Jour 76 ☾ — Lois sur la pureté et la justice
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Résumé : Ce soir, lecture du chapitre 22 du Deutéronome, qui déploie le commandement « tu ne commettras pas d'adultère » : objets perdus à rendre, nid d'oiseau, balustrade du toit, mélanges interdits, puis toute une série de lois sur le mariage, la virginité et l'adultère. Le commentaire prend en exemple le verset 5 sur le vêtement d'homme et le vêtement de femme, et en fait un exercice de lecture : comment annoncer une loi devenue « de la dynamite » sans braquer inutilement ? Le frère évoque le drag, la dysphorie de genre, la différence homme-femme comme acte créateur, et rappelle qu'au centre de la Bible il n'y a pas ce verset mais Jésus. L'épisode se termine par une prière pour la mission.
Introduction
Nous passons à Deutéronome, chapitre 22, et donc dans la table de la Loi, nous allons passer aussi à un nouveau commandement : « Tu ne commettras pas d'adultère. » Eh bien, voyons ce que ça donne dans le livre du Deutéronome.
Lecture : Deutéronome 22
Si tu vois errer le bœuf ou le mouton de ton frère, tu ne t'en détourneras pas. Tu dois le ramener à ton frère. Si ton frère n'est pas de ton voisinage, et si tu ne le connais pas, recueille la bête dans ta maison, qu'elle reste avec toi jusqu'à ce que ton frère vienne la réclamer, et alors tu la lui rendras. Tu agiras de même en ce qui concerne son âne, son manteau, tout objet que ton frère aura perdu et que tu auras trouvé. Tu ne pourras pas te détourner.
Si tu vois l'âne ou le bœuf de ton frère tomber sur le chemin, tu ne t'en détourneras pas. Tu dois l'aider à relever la bête.
Une femme ne portera pas un costume d'homme, et un homme ne revêtira pas un vêtement de femme. Quiconque fait cela est une abomination pour le Seigneur ton Dieu.
Lorsque tu trouveras en chemin, sur un arbre ou par terre, un nid avec des oisillons ou des œufs que la mère est en train de couver, tu ne retireras pas la mère de ses petits. Tu devras laisser la mère s'en aller, et tu n'emporteras que les petits. Ainsi tu seras heureux et tu auras de longs jours.
Lorsque tu bâtis une maison neuve, construis une balustrade autour du toit. Si quelqu'un venait à en tomber, tu ne serais pas responsable du sang répandu sur ta maison.
Tu ne sèmeras pas dans ta vigne une autre espèce de plante, de peur que le tout ne soit consacré, à la fois la graine semée et le produit de la vigne. Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne attelés ensemble. Tu ne t'habilleras pas d'un tissu mêlé, fait de laine et de lin ensemble. Tu mettras des franges aux quatre côtés du vêtement de ta maison.
Lorsqu'un homme a pris une femme, s'est uni à elle, puis se met à la détester, s'il l'accuse d'actions scandaleuses, s'il lui fait une mauvaise réputation en disant : « Cette femme, je l'ai prise, je me suis approché d'elle, mais je ne l'ai pas trouvée vierge », alors le père et la mère de la jeune femme produiront les signes de sa virginité et les présenteront aux anciens à la porte de la ville. Le père de la jeune fille dira : « Ma fille, je l'ai donnée pour épouse à cet homme. Mais il s'est mis à la détester, et maintenant il l'accuse d'actions scandaleuses en disant : "Je ne l'ai pas trouvée vierge." Or, voici la preuve de sa virginité. » Et les parents déploieront le drap des noces devant les anciens de la ville. Alors, les anciens de cette ville se saisiront de l'homme pour le punir. Ils lui infligeront une amende de cent pièces d'argent qu'ils donneront aux anciens, car cet homme a sali la réputation d'une vierge d'Israël. Elle restera sa femme, et il ne pourra la renvoyer tant qu'il vivra.
Mais si la chose se révèle exacte, si on ne peut montrer la preuve de la virginité de la jeune femme, on l'amènera à la porte de la maison de son père. Les hommes de la ville la lapideront jusqu'à ce que mort s'en suive, car elle a commis une infamie en Israël en se prostituant dans la maison de son père. Tu ôteras le mal du milieu de toi.
Lorsqu'on trouvera un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux : l'homme qui a couché avec la femme, et la femme également. Tu ôteras le mal du milieu d'Israël.
Lorsqu'une jeune fille vierge est fiancée à un homme, si un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville, et vous les lapiderez jusqu'à ce que mort s'en suive : la jeune fille, parce qu'étant dans la ville, elle n'a pas crié au secours ; l'homme, parce qu'il a abusé de la femme de son prochain. Tu ôteras le mal du milieu de toi.
Mais si c'est en pleine campagne que l'homme rencontre la jeune fiancée, qu'il la violente et couche avec elle, l'homme seul mourra. À la jeune fille, tu ne feras rien, car elle n'a pas commis un péché qui mérite la mort. Le cas est le même que si un homme se jette sur son prochain et l'assassine, puisque c'est en pleine campagne que l'homme a rencontré la jeune fiancée. Elle a eu beau crier, il n'y avait personne pour la secourir.
Lorsqu'un homme rencontre une jeune fille vierge qui n'est pas fiancée, la saisit et couche avec elle, si on les prend sur le fait, l'homme donnera cinquante pièces d'argent au père de la jeune fille. Puisqu'il a abusé d'elle, elle deviendra sa femme et il ne pourra la renvoyer tant qu'il vivra.
Commentaire
Il y a des lois dans le Deutéronome dont nous comprenons tout de suite le bien-fondé et qui nous paraissent magnifiques : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. » Il y a d'autres lois dont on sent instinctivement qu'elles n'ont plus de raison d'être, comme ça, sur le pur et l'impur. Et il y a encore d'autres lois qui sont comme de la dynamite, parce qu'on ne sait plus comment les annoncer tant elles paraissent en décalage. Eh bien, ce sera notre commentaire aujourd'hui. En guise de commentaire, ce sera un exercice de lecture : prendre une de ces lois polémiques et voir comment est-ce qu'on peut essayer de lire le Deutéronome de manière chrétienne et moderne.
Ce verset 5 :
Une femme ne portera pas un costume d'homme et un homme ne revêtira pas un vêtement de femme. Quiconque fait cela est une abomination pour le Seigneur ton Dieu.
Est-ce que toutes les femmes qui portent des jeans sont une abomination aux yeux de Dieu ? Est-ce que tous les hommes qui portent des jupes sont eux aussi des abominations ?
Bon, commençons tout de suite par délimiter le sujet. Il est question, dans ce verset-là, de la différence homme-femme et, à travers les vêtements, de subvertir cette différence. Donc, toutes les femmes qui portent des jeans ou tous les hommes qui portent des robes, ou des kilts, ou je ne sais pas quoi, et dont le but n'est pas de subvertir cette différence homme-femme, ne tombent pas sous le coup, entre guillemets, du verset 5 du Deutéronome. Point à la ligne.
Ici, nous allons tout de suite nous poser la question plus délicate : celle du trans, celle du travestissement, celle du drag, du drag queen, qui est en pleine explosion aussi dans la société française. Que dire dans ces cas-là ?
Alors, ce que je commence par dire généralement, c'est qu'au centre de la Bible, ce n'est pas ce verset 5 du Deutéronome chapitre 22, mais c'est Jésus. Et que tant que les gens n'ont pas lu l'Évangile et ne sont pas tombés amoureux de la figure de Jésus, on met ça de côté.
Mais imaginez maintenant que ce soit une chrétienne, une ado, un jeune de 22 ans qui connaît la vie de Jésus et qui, de bonne foi, vient vous voir pour dire : « Ah, est-ce que le drag, est-ce que le drag queen, c'est un péché ? » Et qui connaît Jésus ! Ha ! Vous dites quoi maintenant ? Comment être fidèle à ce que dit le Seigneur sans braquer inutilement les gens ? Parce que ce qui est sûr, c'est que moi, une ado de 15 ans dans un lycée public à qui je sors ce Deutéronome chapitre 22 verset 5, si jamais je lui sors ça brut de décoffrage, elle s'en va en courant, et ce n'est pas le but.
Et puis aussi, parfois, vous avez des gens qui ont de vrais problèmes. Par exemple, ce qu'on appelle la dysphorie de genre. Une fois, j'ai eu une personne qui est venue me voir pour me dire : « Si jamais je ne peux pas porter une robe, je saute par la fenêtre. » Ha ! Vous répondez quoi ? Eh bien, vous dites : « Porte une robe, quoi », parce que là, on n'est plus dans l'ordre du péché. On est dans l'ordre de sauver une vie, de faire le moins de casse possible et de surtout pas tirer sur une ambulance qui passe.
Mais, en général, qu'est-ce que vous dites ? Moi, toujours, mon ado de 15 ans qui vient… Et le drag, en général, quand on fait une émission de plateau, quand on fait une émission de téléréalité, quand on fait The Voice mais version drag queen : péché ou pas ? Eh bien, vous répondez quoi ? Alors, d'un côté, vous allez essayer de ne pas y aller de manière brutale parce que ça ne va pas être entendu, puis de l'autre côté, on sent quand même bien qu'il y a quelque chose qui n'est pas tout à fait à sa place non plus, quand même.
Et là, je dois quand même dire que la Bible ne vous aide pas beaucoup. Parce que ça, c'est typique des lois anciennes qui avaient pour elles le soutien du bon sens, et que ce soutien a disparu ; et qu'en fait, vous vous apercevez qu'argumenter en faveur du bon sens, c'est probablement une des choses les plus difficiles qui existent sur Terre.
Alors, allons au fond du problème. C'est que derrière, il y a la question de la difficulté et de la différence entre l'homme et la femme. Et ça, dans la Bible, ça relève de l'acte créateur. Et souligner la différence homme-femme dans les tenues vestimentaires — sans en rajouter non plus, on n'est pas obligé de passer d'une caricature à une autre caricature — mais souligner cette différence-là, ça peut être une manière de cultiver la beauté de cet acte créateur qui procède par séparation. On sépare les eaux d'en haut, les eaux d'en bas, la terre, le ciel, l'homme, la femme, le tout étant de passer d'une unité indifférenciée, le chaos primordial, à une autre unité, cette fois-ci pleine de différences et donc de vie. Ce qui fait que ne pas honorer cette différence homme-femme, en tout cas ne pas la cultiver, dans le sens d'une vraie culture, ça ne trouve pas sa place dans le plan divin, dans l'évolution, dans la beauté du monde.
Après, vous avez aussi la question, dans le drag queen, que c'est une forme de séduction avec un caractère hautement sexuel. On pourra dire ce qu'on veut, je sais bien que beaucoup de personnes voient ça comme un art, même un art qu'on qualifiera d'interlope. Ce qu'on peut souhaiter aux hommes et aux femmes, c'est qu'ils fondent un foyer, c'est qu'ils aient des enfants, c'est qu'ils les éduquent et que par là — voilà, c'est ça l'image de Dieu — ils cultivent le jardin d'Éden. Ou alors qu'ils se consacrent entièrement au royaume de Dieu. Et ce n'est pas dit que le drag queen, de ce point de vue-là, les aide beaucoup dans la réalisation de leur vocation.
J'ai peut-être vaguement l'impression, à travers tout ça, d'être un peu réac et un peu vieux jeu. En même temps, j'essaye d'être le plus souple possible parce que c'est vraiment compliqué. Mettez-vous à la place de quelqu'un qui arrive avec le livre du Deutéronome et qui essaye d'appliquer la loi de Dieu dans un esprit de charité. Alors vous me direz : il suffit de dire les choses, que c'est un péché, point à la ligne. Il y a des fois où on peut le dire parce que les gens sont capables de l'entendre, et il y a des fois où, quand on va le dire, on va faire de la casse monumentale. Alors ça, mais vraiment, croyez-moi : je vous ai parlé de la dysphorie de genre, je vous ai parlé d'une adolescente qui découvre la foi. Si jamais vous y allez en brutal comme ça, si jamais les gens refusent d'être chrétiens à cause de cette question-là, c'est quand même… on est passé à côté de tout. Et pourtant, c'est comme ça que ça se passe dans notre société.
Bon, vous sentez bien que sur toutes ces questions-là, c'est hyper compliqué. Peut-être que dans ceux qui m'écoutent, il y en a plein que j'ai choqués parce que j'ai peut-être dit des maladresses sans m'en rendre compte, ce qui n'était pas mon propos. Vous sentez que normalement, derrière, c'est la charité, vouloir le bien des gens. En tout cas, ça vous montre quand même la bonne foi du lecteur qui se retrouve devant des textes du Deutéronome avec des lois. Et il se dit : mais ça, ça vient de Dieu quand même. Alors, c'est vrai qu'il faut le replacer dans un contexte et que le contexte a évolué. Mais il y a quand même un substrat qu'il s'agit d'honorer. Et vous faites comment ?
C'est là qu'en fait, il faut muscler son cœur à coups d'intelligence pastorale : suaviter et fortiter. C'est ce qu'on disait de saint Dominique : délicatement et avec fermeté. C'est la vraie pastorale, la seule. Et donc, en fait, c'est aussi la seule manière de lire ce passage du Deutéronome.
Nous terminons par une prière. Alors, juste avant de la faire — parce qu'on va prier pour la mission — si vous voulez, il y a des gens qui refusent d'être chrétiens pour de mauvaises raisons. Typiquement, sur ces questions-là de drag queen ou des trucs comme ça, qui sont en fait quand même vraiment secondaires. Normalement, on est chrétien pour Jésus, point à la ligne. Donc d'ailleurs, c'est ça que je dis. Là, je vous ai donné les réponses un peu morales. Mais typiquement, quand j'ai quelqu'un dans la rue qui vient me voir pour me demander ce que la Bible dit, normalement je lui demande s'il a lu les évangiles, et la personne me dit non. Je lui dis : « Eh bien écoute, d'abord, au centre de la religion, c'est Jésus. Donc commence par lire les évangiles, on parle de Jésus, et une fois qu'on en aura parlé, on pourra parler du reste si tu veux. » Mais voilà. Quand je témoigne ou que je fais de la mission, je botte en touche en rappelant qu'au centre du village, il y a l'église, et qu'au centre de l'Église, c'est Jésus. Donc, nous prions pour ça.
Prière
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, nous te confions toutes les personnes qui sont un peu perdues sur toutes les questions de société. Nous te demandons, Seigneur, qu'elles arrivent à faire la part des choses entre leurs questions et le visage du Christ tel qu'il se révèle dans les évangiles. Nous te demandons, Seigneur, de ne pas être des écrans, mais plutôt des projecteurs, qui essayons de mettre au centre de leur vie et de la nôtre Jésus-Christ. Parce que c'est dans Jésus-Christ que toutes ces questions-là trouvent leurs réponses.
Nous te confions notre société. Nous te confions toutes nos questions. Nous te confions toutes nos maladresses — et Dieu sait si nous en faisons, Seigneur.
Et vous, que Dieu vous bénisse : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
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