Jour 78 ☼ — Premiers fruits et fidélité
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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 26 du Deutéronome, qui clôture le grand livre de l'Alliance par le rite des prémices et la profession de foi « Mon père était un Araméen nomade ». Le commentaire montre comment cet ancien rite agricole récapitule tout ce qui a été entendu depuis le chapitre 12 : action de grâce pour la terre promise, renouvellement de l'alliance, mémoire collective du peuple, justice sociale envers le lévite, l'immigré, l'orphelin et la veuve, et acte d'espérance pour l'avenir. Il rappelle que le travail n'est pas seulement une activité économique mais aussi une activité spirituelle, à l'image d'Adam cultivant le jardin d'Éden. L'épisode s'achève sur le psaume 41, transition poétique vers une nouvelle partie du livre.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Petite particularité de l'épisode d'aujourd'hui, enfin des deux épisodes qui sont assez déséquilibrés au niveau de la longueur. Mais vous savez que c'est pour votre bien que nous faisons ça, pour vous permettre d'améliorer l'expérience utilisateur, comme on dit. C'est parce que je n'ai pas voulu rompre l'architecture du texte, avec d'un côté — ce sera le premier épisode — la clôture de ce grand livre de l'Alliance. On a regardé les dix commandements, on les a mis dans le concret, le détail. Et là, on va terminer avec un rite en particulier, le rite des prémices, qui récapitule toute l'architecture qu'on a vue depuis les chapitres 12 jusqu'au chapitre 25. Donc, clôture du livre de l'Alliance.
Et dans le deuxième épisode qui va suivre, en fait, il est tellement long que je ne vais même pas pouvoir le commenter. Mais je n'ai pas voulu séparer les deux chapitres, parce que… comment je pourrais vous dire ça ? Oh ! Wow ! Vous êtes parfaits ! Après, pour ce qui arrive dans le deuxième épisode, et je vous jure que vous me remercierez de vous avoir procuré une telle expérience utilisateur. Donc, en attendant, rongez votre frein, chapitre 26, et l'apothéose arrive.
Lecture : Deutéronome 26
Lorsque tu seras entré dans le pays que te donne en héritage le Seigneur ton Dieu, quand tu le posséderas et y habiteras, tu prendras une part des prémices de tous les fruits de ton sol, les fruits que tu auras tirés de ce pays que te donne le Seigneur ton Dieu, et tu les mettras dans une corbeille. Tu te rendras au lieu que le Seigneur ton Dieu aura choisi pour y faire demeurer son nom. Tu iras trouver le prêtre en fonction ces jours-là, et tu lui diras : « Je le déclare aujourd'hui au Seigneur ton Dieu, je suis entré dans le pays que le Seigneur a juré à nos pères de nous donner. »
Le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade qui descendit en Égypte. Il y vécut en immigré avec son petit clan. C'est là qu'il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités et réduits à la pauvreté. Ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix. Il a vu. Nous étions dans la misère, la peine et l'oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et voici maintenant que j'apporte les prémices des fruits du sol que tu m'as donnés, Seigneur. » Ensuite, tu les déposeras devant le Seigneur ton Dieu et tu te prosterneras devant lui.
Alors tu te réjouiras pour tous les biens que le Seigneur ton Dieu t'a donnés, à toi et à ta maison. Avec toi se réjouiront le lévite et l'immigré qui résident chez toi.
La troisième année, l'année de la dîme, après avoir achevé de prélever toute la dîme de ta récolte, tu la distribueras au lévite, à l'immigré, à l'orphelin et à la veuve, et ils mangeront à satiété dans ta ville. Alors, en présence du Seigneur ton Dieu, tu diras : « J'ai retiré de ma maison ce qui est consacré et je l'ai distribué au lévite, à l'immigré, à l'orphelin et à la veuve, selon le commandement que tu m'as donné. Je n'ai pas transgressé tes commandements, je n'ai rien oublié. Quand j'étais en deuil, je n'ai pas mangé de ce qui était consacré. Je ne l'ai pas retiré de ma maison pour un usage impur, je ne l'ai pas donné à un mort. Et j'ai écouté la voix du Seigneur mon Dieu. J'ai agi selon tous tes commandements. De ta sainte demeure, du haut du ciel, regarde ! Bénis ton peuple Israël et la terre que tu nous as donnée, selon le serment fait à nos pères. C'est un pays ruisselant de lait et de miel. »
Aujourd'hui, le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ses décrets et ses ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme.
Ainsi, tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu. Toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix. Aujourd'hui, le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l'a dit ; tu devras garder tous ses commandements. Il te fera dépasser en prestige, renommée, gloire, toutes les nations qu'il a faites. Et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l'a dit.
Commentaire
Le rite des prémices, qui est peut-être la résurgence d'un ancien rite agricole — les dieux de la fertilité qu'il y avait avant Israël — et qui ici est repris, vous rappelle quelque chose de très beau. C'est que le produit de la terre, le fruit de votre travail, ce qu'on appelle l'activité profane, c'est déjà en fait une activité religieuse et sacrée qui témoigne de la bonté de Dieu envers vous, qui vous a donné un sol et de quoi vivre. Le travail n'est pas simplement une activité économique, c'est aussi une activité spirituelle. Souvenez-vous d'Adam dans le jardin d'Éden, que Dieu a placé au milieu du paradis pour qu'il cultive la création et qu'il la fasse fructifier. C'est aussi une des raisons profondes de notre existence.
De manière intéressante, vous voyez, cet ancien rite agricole, il est inséré ici au chapitre 26 pour récapituler tout ce qu'on a entendu jusqu'auparavant. Par exemple, pour rendre grâce de la terre promise, la reconnaissance de Dieu comme source de bénédiction. En fait, en offrant les prémices, les Israélites devaient exprimer leur gratitude pour la terre fertile, pour la terre promise qu'ils ont reçue. Ça vous rappelle, quand vous offrez les premiers fruits de votre travail, qu'en fait le véritable propriétaire de cette terre, c'est Dieu.
Ensuite, toujours pour récapituler ce qu'on a vu, ça vous permet aussi de célébrer l'alliance avec Dieu. Et vous avez entendu comment Moïse insistait sur cette notion d'engagement, d'acte d'allégeance. Cette alliance qui avait été conclue au mont Sinaï, qui est maintenant transposée dans la terre promise, et votre manière à vous de renouveler cette alliance, c'est de lui offrir les premiers fruits de votre travail.
Ça vous permet aussi d'avoir un rituel de mémoire collective et d'identité nationale. Parce qu'avec ces prémices, c'est une manière aussi de revivre l'histoire du peuple, en se souvenant de là où on vient, de l'Égypte, du fait qu'on était immigrés et que Dieu nous a choisis pour être libérés.
Et puis, toujours pareil, ces prémices-là, ça devient intégré dans un système d'obéissance et de justice sociale. Voilà, un cadre de redistribution. On prend soin des lévites, des étrangers, des orphelins, des veuves. En prenant soin des lévites, on se rappelle que nous sommes là pour être consacrés à Dieu. En prenant soin des étrangers, on se rappelle que nous avons été des immigrés. En prenant soin des orphelins et des veuves, on fait attention à notre frère qui est dans le besoin, cette charité fraternelle qui doit nous unir.
Et en même temps, vous avez aussi derrière, les prémices, un acte de foi et d'espérance pour l'avenir. Parce que ça symbolise la confiance que vous avez en Dieu pour assurer la prospérité future.
Donc, en fait, ce rite des prémices, c'est l'apothéose, le résumé, de manière très belle et très juste, de tout ce qu'on a vu avant. Et voilà, je me souviens, moi, de chrétiens qui avaient pris comme habitude que le premier fruit de leur travail, ils l'offraient à Dieu. C'est à la fois biblique, beau, juste, vertueux. Ça permet de sanctifier votre travail.
Nous terminons par une transition poétique, un psaume, et puis on partira sur une nouvelle partie qui arrive — je n'en dis pas plus.
Psaume 41
Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?
Je n'ai d'autre pain que mes larmes, le jour, la nuit, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »
Je me souviens, et mon âme déborde : en ce temps-là, je franchissais les portails, je conduisais vers la maison de mon Dieu la multitude en fête, parmi les cris de joie et les actions de grâce.
Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.
Si mon âme se désole, je me souviens de toi, depuis les terres du Jourdain et de l'Hermon, depuis mon humble montagne.
L'abîme appelant l'abîme à la voix de tes cataractes, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi.
Au long du jour, le Seigneur m'envoie son amour ; et la nuit, son chant est avec moi, prière au Dieu de ma vie.
Je dirai à Dieu, mon rocher : « Pourquoi m'oublies-tu ? Pourquoi vais-je assombri, pressé par l'ennemi ? »
Outragé par mes adversaires, je suis meurtri jusqu'aux os, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »
Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.
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