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Jour 110 ☾ — Jonathan brille, Saül vacille !

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 14 du premier livre de Samuel : l'audace de Jonathan et de son écuyer qui, seuls, provoquent la déroute des Philistins, puis le serment insensé de Saül qui affame son armée et manque de faire mourir son propre fils. Le commentaire s'attache à un détail — l'Arche que Saül fait approcher par Ahias, descendant de la lignée maudite d'Éli — pour montrer que tout le rapport de Saül au sacré est faussé. Rejeté par Samuel, le roi cherche un appui dans les objets et les rites plutôt que dans la foi. Non pas la religion, mais la superstition d'un homme qui n'aime pas Dieu mais qui en a peur.

Introduction

Vite ! Poursuivons notre épisode ! 1 Samuel, chapitre 14.

Lecture : 1 Samuel 14

Un jour, Jonathan, fils de Saül, dit à son écuyer : « Viens, passons vers le poste des Philistins qui est là, sur l'autre versant. » Mais il n'avertit pas son père. Saül se tenait à la limite de Guibéa, sous le grenadier de Migron, et avec lui, il y avait environ six cents hommes. Ahias, fils d'Ahitoub, frère d'Ikabod, fils de Pinhas, fils d'Éli, était prêtre du Seigneur à Silo. Il portait l'éphod. Le peuple ne savait pas que Jonathan était parti.

Parmi les passages que Jonathan avait recherchés pour passer vers le poste des Philistins, il en est un avec une dent de rocher sur un versant et une dent de rocher sur l'autre. L'une est appelée Bosès et l'autre Séné. L'une se dresse au nord, en face de Micmas, l'autre au sud, en face de Guibéa.

Jonathan dit à son écuyer : « Viens, passons vers le poste de ces incirconcis. Peut-être que le Seigneur agira-t-il en notre faveur, car rien n'empêche le Seigneur de donner le salut, que l'on soit peu ou beaucoup. » Son écuyer lui répondit : « Fais tout ce que tu as dans le cœur. Vas-y ! Et moi, je suis avec toi, selon ton cœur. »

Jonathan reprit : « Voici que nous passons vers ces hommes. Ils vont nous repérer. S'ils nous disent : "Halte, attendez que nous vous ayons rejoints", alors nous resterons sur place, nous ne monterons pas vers eux. Mais s'ils nous disent : "Montez vers nous", alors nous monterons, car le Seigneur les aura livrés entre nos mains. Ce sera pour nous le signe. »

Tous deux se firent repérer par le poste des Philistins, lesquels se dirent : « Voici des Hébreux qui sortent des trous où ils s'étaient cachés. » Les hommes du poste interpellèrent Jonathan et son écuyer en leur disant : « Montez vers nous. Nous avons quelque chose à vous apprendre. » Jonathan dit à son écuyer : « Monte derrière moi. Le Seigneur les a livrés au pouvoir d'Israël. »

Jonathan, suivi de son écuyer, monta en s'aidant des mains et des pieds. Alors les Philistins tombèrent devant Jonathan et, derrière lui, son écuyer les mettait à mort. Ce premier coup porté par Jonathan et son écuyer frappa une vingtaine d'hommes sur l'étendue d'un demi-arpent. Ce fut la terreur dans le camp, dans la campagne et parmi tout le peuple. Le poste et les troupes de choc furent terrifiés eux aussi. La terre se mit à trembler et ce fut une terreur de Dieu.

À Guibéa de Benjamin, les guetteurs de Saül observaient. Et voici que le tumulte se propageait çà et là. Alors Saül dit à la troupe qui était avec lui : « Faites donc l'appel et voyez qui est parti de chez nous. » On fit l'appel. Jonathan et son écuyer manquaient. Saül dit à Ahias : « Fais approcher l'Arche de Dieu. » En effet, l'Arche de Dieu était ce jour-là avec les fils d'Israël. Mais pendant que Saül parlait au prêtre, le tumulte dans le camp des Philistins ne cessait d'augmenter. Alors Saül dit au prêtre : « Retire ta main, cesse de consulter Dieu. »

Puis sur un cri de ralliement, Saül et toute la troupe qui était avec lui marchèrent au combat. Or les Philistins avaient tiré l'épée l'un contre l'autre et c'était la panique la plus totale. Quant aux Hébreux qui appartenaient de longue date aux Philistins, qui étaient montés avec eux au camp et se tenaient tout autour, même ceux-là passèrent du côté d'Israël, qui était avec Saül et Jonathan. Tous les hommes d'Israël, qui étaient cachés dans la montagne d'Éphraïm, apprirent la déroute des Philistins. Ils se mirent, eux aussi, à leur poursuite pour les combattre. Ce jour-là, le Seigneur donna le salut à Israël. Le combat s'étendit au-delà de Beth-Avène.

Ce jour-là, les hommes d'Israël avaient été accablés, parce que Saül avait proféré à l'adresse du peuple cette imprécation : « Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je ne me sois vengé de mes ennemis ! » Et personne dans le peuple n'avait goûté de nourriture.

Tout le monde entra dans la forêt. Or il y avait du miel à la surface du sol. Quand le peuple entra dans la forêt, voici qu'il y avait une coulée de miel. Cependant nul n'y toucha pour en manger, car le peuple avait peur. Mais Jonathan n'avait pas entendu son père imposer au peuple le serment. Il tendit le bâton qu'il avait à la main et en trempa le bout dans ce rayon de miel. Il ramena la main à sa bouche et son regard s'éclaircit.

Mais quelqu'un dans le peuple prit la parole et dit : « Ton père a imposé au peuple ce serment solennel : "Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture aujourd'hui", alors que le peuple est épuisé. » Jonathan répondit : « Mon père a porté malheur au pays. Voyez comme mon regard s'est éclairci parce que j'ai goûté un peu de ce miel. À plus forte raison, si le peuple s'était nourri aujourd'hui sur le butin trouvé chez l'ennemi, le coup porté aux Philistins n'aurait-il pas été encore plus rude ? »

Ce jour-là, ils battirent les Philistins depuis Micmas jusqu'à Ayyalôn. Et le peuple fut complètement épuisé. Il se jeta sur le butin. On prit du petit et du gros bétail avec de jeunes bêtes. On les égorgea à même le sol. Et le peuple mangea au-dessus du sang. On rapporta la chose à Saül : « Voici que le peuple est en train de pécher contre le Seigneur en mangeant au-dessus du sang. » Saül dit : « Vous avez trahi. Roulez vers moi une grosse pierre tant qu'il fait jour. » Puis il déclara : « Dispersez-vous parmi le peuple et dites que chacun amène vers moi son bœuf ou son mouton. Vous les égorgerez et les mangerez ici. Mais vous ne pécherez pas contre le Seigneur en mangeant auprès du sang. » Alors, à la nuit tombée, tous les gens amenèrent le bœuf que chacun possédait et que l'on égorgea à cet endroit. Saül bâtit un autel au Seigneur. C'était la première fois qu'il bâtissait un autel au Seigneur.

Saül dit : « Descendons à la poursuite des Philistins pendant la nuit. Pillons chez eux jusqu'au lever du jour. Et n'en laissons subsister aucun. » Ils répondirent : « Fais tout ce qui te semble bon. » Le prêtre dit : « Approchons-nous ici de Dieu. » Alors Saül consulta Dieu : « Dois-je descendre à la poursuite des Philistins ? Les livreras-tu aux mains d'Israël ? » Mais ce jour-là, Dieu ne lui donna pas de réponse.

Alors Saül dit : « Avancez ici, vous tous, les chefs du peuple. Comprenez et voyez en quoi consiste le péché commis aujourd'hui. Oui, par le Seigneur vivant, le Sauveur d'Israël, même si Jonathan, mon fils, est en cause, il mourra. » Mais dans tout le peuple, personne ne lui répondit. Puis il dit à tout Israël : « Vous serez d'un côté, moi et mon fils Jonathan, nous serons de l'autre côté. » Le peuple répondit : « Fais ce qui te semble bon. » Alors Saül s'adressa au Seigneur : « Dieu d'Israël, fais connaître la vérité. » Jonathan et Saül furent désignés par le sort. Et tout le peuple fut mis hors de cause. Saül dit : « Jetez les sorts entre moi et mon fils Jonathan. » Et Jonathan fut désigné.

Saül dit à Jonathan : « Révèle-moi ce que tu as fait. » Jonathan le lui révéla en disant : « Oui, j'ai goûté un peu de miel au bout du bâton que j'avais à la main. Mais voici que je meurs. » Saül déclara : « Que Dieu amène le malheur sur moi et pire encore si tu ne meurs pas, Jonathan. » Mais le peuple dit à Saül : « Est-ce que Jonathan devrait mourir, lui qui a remporté cette grande victoire en Israël ? Quelle horreur ! Par le Seigneur vivant, il ne tombera pas à terre un seul cheveu de sa tête. Car c'est avec Dieu qu'il a agi en ce jour. » Et le peuple racheta Jonathan et celui-ci ne mourut pas. Quant à Saül, il renonça à poursuivre les Philistins et les Philistins s'en allèrent chez eux.

Quand Saül se fut emparé de la royauté sur Israël, il mena la guerre contre tous ses ennemis alentour : Moab, les fils d'Ammon, Édom, les rois de Soba et les Philistins. De quelque côté qu'il se tournât, il leur faisait du mal. Il déploya sa force et battit Amalec. Il délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.

Les fils de Saül étaient Jonathan, Ishvi et Malki-Shoua. Ses deux filles s'appelaient : l'aînée Mérab et la cadette Mikal. La femme de Saül s'appelait Ahinoam, fille d'Ahimaaç. Le chef de son armée s'appelait Abner, fils de Ner, qui était l'oncle de Saül. Kish, le père de Saül, et Ner, le père d'Abner, étaient fils d'Abiel. Il y eut une guerre acharnée contre les Philistins durant tous les jours de Saül. Ainsi, quand Saül remarquait un homme de valeur ou quelqu'un de courageux, il se l'attachait.

Commentaire

Saül ne doit pas avoir le moral. Je pense que la remontrance que Samuel lui a faite l'a laissé sans force, et vous avez entendu comme il était étrangement passif, l'initiative de la guerre allant à son fils Jonathan, qui devient le véritable héros et qui subit l'incompétence de son père.

Moi, c'est sur un objet précis, mais qui va nous emmener loin, que je voudrais aussi attirer votre attention. Verset 18 :

Saül dit à Ahias : « Fais approcher l'Arche de Dieu. »

L'Arche de Dieu, on l'a déjà vue au début du livre de Samuel, avec Éli, quand on partait à la guerre. Et je vous avais dit : il y a quand même une manière d'utiliser l'Arche de l'Alliance qui est plus proche de la superstition que de la véritable crainte de Dieu.

Ici, il s'est passé quoi ? Saül s'est fait rejeter par Samuel et tente de retrouver un appui religieux, non plus à travers une personne, mais à travers un objet qu'il va maintenant idolâtrer comme étant une source de puissance, une arme secrète. L'Arche de l'Alliance est ici considérée comme un objet magique. Et pourtant, un Samuel, au début, nous avait dit que ça ne se passait pas comme ça et que quand on utilise à tort et à travers l'Arche de l'Alliance, ça signale de vrais problèmes.

D'autant plus que, qui est le gardien de cette Arche de l'Alliance ? Ahias. Et Ahias, on a eu bien soin de vous le préciser au début du chapitre, verset 2 : Ahias, c'est le fils d'Ahitoub, frère d'Ikabod, fils de Pinhas, fils d'Éli. On retrouve la même lignée sacerdotale, maudite par Dieu. Il s'est fait lâcher par Samuel, il tente sa chance en allant du côté des ennemis de Samuel : la lignée maudite d'Éli. Ah, eh bien Saül, il devient beaucoup moins sympathique et il commence à y avoir un petit côté, comme on dit dans ma famille, un petit côté « tri-tri ». Vous savez, un petit côté peste qui tente sa chance en essayant par mesquinerie de faire mal aux autres.

Et il n'y a pas que l'Arche de l'Alliance qu'il utilise mal. Tout, dans le rapport de Saül à la religion, va de travers. On l'a vu avec le sacrifice avec Samuel. On l'a vu avec son utilisation de l'Arche — d'ailleurs, il n'ira même pas jusqu'au bout. Et vous l'avez encore vu au cours de ce chapitre quand il fait un vœu inconsidéré et quand il fait tirer, toujours par ce prêtre maudit, les sorts de manière totalement folle, ce qui devrait amener au meurtre de son fils.

Il n'y a rien qui va. Avec Saül, vous n'êtes pas dans la religion, vous êtes dans la superstition. Parce qu'il a peur. Il a peur de Samuel. Il a peur des Philistins. Il a peur de perdre son statut royal. Il n'aime pas Dieu, il a peur de Dieu. Et parce qu'il a peur de Dieu, il fait n'importe quoi.

Nous terminons par une prière pour demander à Dieu d'avoir une véritable foi et non pas une foi superstitieuse. Et vous savez, avant de se moquer trop vite de Saül : nous, quand on est en stress, en difficulté, on tombe vite du côté de la superstition, à demander à Dieu trop vite des présages ou à faire des rites en vain. Je ne dis pas que ça ne marche pas, mais vous savez que parfois, on les fait de manière superstitieuse.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Comme Jonathan, fils de Saül, qui s'est avancé avec courage, apprends-moi, Seigneur, à te chercher avec un cœur sincère et non pas à vouloir tout confirmer par des signes extérieurs ou de simples rites.

Délivre-moi de la foi mécanique de Saül, qui veut manipuler le sacré en imposant des jeûnes insensés, mais accorde-moi un cœur obéissant, qui t'aime et qui te fasse confiance.

Purifie mon regard pour que je ne recherche pas tant des présages, mais que d'abord je recherche ta face. Et là, Seigneur, je sais que tu me donneras la victoire.


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