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Jour 70 ☾ — Écoute, Israël : Aimer et transmettre

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit le chapitre 6 du Deutéronome, où Moïse donne la clé de lecture de toute la loi : la crainte de Dieu, l'écoute et la fidélité. Au cœur du texte se trouve le Shema Israël, la grande prière juive, reprise par Jésus comme premier commandement. Le commentaire détaille l'écoute du cœur, l'unicité de Dieu, les trois cercles concentriques du cœur, de l'âme et des forces, puis les trois lieux de la pratique religieuse : la famille, la vie personnelle et la vie sociale. L'épisode s'achève sur une note plus folklorique — phylactères, mezouza, médailles et crucifix — avant de prier le Shema Israël.

Introduction

Nous continuons avec Moïse, chapitre 6, Moïse qui insiste sur la clé de lecture, la porte d'entrée dans la loi : la crainte de Dieu, son écoute et la fidélité. Ça reste du même génie spirituel, c'est splendide, on continue.

Lecture : Deutéronome 6

Voici les commandements, les décrets et les ordonnances que le Seigneur votre Dieu m'a prescrits de vous enseigner, pour que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain.

Tu craindras le Seigneur ton Dieu tous les jours de ta vie, toi ainsi que ton fils, le fils de ton fils, et tu observeras tous ces décrets et ces commandements que je te prescris aujourd'hui, et tu auras longue vie. Tu veilleras à mettre en pratique ce qui t'apportera bonheur et fécondité dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l'a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères.

Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé. Tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front. Tu les inscriras à l'entrée de ta maison et aux portes de ta ville.

Quand le Seigneur ton Dieu te fera entrer dans le pays qu'il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, quand tu auras des villes grandes et belles que tu n'as pas bâties, des maisons pleines de richesses que tu n'y as pas entassées, des citernes que tu n'as pas creusées, des vignes et des oliveraies que tu n'as pas plantées, quand tu auras bien mangé et te seras rassasié, alors garde-toi d'oublier le Seigneur, lui qui t'a fait sortir d'Égypte, de la maison d'esclavage.

Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras, c'est par son nom que tu prêteras serment. Et vous ne suivrez pas d'autres dieux, ces dieux des nations qui vous entourent, car le Seigneur ton Dieu est un Dieu jaloux au milieu de toi. La colère du Seigneur ton Dieu s'enflammerait contre toi, et il te ferait disparaître de la face de la terre.

Vous ne mettrez pas le Seigneur votre Dieu à l'épreuve, comme vous l'avez fait à Massa. Vous observerez avec soin les commandements du Seigneur votre Dieu, les exigences et les décrets qu'il t'a prescrits. Tu feras ce qui est droit et bon aux yeux du Seigneur, pour que tu sois heureux, que tu entres prendre possession du bon pays que le Seigneur a promis par serment à tes pères, en chassant devant toi tous tes ennemis, comme l'a dit le Seigneur.

Demain, ton fils te demandera : « Qu'est-ce donc que ces exigences, ces décrets et ces ordonnances que le Seigneur notre Dieu vous a prescrits ? » Alors tu diras à ton fils : « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, et le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte par la force de sa main. Sous nos yeux, le Seigneur a accompli des signes et des prodiges grands et funestes contre l'Égypte, Pharaon et toute sa maison. Mais nous, il nous a fait sortir de là pour nous faire entrer dans le pays qu'il voulait nous donner, celui qu'il avait promis par serment à nos pères. Alors le Seigneur nous a commandé de mettre en pratique tous ses décrets afin que nous craignions le Seigneur notre Dieu. Ainsi nous serons toujours heureux, et il nous gardera en vie comme nous le sommes aujourd'hui. Et nous serons justes si nous veillons à mettre en pratique tous ses commandements en présence du Seigneur notre Dieu, comme il nous l'a prescrit. »

Commentaire

Vous venez d'entendre, au milieu de tout ce texte, peut-être l'avez-vous reconnu, ce que l'on appelle le Shema Israël. « Écoute, Israël » : c'est la grande prière juive. Si vous voulez, c'est un peu l'équivalent, pour les juifs, de notre Notre Père à nous. Ce Shema Israël, « Écoute, Israël », on ne l'a pas oublié : moi, en tant que moine, je dois le dire aux complies au moins une fois par semaine. Et ça reste au cœur de toute la spiritualité. Alors je vais le commenter, puis ensuite, après, on le priera.

Donc le Shema Israël, verset 4, qui commence par : « Écoute, Israël. » Dieu qui s'adresse à son peuple pour lui donner, en fait, le premier commandement. Écoute, Israël. Et ici, l'écoute dont il est question, c'est une écoute particulière : c'est l'écoute avec le cœur. Ça veut dire qu'en fait, elle doit susciter la foi et culminer dans l'obéissance.

Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique.

C'est le contenu du premier commandement : c'est de reconnaître l'unicité de Dieu, c'est-à-dire sa singularité, son aspect extraordinaire, qu'il est notre Dieu, et donc de le faire vivre dans notre vie. On fera attention ici à la grandeur, l'unicité, la singularité de Dieu. Ce n'est pas seulement son mystère. Si vous avez bien compris, son mystère, sa sainteté, c'est exprimé dans sa loi. Donc, en fait, la singularité de Dieu se retrouve dans la singularité de la loi que vous devez mettre au centre de votre vie. C'est la manière de reconnaître la transcendance de Dieu.

Ensuite, le texte continue :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

Ce qui vous donne quand même le premier commandement chrétien. Jésus n'est pas allé chercher bien loin : il a repris dans le Deutéronome le premier commandement, l'amour de Dieu, de tout son cœur, de toute sa force, de toute son âme.

Alors ici, la succession cœur-âme-force, il ne faut pas vraiment la penser comme des sections de la vie humaine — le cœur, l'émotion. En fait, c'est plutôt des cercles concentriques. Ça commence avec le cœur, qui est le lieu de la décision, le lieu du face-à-face, là où on écoute. Ensuite, ça s'étend jusqu'à l'âme, qui est le lieu des émotions, qui est à la fois la vie psychologique, notre manière de vivre incarnée dans un corps, notre vie spirituelle. Et ensuite, ça s'étend à toutes nos forces, c'est-à-dire notre manière d'agir dans le monde. Donc du cœur jusqu'à la vie entière, jusqu'au monde qui nous entoure : là doit se trouver l'expression de notre amour pour Dieu.

On continue :

Ces paroles que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur.

Ça veut dire que Dieu continue de nous parler et qu'il ne faut jamais quitter ce dialogue. La manière d'appliquer la loi, c'est d'avoir Dieu en face de soi et de rester en train de lui parler. Ces paroles que je te donne aujourd'hui, de les écouter, de rester dans sa familiarité : elles resteront dans ton cœur. C'est-à-dire qu'ici, il ne s'agit pas simplement d'une pratique extérieure, avec son corps et ses gestes, mais avec son cœur. Un moine disait : « Le moine est celui qui fait tout avec sentiment. » Eh bien, ce moine, maintenant, il est au ciel. Donc faites de même.

Alors, où faut-il pratiquer ? Le premier lieu de la pratique, vous dit la Bible :

Tu les rediras à tes fils.

C'est ce que je vous avais dit : le premier lieu de la pratique, c'est la famille. La cellule de base de la religion, c'est la famille.

Tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage.

Ça veut dire que là, Dieu vous dit : attention, tu n'es pas là pour distinguer vie professionnelle et vie domestique, ou alors moment de la journée où tu pries et puis moment de la journée où je suis absent. Il n'y a pas que la prière du matin et la prière du soir. Ça doit être un continu : c'est toute ta vie que tu dois répéter mes commandements. À la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé : donc là, c'est dans la vie personnelle, dans la vie existentielle.

Tu les attacheras à ton poignet comme un signe. Elles seront un bandeau sur ton front. Tu les inscriras à l'entrée de ta maison.

Et là, c'est la vie sociale. Donc vous avez ces trois lieux de la pratique religieuse : la famille, la société, la vie personnelle.

Alors je termine par une note plus folklorique. « Tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front » : ça, ça a donné naissance à ce qu'on appelle les phylactères, des petites boîtes en cuir qui contiennent des passages de la Torah, que les juifs pratiquants portent pendant la prière du matin, à la tête ou au bras. « Et tu les inscriras à l'entrée de ta maison et aux portes de ta ville » : ça, ça a donné naissance à la mezouza, les petites boîtes sur les portes, où l'on met des versets de l'Écriture et que les juifs touchent de la main avant de rentrer dans la maison.

Vous avez, oui, un lointain équivalent dans la religion chrétienne, quand par exemple quelqu'un porte une médaille autour de son cou : ça veut dire qu'on essaye de ne pas oublier Dieu. Ou bien quand, par exemple, on met des crucifix à la maison pour demander à Dieu de venir bénir la maison et qu'on n'oublie pas sa présence. Et je trouve que ce sont de bonnes pratiques. On parlait de la pratique à la maison : eh bien, voilà des exemples. Alors évidemment, ce n'est pas de la superstition. Ce n'est pas parce qu'on porte une médaille ou qu'on a un crucifix qu'automatiquement ça va chasser le diable, etc. Mais ça rappelle, ça ravive votre foi — ce qu'on appelle un sacramental — et qu'en ravivant votre foi, ça vous donne une protection spirituelle.

Et nous terminons en priant le Shema Israël.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces. Ces paroles que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé. Tu les attacheras à ton poignet comme un signe. Elles seront un bandeau sur ton front. Tu les inscriras à l'entrée de ta maison et aux portes de ta ville.

Et vous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


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