Jour 65 ☼ — Les vœux sacrés
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Résumé : Le chapitre 30 du livre des Nombres traite des vœux privés, et particulièrement de ceux que prononcent les femmes, soumis à l'accord du père ou du mari. Le frère Paul-Adrien commence par noter que ces longues sections sur les sacrifices et les fêtes se closent sur la gratuité de la dévotion personnelle, comme si elle était le sommet de la religion. Il reconnaît ensuite sans détour le caractère patriarcal du texte, tout en relevant les quelques avancées qu'il contient : le droit du père ou du mari est encadré dans le temps, et la dévotion féminine est pleinement reconnue. Le commentaire s'achève sur Éphésiens 5, où saint Paul, loin d'abolir l'autorité du mari, la place sous celle du Christ — détruisant ainsi le patriarcat de l'intérieur.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Alors, ça se passe comment, ce podcast « La Bible en un an » ? Les 40 ans des Hébreux dans le désert… Ça se trouve, les 40 ans d'errance du peuple hébreu dans le désert, c'est peut-être en ce moment, vous, votre lecture à travers cette généalogie interminable. Mais pensez à Moïse qui essayait de guider son peuple, de la même manière que j'essaie de vous trouver des choses intéressantes à dire en commentaire pour réveiller l'attention. Alors, écoutez, dans le désert, il y avait la manne qui tombait du ciel. Mais ce podcast, il ne s'est pas fait comme ça tout seul, il n'est pas tombé du ciel, lui. Ah, c'est dommage ! Mais à votre bon cœur, les liens sont en bas. Ne nous oubliez pas dans vos actions de grâces.
Et maintenant, revenons à notre livre des Nombres. Le chapitre que vous allez entendre va vous sembler singulièrement sexiste. Là, quand même, il faut le dire. Donc, c'est quand même la Bible, la Parole de Dieu, donc il faut lui faire crédit. La question qu'il faut se poser dans ce chapitre, c'est : qu'est-ce qu'il y a de sexiste ? Dans ces cas-là, c'est comment, malgré les apparences, on est en train de subvertir la domination de l'homme sur la femme. Je vous accorde que ce n'est pas évident. Je ne sais pas encore ce que je vais dire à ce propos. Vous allez peut-être trouver avant moi. Bonne lecture.
Lecture : Nombres 30
Moïse rapporta aux fils d'Israël tout ce que le Seigneur lui avait ordonné. Puis il parla aux chefs des tribus des fils d'Israël. Il dit : « Voici ce que le Seigneur a ordonné. L'homme qui fait un vœu au Seigneur, ou prend par serment un engagement qui l'oblige lui-même, ne reniera pas sa parole. Il agira en tout selon ce qu'il a dit.
Quand une femme, jeune encore et vivant chez son père, fait un vœu au Seigneur et prend un engagement, si son père apprend l'existence de ce vœu et de cet engagement par lequel elle s'oblige elle-même, et que cependant il ne lui dise rien, alors tous ses vœux restent valides, et tout engagement qui l'oblige elle-même reste valide. Mais si son père, le jour même où il apprend cela, fait opposition, alors tous ses vœux et l'engagement qui l'oblige elle-même ne sont plus valides. Le Seigneur lui pardonnera, puisque son père a fait opposition.
Si elle appartient à un homme par le mariage, et si elle est liée par des vœux qu'elle s'est imposés, ou qu'elle a tenu des propos inconsidérés qui l'obligent elle-même, que son mari apprenne cela : si le jour même où il l'apprend il ne lui dit rien, alors ses vœux restent valides, et l'engagement qui l'oblige elle-même reste valide. Mais si, le jour même où son mari l'apprend, il fait opposition, alors il annule le vœu qu'elle s'est imposé et les propos inconsidérés qui l'obligent elle-même. Le Seigneur pardonnera à la femme.
Le vœu d'une veuve ou d'une femme répudiée, tout engagement qui l'oblige elle-même, reste valide pour elle.
Si c'est dans la maison de son mari qu'une femme fait un vœu ou prend par serment un engagement qui l'oblige elle-même, et que son mari apprenne cela, ne lui dise rien et ne fasse pas opposition, tous ses vœux restent valides, et tout engagement qui l'oblige elle-même reste valide. Mais si son mari les annule le jour même où il l'apprend, rien de ce qui a passé ses lèvres, en ce qui concerne ses vœux et ce qui l'oblige elle-même, ne sera valide. Son mari les a annulés, et le Seigneur pardonnera à la femme.
Tout vœu et tout engagement par serment à faire pénitence sera validé par le mari ou annulé par lui. Si, d'un jour à l'autre, son mari ne lui a rien dit, il rend valides tous ses vœux et tous les engagements qu'elle s'est imposés. Il les rend valides, puisqu'il ne lui a rien dit le jour même où il l'a appris. Mais s'il tarde à les annuler après l'avoir appris, c'est lui qui portera le poids de sa faute à elle. »
Voilà donc les décrets que le Seigneur a prescrits à Moïse concernant les relations entre un mari et sa femme, entre un père et sa fille, quand, jeune encore, elle vit chez son père.
Commentaire
Alors, je vous l'accorde, ce n'est pas bien clair de voir quel est le progrès et l'évolution du statut de la femme à travers ce chapitre.
Une petite remarque avant d'aller dedans. Vous notez quand même que ces longs chapitres qui parlent de sacrifices, de fêtes, se clôturent par les vœux privés, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas obligatoires et qui procèdent de la générosité et de la dévotion personnelle. On a dépassé ce qui était obligatoire, ce qui était défendu, et là maintenant on est dans la gratuité, l'expression libre de l'amour que l'on a pour Dieu. Ces vœux ne sont pas particulièrement encouragés, parce que, précisément, ce sont des vœux privés et que ça ressort de votre libre initiative. Mais on leur fait une place, et on leur fait une place à la fin, comme si c'était le sommet de la religion, ou plutôt comme si la religion devait vous amener jusque-là et que c'était dans cette gratuité généreuse qu'elle trouvait son plein accomplissement. Il y a là une leçon pour nous, pour notre vie spirituelle.
Alors maintenant, venons-en aux femmes. Pourquoi consacrer un chapitre entier aux vœux privés des femmes ? Alors, avant d'aller tout de suite dans les questions du patriarcat ou autre chose, quand même, ça vaut le coup d'être noté que, en ce moment, on parle beaucoup des femmes dans cette fin du livre des Nombres. On en a déjà parlé avec les filles madianites qui se mariaient aux Hébreux, on en a parlé ensuite avec les filles de Selofhad, et on en reparlera encore après, ces fameuses filles de Selofhad. Donc je note que la fin du livre des Nombres parle beaucoup des femmes et qu'il y a là un point d'attention particulier de la part de Dieu.
Bon, alors maintenant, une fois que j'ai dit ça, écoutez, je ne sais pas. Alors oui, j'ai bien une ou deux petites idées, mais j'avoue que ce que je vais vous dire là maintenant ne me paraît pas grand-chose dans la question du statut de l'homme et de la femme. Parce que quand même, là, c'est quand même le patriarcat qui est reconnu. Et à un moment donné, il faut le dire : on peut dire que la Bible n'enfonce pas le clou en rajoutant ligne après ligne des choses sur le patriarcat et la domination de l'homme envers la femme, mais on ne peut pas dire non plus que ce chapitre-là allège le poids de la femme. Derrière ce chapitre, c'est le statut juridique de la femme qui est une mineure, une éternelle mineure, et qui est soit sous la dépendance de son mari, soit sous la dépendance de son père.
Alors, bon, une ou deux petites choses qui méritent d'être dites quand même. C'est que le droit du mari ou du père tend à être un petit peu restreint. C'est-à-dire qu'il peut dire qu'il n'est pas d'accord, mais il y a un temps et un moment pour le dire, et puis après, une fois que le temps est passé, le temps est passé. Ce n'est pas le cas dans toutes les religions et dans toutes les cultures. Donc là, il y a un petit plus, maigre, je vous l'accorde, mais quand même à noter. Ensuite, le fait que la dévotion féminine est reconnue, et que non seulement elle est reconnue, mais on lui donne une place de choix.
Alors maintenant, c'est vrai que le fond de l'affaire reste identique. L'autorité d'un homme sur une femme est reconnue. Et ça, même si vous regardez bien, il y aura des femmes fortes dans la Bible, et il y en aura même beaucoup ; il y aura beaucoup d'attention au bien-être et au respect des femmes dans la Bible, et il y en aura beaucoup. Mais ce principe fondamental de l'autorité de l'homme sur la femme ne sera pas remis en cause, et il ne sera pas remis en cause non plus dans le Nouveau Testament.
Alors, Jésus n'en parle pas. Jésus a toujours le goût, le chic, sur toutes ces questions-là très complexes, en fait, de ne pas en parler. Ce qui laisse à chacun le droit de rêver à ce qu'aurait dit Jésus. Et qu'en attendant, les femmes l'accompagnaient, le servaient, ce qui montrait bien que les femmes avaient compris qu'elles avaient en Jésus quelqu'un qui les défendait.
Mais si jamais vous regardez chez saint Paul, saint Paul ne va pas abolir ce principe de l'autorité de l'homme sur la femme. Mais c'est là que c'est génial, saint Paul : il va le subvertir. Il ne va pas enlever l'autorité de l'homme sur la femme, mais il va placer l'homme sous une autre autorité. La manière dont la Bible va détruire le patriarcat de l'intérieur, cela ne va pas être en libérant la femme de la tutelle masculine, ça va être en mettant l'homme sous tutelle.
C'est le fameux chapitre Éphésiens 5, où saint Paul dit : « Femmes, soyez soumises à vos maris. » Et donc là, vous avez bien la reconnaissance de ce principe patriarcal. Mais auparavant, Paul avait eu bien soin de rappeler, un : que c'était tout le monde qui devait être soumis à tout le monde. Donc en fait, on n'enlève pas la soumission, parce que pour saint Paul, pour les chrétiens, c'est une vertu, la vertu d'obéissance. Ça, on ne va pas l'enlever, parce que l'obéissance, c'est aussi l'expression de l'amour, la docilité amoureuse. Deux : que si la femme devait être soumise au mari, le mari, en revanche, devait donner sa vie pour la femme. Il devait la donner tout le temps, toujours, partout. Pas seulement dans le travail, pas seulement, mais dans la tendresse aussi et le respect. Et trois : que la femme devait être soumise au mari pour autant que le mari était soumis à Jésus. Ce qui, en fait, change complètement la donne. Parce que ça veut dire que si jamais une femme a un mari qui ne suit pas les règles de Jésus, elle n'est pas censée être soumise à lui.
Ce qui fait que dans le passage apparemment le plus patriarcal du Nouveau Testament, quand vous lisez attentivement, Paul détruit le patriarcat. Ce qui fait qu'il dira plus tard, dans une autre lettre : « En Jésus-Christ, il n'y a plus ni homme ni femme. »
Psaume 31
Heureux l'homme dont la faute est enlevée et le péché remis. Heureux l'homme dont le Seigneur ne retient pas l'offense, dont l'esprit est sans fraude.
Je me taisais, et mes forces s'épuisaient à gémir tout le jour. Ta main, le jour et la nuit, pesait sur moi. Ma vigueur se desséchait comme l'herbe en été.
Je t'ai fait connaître ma faute, je n'ai pas caché mes torts. J'ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mon péché. » Et toi, tu as enlevé l'offense de ma faute.
Ainsi, chacun des tiens te priera aux heures décisives. Même les eaux qui débordent ne peuvent l'atteindre. Tu es un refuge pour moi, mon abri dans la détresse, de chants de délivrance tu m'as entouré.
Je vais t'instruire, te montrer la route à suivre, te conseiller, veiller sur toi. N'imite pas les mules et les chevaux qui ne comprennent pas, qu'il faut mater par la bride et le mors, et rien ne t'arrivera.
Pour le méchant, douleur sans nombre, mais l'amour du Seigneur entourera celui qui compte sur lui.
Que le Seigneur soit votre joie ! Exultez, hommes justes ! Hommes droits, chantez votre allégresse !
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