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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 6 et 7 du Lévitique, qui reprennent les lois sur les différents sacrifices (holocauste, offrande de céréales, sacrifice pour la faute, sacrifice de réparation, sacrifice de paix), mais cette fois du point de vue du prêtre. Il explique pourquoi ces textes semblent répétitifs en évoquant l’analyse historico-critique et l’analyse rédactionnelle, et invite les auditeurs à chercher l’inspiration divine derrière ce changement de perspective.

Introduction

Écoutez, je vous connais. Là, vous êtes en train de vous dire : « Mais il nous pompe l’air avec ces introductions qui sont trop longues. Moi, je veux rentrer tout de suite dans le texte. » Eh bien, d’accord, très bien. Allez-y, rentrez directement dans le texte et vous me direz si vous ne les regrettez pas, mes petites introductions.

Lecture : Lévitique 6–7

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Donne cet ordre à Aaron et à ses fils. Voici la loi de l’holocauste. Cet holocauste restera sur le brasier de l’autel toute la nuit jusqu’au matin, et le feu de l’autel restera allumé.

Le prêtre revêtira sa tunique de lin et portera à même le corps un caleçon de lin. Il enlèvera la cendre grasse, résidu de l’holocauste consumé par le feu sur l’autel, et la déposera à côté de l’autel. Il retirera alors ses vêtements, il en revêtira d’autres et transportera cette cendre grasse en un lieu pur, hors du camp.

Le feu sur l’autel restera allumé, il ne s’éteindra pas. Chaque matin, le prêtre l’alimentera en bois. Il y disposera l’holocauste et y fera fumer les graisses des sacrifices de paix. Un feu perpétuel brûlera sur l’autel, il ne s’éteindra pas.

Voici la loi de l’offrande de céréales. Les fils d’Aaron l’apporteront à la face du Seigneur, devant l’autel. On en prélèvera une poignée de fleur de farine, l’huile et tout l’encens qui sont sur l’offrande de céréales, et on les fera fumer à l’autel, en agréable odeur, comme mémorial pour le Seigneur.

Aaron et ses fils mangeront le reste, qui sera mangé sous forme de pain sans levain dans un lieu saint. Ils le mangeront dans la cour de la tente de la rencontre. On ne le cuira pas avec du levain. Je leur ai assigné cette part sur la nourriture qui m’est offerte. C’est une part très sainte, comme le sacrifice pour la faute et comme le sacrifice de réparation.

Tout homme parmi les fils d’Aaron pourra en manger. C’est un décret perpétuel pour toutes vos générations concernant les nourritures offertes au Seigneur. Quiconque y touchera sera sanctifié. »

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Voici le présent réservé qu’Aaron et ses fils apporteront au Seigneur dès le jour de leur onction : un dixième de mesure de fleur de farine comme offrande perpétuelle, moitié le matin, moitié le soir. Elle sera préparée sur une plaque avec de l’huile, le tout bien mélangé. Elle sera présentée comme une offrande de céréales brisées en plusieurs morceaux, offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

Le prêtre, consacré par l’onction parmi les fils d’Aaron pour lui succéder, fera la même chose. C’est un décret perpétuel. Cette offrande partira totalement en fumée vers le Seigneur. De même, toute offrande de céréales faite par un prêtre doit être une offrande totale. On n’en mangera pas. »

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici la loi du sacrifice pour la faute. La victime destinée au sacrifice pour la faute sera immolée devant le Seigneur, à l’endroit où est immolé l’holocauste. C’est une chose très sainte. Le prêtre qui présentera le sacrifice pour la faute pourra en manger. Elle sera mangée dans un lieu saint, dans la cour de la tente de la rencontre. Tout ce qui touchera la chair de la victime sera sanctifié.

Et si du sang gicle sur le vêtement, la tache sera nettoyée dans un lieu saint. Le vase d’argile dans lequel la viande aura bouilli sera brisé. Si elle a bouilli dans un vase de bronze, celui-ci sera récuré et rincé à grande eau.

Tout homme parmi les prêtres pourra en manger. C’est une chose très sainte. Mais on ne mangera rien de la victime du sacrifice pour la faute dont le sang aura été porté dans la tente de la rencontre pour accomplir le rite d’expiation dans le sanctuaire. Elle sera brûlée au feu.

Voici la loi du sacrifice de réparation. C’est une chose très sainte. La victime du sacrifice de réparation sera immolée à l’endroit où sont immolés les holocaustes, et le prêtre aspergera de sang les côtés de l’autel.

Il apportera toute la graisse : la queue, la graisse qui couvre les entrailles, les deux rognons, la graisse qui est sur eux près des lombes, ainsi que le lobe du foie qu’il enlèvera avec les rognons. Le prêtre fera fumer ces morceaux à l’autel comme nourriture offerte pour le Seigneur. C’est un sacrifice de réparation.

Tout homme parmi les prêtres pourra en manger. On en mangera dans un lieu saint. C’est une chose très sainte.

Tel le sacrifice pour la faute, tel le sacrifice de réparation. Pour eux, il y a une même loi. La victime sera pour le prêtre qui a accompli le rite d’expiation. Le prêtre qui présentera un holocauste pour un homme gardera la peau de la victime de cet holocauste.

Toute offrande de céréales, cuite au four ou bien préparée dans un récipient ou sur une plaque, sera pour le prêtre qui l’aura présentée. Toute offrande de céréales, pétrie à l’huile ou sèche, sera pour tous les fils d’Aaron, à part égale.

Voici la loi du sacrifice de paix que l’on présentera au Seigneur. S’il s’agit d’une action de grâce, on présentera pour le sacrifice d’action de grâce des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain frottées d’huile et des gâteaux faits de farine bien mélangée et pétris d’huile.

On apportera ce présent réservé, on y ajoutera du pain levé, en sacrifice d’action de grâce et de sacrifice de paix. De tout ce qui a été réservé, on présentera une part prélevée pour le Seigneur ; elle sera pour le prêtre qui a fait l’aspersion du sang lors du sacrifice de paix.

Quant à la chair de la victime offerte en sacrifice d’action de grâce et sacrifice de paix, elle sera mangée le jour même où elle est présentée. On n’en gardera rien pour le lendemain matin.

S’il s’agit d’un sacrifice votif ou d’une offrande volontaire, la victime qui a été réservée sera mangée le jour même où l’on présente le sacrifice. Ce qui en restera sera mangé le lendemain, mais ce qui restera de la chair du sacrifice le troisième jour sera brûlé au feu.

Si l’on mange quand même de la chair du sacrifice de paix le troisième jour, celui qui l’a présentée ne sera pas agréé. Le sacrifice ne comptera pas pour lui. C’est devenu une viande immonde. Quiconque en mangera portera le poids de son péché.

La chair qui aura touché quoi que ce soit d’impur ne sera pas mangée, elle sera brûlée au feu. Mais toute chair pure, quiconque est pur pourra en manger.

Si quelqu’un en état d’impureté mange de la chair d’un sacrifice de paix offert au Seigneur, il sera retranché de son peuple. Si quelqu’un touche à n’importe quelle impureté d’un être humain, d’un animal ou d’une chose immonde, quelle qu’elle soit, et mange ensuite de la chair d’un sacrifice de paix offert au Seigneur, cet individu sera retranché de son peuple. »

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle aux fils d’Israël, tu leur diras : Vous ne mangerez rien de la graisse du bœuf, du jeune bélier ou de la chèvre. La graisse d’un animal crevé ou déchiré pourra servir à tout usage, mais vous n’en mangerez pas. Quiconque mange de la graisse d’un animal présenté en nourriture offerte pour le Seigneur, celui-là sera retranché de son peuple.

Tout ce qui est sang, d’oiseau ou de bête, vous n’en mangerez pas, où que vous habitiez. Celui qui mange du sang, celui-là sera retranché de son peuple. »

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle aux fils d’Israël, tu leur diras : Celui qui présente son sacrifice de paix au Seigneur devra lui apporter son offrande réservée pour le sacrifice de paix. De ses propres mains, il apportera la nourriture offerte pour le Seigneur. Il apportera la graisse avec la poitrine, laquelle sera offerte avec le geste d’élévation devant le Seigneur. Le prêtre fera fumer la graisse à l’autel, tandis que la poitrine sera pour Aaron et ses fils.

Vous donnerez au prêtre la cuisse droite des victimes, comme part prélevée sur vos sacrifices de paix. Parmi les fils d’Aaron, celui qui aura présenté le sang du sacrifice de paix et la graisse recevra comme part la cuisse droite.

Car sur les sacrifices de paix des enfants d’Israël, je retiens la poitrine à offrir avec le geste d’élévation et la cuisse à prélever. Je les donne au prêtre Aaron et à ses fils. C’est un décret perpétuel pour les fils d’Israël.

Telle sera la part d’Aaron et la part de ses fils sur les nourritures offertes au Seigneur, dès le jour où on les fera s’approcher pour servir comme prêtres le Seigneur. Le Seigneur a ordonné que, dès le jour de leur consécration, cela leur soit attribué par les fils d’Israël. C’est un décret perpétuel pour toutes les générations.

Telle est la loi sur l’holocauste, sur l’offrande de céréales, sur le sacrifice pour la faute, sur le sacrifice de réparation, sur le sacrifice d’investiture et sur le sacrifice de paix. C’est ce que le Seigneur a ordonné à Moïse, sur le mont Sinaï, le jour où il ordonna aux fils d’Israël d’apporter au Seigneur, dans le désert du Sinaï, leur présent réservé. »

Commentaire

Normalement, voici ce que vous êtes censés vous être dit à la lecture de ce texte — et que je vous aurais dit si jamais je l’avais mis en introduction. Vous me direz si ça vous aurait aidé ou pas.

Normalement, vous vous êtes dit : « Il y a comme un air de déjà-vu. » En fait, si vous regardez bien, il a été question des sacrifices dont il a toujours été question depuis le début du Lévitique : l’offrande de céréales, l’holocauste, le sacrifice de paix, le sacrifice pour la réparation des péchés. Alors vous vous êtes peut-être dit : « Mais mon Dieu, c’était déjà pénible une fois, et voilà maintenant qu’on nous le ressert une deuxième fois. La pizza c’est bon quand c’est chaud, quand c’est servi froid… » Bon, très bien. OK, admettons. Voilà ce que je vous propose : on va essayer de voir ce que ça peut avoir d’intéressant. Pourquoi est-ce qu’on le redit une deuxième fois ?

Première tentative pour expliquer la redite. Il y avait peut-être un premier texte qui a été rédigé, puis ensuite un autre texte, plusieurs siècles après, qui a été rajouté. Ce qu’on appelle des couches rédactionnelles. C’était à la grande mode dans les années 70, on en est un peu revenu dessus, mais c’est vrai que la Bible a été écrite — peut-être pas sur des milliers d’années, il ne faut pas exagérer — mais certainement sur des centaines d’années, et que vous avez peut-être une sorte de patchwork rédactionnel. Donc on pourrait distinguer la couche sacerdotale, la couche élohiste, etc. Bon, on appelle ça l’historico-critique.

Mais maintenant, vous direz peut-être, comme moi je m’étais dit quand j’étais jeune et innocent au séminaire : c’est bien beau de connaître l’archéologie du texte, en tout cas ça ne va pas forcément m’aider à être inspiré dans ma vie de prière ou à vibrer. Elle est où l’inspiration divine derrière tout ça ? Retenez quand même que c’est toujours bien de connaître l’histoire d’un texte.

Deuxième tentative pour expliquer la redite. On passe de l’analyse historico-critique à l’analyse rédactionnelle, c’est-à-dire prendre le texte dans son ensemble. Et là, on s’aperçoit qu’il y a des petites différences. C’est comme si vous voulez le récit de la création 1 et 2 : c’est la même chose et ce n’est pas la même chose, et on voit qu’on est en train de progresser petit à petit.

Par exemple, du chapitre 1 à 4, vous aviez les sacrifices qui étaient pris du point de vue de la personne laïque qui les offrait. C’est pour ça que ça commençait souvent par « si un homme… ». Et là maintenant, ils sont repris du point de vue du prêtre. Et c’est pour ça qu’on s’intéresse à ce qu’il va manger, ce qu’il ne va pas manger, et puis certains aspects liés au rite du prêtre. Donc là, vous étiez d’un point de vue — celui du laïc — vous passez à un autre point de vue, celui du prêtre.

De la même manière, les sacrifices, chapitres 1 à 5, étaient arrangés dans un ordre qui semblait être théologique, du plus important au moins important. Alors que là, c’est arrangé selon un autre ordre : l’ordre de la fréquence. Parce que si jamais vous êtes un sacrificateur et que vous êtes là pour bosser, vous avez intérêt à parler d’abord des sacrifices que vous allez faire fréquemment — parce que c’est ceux-là qu’il faut maîtriser, c’est votre boulot — et ensuite, à la fin, vous allez parler des sacrifices que vous allez faire moins souvent.

Troisième niveau : faisons du texte une énigme. Ce que je vous ai expliqué — par exemple chapitres 1 à 4, c’était le point de vue du laïc — et pourquoi est-ce qu’on est passé d’un point de vue à un autre, celui du prêtre ? Ah, voilà une bonne question ! C’est quoi l’inspiration divine qu’il y a derrière ? Ça, les enfants, je tease, je continue de teaser pour susciter votre intérêt pour le texte. Ce n’est pas pour tout de suite. Et ne parlez pas tout de suite de Jésus qui accomplit les sacrifices du Lévitique. Même si c’est vrai, Jésus ne doit pas être utilisé trop facilement. C’est trop rapide quand même à ce niveau-là. Attendez le prochain épisode. Toute chose se mérite.

Psaume 66

Pour notre prière finale, je vous lis une partie d’un psaume qui, justement, parle de ces sacrifices que les laïcs peuvent offrir librement à Dieu. Ça vous mettra aussi dans la peau de ce qui vient d’être lu.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Je viens, dans ta maison, avec des holocaustes. Je tiendrai mes promesses envers toi, les promesses qui m’ouvrirent les lèvres, que ma bouche a prononcées dans ma détresse.

Je t’offrirai de beaux holocaustes avec la fumée des béliers. Je prépare des bœufs et des chevreaux.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu, et je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme.

Là, vous êtes en train de parler avec ceux qui sont avec vous dans le parvis du temple.

Quand je poussai vers lui mon cri, ma bouche faisait déjà son éloge.

Béni soit Dieu, qui n’a pas écarté ma prière ni détourné de moi son amour.

Et vous, que Dieu vous bénisse, vous qui offrez les holocaustes d’action de grâce, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.


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