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Résumé : En ce jour 11, le frère Paul-Adrien nous fait découvrir Genèse 24, le long récit de la quête d’une épouse pour Isaac. Abraham, vieillissant, envoie son serviteur chercher une femme dans sa parenté en Mésopotamie. Le serviteur rencontre Rébecca au puits, et celle-ci accepte de tout quitter pour suivre un inconnu — rejouant à sa manière la geste d’Abraham. Le commentaire souligne le courage remarquable de Rébecca et la sobre réaction d’Isaac.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Jour 11 et Abraham commence à vieillir. Abraham commence à vieillir, mauvaise nouvelle, mais bonne nouvelle, Isaac, lui, est dans la pleine force de l’âge. Le cycle d’Abraham va gentiment se terminer, il n’est pas encore tout à fait mort, mais la Bible commence à passer à autre chose. Aujourd’hui, un seul chapitre long, Genèse chapitre 24, et ce sera l’histoire d’Isaac.
Lecture : Genèse 24
Abraham était vieux, avancé en âge, et le Seigneur l’avait béni en toutes choses.
Abraham dit au plus ancien serviteur de sa maison, l’intendant de tous ses biens : « Je te fais prêter serment par le Seigneur, Dieu du ciel et Dieu de la terre. Tu ne prendras pas pour mon fils une épouse parmi les filles des Cananéens au milieu desquels j’habite, mais tu iras dans mon pays, dans ma parenté, chercher une épouse pour mon fils Isaac. »
Le serviteur lui demanda : « Et si cette femme ne consent pas à me suivre pour venir ici, devrais-je alors ramener ton fils dans le pays d’où tu es sorti ? »
Abraham lui répondit : « Garde-toi d’y ramener mon fils. Le Seigneur, le Dieu du ciel, lui qui m’a pris de la maison de mon père et du pays de ma parenté, m’a déclaré avec serment : “À ta descendance, je donnerai le pays que voici.” C’est lui qui enverra son ange devant toi, et tu prendras là-bas une épouse pour mon fils. Si cette femme ne consent pas à te suivre, tu seras dégagé du serment que je t’impose. Mais, en tout cas, tu n’y ramèneras pas mon fils. »
Le serviteur prêta à son maître Abraham un serment solennel concernant cette affaire.
Parmi les chameaux de son maître, le serviteur en prit dix, et il s’en alla, emportant tout ce que son maître avait de meilleur. Il se leva et s’en alla vers l’Aram des deux fleuves, à la ville de Nahor. Il fit agenouiller les chameaux en dehors de la ville, près d’un puits d’eau, à l’heure du soir, l’heure où les femmes sortent pour puiser.
Il dit : « Seigneur, Dieu de mon maître Abraham, permets-moi de faire aujourd’hui une heureuse rencontre. Montre-moi ta faveur à l’égard de mon maître Abraham. Me voici, debout près de la source, et les filles des gens de la ville sortent pour puiser de l’eau. La jeune fille à qui je dirai : “Incline ta cruche pour que je boive”, et qui répondra : “Bois, et je vais aussi abreuver tes chameaux”, que cette jeune fille soit celle que tu destines à ton serviteur Isaac. Je saurai ainsi que tu as montré ta faveur à l’égard de mon maître. »
Il n’avait pas fini de parler, que sortit Rébecca, la fille de Béthuel, fils de Milka, elle-même femme de Nahor, le frère d’Abraham. Elle portait sa cruche sur l’épaule. La jeune fille avait très belle apparence. Elle était vierge, aucun homme ne s’était uni à elle. Elle descendit à la source, emplit sa cruche et remonta.
Le serviteur courut à sa rencontre et dit : « De grâce, donne-moi à boire une gorgée d’eau de ta cruche. »
Elle répondit : « Bois, mon seigneur. » Et de la main, elle s’empressa d’abaisser la cruche pour lui donner à boire.
Quand elle eut fini de lui donner à boire, elle dit : « Pour tes chameaux aussi, j’irai puiser jusqu’à ce qu’ils aient bu à satiété. » Elle s’empressa de vider la cruche dans l’abreuvoir et courut de nouveau chercher de l’eau au puits. Elle puisa ainsi pour tous les chameaux.
L’homme la regardait, silencieux, se demandant si, oui ou non, le Seigneur avait fait réussir son voyage.
Dès que les chameaux eurent fini de boire, l’homme prit un anneau d’or pesant un demi-sicle et deux bracelets d’or pesant dix sicles pour ses poignets. Il lui demanda : « De qui es-tu la fille ? Dis-le-moi, je t’en prie. Y a-t-il dans la maison de ton père un endroit où passer la nuit ? »
Elle répondit : « Je suis la fille de Béthuel, le fils que Milka a donné à Nahor. » Et elle ajouta : « Il y a beaucoup de paille et de fourrage chez nous et aussi de la place où passer la nuit. »
L’homme s’inclina et se prosterna devant le Seigneur en disant : « Béni soit le Seigneur, Dieu de mon maître Abraham ! Il n’a cessé de manifester sa faveur et sa fidélité à l’égard de mon maître. Il m’a conduit sur la route jusqu’à la maison des frères de mon maître. »
La jeune fille courut à la maison de sa mère raconter ce qui venait d’arriver. Rébecca avait un frère qui s’appelait Laban. Laban sortit et courut vers la source à la rencontre de l’homme. Après avoir vu l’anneau et les bracelets aux poignets de sa sœur et entendu Rébecca lui dire : « Voici ce que m’a dit cet homme », il partit à la rencontre de l’homme. Celui-ci se tenait debout près de la source avec les chameaux.
Il dit : « Viens, béni du Seigneur ! Pourquoi rester dehors ? J’ai fait place dans la maison pour les chameaux. »
L’homme entra donc dans la maison et déchargea les chameaux. On leur donna de la paille et du fourrage et, pour lui et ses compagnons, de l’eau pour se laver les pieds. On lui présenta de quoi manger, mais il déclara : « Non, je ne mangerai pas avant d’avoir dit ce que j’ai à dire. » Il lui répondit : « Parle donc. »
Alors il dit : « Je suis le serviteur d’Abraham. Le Seigneur a comblé mon maître de bénédictions et il est devenu riche. Le Seigneur lui a donné petits et gros bétails, argent et or, serviteurs et servantes, chameaux et ânes. Sarah, la femme de mon maître, alors qu’elle était âgée, lui a donné un fils. Et mon maître a transmis à celui-ci tous ses biens. Mon maître alors me fit prêter serment. Il m’a dit : “Tu ne prendras pas pour mon fils une épouse parmi les filles des Cananéens dont j’habite le pays. Mais jure-moi d’aller à la maison de mon père, dans ma famille, chercher une épouse pour mon fils.” Je dis alors à mon maître : “Cette femme ne me suivra peut-être pas.” Il me dit : “Le Seigneur devant qui je marche enverra son ange avec toi et fera réussir ton voyage. Tu prendras pour mon fils une épouse de ma famille, de la maison de mon père. Tu seras dégagé de ton serment quand tu te seras rendu dans ma famille. Même si on ne te donne pas de femme, tu seras dégagé de la malédiction.”
Aujourd’hui, en arrivant près de la source, j’ai dit : “Seigneur, Dieu de mon maître Abraham, daigne faire réussir le voyage que j’ai entrepris. Me voici debout près de la source. La jeune fille qui viendra puiser et à qui je dirai : ‘De grâce, donne-moi à boire une gorgée d’eau de ta cruche’, et qui me répondra : ‘Bois toi-même et je puiserai aussi pour tes chameaux’, que cette jeune fille soit celle que le Seigneur destine au fils de mon maître.”
Je n’avais pas encore fini de parler en moi-même que Rébecca survient, sa cruche à l’épaule. Elle descend à la source pour y puiser. Je lui dis : “De grâce, donne-moi à boire.” Elle s’empresse de descendre la cruche de son épaule et me dit : “Bois, je vais aussi abreuver tes chameaux.” J’ai bu et elle abreuva aussi les chameaux.
Alors je lui ai demandé : “De qui es-tu la fille ?” Elle m’a répondu : “Je suis la fille de Béthuel, le fils que Milka a donné à Nahor.” Alors j’ai mis l’anneau à son nez et les bracelets à ses poignets. Puis je me suis incliné et prosterné devant le Seigneur. J’ai béni le Seigneur, le Dieu de mon maître Abraham, lui qui m’a conduit par le bon chemin, afin de prendre la fille de son frère pour la donner à son fils Isaac. Et maintenant, si vous voulez montrer à mon maître faveur et fidélité, dites-le franchement. Si vous refusez, dites-le-moi aussi, que je sache quelle direction prendre. »
Laban prit la parole. Lui et Béthuel déclarèrent : « Le Seigneur s’est prononcé. Ce n’est pas à nous de décider. Voici Rébecca devant toi. Emmène-la. Et qu’elle devienne l’épouse d’Isaac, le fils de ton maître, comme l’a dit le Seigneur. »
Quand le serviteur d’Abraham entendit leur parole, il se prosterna jusqu’à terre devant le Seigneur. Puis il sortit des objets d’argent, des objets d’or, des vêtements, et les donna à Rébecca. Il offrit aussi de riches présents à son frère et à sa mère.
Ils mangèrent et burent, lui et les hommes qui l’accompagnaient. Ils passèrent la nuit et, le matin, ils se levèrent. Le serviteur dit alors : « Laissez-moi retourner chez mon maître. »
Le frère et la mère de la jeune fille répondirent : « Qu’elle reste encore avec nous une dizaine de jours. Ensuite, elle partira. » Mais le serviteur leur dit : « Ne me retardez pas. Le Seigneur a fait réussir mon voyage. Laissez-moi retourner, j’irai chez mon maître. »
Ils répondirent : « Appelons la jeune fille et demandons-lui son avis. » Ils appelèrent Rébecca et lui dirent : « Veux-tu bien partir avec cet homme ? » Elle répondit : « Oui, je partirai. »
Alors, ils laissèrent leur sœur Rébecca et sa nourrice s’en aller avec le serviteur d’Abraham et ses hommes. Ils bénirent Rébecca en lui disant : « Ô toi, notre sœur ! Puisses-tu devenir une multitude sans nombre ! Que ta descendance occupe les places fortes de ses ennemis ! »
Rébecca et ses servantes se levèrent, montèrent sur les chameaux et suivirent le serviteur. Celui-ci emmena donc Rébecca.
Isaac s’en revenait du puits de Lahaï-Roï. Il habitait alors le Néguev. Il sortit à la tombée du jour pour se promener dans la campagne lorsque, levant les yeux, il vit arriver des chameaux. Rébecca, levant les yeux elle aussi, vit Isaac. Elle sauta à bas de son chameau et dit au serviteur : « Quel est cet homme qui vient dans la campagne à notre rencontre ? » Le serviteur répondit : « C’est mon maître. » Alors, elle prit son voile et s’en couvrit.
Le serviteur raconta à Isaac tout ce qu’il avait fait. Isaac introduisit Rébecca dans la tente de sa mère Sarah. Il l’épousa, elle devint sa femme et il l’aima. Et Isaac se consola de la mort de sa mère.
Commentaire
Décidément, Abraham, malgré tous ses petits défauts, même s’il n’a pas toujours été très sympa avec sa femme, est quand même un bon père de famille qui pense à tout. Sarah est morte et voilà maintenant qu’il prend soin de mettre les choses en ordre. Et pour préparer le passage de relais à la génération suivante, il est temps de penser à trouver une femme à son fils Isaac, l’enfant de la promesse.
Alors, simplement pour que cette promesse se réalise, il faudra que la femme d’Isaac partage la foi. C’est pour ça qu’on va chercher dans la même parenté. Il faudra aussi veiller à ce qu’Isaac ne retourne pas en Mésopotamie. Ce serait annuler les promesses de Dieu de lui donner un pays et une descendance.
Regardez la sagesse d’Abraham qui confie le choix de cette femme, non pas à Isaac — et peut-être fait-il bien parce que vous apercevrez plus tard dans la suite du récit qu’Isaac ne brille pas par son discernement — mais plutôt à son serviteur, peut-être Éliézer, et qui pour le coup s’avère dans la suite du récit plein de bon sens. C’est pas rien de choisir une femme.
En tout cas, tout ceci va nous amener à un puits, ce qui va inaugurer une longue tradition de rencontres conjugales qui va nous amener d’Abraham-Isaac en ce moment à Jacob, et puis de loin en loin, plusieurs siècles après, jusqu’à Jésus. Jésus et la Samaritaine qui se rencontreront au puits de Jacob.
Mes notes de bas de page disent, et elles ont raison : « Un tableau riche de vie et de couleurs qui anime sous nos yeux le monde oriental avec tout son pittoresque et sa poésie. » On ne saurait mieux dire.
Mais moi, ce qui me frappe, et j’avoue que c’est une de mes héroïnes préférées, c’est Rébecca. Quelle femme ! Sans s’en apercevoir, Rébecca est en fait en train de rejouer à sa manière la geste d’Abraham. De la même manière qu’Abraham a tout quitté pour un appel, de la même manière, Rébecca quitte tout pour un appel, elle qui n’a jamais vu, qui n’a jamais connu ni Isaac ni Abraham, et qui se lance avec un inconnu, à travers tout un voyage dans la Mésopotamie, n’ayant pour seul gage pour se rassurer que des anneaux.
Qu’est-ce qui s’est passé dans la tête de cette jeune femme pour qu’elle accepte ? S’agit-il d’une révélation qu’elle a eue ? Arrive-t-on au terme d’une quête spirituelle et existentielle de sa part ? Ou bien s’agit-il tout simplement pour une jeune fille de 16 ans — on ne sait pas quel âge elle avait, mais elle devait être jeune — s’agit-il tout simplement de la soif d’aventure, de partir ailleurs et de découvrir un pays qui lui est étranger ? Peut-être tout ça en même temps.
Mais il y a quelque chose de la maîtresse-femme quand elle accompagne le serviteur d’Abraham et que, voyant Isaac au loin, elle saute de son chameau pour aller courir vers lui et se prosterner devant lui.
La réaction d’Isaac est de son côté très sobre et très décevante. « Isaac la prit, elle devint sa femme et il l’aima, et Isaac se consola de la mort de sa mère. » Cela fait partie de ces phrases dans la Bible qui vous laissent songeurs.
Bon, à travers ça, il y a le choix d’une épouse. Une question qui hante beaucoup de nos contemporains. Comment pouvez-vous savoir si jamais c’est la bonne ou pas ? Tout à l’heure, dans la prière, on priera cette intention-là. En attendant, je vous propose notre transition poétique avant de retourner à Job.
Proverbes 3, 19-20
Le Seigneur a fondé la terre avec sagesse. Il a établi les cieux avec intelligence. C’est par sa science que les abîmes se sont ouverts et que des nuages perlent la rosée.
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