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Jour 105 ☼ — Anne et Samuel : quand la prière change tout !

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Résumé : Le frère Paul-Adrien reprend le podcast après un mois d'interruption et ouvre le premier livre de Samuel, annoncé comme une grande série à rebondissements. La lecture du chapitre 1 raconte la stérilité d'Anne, sa prière au sanctuaire de Silo, la naissance de Samuel et sa consécration au Seigneur. Le commentaire, appuyé sur le Midrash rabbinique, explique la résistance d'Éli et oppose deux formes de consécration : sacerdotale et naziréenne, cette dernière annonçant la figure du prophète. Il s'achève sur un éloge d'Anne, « fleur poussée dans un terrain vague », dont la prière est devenue pour les rabbins le modèle de toute prière.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Bienvenue de retour !

Alors pour vous, c'est peut-être une journée qui suit simplement à une autre, mais pour moi, il y a eu une interruption d'un mois dans les enregistrements. Je suis allé en Thaïlande pour aider une association humanitaire pour scolariser des enfants réfugiés de guerre. Et maintenant, je suis de retour pour vous, mes petits bichons !

Alors, j'en profite pour remercier tous ceux qui nous aident financièrement sur tous les liens que vous avez en bas du podcast et pour encourager l'effort de guerre. On va y arriver ! On va y arriver à faire et à financer ce podcast. Donc, tout le monde, on y va, on se ressaisit, d'autant plus qu'on va commencer un nouveau livre.

Nous arrivons dans les livres de Samuel, puis les livres des Rois. Et vous allez voir, ça va ressembler à une série Netflix. Il va y avoir du sang, il va y avoir des intrigues, il va y avoir de l'amour, il va y avoir des plot twists. On va commencer avec un préquel : ce sera la vie de Samuel. Ensuite, il y aura une première saison, la jeunesse de David. Deuxième saison, le roi David. Troisième saison, Salomon, etc., etc., etc. Vous allez voir, vous allez adorer.

Et pour ceux qui veulent nous soutenir, je rappelle qu'il y a des liens en bas et que tout est fort et le bienvenu. Dieu vous le rendra au centuple. On commence tout de suite. 1 Samuel, chapitre 1.

Lecture : 1 Samuel 1

Il y avait un homme de la ville de Rama, dans la montagne d'Éphraïm. Il s'appelait Elkana, fils de Yeroham, fils d'Élihou, fils de Tohou, fils de Souf. C'était un Éphratéen. Cet homme avait deux femmes : l'une s'appelait Anne, l'autre Peninna. Peninna avait des enfants, mais Anne n'en avait pas.

Chaque année, Elkana montait de sa ville au sanctuaire de Silo pour se prosterner devant le Seigneur de l'univers et lui offrir un sacrifice. C'est à Silo que résidaient, comme prêtres du Seigneur, les deux fils d'Éli, Hofni et Pinhas.

Un jour, Elkana offrait le sacrifice. Il distribua des parts de la victime à sa femme Peninna, à tous ses fils et à toutes ses filles. Mais à Anne, il donna une part de choix, car il l'aimait, Anne, que pourtant le Seigneur avait rendue stérile.

Sa rivale cherchait, par des paroles blessantes, à la mettre en colère, parce que le Seigneur l'avait rendue stérile. Cela recommençait tous les ans : quand Anne montait au sanctuaire du Seigneur, Peninna cherchait à la mettre en colère. Anne pleura et ne voulut rien manger.

Son mari Elkana lui dit : « Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? Et moi, est-ce que je ne compte pas à tes yeux plus que dix fils ? »

Anne se leva, après qu'ils eurent mangé et bu. Le prêtre Éli était assis sur son siège, à l'entrée du sanctuaire du Seigneur. Anne, pleine d'amertume, se mit à prier le Seigneur et pleura abondamment. Elle fit un vœu en disant : « Seigneur Dieu de l'univers, si tu veux bien regarder l'humiliation de ta servante, te souvenir de moi, ne pas m'oublier et me donner un fils, je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. »

Tandis qu'elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Éli observait sa bouche. Anne parlait dans son cœur, et seules ses lèvres remuaient, et l'on n'entendait pas sa voix. Éli pensa qu'elle était ivre, et lui dit : « Combien de temps vas-tu rester ivre ? Cuve donc ton vin ! »

Anne répondit : « Non, mon seigneur. Je ne suis qu'une femme affligée. Je n'ai bu ni vin ni boisson forte : j'épanche mon âme devant le Seigneur. Ne prends pas ta servante pour une vaurienne : c'est l'excès de mon chagrin et de mon dépit qui m'a fait prier aussi longtemps. »

Éli lui répondit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu lui as demandé. » Anne dit alors : « Que ta servante trouve grâce devant toi. » Elle s'en alla, elle se mit à manger, et son visage n'était plus le même.

Le lendemain, Elkana et les siens se levèrent de bon matin. Après s'être prosternés devant le Seigneur, ils s'en retournèrent chez eux, à Rama. Elkana s'unit à Anne, sa femme, et le Seigneur se souvint d'elle. Anne conçut, et le temps venu, elle enfanta un fils. Elle lui donna le nom de Samuel, c'est-à-dire « Dieu exauce », car, disait-elle, je l'ai demandé au Seigneur.

Elkana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice annuel et s'acquitter du vœu pour la naissance de l'enfant. Mais Anne n'y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l'enfant sera sevré, je l'emmènerai. Il sera présenté au Seigneur et il restera là pour toujours. »

Son mari Elkana lui répondit : « Fais ce qui est bon à tes yeux. Reste ici jusqu'à ce que tu l'aies sevré. Toutefois, que le Seigneur réalise sa parole. » La femme resta donc et allaita son fils jusqu'à ce qu'elle l'eût sevré.

Lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo. L'enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice et on amena l'enfant au prêtre Éli.

Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t'en prie. Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici, près de toi, pour prier le Seigneur. C'est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l'a donné en réponse à ma demande. À mon tour, je le donne au Seigneur pour qu'il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Commentaire

C'est curieux, non ? On a l'impression, à la fin de ce chapitre, qu'Anne est presque comme obligée de se battre pour qu'Éli accepte enfin d'admettre en sa présence le jeune Samuel. Mais pourquoi Anne est-elle obligée de se battre pour qu'Éli accepte l'enfant ?

Eh bien, d'après les rabbins, la réponse se trouvait un verset avant, au verset 25 :

On offrit le taureau en sacrifice.

« On », c'est-à-dire des laïcs, la famille d'Anne, d'Elkana, qui avaient offert en sacrifice un taureau. Et voyant cela, le prêtre Éli, parce qu'il était prêtre, s'était mis en colère : on lui volait son travail. Mais d'après le Midrash rabbinique, le jeune Samuel, rempli de l'Esprit Saint, avait alors rappelé à Éli que le Lévitique stipulait que le prêtre devait offrir le sang du sacrifice, mais non pas qu'il devait offrir le sacrifice. Pas mal pour un enfant à peine sevré.

Éli devient fou de rage : « Tu as peut-être raison au regard de la Torah, mais faire la leçon à un ancien d'Israël, voilà quelque chose qui est passible de mort. » Anne, la mère de Samuel, tombe aux genoux d'Éli et lui dit : « Mais, seigneur, souviens-toi, cet enfant, c'est celui que tu avais promis de prendre à ta présence. »

Ça en dit long sur Éli. Ça en dit long sur Samuel. Ça en dit long aussi sur Anne. Alors, creusons un tout petit peu.

Éli représente une première manière de se consacrer à Dieu : la consécration sacerdotale, en étant prêtre, c'est-à-dire en étant un intermédiaire entre Dieu et les hommes, par le biais du sacrifice. Le Lévitique vous dit que le signe de cette consécration, c'est l'onction d'huile.

Mais avec Samuel, on nous présente un autre type de consécration. Une consécration que l'on pourrait quasiment qualifier de laïque : le naziréat. Les nazirs. Samson. Eh bien, Samuel est un autre de ces nazirs, lui dont sa mère avait dit qu'il ne se couperait pas les cheveux. Les cheveux, ici, c'est le signe de cette consécration. Livre des Nombres, chapitre 6 : le nazir porte sur sa tête la couronne, le signe de sa consécration. C'est pour ça qu'il ne fallait pas se couper les cheveux. Souvenez-vous de Samson.

Et c'est ainsi que vous avez deux types de consécration, l'une institutionnelle, l'autre charismatique, on dira, qui sont présentées ici comme étant quasiment en compétition. Le prêtre est un intermédiaire entre Dieu et les hommes par le biais des sacrifices. Samuel va proposer un autre type d'intermédiaire, un intermédiaire entre Dieu et les hommes. Quitte à spoiler, mais tant pis, ça permettra de mieux comprendre : avec Samuel, vous êtes en train d'assister à la naissance d'un nouveau type d'homme de Dieu, que l'on appellera plus tard le prophète. Mais chut, on n'en est qu'au début.

Voilà pour Éli, voilà pour Samuel. Revenons maintenant à Anne. Anne, c'est une fleur qui a poussé dans un terrain vague. Regardez Éli, regardez son mari Elkana. Elkana qui disait à sa femme qui était malheureuse parce qu'elle était stérile : « Pourquoi est-ce que tu pleures ? Pourquoi est-ce que ton cœur est triste ? » Vous savez, c'est cette manière de feindre l'innocence comme pour refuser aux autres le droit d'être malheureux.

Et c'est pas fini, regardez ce qu'il dit après : « Est-ce que moi, je ne compte pas à tes yeux plus que dix fils ? » Sous-entendu : si tu pleures parce que tu n'as pas d'enfant, ça veut dire que tu ne m'aimes pas. Ha ! Le narcissisme à l'état pur, qui ramène toujours tout à soi. Extraordinaire, cette manière d'être imbu de soi-même pour en manquer à ce point-là de tact et de finesse psychologique. Elkana, c'est le prototype du gros lourd.

Et à ce gros lourd de mari, pour Anne, répond cet autre gros lourd de grand prêtre qu'est Éli, qui s'énerve parce qu'elle prie à voix basse et qu'elle n'est pas en train de réciter les bonnes petites prières qu'il conviendrait. Oh, le degré zéro de finesse psychologique !

Vous savez, une paroisse, c'est comme un mariage : c'est une boîte de chocolats, on ne sait jamais très bien sur qui on va tomber. Des maris qui ne comprennent pas leurs femmes, il y en a plein. Des femmes qui ne comprennent pas leurs maris, il y en a plein aussi. Mais plutôt que de râler sur les curés et sur les maris, regardez la manière dont Anne réagit.

Anne pourrait se résigner : « C'est Dieu qui n'a pas voulu que j'aie des enfants, je me contenterai d'être une bonne épouse. » Anne pourrait être aigrie : « Quoi, qu'est-ce que tu as encore à me faire la leçon ? » Mais non. Anne continue de se battre. Et puisqu'elle ne peut plus se battre que dans la prière, eh bien, c'est là qu'elle se battra. Et c'est ainsi que la prière d'Anne est devenue, d'après les rabbins, le modèle de toutes les prières. Vous regarderez la gratuité et le sentiment de transcendance divine qu'il y a dedans.

Anne, c'est une chanson de James Brown : « This is a man's world, but it would be nothing without a woman's heart. » C'est un monde d'hommes, de gros lourds, mais qui ne serait rien sans le cœur d'une femme. Et c'est ainsi que commence le livre de Samuel.

Psaume 65

Acclamez Dieu, toute la terre. Fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange.

Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! En présence de ta force, tes ennemis s'inclinent. » Toute la terre se prosterne devant toi. Elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.

Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes. Il changea la mer en terre ferme, ils passèrent le fleuve à pied sec. De là, cette joie qu'il nous donne.

Il règne à jamais par sa puissance. Ses yeux observent les nations. Que les rebelles courbent la tête.

Peuples, bénissez notre Dieu, faites retentir sa louange, car il rend la vie à notre âme, il a gardé nos pieds de la chute.

C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés, affinés comme on affine un métal. Tu nous as conduits dans un piège, tu as serré un étau sur nos reins, tu as mis des mortels à notre tête. Nous sommes entrés dans l'eau et le feu, tu nous as fait sortir vers l'abondance.

Je viens dans ta maison avec des holocaustes, je tiendrai mes promesses envers toi, les promesses qui m'ouvrirent les lèvres, que ma bouche a prononcées dans ma détresse. Je t'offrirai de beaux holocaustes avec le fumet des béliers, je prépare des bœufs et des chevreaux.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme. Quand je poussai vers lui mon cri, ma bouche faisait déjà son éloge.

Si mon cœur avait regardé vers le mal, le Seigneur ne m'aurait pas écouté. Et pourtant Dieu a écouté, il entend le cri de ma prière.

Béni soit Dieu, qui n'a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour.


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