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Jour 108 ☾ — Saül : roi d'Israël… mais pas vraiment prêt

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Résumé : Dans ce chapitre 10 du premier livre de Samuel, Saül reçoit l'onction d'huile en secret, puis parcourt une série de signes annoncés par Samuel avant d'être désigné roi par le sort devant tout Israël. Le frère Paul-Adrien montre comment le chapitre est construit comme un itinéraire spirituel en quatre signes — onction, réconciliation familiale, reconnaissance sociale, possession par l'Esprit — destinés à faire grandir un homme dépassé par ce qui lui arrive. Mais Saül subit ces signes plus qu'il ne s'en empare, garde tout secret, et finit caché derrière les bagages. L'épisode s'achève par une prière pour tous ceux à qui l'on demande d'assumer une responsabilité qui les effraie.

Introduction

Nous continuons avec 1 Samuel, chapitre 10, et s'il fallait lui donner un titre, je l'appellerais « le dur apprentissage de l'héroïsme ».

Lecture : 1 Samuel 10

Le lendemain, ils se levèrent tôt. Dès que monta l'aurore, Samuel appela Saül sur la terrasse et lui dit : « Lève-toi, je vais te laisser partir. » Saül se leva, et ils sortirent tous deux au dehors, lui et Samuel.

Comme ils descendaient à la limite de la ville, Samuel dit à Saül : « Dis aux serviteurs de passer devant nous. » Et ce dernier passa devant. « Et toi, arrête-toi un instant, que je te fasse entendre la parole de Dieu. »

Alors Samuel prit la fiole d'huile et la répandit sur la tête de Saül. Puis il l'embrassa et lui dit : « N'est-ce pas le Seigneur qui te donne l'onction comme chef sur son héritage ? Aujourd'hui, quand tu m'auras quitté, tu trouveras deux hommes près du tombeau de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Selsah, et ils te diront : "Elles sont retrouvées, les ânesses que tu étais allé chercher. Mais maintenant, ton père a oublié l'affaire des ânesses. Il se fait du souci pour vous et se dit : que faire pour mon fils ?"

De là, poussant plus loin, tu arriveras au chêne de Tabor, où viendront te trouver trois hommes. Les hommes vont vers Dieu à Béthel, l'un portant trois chevreaux, l'autre portant trois couronnes de pain, et le troisième une outre de vin. Ils te salueront et te donneront deux pains que tu recevras de leurs mains.

Après cela, tu arriveras à Guibéa de Dieu, où il y a des postes de garde philistins. Là, en entrant dans la ville, tu tomberas sur un groupe de prophètes qui descendent du lieu sacré, précédés de harpes, tambourins, flûtes et cithares. Ils seront en état de transe prophétique. Et alors, l'Esprit du Seigneur s'emparera de toi. Tu seras saisi de transe prophétique avec eux et tu seras changé en un autre homme.

Quand se produiront pour toi de tels signes, agis selon ce qui se présentera, car Dieu est avec toi. Tu descendras avant moi à Guilgal. Moi, je descendrai te rejoindre pour offrir des holocaustes et faire des sacrifices de paix. Pendant sept jours, tu attendras jusqu'à ce que je vienne te rejoindre. Alors, je te ferai savoir comment tu dois agir. »

Or, dès que Saül eut tourné le dos en quittant Samuel, Dieu changea son cœur et tous ces signes se produisirent le jour même. À l'entrée de Guibéa, voici qu'un groupe de prophètes vint à sa rencontre. L'Esprit de Dieu s'empara de lui et il fut saisi de transe prophétique au milieu d'eux.

Alors, tous ceux qui le connaissaient de longue date virent qu'il prophétisait avec les prophètes. Les gens se dirent l'un à l'autre : « Et qu'est-il donc arrivé au fils de Quish ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ? » Un homme de cet endroit intervint pour dire : « Et qui est leur père ? » Voilà comment est né le proverbe : « Saül aussi est-il parmi les prophètes ? »

Lorsqu'il fut sorti de sa transe prophétique, il se rendit au lieu sacré. L'oncle de Saül lui demanda, ainsi qu'à son serviteur : « Où êtes-vous allés ? » Il répondit : « À la recherche des ânesses. Mais nous n'avons rien vu et nous nous sommes rendus chez Samuel. » L'oncle de Saül dit : « Raconte-moi donc ce que Samuel vous a dit. » Saül répondit à son oncle : « Il nous a simplement annoncé que les ânesses étaient retrouvées. » Cependant, à propos de la royauté, il ne lui raconta pas ce qu'avait dit Samuel.

Samuel convoqua le peuple auprès du Seigneur à Mispa. Il dit aux fils d'Israël : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : c'est moi qui ai fait monter Israël d'Égypte, qui vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de tous les royaumes qui vous opprimaient. Mais vous, aujourd'hui, vous avez rejeté votre Dieu, lui qui vous a sauvés de tous vos malheurs et de toutes vos angoisses, et vous lui avez dit : "C'est un roi que tu établiras sur nous." Maintenant, présentez-vous devant le Seigneur. »

Samuel fit approcher toutes les tribus d'Israël, et la tribu de Benjamin fut désignée par le sort. Il fit approcher la tribu de Benjamin par famille, et la famille de Matri fut désignée. Puis Saül, fils de Quish, fut désigné. On le chercha, mais sans le trouver. On interrogea encore le Seigneur : « Y a-t-il encore quelqu'un qui soit venu ici ? » Et le Seigneur dit : « Voici, il est caché derrière les bagages. » On courut le tirer de là. Il se présenta au milieu du peuple. Il dépassait tout le monde de plus d'une tête.

Samuel dit à tout le peuple : « Avez-vous vu celui que le Seigneur a choisi ? Il n'a pas son pareil dans tout le peuple. » Et tout le peuple fit une ovation en criant : « Vive le roi ! »

Samuel exposa au peuple le droit de la royauté. Il l'écrivit dans un livre qu'il déposa devant le Seigneur. Puis Samuel renvoya tout le peuple, chacun chez soi.

Saül aussi s'en alla chez lui à Guibéa. Les hommes de valeur, dont Dieu avait touché le cœur, partirent avec lui. Quant aux vauriens, ils dirent : « Comment celui-là nous sauverait-il ? » Et ils le méprisèrent. Ils ne lui apportèrent pas d'offrandes. Mais Saül fit comme s'il n'avait rien entendu.

Commentaire

Vous avez entendu Samuel et Saül se réfugier en haut d'une terrasse, loin des oreilles indiscrètes, pour parler d'on ne sait pas quoi, mais on suppose de la royauté. Vous les avez même entendus dire aux serviteurs : « Vas-y, vas-y, passe devant nous et laisse-nous parler. » Donc c'est censé commencer dans le secret, oui, mais pour Samuel, terminer au grand jour, dans l'ovation nationale. Et on y est presque ! Vous avez entendu à la fin cette ovation quasi unanime.

Et ça, c'était l'enjeu du chapitre. Comment faire en sorte pour que Saül, complètement dépassé par ce qui est en train de lui arriver, puisse progresser spirituellement et endosser les habits du roi ? D'où un chapitre construit comme un itinéraire qui vous propose, à travers une succession de signes que doit rencontrer Saül, de lui faire comprendre ce qu'il est maintenant aux yeux de Dieu. Il s'agit de le faire grandir.

Donc, premier signe : un rite secret, l'onction d'huile. D'où l'hébreu « Mashiah », qui pour nous veut dire « roi sacré des Juifs », mais qui littéralement désigne celui qui est oint, celui qui est sacré roi.

Deuxième signe, que vous avez rencontré plus tard dans le chapitre :

Quand tu m'auras quitté, tu trouveras deux hommes près du tombeau de Rachel qui te diront : « Elles sont retrouvées, les ânesses. »

Nouveau signe qui doit l'amener jusqu'au tombeau de Rachel, la matriarche, celle qui a fondé sa propre tribu. Et en plus, il fallait rajouter un élément de réconfort : le père de Saül a arrêté de lui faire la tête.

Troisième signe : tu rencontreras trois hommes. C'est quand même rudement bien construit, ce chapitre. Moyen mnémotechnique : il y a quatre signes et à chaque fois, c'est un, deux, trois, quatre. Donc, troisième signe : tu rencontreras trois hommes qui te donneront, l'un trois chevreaux, l'autre trois couronnes de pain et le dernier une outre de vin. Bon, on pourra gloser à l'envi sur ce que signifient le vin, le chevreau et les couronnes de pain. A minima, ce que l'on peut dire, c'est qu'offrir des cadeaux à un inconnu, dans ce chapitre, ça a valeur de reconnaissance royale. À la fin du chapitre, quand il y aura l'ovation quasi unanime, il va y avoir des vauriens qui vont refuser d'offrir des cadeaux à Saül pour refuser sa royauté. Donc ici, les trois cadeaux, c'est pour montrer que le peuple lui est redevable.

Quatrième signe : tu rencontreras des prophètes qui sont des musiciens. Alors, une petite déception, parce qu'ici, on ne nous dit pas qu'ils sont quatre. Cependant, c'est là que les Athéniens s'atteignirent : ils seront précédés de harpe, tambourin, flûte et cithare. Quatre instruments de musique différents.

Donc, quatre signes au total qui, quand Saül va les parcourir, doivent lui permettre de mieux comprendre qui il est et ce à quoi Dieu l'appelle. Le premier signe, l'onction, est un signe proprement divin, pour signifier à Saül qu'il a été choisi par Dieu et qu'il peut compter sur Dieu. Le deuxième signe est un rite de réconciliation familiale, avec son père et avec sa tribu. Le troisième signe est un signe d'insertion sociale, dans le tissu économique si je puis dire, où vous êtes reconnu comme un roi par vos pairs. Et le quatrième signe est un signe plus spirituel : l'Esprit de Dieu qui vient vous posséder pour faire de vous, qui êtes déjà un personnage sacré par l'onction royale, un personnage doublement sacré, à égalité avec les prophètes.

Ça, c'est le programme. Et Samuel conclut en disant :

Quand tu rencontreras ces quatre signes, agis selon ce qui se présentera, car Dieu est avec toi.

Ce qui est le signe du roi qui a l'autorité et qui peut agir comme bon lui plaît. Bon, petit addendum quand même quant à l'indépendance spirituelle que Saül, grâce à ces signes, pourrait acquérir. Samuel, en plus de ces quatre signes, lui impose une dernière épreuve. Vous l'avez entendu : « Tu iras à Guilgal et là, tu m'attendras pendant sept jours. » Ça veut dire : t'es gentil, mon bonhomme, tu es le roi, l'Esprit du Seigneur vient te posséder, en attendant, c'est quand même moi qui vais t'expliquer comment faire les choses. Donc, Saül a un tuteur, pourrait-on dire.

Ceci dit, ça vaut peut-être bien pour Saül, parce que ça, c'était le programme. Maintenant, regardez comment est-ce que Saül, lui, va les vivre. Les signes se présentent devant lui, les uns à la suite des autres, et Saül paraît étrangement passif, subissant les signes plutôt que s'en emparant, comme s'il ne comprenait pas ce qui était en train de lui arriver. D'où le proverbe que vous avez entendu sous forme interrogative : « Saül aussi serait-il parmi les prophètes ? »

Quand vous regardez attentivement, en fait, vous apercevez que ce à quoi Saül est attentif, c'est à ne pas ébruiter l'affaire, c'est à garder tout ça secret. Il n'en parle ni à son père, ni à son oncle. Tant et si bien qu'à la fin, on le retrouve planqué au milieu des bagages dans l'armée d'Israël. Mais on n'échappe pas à Dieu, qui dit :

Voici, il est caché derrière les bagages. Et on courut le tirer de là. Il se présenta au milieu du peuple. Il dépassait tout le monde d'une tête.

Et c'est ainsi qu'eut lieu la première consécration de Saül comme roi, dont on ne sait pas très bien si c'est un essai réussi ou si c'est un essai raté. En tout cas, il va encore falloir qu'il mérite sa place de premier roi d'Israël, ça, c'est clair.

En attendant, avant de vous moquer de Saül, réfléchissez sur vos propres vies, les signes et les épreuves que Dieu vous a envoyés pour vous demander de prendre une place à laquelle vous n'étiez peut-être pas forcément préparé.

Nous terminons par une prière pour tous ceux qui ont peur. Et je pense que cela nous est tous arrivé : il y a des moments dans la vie où on nous demande de prendre des boulots, des responsabilités qui nous effraient parce qu'on ne se sent pas à la mesure.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur Tout-Puissant, comme tu as choisi Saül et l'as consacré pour une mission qu'il n'aurait jamais imaginée, tu nous demandes d'assumer des responsabilités que parfois nous redoutons. Et tu sais nos craintes, nos doutes, et quand nous ne nous sentons pas dignes.

Seigneur, viens poser ton Esprit sur nous, comme tu l'as fait pour Saül, afin que nous soyons transformés intérieurement et que nous puissions le croire. Remplis nos cœurs de courage et de confiance, non pas en nos propres forces, mais en la puissance de ton Esprit.

Nous te le demandons avec confiance, par Jésus ton Messie, notre Seigneur. Amen.


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