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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit Exode 36 et 37, qui décrivent en détail la construction du sanctuaire, de l’Arche d’Alliance, de la table, du chandelier et de l’autel de l’encens par Betsaléel et les artisans d’Israël. Le commentaire explore les interprétations rabbiniques des matériaux utilisés — or, argent, cuivre, bois d’acacia et étoffes — et leur riche symbolisme spirituel. L’épisode se conclut par une prière pour que Dieu fasse de notre âme un tabernacle vivant.
Introduction
Allez, prenez votre courage ! Exode 36, Exode 37, on en parle dans quelques instants.
Lecture : Exode 36–37
« Betsaléel, Oholiab et tout artisan habile à qui le Seigneur avait donné sagesse et intelligence pour concevoir et exécuter les travaux au service du sanctuaire, tous exécuteront ce que le Seigneur a ordonné. »
Moïse appela donc, pour se mettre à l’ouvrage et l’exécuter, Betsaléel, Oholiab et tout artisan habile à qui le Seigneur avait donné la sagesse, tous ceux que leur cœur y portait. Ils reçurent de Moïse la contribution que les fils d’Israël avaient apportée pour exécuter ces travaux au service du sanctuaire. Chaque matin, on apportait encore des offrandes volontaires.
Alors tous les artisans occupés aux divers travaux du sanctuaire quittèrent chacun l’ouvrage qu’ils étaient en train de faire et vinrent dire à Moïse : « Le peuple apporte plus qu’il n’en faut pour le travail que le Seigneur a ordonné d’exécuter. » Moïse donna donc cet ordre que l’on fit passer dans le camp : que personne, ni homme ni femme, n’apporte plus rien en contribution pour le sanctuaire. Et le peuple cessa d’apporter quoi que ce soit. Il y avait suffisamment de matériaux pour faire tout le travail. Il y en avait même en surplus.
Les ouvriers, artisans habiles, construisirent la demeure. Ils firent dix tentures de lin retors, pourpre violette, pourpre rouge et cramoisi éclatant, et on y broda des kéroubim. C’est une œuvre d’artiste. Chaque tenture mesurait vingt-huit coudées de long et quatre de large. Toutes les tentures avaient les mêmes dimensions. On assembla cinq tentures l’une à l’autre, et les cinq autres également. On fit des lacets de pourpre violette au bord de la première tenture, à l’extrémité de l’assemblage, et on fit de même au bord de la dernière tenture du deuxième assemblage. On mit cinquante lacets à la première tenture, et cinquante lacets à l’extrémité de la tenture du deuxième assemblage, les lacets s’attachant l’un à l’autre. On fit cinquante agrafes en or. On assembla les tentures l’une à l’autre par les agrafes. Ainsi la demeure fut d’un seul tenant.
Ensuite, pour former une tente au-dessus de la demeure, on fit onze tentures en poils de chèvre. Chaque tenture mesurait trente coudées de long et quatre de large. Les onze tentures avaient les mêmes dimensions. On assembla cinq tentures à part, puis six tentures à part. On fit cinquante lacets au bord d’une première tenture, la dernière de l’assemblage, et cinquante lacets au bord de la tenture du deuxième assemblage. On fit cinquante agrafes de bronze pour assembler la tente d’un seul tenant. Et on fit pour la tente une couverture en peau de bélier teinte en rouge et une autre en cuir fin mise par-dessus.
On fit pour la demeure des cadres en bois d’acacia dressés debout. Chaque cadre mesurait dix coudées de long et une coudée et demie de large. Il était assemblé par deux tenons jumelés. Ainsi fut-il fait pour tous les cadres de la demeure. On en disposa vingt en direction du Néguev, au sud, et on fit quarante socles en argent sous les vingt cadres : deux socles sous un cadre pour ses deux tenons, puis deux socles sous un autre cadre pour ses deux tenons. Pour le deuxième côté de la demeure, on disposa en direction du nord vingt cadres avec leurs quarante socles en argent : deux socles sous un cadre, deux socles sous un autre cadre pour ses deux tenons. Et pour le fond de la demeure, vers l’ouest, on fit six cadres. On fit aussi deux cadres comme contreforts de la demeure au fond. Ils étaient jumelés à leur base et l’étaient également à leur sommet, à la hauteur du premier anneau. Ainsi fut-il fait pour eux deux, pour les deux contreforts. Il y eut donc huit cadres avec leurs socles en argent, soit seize socles : deux socles sous un cadre, deux socles sous un autre cadre.
On fit les traverses en bois d’acacia : cinq pour les cadres du premier côté de la demeure, cinq pour les cadres du deuxième côté de la demeure, cinq pour les cadres qui forment le fond de la demeure vers l’ouest. On fit aussi la traverse médiane à mi-hauteur des cadres, traversant la demeure d’un bout à l’autre. Les cadres, on les plaqua d’or. On fit en or leurs anneaux pour loger les traverses, et les traverses, on les plaqua d’or.
On fit un rideau de pourpre violette, pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin retors. C’est une œuvre d’artiste. On y broda des kéroubim. On le fixa à quatre colonnes en acacia, plaquées d’or et munies de crochets en or. On coula pour elles quatre socles en argent. Pour l’entrée de la tente, on fit un voile en pourpre violette, pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin retors. C’est une œuvre d’artisans brocheurs. On fit pour le voile cinq colonnes avec leurs crochets. Leurs chapiteaux et leurs tringles furent plaqués d’or. Leurs cinq socles étaient en bronze.
Betsaléel fit l’arche en bois d’acacia, de deux coudées et demie de long sur une coudée et demie de large et une coudée et demie de haut. Il la plaqua d’or pur à l’intérieur et à l’extérieur, et il l’entoura d’une moulure en or. Il coula quatre anneaux d’or, qu’il attacha aux quatre pieds de l’arche : deux anneaux sur un côté, deux anneaux sur l’autre. Il fit des barres en bois d’acacia, il les plaqua d’or, et il les introduisit dans les anneaux des côtés de l’arche pour qu’on puisse la porter.
Il fit un propitiatoire en or pur, long de deux coudées et demie et large d’une coudée et demie. Il forgea deux kéroubim en or qu’il plaça aux deux extrémités : un kéroub à une extrémité et l’autre kéroub à l’autre extrémité. Il fit donc les deux kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire. Les kéroubim avaient les ailes déployées vers le haut et protégeaient le propitiatoire de leurs ailes. Ils se faisaient face, le regard tourné vers le propitiatoire.
Il fit la table en bois d’acacia, longue de deux coudées, large d’une coudée et haute d’une coudée et demie. Il la plaqua d’or pur et il l’entoura d’une moulure en or. Il lui fit des entretoises d’un palme et il les entoura d’une moulure en or. Il coula quatre anneaux d’or qu’il mit aux quatre angles formés par les quatre pieds. Ces anneaux furent placés près des entretoises pour loger les barres servant à porter la table. Il fit les barres en bois d’acacia et les plaqua d’or, les barres servant à porter la table. Il fit les accessoires de la table : plats, gobelets, timbales et aiguières pour les libations. Il les fit en or pur.
Il fit le chandelier en or pur. Il forgea le chandelier : base, tige, coupes, boutons et fleurs faisaient corps avec lui. Six branches s’en détachaient sur le côté : trois d’un côté et trois de l’autre. Sur une branche, trois coupes en forme d’amande avec boutons et fleurs ; et sur une autre branche, trois coupes en forme d’amande avec boutons et fleurs. De même pour les six branches sortant du chandelier. Le chandelier lui-même portait quatre coupes en forme d’amande avec boutons et fleurs. Un bouton sous les deux premières branches issues du chandelier, un bouton sous les deux suivantes et un bouton sous les deux dernières — et ainsi pour les six branches qui en sortaient. Ces branches faisaient corps avec le chandelier, qui était tout entier forgé d’une seule pièce en or pur. Il lui fit des lampes au nombre de sept, des pincettes et des porte-lampes en or pur. Il lui fallut un lingot d’or pur pour le chandelier et tous ses accessoires.
Il fit l’autel de l’encens en bois d’acacia. L’autel avait une coudée de long, une coudée de large — sa base était donc carrée — et deux coudées et demie de haut. Ses cornes faisaient corps avec lui. Il le plaqua d’or pur : le dessus, les parois tout autour et les cornes. Il l’entoura d’une moulure en or. Sous la moulure, sur les deux côtés, il plaça des anneaux d’or pour loger les barres servant à le porter. Il fit les barres en bois d’acacia et les plaqua d’or. Il fit l’huile d’onction sainte et l’encens aromatique pur. C’est une œuvre de parfumeur.
Commentaire
Allez, je vous propose d’aller du côté de la tradition juive et des matériaux qui ont été utilisés pour construire cette tente de la rencontre, les différentes interprétations que les rabbins ont données de ces matériaux utilisés.
L’or, d’abord. L’or que vous trouvez partout, notamment dans l’Arche d’Alliance, symbolise l’élévation spirituelle et vous rappelle la majesté, la beauté, l’éternité divine.
Vous avez ensuite l’argent, qui est utilisé notamment — vous n’avez probablement pas fait attention — pour la base des piliers qui soutiennent la structure de la tente, qui représente la rédemption et la pureté morale. Dans le Talmud, l’argent est lié au rachat des âmes. Et puis vous avez le rabbin Sforno qui interprète l’argent comme un symbole de modestie et de constance dans la foi.
On passe au cuivre, employé pour l’autel des sacrifices. Et là, c’est Rachi qui souligne que le cuivre, en raison de sa nature moins précieuse que l’or et l’argent, cette fois-ci ça symbolise l’humilité. Et le fait que chacun, quelle que soit sa condition, peut se rapprocher de Dieu par le repentir.
On passe au bois d’acacia. Pour l’Arche de l’Alliance, pour la table, pour plein d’éléments de la structure, le bois d’acacia, parce qu’il est imputrescible — c’est-à-dire qu’il résiste à l’eau — il symbolise la durabilité et la protection divine, la persévérance de la foi d’Israël au milieu des épreuves. Persévérance de la foi d’Israël au milieu des épreuves, sachant qu’on vient de sortir du veau d’or… Je ne sais pas exactement, mais selon un midrash, le bois d’acacia symbolise également le souvenir du passé de l’Égypte, puisque cet acacia, en fait, aurait été emporté d’Égypte lors de l’Exode. Mais de fait, dans le désert, on comprend que l’on puisse trouver de l’or, de l’argent ou du cuivre, mais comment ça se fait qu’on ait trouvé de l’acacia ? Bah si jamais les Juifs ont pu construire la tente de la rencontre avec du bois d’acacia, ça veut dire qu’ils l’avaient pris des Égyptiens.
Passons aux étoffes. Vous avez peut-être entendu qu’il revenait comme une sorte de refrain : du lin, de la pourpre, de la cramoisie, de la teinture violette, etc. La couleur bleue, par exemple, évidemment, est associée au ciel et rappelle la présence divine. Vous avez ensuite le pourpre. Le pourpre, ça représente la majesté et la dignité. Ces couleurs-là, vous les retrouverez aussi dans les icônes. Quand en icône vous avez du bleu, ça représente le ciel, et quand vous avez du pourpre, ça représente l’imperium, l’autorité, la puissance divine. Ensuite, vous avez le rouge, associé au sang et qui symbolise cette fois-ci le sacrifice et l’expiation. Ça peut aussi symboliser la vitalité et la passion.
Après, vous avez la laine qui a été utilisée. La laine, puisque ça provient des animaux, ça représente le monde vivant. Et pour certains rabbins, c’est le rappel du soin de Dieu pour son peuple, qui l’isole et le protège des dangers extérieurs, comme la laine protège du froid. Ça, c’était la laine, le monde animal. Vous avez ensuite le lin, le monde végétal. Et cette fois-ci, sa présence dans le texte du tabernacle illustre l’intégration du règne végétal au service de Dieu. Alors ici, le lin, qui est fin et qui est précieux, ça symbolise la pureté et la propreté morale.
Et ainsi, le fait de combiner ensemble les étoffes bleues, pourpres, rouges, la laine, le lin, ensemble, ça vous représente la beauté du cosmos tout entier que l’on mêle de manière harmonieuse pour rendre grâce à Dieu de sa création. Ça, pour nous chrétiens, ça préfigure la Jérusalem céleste. Souvenons-nous que le plus beau temple, c’est notre âme. Nous nous tournons cette fois-ci vers notre Dieu pour qu’il vienne l’habiter.
Prière
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, toi qui résides parmi ton peuple et veux habiter en nous, sanctifie-nous. Fais de notre âme un tabernacle vivant. Accorde-nous la pureté de l’or, la noblesse du cœur et la richesse intérieure pour que nos actions soient précieuses à tes yeux. Accorde-nous la fermeté de l’argent. Que nous soyons constants dans notre foi pour que nous puissions bâtir une communauté forte et unie. Fais de nous des vases d’onction consacrés à ta mission et imprégnés de ton esprit. Que ta bénédiction nous emplisse et que ta sainteté nous habite. Et que nos prières, Seigneur, montent comme l’offrande.
Et vous, que Dieu vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
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