Jour 67 ☼ — Terre promise et justice divine
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Résumé : Le frère Paul-Adrien achève la lecture du livre des Nombres avec les chapitres 34 et 35 : Moïse, qui n'entrera pas en Terre promise, décrit les frontières du pays de Canaan, désigne les responsables du partage, puis fixe les villes données aux lévites et les six villes de refuge. Le commentaire souligne la subtilité du vieux patriarche : il présente le pays comme un tout, sans parler du partage entre les tribus, et confie aux lévites dispersés dans tout le pays le soin d'assurer l'unité. La disposition des villes lévitiques, carré de pâturages autour d'une ville centrale, rappelle celle de l'armée en campagne des chapitres 1 et 2, mais transposée dans un registre pastoral et pacifique. Les villes de refuge manifestent ce passage : le travail des lévites est désormais d'offrir la miséricorde de Dieu.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur. Nous poursuivons notre lecture des Nombres, même si aujourd'hui, aujourd'hui, nous clôturons ce livre. Et Moïse n'arrête pas de ressasser le passé et d'essayer de léguer comme il peut son héritage. On a parlé de ce souvenir, on a parlé de transmettre la mémoire des longues années d'errance dans le désert, et on a fait le récapitulatif. Et voilà que maintenant Moïse se tourne plus vers l'avenir et vers le futur, et vous décrit les frontières de cette fameuse Terre promise qui est juste là devant ses yeux, et dans laquelle il ne rentrera pas. Nostalgie.
Lecture : Nombres 34-35
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Ordonne ceci aux fils d'Israël. Tu leur diras : Vous allez entrer dans le pays de Canaan. C'est le pays qui vous est échu en héritage, le pays de Canaan, à l'intérieur des frontières que voici.
Votre frontière sud, c'est-à-dire du Néguev, se trouve du côté du désert de Cîn qui confine à Édom. À l'est, cette frontière sud part de l'extrémité de la mer Morte. La frontière oblique alors au sud vers la montée des Akrabim et passe à Cîn pour aboutir, venant du sud, à Cadès-Barnéa, pour repartir vers Hatsar-Addar et passer par Asmone. Contournant Asmone, la frontière oblique vers le torrent d'Égypte et aboutit à la mer.
Votre frontière ouest sera la mer Méditerranée. Celle-ci sera votre frontière maritime.
Et voici quelle sera votre frontière au nord. De la Méditerranée, vous tracerez une ligne vers Hor la Montagne. De Hor la Montagne, vous tracerez une ligne en direction de l'entrée de Hamath, et la frontière aboutira à Sedad. Puis elle ira jusqu'à Zifrone, et enfin elle aboutira à Hatsar-Énane. Telle sera votre frontière nord.
Ensuite, vous tracerez une ligne vers Shefam. Vous tracerez une ligne pour votre frontière orientale depuis Hatsar-Énane jusqu'à Shefam. La frontière descendra de Shefam à Ribla, à l'est de Ayin, puis elle descendra jusqu'à atteindre les collines de la mer de Kinnéreth, à l'est. Enfin, la frontière descend vers le Jourdain et aboutit à la mer Morte. Tel sera votre pays, limité tout autour par ses frontières. »
Moïse donna cet ordre aux fils d'Israël. Il dit : « C'est le pays que le Seigneur a prescrit de donner aux neuf tribus et à la demi-tribu. En effet, la tribu des fils de Roubène par famille et la tribu des fils de Gad par famille ont déjà reçu leur part d'héritage, ainsi que la demi-tribu de Manassé. Ces deux tribus et cette demi-tribu ont reçu leur part d'héritage de l'autre côté du Jourdain, à la hauteur de Jéricho, à l'est, à l'orient. »
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Vous prendrez aussi un responsable par tribu, un seul, pour procéder au partage du pays. Et voici les noms de ces hommes : pour la tribu de Juda, pour la tribu des fils de Siméon, pour la tribu de Benjamin, pour la tribu des fils de Dan, pour la tribu des fils de Manassé, pour la tribu des fils d'Éphraïm, pour la tribu des fils de Zabulon, pour la tribu des fils d'Issakar, pour la tribu des fils d'Asher, Ahihoud, fils de Shelomi, pour la tribu des fils de Nephtali, le responsable. »
Tels sont ceux à qui le Seigneur a ordonné de partager l'héritage entre les fils d'Israël au pays de Canaan.
Le Seigneur parla à Moïse dans les steppes de Moab, au bord du Jourdain, à la hauteur de Jéricho. Il dit : « Ordonne aux fils d'Israël de donner aux lévites, sur la part d'héritage qu'ils ont en propriété, des villes pour y habiter. Vous donnerez aussi aux lévites les pâturages qui entourent ces villes. Les villes leur appartiendront pour qu'ils y habitent, et les pâturages seront pour leur bétail, pour leurs biens matériels, pour tous leurs animaux.
Les pâturages des villes que vous donnerez aux lévites s'étendront depuis le mur extérieur de la ville sur mille coudées alentour. Vous mesurerez à l'extérieur de la ville, du côté est, deux mille coudées, du côté sud, deux mille coudées, du côté ouest, deux mille coudées, du côté nord, deux mille coudées, la ville étant au centre. Ce seront pour eux les pâturages des villes.
Les villes que vous donnerez aux lévites sont les villes de refuge, au nombre de six, données par vous pour que les meurtriers puissent s'y enfuir. Vous leur donnerez en outre quarante-deux villes. Au total, vous donnerez aux lévites quarante-huit villes, les villes et leurs pâturages. Les villes que vous donnerez viendront de la propriété des fils d'Israël. À celui qui a beaucoup, vous prendrez beaucoup ; à celui qui a peu, vous prendrez peu. Chacun donnera des villes aux lévites en proportion de la part d'héritage qu'il aura reçue. »
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle ainsi aux fils d'Israël : Quand vous aurez passé le Jourdain pour entrer dans le pays de Canaan, choisissez des villes qui seront pour vous des villes de refuge. Le meurtrier qui, par inadvertance, aura frappé quelqu'un à mort s'y enfuira. Ces villes vous serviront de refuge contre le vengeur du sang. Ainsi, le meurtrier ne sera pas mis à mort avant d'avoir comparu en jugement devant la communauté.
Les villes que vous donnerez aux lévites seront pour vous des villes de refuge, au nombre de six. Vous donnerez trois villes situées au-delà du Jourdain et vous donnerez trois villes situées au pays de Canaan. Elles seront les villes de refuge. Ces six villes serviront de refuge aux fils d'Israël, ainsi qu'à l'immigré et à l'hôte de passage, afin que s'y enfuie quiconque aura, par inadvertance, frappé quelqu'un à mort.
S'il l'a frappé avec un objet en fer et causé la mort, c'est un meurtrier, et le meurtrier doit être mis à mort. Si, de sa main, il l'a frappé avec une pierre qui peut provoquer la mort, et a effectivement causé la mort, c'est un meurtrier, et le meurtrier doit être mis à mort. Ou encore, si, de sa main, il l'a frappé avec un objet en bois qui peut provoquer la mort et a effectivement causé la mort, c'est un meurtrier, et le meurtrier doit être mis à mort. C'est le vengeur du sang qui mettra à mort le meurtrier : dès qu'il tombera sur lui, il le mettra à mort.
Si, par haine, un homme en a bousculé un autre, ou a lancé quelque chose contre lui avec malveillance, et qu'ainsi il a causé la mort, ou si, avec hostilité, il l'a frappé de la main, et qu'ainsi il a causé la mort, celui qui a frappé sera mis à mort : c'est un meurtrier. Dès qu'il tombera sur le meurtrier, le vengeur du sang le mettra à mort.
Mais si c'est par hasard et sans hostilité qu'un homme a bousculé quelqu'un, ou lui a lancé quelque objet sans malveillance, ou encore si, sans le voir, il l'a atteint avec une pierre qui peut provoquer la mort, et qu'en faisant tomber cette pierre il a effectivement causé la mort, tandis qu'il n'était pas son ennemi et ne lui voulait pas de mal, alors la communauté jugera entre celui qui a frappé et le vengeur du sang, selon le droit. La communauté soustraira le meurtrier à la main du vengeur du sang. La communauté le renverra dans sa ville, la ville de refuge, là où il s'était enfui. Il devra y rester jusqu'à la mort du grand prêtre qui a reçu l'onction avec l'huile sainte.
Mais si le meurtrier sort des limites de la ville de refuge où il s'est enfui, et que le vengeur du sang, le trouvant hors des limites de sa ville de refuge, le tue, le vengeur n'aura pas de sang sur les mains. En effet, le meurtrier devra rester dans sa ville de refuge jusqu'à la mort du grand prêtre. Après la mort du grand prêtre, le meurtrier retournera sur la terre qui lui appartient.
Telles seront pour vous les règles de droit, d'âge en âge, où que vous habitiez. Quiconque frappe à mort une personne, c'est sur la déposition de plusieurs témoins qu'il sera tué. Mais la déposition d'un seul témoin ne pourra faire condamner quelqu'un à mort. Vous n'accepterez pas de rançon en échange de la vie d'un meurtrier : il est passible de mort, il doit être mis à mort. Vous n'accepterez pas non plus de rançon pour permettre à celui qui s'est enfui dans sa ville de refuge de revenir habiter sur sa terre avant la mort du grand prêtre.
Vous ne profanerez pas la terre où vous êtes, car le sang, lui, profane la terre. On ne peut faire l'expiation pour le sang répandu sur la terre que par le sang de celui qui l'a répandu. Vous ne rendrez pas impure la terre où vous habiterez et au milieu de laquelle je demeure. Car je suis le Seigneur, moi qui demeure au milieu des fils d'Israël. »
Commentaire
Il y a des petites subtilités dans le texte que vous venez de lire, et le vieux patriarche qu'est Moïse n'a pas encore fini de nous étonner par sa subtilité. Il commence par présenter le pays d'Israël comme formant un tout. On s'attendrait à ce que Moïse parle de la division du pays selon les tribus. Il n'en parle pas. Il dit simplement : écoutez, ce partage-là, on en parlera plus tard, après ma mort si vous voulez ; moi, pour l'instant, je vous parle du pays dans son ensemble.
Alors très bien, mais si jamais on ne parle pas des relations des tribus entre elles, ni du territoire qu'elles vont occuper, ça va être quoi, les institutions politiques et les organes de régulation entre les différentes tribus ? C'est assez flou. On sait simplement qu'il y aura un grand prêtre, Éléazar, et un dirigeant politico-militaire, Josué. Le reste, on ne sait pas très bien, sinon qu'il y a un chef par tribu.
Je suppose que Moïse a dû se dire que c'était un peu léger pour assurer l'unité politique du pays. Et c'est là qu'il a fait intervenir les lévites, comme vous l'avez entendu. C'était toute cette question autour des villes des lévites et des villes-refuges. Regardons ça.
Au début du livre des Nombres, l'armée était disposée en carré, avec des tribus au nord, au sud, à l'ouest, à l'est. Et au centre, il y avait les lévites, qui s'occupaient de la tente de la Rencontre, le centre mystique de cette armée en campagne. Et voilà que maintenant, ce centre mystique s'est retrouvé comme dispersé à travers tout le pays, comme si c'était lui qui devait garder la trace et la mémoire de ce que fut jadis cette armée en campagne.
D'ailleurs, penchons-nous un peu sur leurs villes. Leurs villes sont présentées de manière assez curieuse dans le texte. On dit qu'il doit y avoir la ville au centre et tout autour des pâturages, comme si ça faisait un carré avec des pâturages au nord, au sud, à l'ouest, à l'est, et la ville au milieu. Tout cela est un peu trop géométrique pour être totalement crédible… à moins que cela ne rappelle furieusement la manière dont l'armée était disposée en campagne. Voici que cette disposition de l'armée en carré qu'on avait vue aux chapitres 1 et 2, c'est aux lévites de la refaire à travers le pays et leurs villes, sous la forme d'une ville dédiée à la pastorale. Et encore une fois, la transition d'une conception militaire d'Israël à une conception plus domestique et pacifique.
Ces fameuses villes-refuges, c'est beau, ça ! Leur travail, maintenant, c'est d'offrir la miséricorde de Dieu.
Psaume 33a
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur, que les pauvres m'entendent et soient en fête.
Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond, de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie, le Seigneur entend, il le sauve de toutes ses angoisses.
L'ange du Seigneur campe alentour pour libérer ceux qui le craignent. Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge.
Saints du Seigneur, adorez-le, rien ne manque à ceux qui le craignent. Des riches ont tout perdu, ils ont faim ; qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.
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