Jour 87 ☼ — Jésus entre en gloire et dénonce l'hypocrisie
← J86 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J87 ☾ →
Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la lecture continue de l'Évangile selon saint Matthieu avec l'arrivée à Jérusalem : l'entrée messianique sur l'ânesse, la purification du Temple, le figuier desséché, puis la question des grands prêtres sur l'autorité de Jésus et les paraboles des deux fils et des vignerons homicides. Le commentaire montre que monter au Temple, c'est prendre possession du centre spirituel et politique d'Israël, ce que les pharisiens comprennent aussitôt comme une révolution. Jésus répond à leur question par une question, procédé rabbinique qui dévoile la dureté de leur cœur et leur peur de la foule. Le tout est ironique : des intendants à l'autorité déléguée viennent demander des comptes au Seigneur du Temple lui-même.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Alors, comment ça se passe, cette Bible en un an ? C'est plus facile, l'Évangile. On pourra dire ce qu'on veut, mais l'Évangile, vous voyez, ce qu'il y a d'extraordinaire, on sait que c'est la Parole de Dieu, parce qu'il n'y a pas une phrase à jeter. C'est le seul livre dans toute l'histoire de l'humanité qui n'a pas pris une ride. Il n'y a rien qui a vieilli là-dedans.
On y retourne. Nous continuons notre lecture continue de l'Évangile selon saint Matthieu, et cette fois-ci, nous arrivons à Jérusalem. Enfin ! La ville sainte, là aussi où les choses vont mal se passer, donc la tension va venir à son comble. Alors, vous savez que je vous dis qu'il y a une alternance entre les récits et les discours. Cette fois-ci, ce sera un peu particulier, parce que l'on va insensiblement passer d'un récit à un discours, ou plutôt à l'intérieur d'un récit, la confrontation entre Jésus et les pharisiens. Il va y avoir des discours de plus en plus longs, faits de paraboles, qui vont apparaître.
Nous commençons avec Matthieu, chapitre 21.
Lecture : Matthieu 21
Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur la pente du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi. Et si l'on vous dit quelque chose, vous répondrez : "Le Seigneur en a besoin." Et aussitôt on les laissera partir. »
Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d'une bête de somme. »
Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l'ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s'assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui le suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l'agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »
Jésus entra dans le Temple et il expulsa tous ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple. Il renversa les comptoirs des changeurs et les sièges des marchands de colombes. Il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée maison de prière. Or vous, vous en faites une caverne de bandits. »
Des aveugles et des boiteux s'approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. Les grands prêtres et les scribes s'indignèrent quand ils virent les actions étonnantes qu'il avait faites et les enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! » Ils dirent à Jésus : « Tu entends ce qu'ils disent ? » Jésus leur répond : « Oui. N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : De la bouche des enfants, des tout-petits, tu t'es fait une louange ? »
Alors il les quitta et sortit de la ville en direction de Béthanie, où il passa la nuit.
Le matin, en revenant vers la ville, il eut faim. Voyant un figuier au bord du chemin, il s'en approcha ; mais il n'y trouva rien d'autre que des feuilles. Il lui dit : « Que plus jamais aucun fruit ne vienne de toi ! » Et à l'instant même, le figuier se dessécha. En voyant cela, les disciples s'étonnèrent et dirent : « Comment se fait-il que le figuier, à l'instant même, se soit desséché ? » Alors Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, vous ne ferez pas seulement ce que j'ai fait au figuier ; vous pourrez même dire à cette montagne : "Enlève-toi de là et va te jeter dans la mer", et cela se produira. Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l'obtiendrez. »
Jésus était entré dans le Temple, et pendant qu'il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean, d'où venait-il ? Du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : "Du ciel", il va nous dire : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?" Si nous disons : "Des hommes", nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas. » Il leur dit à son tour : « Eh bien, moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela.
Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : "Mon enfant, va travailler aujourd'hui à la vigne." Celui-ci répondit : "Je ne veux pas." Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et il lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : "Oui, Seigneur !" Et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées, eux, y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole.
Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : "Ils respecteront mon fils." Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : "Voici l'héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !" Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle ; c'est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ? Aussi, je vous le dis : le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. Et tout homme qui tombera sur cette pierre s'y brisera ; celui sur qui elle tombera, elle le réduira en poussière. »
En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu'il parlait d'eux. Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu'elles le tenaient pour un prophète.
Commentaire
Nous sommes arrivés à la fin de la montée de Jésus à Jérusalem, et vous voyez comment, d'emblée, ceci commence à prendre des tours de révolution. Jésus qui monte au Temple de Jérusalem, ce n'est pas anodin. C'est comme si quelqu'un venait de la province, de la campagne, en France, et, arrivant à Paris, se rendait tout de suite aux Champs-Élysées. Le Temple de Jérusalem, ce n'est pas seulement un lieu spirituel, c'est aussi un lieu de pouvoir. C'est le centre d'Israël. Et Jésus qui purifie le Temple, c'est Jésus qui prend possession de ce centre spirituel. Avec la foule qui l'accompagne, il y a là vraiment une révolution qui commence à arriver, et les pharisiens prennent ça très au sérieux. C'est pour ça qu'ils vont commencer maintenant la contre-attaque officielle.
La contre-attaque officielle commence sur une simple question de polémique :
Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ?
Jésus va d'ailleurs répondre à leur question par une autre question, ce qui est en réalité un procédé rabbinique assez connu. Il ne consiste pas à fuir la question ou à essayer de se donner plus de temps, mais plutôt, en répondant par une question, vous cherchez à montrer quel est le véritable enjeu. Et ici, l'enjeu, pour Jésus, ce n'est pas d'avoir raison, c'est de montrer la dureté de cœur de ses auditeurs. Qu'est-ce qu'il y a au fond de vous-mêmes ?
Alors, regardez : le baptême de Jean, de quelle autorité cela venait-il ? Cela veut dire, en fait, derrière cette question : est-ce que vous êtes prêts à vous repentir ? Est-ce que vous êtes prêts, par humilité, à reconnaître vos péchés devant Dieu ? Parce que c'est ça que symbolise le baptême de Jean le Baptiste. Et les pharisiens qui refusent de répondre… Et là, non seulement vous voyez leur hypocrisie, leur dureté de cœur, mais aussi, à mots couverts, la peur qu'ils ont de la foule.
Il y a ici beaucoup d'ironie dans cette question, parce que non seulement Jésus répond à une question par une autre question, amenant ses auditeurs à se dévoiler, mais aussi parce que ça se passe dans le Temple. Or, le propriétaire du Temple, le Seigneur du Temple, c'est Jésus, la Parole de Dieu, tandis que les pharisiens et les grands prêtres ne sont que des intendants dont l'autorité est déléguée. Et donc là, en fait, vous avez des intendants qui ont une autorité déléguée, qui vont voir leur chef, celui qui leur a donné autorité, pour lui dire : « Par quelle autorité est-ce que tu fais cela ? » C'est le monde à l'envers.
Et ce qu'il y a de très beau, c'est qu'après, Jésus va se mettre vraiment à leur répondre. Donc, d'abord, il a commencé par montrer la dureté de leur cœur. Ensuite, il parle de cette parabole, avec un père qui avait deux fils. Et, toujours avec la parabole, cette fois-ci, il remet les pharisiens dans le contexte de l'époque, en les comparant aux putes — si jamais je voulais utiliser un mot vulgaire pour montrer ce qu'il y avait de choquant dans la réponse de Jésus — aux putes et aux collabos. Excusez-moi encore de reprendre ce terme vulgaire, mais ça vous le montre bien, je le fais à dessein, pour ce qu'il y a de choquant là-dedans. Eh bien, eux, ils se sont convertis. Et ça fait des gens qui sont, aux yeux de Dieu, plus justes que les pharisiens. Dieu ne veut pas condamner pour autant les pharisiens : il leur laisse une deuxième chance, il leur dit : « Mais voyant ça, vous auriez pu vous dire qu'il se passait vraiment quelque chose. Mais non, même là, vous n'avez pas voulu. »
Et après, Jésus qui continue la réponse, avec une parabole. « Par quelle autorité fais-tu cela ? » Maintenant, il en va du royaume des cieux comme d'un maître qui avait un fils. Et donc là, maintenant, il parle de l'autorité déléguée des intendants qui ne sont que des vignerons, et il parle du fils qui, lui, a la véritable autorité, parce qu'il est envoyé par le Père et à cause de ce qui va maintenant se passer.
Et nous passons à notre psaume préféré, le psaume 118, Zaïn, verset 49.
Psaume 118g
Rappelle-toi ta parole à ton serviteur, celle dont tu fis mon espoir. Elle est ma consolation dans mon épreuve, ta promesse me fait vivre.
Des orgueilleux m'ont accablé de railleries, je n'ai pas dévié de ta loi. Je me rappelle tes décisions d'autrefois : voilà ma consolation, Seigneur.
Face aux impies, la fureur me prend, car ils abandonnent ta loi. J'ai fait de tes commandements mon cantique dans ma demeure d'étranger.
La nuit, je me rappelle ton nom pour observer ta loi. Ce qui me revient, Seigneur, c'est de garder tes préceptes.
← J86 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J87 ☾ →