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Jour 83 ☼ — Jésus, puissance et miséricorde en action

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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la lecture de l'évangile selon saint Matthieu, son préféré pour sa structure très catéchétique : cinq grands discours entrecoupés de sections narratives. Les chapitres 8 et 9 forment un véritable condensé des miracles de Jésus — guérisons, exorcismes, tempête apaisée, pardon des péchés, résurrection de la fille du notable. Le commentaire montre l'agencement en séries : miracles qui réintègrent l'homme dans la communauté, exorcismes, pardon des péchés, renommée de Jésus. Au centre de la séquence, donc au point le plus important, se trouve le pardon des péchés, qui est aussi l'occasion de la première controverse et qui coûtera la vie à Jésus.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Nous continuons notre lecture de l'évangile selon saint Matthieu. Alors maintenant, je peux vous le dire, l'évangile selon saint Matthieu est mon préféré. En fait, il est très structuré. Bon, ça doit être mon côté prof de maths qui parle. Mais vous avez cinq grands discours, qui alternent, entre chacun de ces grands discours, avec des chapitres plus narratifs. Donc, on vient de terminer le Sermon sur la montagne, et cette fois-ci, on commence un de ces chapitres plus narratifs dans lequel Matthieu va vous proposer comme une sorte de condensé des miracles de Jésus. Matthieu, chapitres 8 et 9.

Lecture : Matthieu 8-9

Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt, il fut purifié. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre et donne l'offrande que Moïse a prescrite. Ce sera pour les gens un témoignage. »

Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s'approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même, qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres. À l'un, je dis : "Va", et il va. À un autre : "Viens", et il vient. Et à mon esclave : "Fais ceci", et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël je n'ai trouvé une telle foi. Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des cieux, mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et à l'heure même, le serviteur fut guéri.

Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée, avec de la fièvre. Il lui toucha la main et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.

Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D'une parole, il expulsa les esprits, et tous ceux qui étaient atteints d'un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : « Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. »

Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive. Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »

Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus ! » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Comme Jésus arrivait sur l'autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d'entre les tombes à sa rencontre. Ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu'ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez ! » Ils sortirent et s'en allèrent dans les porcs. Et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s'en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus, et, lorsqu'ils le virent, les gens le suppliaient de partir de leur territoire.

Jésus monta en barque, refit la traversée et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu'on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu'est-ce qui est le plus facile ? Dire : "Tes péchés sont pardonnés", ou bien dire : "Lève-toi et marche" ? Eh bien, pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… » Jésus s'adressa alors au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

Jésus partit de là et vit, en passant, un homme du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d'impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains, c'est-à-dire des collecteurs d'impôts, et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : "Je veux la miséricorde et non le sacrifice." En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Alors les disciples de Jean le Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l'Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Personne ne pose une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement et la déchirure s'agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

Tandis que Jésus parlait ainsi, voilà qu'un notable s'approcha. Il se prosterna devant lui en disant : « Ma fille est morte à l'instant ; mais viens lui imposer les mains, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu'une femme, souffrant d'hémorragie depuis douze ans, s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t'a sauvée. » Et à l'heure même, la femme fut sauvée.

Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s'agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous : la jeune fille n'est pas morte, elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Et tandis qu'il s'en allait, deux aveugles le suivirent en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s'approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi. » Leurs yeux s'ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention, que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Ils sortirent donc, et voici qu'on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Et lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l'admiration, et elles disaient : « Jamais rien de tel ne s'est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »

Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l'Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles, parce qu'elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Commentaire

Ce qu'il y a de très bien, quand même, dans l'évangile selon saint Matthieu — moi, c'est pour ça que c'est mon préféré — c'est que c'est le plus catéchétique. Vous avez des grands 1, grands 2, grands 3 : c'est très commode quand on fait des séances de catéchisme. Si vous regardez bien, si jamais vous avez bien suivi, là on en est déjà au grand 3, qui est consacré aux miracles de Jésus. Et c'est hyper commode quand on fait du caté, parce que ça vous fait de belles petites séances. Là, ce serait la séance sur les miracles : le pouvoir que Jésus a sur les hommes, sur les éléments de la création aussi, et le pouvoir de lire les cœurs.

Peut-être une chose qui vous aura frappé à la lecture en continu de cette Bible, c'est le sentiment de puissance qui se dégage de ce passage. Les miracles qui s'enchaînent sans aucune question, sans aucune tergiversation, et Jésus qui a cette sorte de puissance qui déborde de tous côtés. Il y a là à la fois la générosité de Dieu et l'omnipotence. L'omnipotence divine qui s'exprime pour nous, parce que Dieu nous aime.

Alors maintenant, regardons la manière dont ils sont agencés. Au début, ce sont des miracles qui visent à réintroduire l'homme dans la communauté : le lépreux, la femme malade, la figure de l'étranger avec le centurion, et puis plus tard vous aviez aussi la femme qui perdait son sang. Avec ces questions de pur et d'impur, vous sentez que le Lévitique était encore là : Dieu vient purifier pour les ramener dans la communauté.

Ensuite, vous avez une autre série de miracles avec des exorcismes. Avec des exorcismes, si l'on peut dire, bona fide, en bonne et due forme ; puis un exorcisme grandeur nature, Jésus qui, sur le lac, calme les mers et les flots, symbole des esprits impurs ; et ensuite Jésus qui chasse des possédés, toute une légion de démons qui va se mettre dans des porcs, lesquels ensuite se jettent de la falaise.

Après, une autre série de miracles consacrée au pardon des péchés, avec cette controverse avec les pharisiens. Et une dernière série de miracles consacrée à la renommée de Jésus, qui s'exprime et qui se déploie grâce aux miracles.

Je vous disais que Matthieu, c'était structuré, avec évidemment ce qu'il y a au centre de la séquence — donc le plus important — : le pardon des péchés. C'est là que Matthieu a concentré toute la puissance narrative de ce passage, pour vous montrer que tout le but des miracles, tout le but de Jésus, c'est de vous rétablir dans la communion avec Dieu, de réparer votre cœur et de vous remettre sur le chemin du ciel.

Et ce qu'il ne faut pas oublier, ce que ce passage vous montre, c'est que Jésus, ça lui a coûté sa vie. C'est quand même fou de se dire que le premier pardon des péchés est aussi l'occasion de la première controverse. Et c'était tellement compliqué, dans la tête des gens, qu'il aura fallu un miracle — la guérison du paralytique — pour prouver que Jésus avait bien le pouvoir de pardonner les péchés.

Psaume 118c

Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi. Je suis un étranger sur la terre : ne me cache pas tes volontés.

Mon âme a brûlé de désir en tout temps pour tes décisions. Tu menaces les orgueilleux, les maudits, ceux qui fuient tes volontés.

Épargne-moi l'insulte et le mépris : je garde tes exigences. Lorsque des grands accusent ton serviteur, je médite sur tes ordres.

Je trouve mon plaisir en tes exigences : ce sont elles qui me conseillent.


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