Jour 94 ☾ — Éphraïm & Manassé : stop aux excuses
← J94 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J95 ☼ →
Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 16 et 17 du livre de Josué, le frère Paul-Adrien lit la délimitation du territoire des fils de Joseph, Éphraïm et Manassé, ainsi que l'héritage obtenu par les filles de Célophehad. Le commentaire montre que chaque tribu porte sa propre leçon : après la persévérance des tribus de l'est et l'héroïsme de Caleb, la tribu de Joseph nous enseigne par le négatif. Elle râle contre la part reçue, croit que l'herbe est plus verte ailleurs et prend peur devant les chars de fer des Cananéens. Trois leçons pour notre combat spirituel : ne pas croire que l'herbe est plus verte ailleurs, ne pas râler, et ne pas mettre son orgueil ailleurs que dans sa foi.
Introduction
Nous passons maintenant à la tribu d'Éphraïm et de Manassé, les tribus de Joseph, et voyons quelle leçon elles, elles vont nous apprendre.
Lecture : Josué 16-17
La part des fils de Joseph allait du Jourdain, près de Jéricho, à l'est des eaux de Jéricho, en suivant le désert qui monte de Jéricho dans la montagne de Béthel. De Béthel, elle se dirigeait vers Louz et passait à la frontière des Arkites à Ataroth. Puis elle descendait à l'ouest vers la frontière des Yafletites, jusqu'au territoire de Beth-Horon-le-Bas, jusqu'à Guézer, et aboutissait à la mer. Tel fut l'héritage des fils de Joseph, Manassé et Éphraïm.
La frontière des fils d'Éphraïm, selon leurs clans, la frontière de leur héritage était à l'est Ataroth-Addar, jusqu'à Beth-Horon-le-Haut. Puis la frontière se dirigeait vers l'ouest, ayant Mikmetath au nord, et tournait vers l'est vers Taanath-Silo, qu'elle dépassait vers l'est vers Yanoah. Elle descendait de Yanoah à Ataroth et Naara, touchait Jéricho pour aboutir au Jourdain. De Tapouah, la frontière allait vers l'ouest au torrent de Qana et aboutissait à la mer.
Tel fut l'héritage de la tribu des fils d'Éphraïm selon leurs clans, sans compter les villes réservées aux fils d'Éphraïm au milieu de l'héritage des fils de Manassé, toutes ces villes avec leurs villages. Mais ils ne dépossédèrent pas les Cananéens habitant à Guézer. Les Cananéens habitent au milieu d'Éphraïm jusqu'à ce jour, et ils furent soumis à la corvée.
C'étaient là les fils de Manassé, lui-même fils de Joseph, les enfants mâles selon leurs clans. Célophehad, fils de Héfèr, fils de Galaad, fils de Makir, fils de Manassé, n'avait pas de fils, mais seulement des filles. Voici leurs noms : Mahla, Noa, Hogla, Milka et Tirsa. Elles se présentèrent devant le prêtre Éléazar, devant Josué, fils de Noun, et devant les responsables, en disant : « Le Seigneur a ordonné à Moïse de nous donner un héritage au milieu de nos frères. » Suivant l'ordre du Seigneur, on leur donna un héritage au milieu des frères de leur père.
Dix parts revinrent donc à Manassé, sans compter le pays de Galaad et de Bashane qui se trouvaient de l'autre côté du Jourdain. En effet, les filles de Manassé reçurent un héritage au milieu de ses fils. Le pays de Galaad, lui, appartint aux autres fils de Manassé.
La frontière de Manassé, du côté d'Asher, était à Mikmetath, en face de Sichem. Puis la frontière allait au sud vers Yashib-en-Tapouah. Le pays de Tapouah appartenait à Manassé, mais Tapouah, à la frontière de Manassé, appartenait aux fils d'Éphraïm. Puis la frontière descendait au torrent de Qana. Au sud du torrent, les villes appartenaient à Éphraïm, au milieu des villes de Manassé. La frontière de Manassé était au nord du torrent et aboutissait à la mer. Le sud était à Éphraïm, le nord à Manassé, et la mer était leur limite. Ils touchaient Asher au nord et Issakar à l'est.
Manassé eut encore, avec Issakar et Asher, Beth-Shéane et ses dépendances, Yibléam et ses dépendances, les habitants de Dor et ses dépendances, les habitants d'Endor et ses dépendances, les habitants de Taanak et ses dépendances, les habitants de Meguiddo et ses dépendances, la troisième étant Nafath. Mais comme les fils de Manassé ne réussirent pas à s'emparer de ces villes, les Cananéens persistèrent à habiter ce pays. Cependant, les fils d'Israël devinrent forts et soumirent les Cananéens à la corvée, sans toutefois réussir à les déposséder.
Les fils de Joseph s'adressèrent à Josué en ces termes : « Pourquoi m'as-tu donné en héritage une seule part, un seul lot, alors que je suis un peuple nombreux, tant le Seigneur m'a béni jusqu'à ce jour ? » Josué leur dit : « Si tu es un peuple nombreux, monte à la forêt. Là, tu déboiseras à ton profit au pays des Perizzites et des Refaïtes, puisque la montagne d'Éphraïm est trop étroite pour toi. » Les fils de Joseph dirent : « La montagne ne nous suffit pas. Et en plus, ils ont des chars de fer, tous les Cananéens qui habitent le pays de la plaine, ceux de Beth-Shéane et ses dépendances comme ceux de la plaine de Yizréel. » Josué répondit à la maison de Joseph, à Éphraïm et à Manassé : « Tu es un peuple nombreux et ta force est grande. Tu n'auras pas seulement une part : tu auras la montagne. C'est une forêt, tu la déboiseras et tu en auras les accès. Tu déposséderas les Cananéens, bien qu'ils aient des chars de fer et qu'ils soient forts. »
Commentaire
Chaque tribu semble avoir sa petite histoire à elle. Les tribus à l'est nous ont rappelé l'importance de la persévérance. La tribu de Juda, avec Caleb, nous a rappelé l'importance de l'héroïsme et de la passion. Et vous avez la tribu de Joseph qui a sa propre histoire à elle aussi.
La tribu de Joseph, Joseph le patriarche, avait été subdivisée en deux sous-tribus : Éphraïm et Manassé, avec Manassé qui était établie et à l'est et à l'ouest du Jourdain. C'était la tribu charnière entre les tribus transjordaniennes et les tribus situées en Terre promise.
Les personnes marquantes de cette tribu, cette fois-ci, ce n'est pas comme Caleb une figure héroïque de guerrier. Cette fois-ci, ce sont des femmes : les filles de Célophehad. Si vous avez bonne mémoire, vous savez qu'on en a déjà parlé, vous connaissez leur histoire. Comme leur père n'avait pas eu de fils, ce sont elles qui avaient pris les choses en main pour assurer la transmission du patrimoine à l'intérieur de leur propre tribu. Et ça, c'est leur titre de gloire. Dans le livre de Josué, il y a autant de gloire à conquérir le pays qu'à prendre soin de sa famille.
Bon, ok, ça c'était pour les particularismes de la tribu de Joseph. Mais maintenant, nous, la question, c'est : quelle leçon peut-on tirer pour notre propre vie spirituelle sur la manière dont ces tribus se sont installées en Terre promise ? C'est quoi la leçon dans notre manière de nous approprier la vie éternelle et la Terre promise ?
Et là, pour le coup, la leçon est différente. Vous avez peut-être senti comment ces tribus de Manassé et d'Éphraïm, ces deux tribus de Joseph, avaient en fait du mal à conquérir la part de territoire que Josué leur avait attribuée. Ils vivent au milieu des Cananéens qu'ils n'arrivent pas à soumettre. Comment est-ce que ces deux tribus peuvent-elles vraiment expliquer cela ?
Peut-être de manière assez simple, en fait. Les fils de Manassé râlent. Ils ne sont pas contents de ce que Josué leur a donné. Ils trouvent que c'est trop étroit :
Pourquoi m'as-tu donné en héritage une seule part, un seul lot, alors que je suis un peuple nombreux, tant le Seigneur m'a béni jusqu'à ce jour ?
N'empêche que Josué refuse de leur donner un territoire supplémentaire. C'est quoi la réponse de Josué ? C'est : « Écoutez les cocos, vous êtes bien gentils, commencez déjà par ce que je vous ai donné et ensuite on en parlera. » Le texte ne le dit pas comme ça, je vous cite le texte :
Si tu es un peuple nombreux, monte à la forêt. Là, tu déboiseras à ton profit au pays des Perizzites et des Refaïtes, puisque la montagne d'Éphraïm est manifestement trop étroite pour toi.
En fait, je soupçonne la tribu de Manassé d'avoir eu peur et de se cacher derrière le prétexte du nombre pour aller voir ailleurs. Alors, c'est vrai que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, mais regardez ce qu'ils disent : au milieu de notre territoire, il y a des Philistins qui ont des chars de fer. Sous-entendu : ils ne mettent pas leur force là où il faudrait la mettre. Eux voudraient la mettre dans leur nombre et, n'arrivant pas à la mettre dans leur nombre, ils ont peur de là où ils la voient au contraire, c'est-à-dire dans la puissance militaire des Cananéens.
Et si vous voulez, quand même, quand vous êtes un peuple, je suppose qu'on ne peut pas s'empêcher de mettre son orgueil et sa fierté soit dans sa puissance démographique, soit dans sa puissance militaire. Eh bien, si c'est ça votre puissance, vous dit le livre de Josué, vous n'arriverez pas à posséder votre pays.
Donc, les nouvelles leçons de ce passage, pour nous qui voulons conquérir la vie éternelle moyennant la grâce de Dieu. Un : ne pas se dire que l'herbe est plus verte ailleurs, ce n'est pas comme ça que ça marche, la vie. Deux : ne pas râler. Et trois : ne pas mettre son orgueil là où il ne faudrait pas le mettre, c'est-à-dire ailleurs que dans sa foi. Si on fait ça, on va finir par avoir peur des autres. Notre force, notre fierté, elle est en Dieu et en Dieu seul. Et c'est là qu'il fait des miracles pour nous.
Fin de l'épisode. Tiens, on a terminé un peu plus tôt aujourd'hui. Chic, je vais pouvoir rattraper un peu mon retard. On va lire un psaume et ensuite on ira sur notre prière.
Psaume 49
Le Dieu des dieux, le Seigneur, parle et convoque la terre, du soleil levant jusqu'au soleil couchant. De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.
Qu'il vienne, notre Dieu, qu'il rompe son silence ! Devant lui, un feu qui dévore ; autour de lui, éclate un ouragan. Il convoque les hauteurs des cieux et la terre au jugement de son peuple.
« Assemblez devant moi mes fidèles, eux qui scellent d'un sacrifice mon alliance. » Et les cieux proclament sa justice : oui, le juge, c'est Dieu !
« Écoute, mon peuple, je parle ; Israël, je te prends à témoin. Moi, Dieu, je suis ton Dieu. Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ; tes holocaustes sont toujours devant moi.
Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine, pas un bélier de tes enclos. Tout le gibier des forêts m'appartient, et le bétail des hauts pâturages. Je connais tous les oiseaux des montagnes, les bêtes des champs sont à moi.
Si j'ai faim, irai-je te le dire ? Le monde et sa richesse m'appartiennent. Vais-je manger la chair des taureaux et boire le sang des béliers ?
Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce, accomplis tes vœux envers le Très-Haut. Invoque-moi au jour de détresse : je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »
Mais à l'impie, Dieu déclare : « Qu'as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à la bouche, toi qui n'aimes pas les reproches et rejettes loin de toi mes paroles ?
Si tu vois un voleur, tu fraternises, tu es chez toi parmi les adultères ; tu livres ta bouche au mal, ta langue trame des mensonges. Tu t'assieds, tu diffames ton frère, tu flétris le fils de ta mère.
Voilà ce que tu fais : garderai-je le silence ? Penses-tu que je suis comme toi ? Je mets cela sous tes yeux, et je t'accuse.
Comprenez donc, vous qui oubliez Dieu : sinon je frappe, et pas de recours ! Qui offre le sacrifice d'action de grâce, celui-là me rend gloire : sur les chemins qu'il aura pris, je lui ferai voir le salut de Dieu. »
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Seigneur, nous te confions nos communautés. Nous te confions nos familles. Nous te confions notre pays.
Nous te demandons, Seigneur, que parmi nous se lèvent des Caleb, qui aient de l'héroïsme et de l'enthousiasme, prêts à conquérir le monde. Nous te demandons qu'il y ait parmi nous des filles de Célophehad, qui aient le soin de la transmission du patrimoine.
Nous te demandons, Seigneur, de ne pas avoir peur, pour que nous puissions vivre en paix au milieu d'autres communautés, au milieu d'autres religions, au milieu de nos voisins, sans avoir peur, sans orgueil, sans complexe d'infériorité ni complexe de supériorité, mais simplement à notre juste place, à celle que tu as voulue, Seigneur.
Que votre justice se lève comme une lumière, afin que, voyant les belles œuvres que vous faites, les gens rendent gloire au Dieu d'Israël.
Que le Seigneur vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
← J94 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J95 ☼ →