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Jour 93 ☾ — Terre Promise : installés… mais pas tranquilles !

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Résumé : Le frère Paul-Adrien ouvre la seconde partie du livre de Josué, celle de l'installation des tribus en Terre promise, en commençant par les territoires situés à l'est du Jourdain attribués à Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Il montre que si Josué a conquis le pays dans son ensemble, il revient désormais à chaque tribu de terminer le travail — image de notre coopération au salut déjà acquis par Jésus. Il s'arrête enfin sur le sort mystérieux des tribus transjordaniennes, qui disparaîtront de l'histoire, comme un avertissement : il ne suffit pas de bien commencer, il faut persévérer jusqu'au bout. L'épisode se termine par une prière pour demander la grâce de la persévérance.

Introduction

Avec Josué, tout a été conquis, même si j'ai quand même souligné un ou deux petits problèmes dans la liste de victoires qu'il nous avait donnée. Et maintenant, d'ailleurs, deuxième partie du livre de Josué, nous allons passer à l'installation des tribus en Terre promise. Parce que, en gros, tout a été conquis une première fois avec l'armée nationale, l'armée des Israélites dans son ensemble. Mais maintenant, il faut que chaque tribu en particulier s'installe dans le territoire que Josué va lui donner.

Voyons maintenant comment chacune de ces tribus va se débrouiller. On commence, chapitre 13, avec les tribus situées à l'est du Jourdain. Et puis, dans les autres épisodes, on verra le reste des tribus situées, elles, à l'ouest du Jourdain.

Lecture : Josué 13

Josué était vieux, avancé en âge, lorsque le Seigneur lui dit : « Tu es devenu vieux, avancé en âge. Or, il te reste encore une grande étendue de pays à conquérir.

Voici le pays qui reste : tous les districts des Philistins et tous ceux des Gueshourites, depuis le Torrent, en face de l'Égypte, jusqu'au territoire d'Ékron, au nord, considéré comme cananéen. Les cinq princes philistins sont celui de Gaza, celui d'Ashdod, celui d'Ascalon, celui de Gath et celui d'Ékron. Puis les Avvites.

Au sud, tout le pays des Cananéens et Méara, qui appartient aux Sidoniens, jusqu'à Aphéqa, jusqu'à la frontière des Amorites. Le pays des Guiblites et tout le Liban au soleil levant, depuis Baal-Gad, au pied du mont Hermon, jusqu'à l'entrée de Hamath. Tous les habitants de la montagne, depuis le Liban jusqu'à Misrefoth-Maïm, tous les Sidoniens. C'est moi qui les déposséderai devant les fils d'Israël. Tu auras seulement à faire de ce pays l'héritage d'Israël, comme je te l'ai ordonné. Partage-le maintenant pour qu'il soit l'héritage des neuf tribus et de la demi-tribu de Manassé. »

Avec l'autre demi-tribu, les Rubénites et les Gadites avaient reçu en héritage ce que Moïse leur avait donné au-delà du Jourdain, à l'est, comme Moïse, serviteur du Seigneur, devait le leur donner : depuis Aroër, sur la rive du torrent de l'Arnon, et depuis la ville qui est au milieu de cette vallée, tout le plateau de Madaba jusqu'à Dibôn, toutes les villes de Sihon, roi des Amorites, qui régnait à Heshbôn, jusqu'à la frontière des fils d'Ammon. Le Galaad est le territoire des Gueshourites et des Maakatites, avec tout le mont Hermon et tout le Bashane jusqu'à Salka, et dans le Bashane, tout le royaume de Og, qui régnait à Ashtaroth et à Édréï, et qui restait l'un des derniers Refaïtes. C'est Moïse qui les avait battus et dépossédés. Mais les fils d'Israël ne dépossédèrent pas les Gueshourites ni les Maakatites. Gueshour et Maaka ont donc habité au milieu d'Israël jusqu'à ce jour.

À la tribu de Lévi seule, il ne donna pas d'héritage. Les offrandes faites au Seigneur, Dieu d'Israël, tel est son héritage, selon ce qu'il lui avait dit.

Moïse avait donné à la tribu des fils de Ruben, selon leurs clans, ce qui devint leur territoire : depuis Aroër, qui est sur la rive du torrent de l'Arnon, et depuis la ville qui est au milieu de la vallée, ainsi que tout le plateau jusqu'à Madaba, Heshbôn, ainsi que toutes les villes qui sont sur le plateau, Dibôn, Bamoth-Baal, Beth-Baal-Méôn, Yahaç, Qedémoth, Méfaath, Qiriataïm, Sibma, Céreth-Ha-Shahar sur le mont de la vallée, Beth-Péor, les pentes du Pisga et Beth-Ha-Yeshimoth, toutes les villes du plateau, tout le royaume de Sihon, roi des Amorites, qui régnait à Heshbôn. Moïse l'avait battu, ainsi que les princes de Madiane, Évi, Rèqem, Çour, Hour et Réba, vassaux de Sihon qui habitaient le pays, et Balaam, fils de Béor, le devin, qui comptait parmi les victimes que les fils d'Israël avaient tuées par l'épée. La frontière des fils de Ruben était le Jourdain et sa région. Tel fut l'héritage des fils de Ruben, selon leurs clans, les villes et leurs villages.

Moïse avait donné à la tribu de Gad, aux fils de Gad, selon leurs clans, ce qui devint leur territoire : Yazer et toutes les villes du Galaad, la moitié du pays des fils d'Ammon, jusqu'à Aroër qui est en face de Rabba, depuis Heshbôn jusqu'à Ramath-Ha-Miçpé et Betonim, et depuis Mahanaïm jusqu'à la limite de Lo-Debar. Dans la plaine, Beth-Haram, Beth-Nimra, Soukkoth, Çafôn, reste du royaume de Sihon, roi de Heshbôn, avec le Jourdain et ses environs jusqu'à l'extrémité de la mer de Kinnéreth, au-delà du Jourdain, à l'est. Tel fut l'héritage des fils de Gad, selon leurs clans, les villes et leurs villages.

Moïse avait pourvu la demi-tribu de Manassé, et ce fut, pour la demi-tribu des fils de Manassé, selon leurs clans, ce qui devint leur territoire : depuis Mahanaïm, tout le Bashane, tout le royaume de Og, roi du Bashane, et tous les campements de Yaïr qui sont dans le Bashane, soixante villes. La moitié du Galaad, Ashtaroth et Édréï, villes du royaume de Og dans le Bashane, furent pour les fils de Makir, fils de Manassé, c'est-à-dire pour la moitié des fils de Makir, selon leurs clans.

Voilà ce que Moïse avait donné en héritage dans les steppes de Moab, au-delà du Jourdain, à l'est de Jéricho. Mais à la tribu de Lévi, Moïse ne donna pas d'héritage. Le Seigneur, Dieu d'Israël, c'est lui leur héritage, selon ce qu'il leur avait dit.

Commentaire

Il n'y a pas comme un petit sentiment de déjà-vu, là ? Enfin, je veux dire, dans la première partie du livre de Josué, on avait déjà conquis le pays, et même tambour battant, avec plein d'anecdotes. Et voilà que maintenant, on est en train de refaire, toujours, pour reconquérir ce qui a déjà été conquis, et avec moins d'anecdotes. Eh bien oui !

Mais derrière, il y a une vérité assez profonde. Dieu, avec Josué, a commencé par combattre et vaincre les rois principaux, et maintenant, il vous laisse les petits roitelets à votre tâche. C'est à chaque tribu de terminer le travail.

Alors, vous allez me dire : très bien, mais moi, en quoi ça me concerne ? Eh bien, ça vous concerne directement. Parce que derrière Josué, je vous rappelle qu'il y a Jésus. Et derrière le peuple hébreu, qui s'installe en Terre Sainte, il y a vous, qui voulez conquérir le paradis. Bon, eh bien, de même que Josué avait déjà conquis tout le territoire, de même, Jésus a déjà sauvé le monde. Comme Josué, il a traversé le Jourdain ; comme Josué, il a abattu ses ennemis, sauf que là, c'était le diable, le monde, et c'était la mort. Et comme Josué, il vous laisse terminer le travail.

Et ça fait partie de notre dignité. Il y a un adage chez les Pères de l'Église, les premiers chrétiens, qui disait : « L'homme s'est perdu sans Dieu, mais Dieu ne sauvera pas l'homme sans lui. » Ce qu'on appelle s'approprier le salut. En imitant Jésus, en croyant en lui : il a répandu sa grâce dans nos âmes, et nous savons que nous avons les moyens du salut. Mais encore faut-il les faire nôtres. Il ne suffit pas simplement que sa grâce soit dans notre âme, il faut qu'elle passe, si jamais je puis dire, à travers tous les pores de notre peau, à travers tous nos muscles, à travers nos yeux, à travers nos mains. Il faut que nous la fassions nôtre, en nous engageant à sa suite, et en posant de manière concrète des actes de foi, des actes de charité, pour que la grâce qui est en nous soit une grâce en acte.

Dieu nous donne le salut, mais il faut encore que nous le recevions, et notre manière de le recevoir, si jamais vous me passez l'expression, c'est de nous y coller aussi. On appelle ça la coopération. L'œuvre principale vient de Dieu, comme Jésus est, et l'œuvre secondaire, c'est la nôtre. Il faut qu'on participe. Alors c'est moins exaltant. Il n'y aura peut-être pas Jéricho, il n'y aura peut-être pas autant d'éclat. N'empêche que c'est notre vie, ce seront nos petits combats. Mais en fait, il n'y a pas de petits combats. C'est à nous de conquérir la Terre Sainte.

Et cette Terre Sainte, on a commencé à la conquérir là, dans le chapitre qu'on vient d'entendre, à l'est du Jourdain. Et c'est assez touchant, parce que ces tribus à l'est du Jourdain, vous sentez que c'est comme un refrain qui n'arrête pas de revenir. C'est comme si, dans la narration biblique, elles occupaient une place qui était totalement inouïe. On a l'impression qu'il n'y avait qu'elles. Elles occupaient déjà la fin du livre des Nombres. Après, Josué en a fait comme son avant-garde et sa milice de choc. Voilà qu'on commence à nouveau par décrire leur territoire. Et on se dit : mais il y a un truc, là. Pourquoi est-ce que la Bible n'arrête pas d'y retourner ?

Eh bien oui, mais si vous regardez l'histoire sainte d'Israël… Juda, on sait ce que c'est devenu. Ils ont fini par conquérir Jérusalem, et c'est de cette tribu qu'est né David. Les Lévites, on sait ce qu'ils sont devenus : ils opéraient au Temple. Joseph, c'est plus compliqué : on hésite entre les Samaritains et le royaume d'Israël. Ils ont disparu, du Nord, mais on a des traces. Mais les tribus à l'est du Jourdain, en fait, c'est très curieux, parce que manifestement, elles faisaient partie des plus braves. C'est elles qui ont commencé à s'installer. C'est elles qu'on commence à noter dans toutes ces listes. Mais un jour, elles vont disparaître. Pouf, comme ça. On ne sait pas ce qu'elles sont devenues. Elles ont disparu dans les limbes de l'histoire. Est-ce qu'elles ont été déportées, envahies par d'autres peuples ? Ou est-ce qu'elles se sont assimilées aux nations païennes ? Aucune idée. Elles se sont tout simplement évanouies.

Et on comprend que, comme un refrain lancinant qui vient et qui revient sans cesse, chapitre après chapitre, à travers ces deux tribus et demie manquantes, en fait, c'est un souvenir qui hante le récit biblique. Et en fait, c'est pour ça qu'on n'arrête pas d'y revenir. C'est comme s'il y avait un cadavre dans le placard de l'histoire d'Israël. Mais que sont-elles devenues ?

Ça nous fait penser à quoi ? Ça nous fait penser à tous ces peuples chrétiens qui, eux aussi, ont disparu dans la nature. Regardez par exemple le nord de l'Afrique sous l'Empire romain. Ils étaient chrétiens. Ils sont passés où, les chrétiens de l'Afrique du Nord romaine ? Ils ont disparu. Ou alors, c'étaient toutes ces personnes qui nous ont marqués dans notre vie parce qu'elles nous ont donné de bons conseils, elles nous ont montré le chemin, et puis, tout d'un coup, pouf, elles se sont évanouies. Elles ont craqué. Elles ont perdu la foi. Elles sont parties sur un autre chemin. Et nous ressentons quand même leur absence. Elles nous manquent comme manquent aux tribus d'Israël ces deux tribus et demie à l'est du Jourdain.

C'est un aspect. C'est un avertissement de la part de Dieu. Faites attention. Il ne suffit pas de bien commencer. Il faut encore bien terminer. Il faut tenir le combat, comme dit saint Paul, le beau combat, jusqu'au bout. Jésus qui vous dit : c'est par votre persévérance que vous serez sauvés. Celui qui persévérera jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. C'est une grande grâce.

Nous terminons par une prière, justement, tiens, pour demander la grâce de la persévérance.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Seigneur tout-puissant et infiniment bon, toi qui es la source de la lumière, je viens à toi. Je te demande, Seigneur, dans les épreuves de ma vie, quand je suis fatigué, quand je suis dans le doute, quand les tentations m'assaillent, quand j'ai envie d'abandonner, quand j'ai envie de craquer, quand j'ai envie de m'enfuir et de m'évanouir dans la nature : donne-moi une foi qui soit solide, une foi qui ne chancelle pas devant les vents contraires, qui me permette de tenir bon.

Seigneur, je te demande d'ancrer dans mon cœur la charité, que la charité soit ancrée jusqu'au bout. Que ce soit un amour inlassable qui, sans cesse, tout le temps, partout, toujours, cherche à faire le bien, le bien à l'état pur. Et que ce soit mon acte d'adoration envers toi, et que mon dernier souffle soit pour toi, Seigneur. Aide-moi à voir ton visage jusqu'au bout.

Seigneur, je te le demande. Et vous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


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