Jour 107 ☼ — L'Arche revient… mais Dieu attend plus !
← J106 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J107 ☾ →
Résumé : Après sept mois chez les Philistins, l'Arche est renvoyée en Israël sur un chariot neuf tiré par deux vaches, avec une offrande de réparation de tumeurs et de rats en or. Elle s'arrête dans le champ de Josué de Beth-Shemesh, mais les habitants sont frappés pour avoir regardé dedans, et l'Arche est reléguée vingt ans à Kiryath-Yéarim. Le frère Paul-Adrien souligne que les Israélites n'ont manifesté ni repentance ni amour : pour eux, l'Arche reste un veau d'or, une puissance qui fait peur, une patate chaude dont on se débarrasse. Il faudra la prédication de Samuel à Mispa — écarter les Baals et les Astartés, s'attacher au Seigneur seul — pour que vienne la victoire et la pierre d'Ében-Ézer.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Nous suivons les pérégrinations de l'Arche d'Alliance et nous allons voir ce qui va advenir de nos hémorroïdes : 1 Samuel, chapitres 6 et 7.
Lecture : 1 Samuel 6-7
L'Arche du Seigneur demeura en territoire philistin pendant sept mois. Puis les Philistins convoquèrent prêtres et devins en disant : « Qu'allons-nous faire de l'Arche du Seigneur ? Indiquez-nous comment la renvoyer à l'endroit où elle était. »
Ils répondirent : « Si vous renvoyez l'Arche du Dieu d'Israël, ne la renvoyez pas sans rien, mais ne manquez pas d'y joindre une offrande de réparation. Alors vous serez guéris et vous saurez pourquoi sa main ne s'écartait pas de vous. »
Ils demandèrent : « Quelle offrande de réparation faut-il y joindre ? » Ils répondirent : « D'après le nombre des princes philistins, cinq tumeurs en or et cinq rats en or, car c'est un même fléau qui vous a tous atteints, vous et vos princes. Vous ferez donc des images de vos tumeurs et des images des rats qui dévastent votre pays, et vous rendrez gloire au Dieu d'Israël. Peut-être sa main se fera-t-elle plus légère sur vous, sur vos dieux et sur votre pays. À quoi bon alourdir votre cœur comme l'ont fait les Égyptiens et Pharaon, quand Dieu se fut joué d'eux ? N'ont-ils pas renvoyé les fils d'Israël ? Et ils sont partis.
Maintenant, préparez un chariot neuf ainsi que deux vaches qui allaitent et qui n'ont pas encore porté le joug. Vous attellerez les vaches au chariot et vous les séparerez de leurs petits que vous ramènerez à l'étable. Puis vous prendrez l'Arche du Seigneur et vous la placerez sur le chariot. Quant aux objets d'or que vous lui remettrez en offrande de réparation, vous les déposerez dans le coffre, à côté de l'Arche. Vous la renverrez et elle partira. Vous verrez alors : si elle prend la route de son territoire en montant vers Beth-Shemesh, c'est bien Dieu qui nous a fait ce grand mal. Sinon, nous saurons que ce n'est pas sa main qui nous a touchés : c'est par accident que cela nous est arrivé. »
Ainsi firent les gens. Ils prirent deux vaches qui allaitaient, ils les attelèrent au chariot et ils retinrent leurs petits à l'étable. Puis ils déposèrent l'Arche du Seigneur sur le chariot, ainsi que le coffre avec les rats en or et les images de leurs tumeurs.
Les vaches allèrent droit leur chemin, sur la route de Beth-Shemesh. Elles avançaient en meuglant, mais gardèrent le même chemin, sans se détourner ni à droite ni à gauche, les princes des Philistins marchant derrière elles, jusqu'à la limite de Beth-Shemesh.
Les gens de Beth-Shemesh faisaient la moisson des blés dans la vallée. Levant les yeux, ils aperçurent l'Arche et se réjouirent de la voir. Le chariot arriva dans le champ de Josué de Beth-Shemesh et il s'y arrêta. Il y avait là une grande pierre. On fendit le bois du chariot et on offrit les vaches en holocauste au Seigneur. Les lévites avaient descendu l'Arche du Seigneur avec le coffre contenant les objets en or et placés à côté d'elle. Ils déposèrent le tout sur la grande pierre. Et ce jour-là, les gens de Beth-Shemesh offrirent des holocaustes et firent des sacrifices pour le Seigneur.
Et ce même jour, les cinq princes des Philistins, ayant vu cela, s'en retournèrent à Écrone. Et voici quelles étaient les tumeurs en or remises par les Philistins en offrande de réparation au Seigneur : une pour Ashdod, une pour Gaza, une pour Ascalon, une pour Gath et une pour Écrone. Et les rats en or, selon le nombre de toutes les villes des Philistins relevant des cinq princes, depuis la ville fortifiée jusqu'au village sans muraille. La grande pierre en est témoin, sur laquelle on avait déposé l'Arche du Seigneur. Elle se trouve aujourd'hui encore dans le champ de Josué de Beth-Shemesh.
Et le Seigneur frappa les gens de Beth-Shemesh parce qu'ils avaient regardé dans l'Arche du Seigneur. Il en frappa soixante-dix parmi le peuple. Et le peuple prit le deuil parce que le Seigneur l'avait durement frappé.
Les gens de Beth-Shemesh dirent : « Qui pourra se tenir devant le Seigneur, ce Dieu saint ? Et chez qui le Seigneur montera-t-il loin de nous ? » Alors ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiryath-Yéarim pour leur dire : « Les Philistins ont ramené l'Arche du Seigneur. Descendez et faites-la monter chez vous. »
Les gens de Kiryath-Yéarim vinrent donc et firent monter l'Arche du Seigneur. Ils la firent entrer dans la maison d'Abinadab, et ils consacrèrent son fils Éléazar pour qu'il garde l'Arche du Seigneur.
Depuis le jour où l'Arche s'installa à Kiryath-Yéarim, de nombreux jours s'étaient écoulés — vingt ans déjà — lorsque toute la maison d'Israël se mit à soupirer après le Seigneur.
Alors Samuel, s'adressant à toute la maison d'Israël, déclara : « Si c'est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur, écartez du milieu de vous les dieux de l'étranger et les Astartés. Attachez vos cœurs au Seigneur, servez-le lui seul, et il vous délivrera de la main des Philistins. » Alors les fils d'Israël écartèrent les Baals et les Astartés. Ils ne servirent plus que le Seigneur seul.
Samuel dit : « Rassemblez tout Israël à Mispa et je prierai pour vous auprès du Seigneur. » Ils se rassemblèrent donc à Mispa. Ils puisèrent de l'eau qu'ils répandirent devant le Seigneur. Ce jour-là, ils jeûnèrent et ils déclarèrent en ce lieu : « Nous avons péché contre le Seigneur. » Et Samuel jugea les fils d'Israël à Mispa.
Les Philistins apprirent que les fils d'Israël s'étaient rassemblés à Mispa, et les princes des Philistins montèrent pour attaquer Israël. Les fils d'Israël, en l'apprenant, eurent peur des Philistins. Ils dirent à Samuel : « Ne reste pas muet, ne nous abandonne pas et ne cesse pas de crier vers le Seigneur notre Dieu, pour qu'il nous sauve de la main des Philistins. »
Samuel prit un agneau de lait et l'offrit tout entier en holocauste au Seigneur. Samuel cria vers le Seigneur en faveur d'Israël, et le Seigneur lui répondit. Pendant que Samuel offrait l'holocauste, les Philistins s'approchèrent pour combattre Israël. Mais ce jour-là, le Seigneur tonna d'une grande voix contre les Philistins. Il les frappa de panique et ils furent battus devant Israël. Alors les hommes d'Israël sortirent de Mispa et poursuivirent les Philistins en les frappant jusqu'au-dessous de Bet-Kar.
Samuel prit une pierre et la plaça entre Mispa et le lieu d'Israël. Il lui donna le nom d'Ében-Ézer, c'est-à-dire « pierre du secours », en disant : « Le Seigneur nous a secourus jusqu'ici. »
Les Philistins durent s'incliner. Ils ne recommencèrent plus à envahir le territoire d'Israël. La main du Seigneur fut contre eux durant toute la vie de Samuel. Alors les villes d'Israël dont les Philistins s'étaient emparés lui furent restituées, d'Écrone à Gath, et Israël délivra leur territoire de la main des Philistins. Il y eut la paix entre Israël et les Amorites.
Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. Il allait d'année en année faire le tour des villes de Béthel, Guilgal et Mispa. En tous ces lieux, il jugeait Israël. Il revenait ensuite à Rama où il avait sa maison. C'est là qu'il jugeait Israël, et là qu'il bâtit un autel au Seigneur.
Commentaire
D'accord, vous me direz que j'ai l'esprit carabin, mais quand même ! Quand je lis « vous ferez donc des images de vos tumeurs en or », je me demande bien à quoi une statue d'hémorroïde en or, ça peut ressembler. Moi, ça me fait hurler de rire.
Bon, puisque nous sommes dans les parenthèses, j'en profite pour dire que la ville de Beth-Shemesh dont il a été question, l'archéologie l'a retrouvée. Je vous dis ça parce que les récits que vous êtes en train d'entendre pourraient ressembler pour vous à des fictions, à des légendes, ou avoir un côté folklorique ou burlesque, mais ce n'est pas ça. Cela fait partie des livres de la Bible qui sont le mieux attestés par l'archéologie. Il y a un substrat de vérité historique dans tous ces récits qu'il ne faut pas sous-estimer.
Maintenant, revenons à notre Arche dont les Philistins ne veulent plus, et à juste titre. Et pour s'en débarrasser, ils vont mettre Dieu à l'épreuve avec cette histoire de paire de bœufs qui doit tirer l'Arche d'Alliance, et qui est conçue comme un test. On prend des bêtes qui n'ont jamais tiré quelque chose comme ça, ce sera plus dur pour elles, et on leur fait prendre la route de Beth-Shemesh, qui n'est pas une route logique. Donc tout est fait pour bien vérifier que c'est Dieu qui est à l'œuvre derrière.
Mais le plus grand signe, pour moi, c'est le verset 14 :
Le chariot arriva dans le champ de Josué de Beth-Shemesh et il s'y arrêta.
Qu'est-ce que vous voulez comme autre signe pour comprendre ce que Dieu attend de vous, à savoir de suivre l'exemple de Josué et de revenir à l'Alliance ?
Il faut croire que les retrouvailles n'ont pas été un grand moment de joie, et que ça ne s'est pas passé comme prévu. Il y en a qui regardent d'un œil mauvais l'Arche d'Alliance, Dieu s'énerve et les tue. Alors, évidemment, on se dit que tout cela est un peu dur : parce qu'on a regardé l'Arche d'Alliance, Dieu fait mourir des gens. Eh bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n'est pas comme si on n'avait pas compris que Dieu était en colère. Ce n'est pas parce que Dieu n'est pas content d'être parti chez les Philistins qu'il est content de retourner chez les Israélites. Et donc, en fait, il y a une ambiguïté qu'il faut lever tout de suite.
D'ailleurs, regardez les Israélites : il n'y a aucun retour à Dieu, il n'y a aucune repentance. Pour eux, l'Arche d'Alliance, ça reste le veau d'or. Un veau d'or qui leur fait peur tellement il est puissant. Ne vous y trompez pas : dans l'attitude des Israélites, il n'y a aucun amour envers Dieu.
Et elle est là, la leçon de cette Arche d'Alliance qui revient. On a bien vu que c'était Dieu qui était à l'œuvre à travers les vaches. On a bien vu l'endroit où elle s'arrêtait, le champ de Josué. Et toujours, aucun changement. C'est toujours, pour les Israélites, une idole dont ils sont contents de retrouver la possession. Eh bien, ce n'est pas comme ça que ça marche. À tel point, d'ailleurs, que l'Arche d'Alliance devient pour les Israélites cette patate chaude dont on se dépêche de se passer la main.
Si vous voulez, moi, la scène à laquelle ça me fait penser dans la vie de Jésus, pour parler du Nouveau Testament, c'est quand Jésus va dans le pays des Gadaréniens et que là, il exorcise le démon d'un possédé, avec cette histoire de troupeau de cochons qui se précipite du haut d'une falaise. Eh bien, les habitants de la ville, quand ils apprennent ça, plutôt que de rendre gloire à Dieu, ils vont voir Jésus, remplis de frayeur et de peur, pour lui dire : « Mais pars de là ! Pars de là ! »
Psaume 67 (première partie)
Dieu se lève et ses ennemis se dispersent, ses adversaires fuient devant sa face. Comme on dissipe une fumée, tu les dissipes ; comme on voit fondre la cire en face du feu, les impies disparaissent devant la face de Dieu.
Mais les justes sont en fête, ils exultent ; devant la face de Dieu, ils dansent de joie. Chantez pour Dieu, jouez pour son nom, frayez la route à celui qui chevauche les nuées. Son nom est le Seigneur : dansez devant sa face.
Père des orphelins, défenseur des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure. À l'isolé, Dieu accorde une maison ; aux captifs, il rend la liberté, tandis que les rebelles vont habiter les lieux arides.
Dieu, quand tu sortis en avant de ton peuple, quand tu marchas dans le désert, la terre trembla. Les cieux mêmes fondirent devant la face de Dieu, le Dieu du Sinaï, devant la face de Dieu, le Dieu d'Israël.
Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse, et quand il défaillait, toi, tu le soutenais. Sur les lieux où campait ton troupeau, tu le soutenais, Dieu qui est bon pour le pauvre.
Le Seigneur prononce un oracle, une armée de messagères le répand : « Rois en déroute, armées en déroute ! » On reçoit en partage les trésors du pays.
Resterez-vous au repos derrière vos murs, quand les ailes de la colombe se couvrent d'argent et son plumage, de reflets d'or ? Quand le Puissant, là-bas, pulvérise des rois, et qu'il neige aux monts sombres ?
Mont de Bashan, divine montagne ; mont de Bashan, fière montagne ! Pourquoi jalouser, fière montagne, la montagne que Dieu s'est choisie pour demeure ? Là, le Seigneur habitera jusqu'à la fin.
Les chars de Dieu sont des milliers de myriades ; au milieu, le Seigneur, au sanctuaire, le Sinaï. Tu es monté sur la hauteur, capturant des captifs et recevant un tribut, même de rebelles, pour avoir une demeure, Seigneur notre Dieu.
← J106 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J107 ☾ →