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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 29 et 30 de la Genèse, qui racontent l’arrivée de Jacob chez Laban, son coup de foudre pour Rachel — le premier de la Bible —, la tromperie de Laban qui lui donne d’abord Léa, puis la naissance des douze fils qui formeront les douze tribus d’Israël. Le commentaire souligne la puissance de cette histoire d’amour et la manière dont les femmes de la Bible font éclore la sensibilité de Jacob.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Quatorzième jour.
Alors, ça se passe comment ? Moi, pour ce que ça vaut, parce que là, pendant que vous m’écoutez, moi, je suis en train d’enregistrer, les choses commencent à trouver leur place, parce que c’est pas si facile que ça de les construire, ces podcasts. Enfin, je veux dire, il faut arriver à calibrer le temps, etc. Donc, je sais pas si ça se sent, vous me direz, mais au niveau des commentaires, j’arrive peut-être à un peu mieux gérer la manière dont je les enregistre, dont je les produis, dont je les réfléchis, et dont j’arrive à les concentrer. Enfin, en tout cas, j’espère.
Mais, pour vous dire que la vie est belle, et que je suis quand même ravi de faire ce podcast avec vous, moi, ça me plonge dans la Bible. J’ai l’impression de revivre mon noviciat. Bon, je parle de moi, ça vous intéresse pas.
Lecture : Genèse 29–30
Jacob se remit en marche et partit pour le pays des fils de l’Orient. Tout d’un coup, il aperçut un puits dans la campagne, et, près de ce puits, trois troupeaux de petit bétail. Les bêtes étaient couchées, car c’est à ce puits qu’on abreuvait les troupeaux. Sur l’orifice du puits était posée une grande pierre. C’était là que se rassemblaient tous les troupeaux. On roulait la pierre posée sur l’orifice du puits, on abreuvait le petit bétail, puis on remettait la pierre à sa place sur l’orifice du puits.
Jacob dit aux gens : « Mes frères, d’où êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes de Haran. » Il leur dit : « Connaissez-vous Laban, le fils de Nahor ? » Ils répondirent : « Nous le connaissons. » Il leur demanda : « Va-t-il bien ? » Ils répondirent : « Il va très bien. Et voici sa fille Rachel, qui arrive avec le petit bétail. » Jacob reprit : « Mais il fait encore grand jour. Ce n’est pas le moment de rassembler le bétail. Abreuvez donc les bêtes et allez les faire paître. » Ils répliquèrent : « Nous ne pouvons pas le faire tant que tous les troupeaux ne sont pas rassemblés. Alors on roule la pierre posée sur l’orifice du puits et on abreuve le petit bétail. »
Jacob parlait encore avec eux quand Rachel arriva avec le petit bétail qui appartenait à son père. En effet, elle était bergère. Dès que Jacob vit Rachel, fille de Laban, le frère de sa mère, et le petit bétail de Laban, il s’avança, roula la pierre posée sur l’orifice du puits et abreuva le petit bétail de Laban. Alors Jacob embrassa Rachel et il éclata en sanglots. Jacob apprit à Rachel qu’il était un parent de son père et le fils de Rébecca. Elle courut en informer son père.
Dès que Laban entendit parler de Jacob, le fils de sa sœur, il courut à sa rencontre, l’étreignit, l’embrassa et l’amena chez lui. Jacob raconta toute l’affaire à Laban et celui-ci lui dit : « Tu es vraiment de mes os et de ma chair. » Jacob habita chez lui pendant tout un mois.
Laban dit à Jacob : « Devrais-tu me servir gratuitement parce que nous sommes parents ? Indique-moi donc ton salaire. » Or, Laban avait deux filles. L’aînée s’appelait Léa et la cadette, Rachel. Les yeux de Léa étaient délicats, tandis que Rachel avait belle allure et beau visage. Et Jacob se mit à aimer Rachel. Il dit : « Je te servirai sept ans pour Rachel, ta fille cadette. » Laban répondit : « Je préfère te la donner à toi plutôt qu’à un autre. Reste donc chez moi. » Jacob travailla sept ans pour Rachel, sept ans qui lui semblèrent quelques jours, tellement il l’aimait.
Jacob dit alors à Laban : « Donne-moi ma femme, car les jours que je te devais sont accomplis, et je veux m’unir à elle. » Laban rassembla tous les gens de l’endroit et fit un festin. Le soir venu, il prit sa fille Léa, l’amena à Jacob, et Jacob s’unit à elle. Laban mit au service de sa fille Léa une de ses servantes nommée Zilpa. Au matin, voilà que c’était Léa et non Rachel. Et Jacob dit à Laban : « Que m’as-tu fait là ? N’est-ce pas pour Rachel que je t’ai servi ? Pourquoi m’as-tu trompé ? » Laban répondit : « Cela ne se fait pas chez nous de marier la cadette avant l’aînée. Achève la semaine de noces de celle-ci et nous te donnerons aussi celle-là, pour le service que tu feras encore chez nous pendant sept autres années. »
Jacob agit ainsi. La semaine achevée, Laban lui donna sa fille Rachel pour qu’elle devienne sa femme. Laban mit au service de sa fille Rachel une de ses servantes nommée Bilha. Jacob s’unit aussi à Rachel et il aimait Rachel plus que Léa. Il servit donc Laban pendant sept autres années encore.
Le Seigneur vit que Léa n’était pas aimée. Il la rendit féconde, tandis que Rachel était stérile. Léa devint enceinte et enfanta un fils qu’elle appela Ruben, car, dit-elle : « Le Seigneur a vu ma détresse. Mon mari m’aimera. » Elle devint encore enceinte et enfanta un fils. Elle dit : « Le Seigneur a compris que je n’étais pas aimée et il m’a donné encore cet enfant. » Elle l’appela Siméon. Elle devint encore enceinte et enfanta un fils. Elle dit : « Maintenant, cette fois-ci, mon mari va s’attacher à moi, car je lui ai donné trois fils. » C’est pourquoi on l’appela Lévi. Elle devint encore enceinte et enfanta un fils. Elle dit : « Cette fois-ci, je louerai le Seigneur. » C’est pourquoi elle l’appela Juda. Et ensuite, elle n’eut plus d’enfant.
Voyant qu’elle n’avait pas donné d’enfant à Jacob, Rachel devint jalouse de sa sœur. Elle dit à Jacob : « Donne-moi des fils, sinon je vais mourir. » Jacob s’enflamma de colère contre Rachel et dit : « Suis-je à la place de Dieu, moi ? C’est lui qui t’a empêché d’avoir des enfants. » Rachel reprit : « Voici ma servante Bilha. Unis-toi à elle pour qu’elle enfante sur mes genoux. Ainsi, grâce à elle, j’aurai un fils, moi aussi. » Elle lui donna donc pour femme sa servante Bilha et Jacob s’unit à elle. Bilha devint enceinte et enfanta un fils à Jacob. Rachel dit : « Dieu m’a rendu justice. Il a écouté ma voix, il m’a donné un fils. » C’est pourquoi elle l’appela Dan. Bilha, la servante de Rachel, devint encore enceinte et elle enfanta un second fils à Jacob. Rachel dit : « J’ai livré contre ma sœur des combats de Dieu et je l’ai emporté. » Elle appela donc l’enfant Nephtali.
Quand Léa s’aperçut qu’elle avait cessé d’enfanter, elle prit sa servante Zilpa et la donna pour femme à Jacob. Zilpa, la servante de Léa, enfanta un fils à Jacob. Léa dit : « Quelle chance ! » Et elle l’appela Gad. Zilpa, la servante de Léa, enfanta un second fils à Jacob. Léa dit : « Quel bonheur pour moi ! Les filles me proclament bienheureuse. » Et elle appela l’enfant Asher.
Au temps de la moisson des blés, Ruben s’en alla dans les champs pour y chercher des mandragores. Il les apporta à Léa, sa mère. Rachel dit à Léa : « Donne-moi des mandragores de ton fils. » Léa répondit : « Ne te suffit-il pas de m’avoir pris mon mari, que tu veuilles aussi les mandragores de mon fils ? » Alors Rachel dit : « Eh bien, que Jacob couche avec toi cette nuit, en échange des mandragores de ton fils. » Le soir, quand Jacob revint des champs, Léa sortit à sa rencontre et dit : « Viens donc, car c’est toi mon cadeau en échange des mandragores de mon fils. » Il coucha donc avec elle cette nuit-là.
Dieu exauça Léa. Elle devint enceinte et enfanta un cinquième fils à Jacob. Léa dit : « Dieu m’a donné un cadeau, parce que j’ai donné ma servante à mon mari. » Et elle appela l’enfant Issachar. Léa devint encore enceinte et enfanta un sixième fils à Jacob. Léa dit : « Dieu m’a fait un beau présent. Cette fois-ci, mon mari m’estimera, car je lui ai donné six fils. » Et elle appela l’enfant Zabulon. Ensuite, elle enfanta une fille, qu’elle appela Dina.
Dieu se souvint de Rachel. Il l’exauça et la rendit féconde. Elle devint enceinte et enfanta un fils. Elle dit : « Dieu a enfin enlevé ma honte. » Et elle appela l’enfant Joseph, en disant : « Que le Seigneur m’ajoute un autre fils. »
Lorsque Rachel eut enfanté Joseph, Jacob dit à Laban : « Laisse-moi partir. Je vais retourner chez moi, dans mon pays. Donne-moi mes femmes pour lesquelles je t’ai servi, ainsi que mes enfants. Je vais partir. Tu sais combien j’ai travaillé à ton service. » Laban lui dit : « Que je puisse trouver grâce à tes yeux. J’ai appris par divination que le Seigneur m’a béni à cause de toi. » Puis il ajouta : « Fixe-moi ton salaire et je te le donnerai. » Jacob dit : « Tu sais combien j’ai travaillé à ton service et ce que ton bétail est devenu grâce à moi. Il représentait peu de chose avant mon arrivée, mais il a considérablement augmenté. Le Seigneur t’a béni depuis que je suis là. Et moi, maintenant, quand vais-je travailler pour ma maison ? » Laban dit : « Que vais-je te donner ? » Jacob répondit : « Tu ne me donneras rien. Et si tu fais pour moi ce que je vais te dire, je recommencerai à faire paître ton petit bétail et à le garder. Aujourd’hui, je vais passer au milieu de tout ton petit bétail et je mettrai à l’écart tout mouton tacheté ou moucheté, tout mouton brun parmi les jeunes béliers, et toute bête mouchetée ou tachetée parmi les chèvres. Ce sera mon salaire. Plus tard, mon honnêteté répondra pour moi quand tu viendras vérifier mon salaire. Tout ce qui, en ma possession, ne sera pas moucheté ou tacheté parmi les chèvres et brun parmi les jeunes béliers sera considéré comme un vol de ma part. » Et Laban conclut : « C’est bien. Qu’il en soit comme tu l’as dit. »
Le jour même, Laban mit à l’écart les boucs rayés ou mouchetés, toutes les chèvres tachetées ou mouchetées, tout ce qui portait des taches blanches, et tout ce qui était brun parmi les jeunes béliers. Il les confia à ses fils, puis il mit une distance de trois jours de marche entre lui et Jacob, tandis que Jacob faisait paître le reste du troupeau de Laban.
Jacob se procura de fraîches baguettes de peupliers, d’amandiers et de platanes. Il les écorça, faisant apparaître des raies blanches, mettant à nu le blanc qui était sous l’écorce des baguettes. Puis il plaça les baguettes ainsi écorcées dans les auges, dans les abreuvoirs où le petit bétail venait boire. Les baguettes étaient devant les yeux des bêtes qui entraient en chaleur quand elles venaient boire. Et les bêtes qui étaient en chaleur devant les baguettes mettaient bas des petits rayés, tachetés, mouchetés. Quant aux jeunes béliers, Jacob les mit à part, et il tourna les bêtes vers ceux qui étaient rayés ou tous ceux qui étaient bruns dans le troupeau de Laban. Ainsi, il se constitua des troupeaux pour lui seul et ne les ajouta pas au petit bétail de Laban. Chaque fois que les bêtes les plus vigoureuses s’accouplaient, Jacob mettait les baguettes dans les auges sous leurs yeux, pour qu’elles s’accouplent devant les baguettes. Mais quand les bêtes étaient chétives, il ne mettait pas les baguettes, si bien que les chétives étaient pour Laban et les vigoureuses pour Jacob. Ainsi, l’homme déborda de richesse. Il posséda du petit bétail en grand nombre, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes.
Commentaire
Sacré Rachel ! Sacrée femme dans la Bible ! Jusqu’à présent, Jacob est un roublard qui se cache dans les jupes de sa mère. Mais vous voyez comment les femmes dans la Bible ont le pouvoir de faire éclore les hommes. Jacob voit Rachel et instantanément, notre roublard patriarche devient un homme sensible et délicat. On vous raconte une histoire d’amour, on vous raconte un coup de foudre. C’est le premier coup de foudre de la Bible. Celui-là, extraordinaire, autour d’un puits.
Laissez-moi vous réciter la Bible. Dès que Jacob vit Rachel, la fille de Laban, frère de sa mère, et le petit bétail de Laban — on n’oublie pas sa richesse —, Jacob s’avança, roula la pierre de dessus la bouche du puits et fit boire le petit bétail de Laban, frère de sa mère. L’amour, ça décuple les forces. Il faut croire quand même que ça n’a pas déplu à Rachel. Jacob embrassa Rachel, éleva la voix et pleura.
Extraordinaire, non ? C’est tout ce qu’on a envie de vivre. Et Jacob qui pleure, probablement l’amour, mais probablement aussi la fatigue, lui qui est pourchassé par son frère Ésaü, et aux pieds de cette femme, il dépose tout. Et ce qu’il y a de beau, c’est que ce n’est qu’après qu’il apprend qu’elle est de sa famille et donc qu’il peut se marier avec elle. Donc tout ce qui s’était passé avant était gratuit.
Et c’est là que Laban entre en piste. Le roublard a trouvé son maître. À roublard, roublard et demi, et Laban, c’est quand même, là c’est plus un roublard, c’est une crapule. On s’en doutait déjà un petit peu quand, avec sa sœur Rébecca, quand il avait vu Éliézer, le compagnon d’Abraham, il avait vu les richesses d’Éliézer et il s’est dit : hop hop hop hop, je vais faire une bonne affaire, il lui avait donné Rébecca. Et là, c’est pas une bonne affaire qu’il fait. Il exploite tout le monde sans vergogne.
Bon, bah dans nos vies on a tous connu ça aussi, et ce que Jacob se dit, c’est que pour l’amour d’une femme, bah ok, il est prêt à se faire exploiter. Moi ce sera pas pour une femme, ce sera pour autre chose. Mais vous savez, c’est des choses qui sont tellement importantes, chères à notre cœur, que bon, bah le reste, allez, on est prêt à avaler les couleuvres. Le jeu en vaut la chandelle.
Alors, en bonus — on va faire des petits bonus à partir de maintenant, ce que je peux pas tout dire, moi ces podcasts ils sont trop courts, j’ai encore trop de trucs à dire — donc en bonus : les douze fils d’Israël, Jacob, qui vous sont donnés ici, vont donner naissance aux douze tribus juives. Donc là, vous avez la naissance du peuple. Toujours ces connotations géopolitiques dont je vous parlais dans le texte biblique. Fin du bonus.
Proverbes 3, 31-35
N’envie pas l’homme violent, n’adopte pas ses procédés, car le Seigneur a horreur des gens tortueux. Il ne s’attache qu’aux hommes droits. Malédiction du Seigneur sur la maison du méchant, bénédiction sur la demeure des justes. Il se moque des moqueurs, aux humbles, il accorde sa grâce. Aux sages, la gloire en partage, aux insensés, toute la honte.
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