Jour 64 ☾ — L'art de l'adoration
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Résumé : Ce chapitre 29 du livre des Nombres poursuit le calendrier liturgique avec les fêtes du septième mois : la fête des trompettes, le jour du Grand Pardon et surtout Soukkot, la fête des cabanes, qui reçoit ici un développement inédit. Le frère Paul-Adrien voit dans ce décompte progressif des sacrifices l'image d'un allègement, d'une libération lente de l'idolâtrie au long des quarante ans d'errance. Il détaille la symbolique des quatre animaux offerts, puis la célébration juive actuelle de Soukkot avec ses quatre espèces de branches. Le loulav agité rejoint le dimanche des Rameaux, et la tente des cabanes annonce le Verbe qui « a planté sa tente parmi nous ».
Introduction
Nous continuons notre calendrier liturgique avec le chapitre 29 du livre des Nombres. On va continuer sur les fêtes solennelles que l'on trouve dans l'année. Alors, on a déjà parlé de la fête des Prémices, la nouvelle moisson. On a déjà parlé de la fête de Pâques qui commémore la sortie d'Égypte. On va commencer ensuite par la fête des trompettes. Ensuite, on mentionnera Yom Kippour. Et puis après, on partira sur Soukkot, la fête des cabanes, qui va donner lieu à un développement pour le coup inédit, qui vient bien nous prendre les deux tiers du chapitre.
Mes notes de bas de page ici sont en mode panique. Elles s'interrogent : comment se fait-il que ce festival reçoive ici un tel développement ? Et l'on me signale un rite syrien que l'on appelle le festival de Zoukrou. Bon, j'aurais tendance à dire, moi, que l'explication est beaucoup plus simple. La fête des cabanes célèbre l'errance du peuple dans le désert, quand on vivait précisément dans des cabanes. Et là, c'est bientôt la fin de cette errance. Quarante ans ont passé. Donc oui, moi, je comprends que cette fête reçoive ici un éclat particulier. Et d'ailleurs, vous noterez comme, de manière étonnante, cette fête ressemble à une sorte de décompte : on offre de moins en moins de sacrifices.
Bon, avec ces petites indications, j'espère raviver en vous la ferveur de l'écoute. Ah, vous ne pourrez pas dire que le bon père Paul-Adrien ne vous aura pas bichonné pour que vous puissiez rentrer dans la Bible comme du couteau dans du beurre et pouvoir plonger dans l'esprit divin, voir ses entrailles de miséricorde.
Lecture : Nombres 29
Le septième mois, le premier jour du mois, vous tiendrez une assemblée sainte. Vous ne ferez aucun travail, aucun labeur. Ce sera pour vous un jour d'ovation. Vous ferez un holocauste d'agréable odeur pour le Seigneur : un taureau, un bélier et sept agneaux de l'année sans défaut. L'offrande de céréales qui les accompagne sera de la fleur de farine pétrie à l'huile, trois dixièmes par taureau, deux dixièmes pour le bélier, un dixième pour chacun des sept agneaux. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, afin d'accomplir sur vous le rite d'expiation, indépendamment de l'holocauste mensuel, de son offrande de céréales, de l'offrande perpétuelle et de son offrande de céréales avec les libations, selon le droit : c'est une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.
Le dix de ce septième mois, vous tiendrez une assemblée sainte. Vous ferez pénitence et vous ne ferez aucun travail. Vous apporterez au Seigneur, pour l'holocauste d'agréable odeur, un taureau, un bélier et sept agneaux de l'année. Vous les choisirez sans défaut. L'offrande de céréales qui les accompagne sera de la fleur de farine pétrie à l'huile, trois dixièmes par taureau, deux dixièmes pour le bélier, un seul dixième pour chacun des sept agneaux. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment du sacrifice pour la faute du jour du Grand Pardon et de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec les libations.
Le quinzième jour du septième mois, vous tiendrez une assemblée sainte et vous ne ferez aucun travail, aucun labeur. Vous célébrerez la fête du Seigneur pendant sept jours. Le premier jour, vous apporterez au Seigneur, pour l'holocauste, comme nourriture offerte en agréable odeur : treize taureaux, deux béliers, quatorze agneaux de l'année. Ils seront sans défaut. L'offrande de céréales qui les accompagne sera de la fleur de farine pétrie à l'huile, trois dixièmes pour chacun des treize taureaux, deux dixièmes pour chacun des deux béliers, un seul dixième pour chacun des quatorze agneaux. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Le deuxième jour : douze taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec les libations.
Le troisième jour : onze taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec la libation.
Le quatrième jour : dix taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Le cinquième jour : neuf taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Le sixième jour : huit taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Le septième jour : sept taureaux, deux béliers et quatorze agneaux de l'année, sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice des taureaux, des béliers et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Le huitième jour aura lieu pour vous la clôture de la fête. Vous ne ferez aucun travail, aucun labeur. Vous apporterez au Seigneur, pour l'holocauste, comme nourriture offerte en agréable odeur : un taureau, un bélier, sept agneaux de l'année. Ils seront sans défaut. L'offrande de céréales et les libations qui accompagnent le sacrifice du taureau, du bélier et des agneaux seront à proportion de leur nombre, selon le droit. On ajoutera un bouc en sacrifice pour la faute, indépendamment de l'holocauste perpétuel accompagné de son offrande de céréales avec sa libation.
Outre vos offrandes votives et vos offrandes volontaires, voilà donc ce que vous ferez pour le Seigneur lors de vos solennités, en ce qui concerne vos holocaustes, offrandes de céréales, libations et sacrifices de paix.
Commentaire
Vous avez entendu ce décompte progressif des sacrifices, qui en fait exprime l'idée d'un allègement progressif, d'un fardeau, comme une libération. Et c'était peut-être ça, ces quarante ans dans le désert : une libération progressive de l'idolâtrie, avec toujours qui revient ce chiffre 7 et le sabbat, pour vous introduire dans le plein repos et la contemplation de Dieu. Parce que le visage de Dieu, en fait, c'est ça la Terre promise.
Quatre animaux auront été utilisés : le taureau, le bélier, l'agneau et le bouc d'expiation. Le taureau, qui est souvent associé à la patience, au travail, à la force, à l'abondance — et notre travail est déjà une manière de rendre grâce à Dieu. Le bélier, qui, lui, signifie plutôt la responsabilité, le leadership spirituel, parce que les béliers sont la tête des troupeaux. Après, vous aviez les agneaux, qui sont symbole de l'innocence et de la pureté : on offre à Dieu l'hommage de son cœur pur, en tout cas on essaye. Et puis vous avez le bouc d'expiation, qui est offert en sacrifice pour la faute.
Ces fêtes-là n'ont pas été abolies. Les Juifs célèbrent encore Soukkot. Ils construisent des petites cabanes — mais ils construisent à Paris, à côté des synagogues. Les familles, ou même à l'intérieur des synagogues, construisent des petites cabanes. Et pendant la fête, les familles juives prennent leur repas à l'intérieur de ces cabanes, pour se rappeler de cette lente immigration de leurs familles d'Égypte en Terre promise. Il y a évidemment des psaumes, et le dernier jour, on célèbre le don de la Torah, Simhat Torah, la joie de la Torah.
Et alors, ça, c'est plutôt de l'ordre du folklore, mais c'est amusant, et puis ça va nous emmener peut-être un peu plus loin que ça n'en a l'air. On utilise quatre espèces de branches : on utilise une branche de myrte, le hadass ; on utilise une branche de saule, le arava ; il y a le loulav, la branche de palmier ; et ensuite on utilise un cédrat, qui est un fruit jaune et parfumé, l'étrog. Alors, chacune de ces branches a une signification. Vous imaginez bien que les rabbins, tout au long du Moyen Âge, ont cherché la dimension spirituelle de ces quatre branches. C'est plus ou moins convaincant. En tout cas, chaque jour, on prend ces quatre branches et on les agite dans les quatre directions, ainsi que vers le ciel et vers la terre, pour représenter l'omniprésence de Dieu et l'unité du monde.
Et ce loulav, cette branche de palmier, pour nous chrétiens, elle est importante, parce qu'on la retrouve dans le Nouveau Testament. La fête des cabanes, quand on agite des branches de palmier, ça vous a donné le dimanche des Rameaux : Jésus qui monte à Jérusalem et la foule qui l'acclame avec ce loulav, qui était le symbole de la libération, de la fin de l'errance, de l'entrée dans la Terre promise.
En attendant, cette tente, ces cabanes, quand vous les appliquez à Jésus, ça vous donne aussi quelque chose d'extrêmement beau : ça vous donne le tout début de l'Évangile selon saint Jean. « Et il a planté sa tente parmi nous. » C'est littéralement ce qu'il y a écrit en grec. On dit « il est demeuré parmi nous », mais en grec, c'est « il a planté sa tente parmi nous ». Et là, c'est Dieu qui reprend sa tente pour vivre au milieu de nous. La tente de Dieu pendant le désert, c'était la tente de la rencontre, qui deviendra ce temple de Jérusalem, mais qui sera lui-même remplacé par un autre temple, le temple de Jésus. Le corps de Jésus, c'est la tente que Dieu a choisie pour vivre au milieu de nous.
Bon, et avec toutes ces fêtes, nous pouvons prier. On va prier pour quoi ? Bon, on va prier pour nos familles. C'est important, ça aussi.
Prière
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, nous te confions toutes nos familles. À travers les fêtes et les temps, tu nous donnes des moments pour célébrer notre rachat, notre rédemption.
Nous te confions nos parents. Nous te confions nos enfants. Nous te confions la tradition que nous avons reçue d'eux. Nous te confions la manière de pratiquer la religion à la maison : que ce soit en priant en famille, que ce soit en priant seul, que ce soit en disant un Bénédicité au début des repas, que ce soit en nous rendant à la messe le dimanche, que ce soit en pratiquant chacun comme nous pouvons pratiquer, avec certains qui vont pratiquer beaucoup, d'autres moins.
Nous te demandons, Seigneur — ah, voilà l'intention — de renouveler en nous la ferveur de la fête, de la joie, la ferveur de la pratique religieuse. Seigneur, fais que nous ayons envie de pratiquer la religion.
Et vous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
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