance et fut le premier homme à invoquer Dieu.

Abraham, notre père dans la foi, le premier homme sur terre, a tout quitté pour Dieu. Il y avait eu le premier meurtrier, il y avait la première faute. Là, c’est un nouveau départ. C’est avec lui que commence l’histoire sainte.

Une histoire sainte qui nous emmènera jusqu’à la Pentecôte. Et je dis la Pentecôte, parce que la Pentecôte, c’est l’opposé de la tour de Babel. Babel disperse en plusieurs langues, la Pentecôte rassemble en un unique langage, celui que l’Esprit Saint met dans votre cœur et qui gémit en soupirs ineffables : Abba, Père. Ce qui fait que ce même Esprit, répandu dans nos cœurs, fait de nous une seule famille. Et voyez comment, cette fois-ci, il y aura un même peuple qui aura un même cœur, cette fois-ci uni dans la charité. Et c’est ainsi que la boucle sera bouclée.

Proverbes 2, 9-15

Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seul sentier qui mène au bonheur. Car la sagesse viendra dans ton cœur, la connaissance fera tes délices. La perspicacité te gardera, la raison veillera sur toi.

Tu seras préservé des chemins du mal, de l’homme aux propos pervers, de ceux qui délaissent la route droite pour aller sur le chemin de la ténèbre. Ils prennent plaisir à faire le mal, ils se complaisent dans la pire des perversités. Leurs routes sont tortueuses, ils ne font que dévier sur leur piste.


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