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Jour 114 ☾ — David échappe à Saül… grâce à Dieu !

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit le chapitre 23 du premier livre de Samuel : David délivre la ville de Keïla des Philistins, échappe de justesse au piège de Saül, fuit dans les déserts de Ziph et de Maon, et reçoit la visite réconfortante de Jonathan. Le commentaire s'arrête sur le prêtre Abiatar, issu de la lignée maudite d'Éli, et sur l'éphod, ce vêtement sacerdotal auquel étaient joints l'Ourim et le Toummim, pierres de divination pourtant autorisées par la Loi. Le frère en tire trois critères de discernement — la légitimité de l'institution, la légitimité de notre situation, la disponibilité à obéir — et rappelle que Dieu répond aussi par la prière et par l'amitié.

Introduction

Je vous ai parlé de Robin des Bois, je vous ai parlé des bandes d'Apirou. Nous plongeons cette fois-ci dans l'histoire des alliances qu'il pouvait y avoir entre elles, de leur inimitié, et comment, à coups d'alliances renversées, parfois contradictoires, l'un de ces chefs, David, arrive peu à peu à se constituer une véritable clientèle autour de lui.

Lecture : 1 Samuel 23

On rapporta à David cette nouvelle : « Voici que les Philistins sont en guerre contre Keïla, ils pillent les aires à grains. » David consulta le Seigneur : « Dois-je partir ? Est-ce que je battrai ces Philistins ? » Le Seigneur dit à David : « Pars, tu battras les Philistins et tu sauveras Keïla. »

Mais les hommes de David lui dirent : « Déjà nous avons peur ici en Juda, ce sera bien pire si nous allons à Keïla contre les lignes des Philistins. » À nouveau, David consulta le Seigneur et le Seigneur lui répondit : « Lève-toi, descends à Keïla, car je livre les Philistins entre tes mains. »

David partit alors pour Keïla avec ses hommes et attaqua les Philistins. Il emmena leurs troupeaux. Il leur porta un coup très dur. David sauva ainsi les habitants de Keïla. Or, quand Abiatar, fils d'Ahimélek, s'était enfui auprès de David à Keïla, il avait emporté l'éphod avec lui.

Saül fut averti de l'entrée de David à Keïla et dit : « Dieu l'a remis en mon pouvoir, car il s'est enfermé lui-même en entrant dans une ville munie de portes et de verrous. » Saül appela donc à la guerre tout le peuple pour descendre à Keïla, assiéger David et ses hommes.

Quand David sut que Saül préparait contre lui un mauvais coup, il dit au prêtre Abiatar : « Apporte l'éphod. » David dit alors : « Seigneur, Dieu d'Israël, ton serviteur vient d'apprendre que Saül projetait de venir à Keïla pour détruire la ville à cause de moi. Les notables de Keïla vont-ils me livrer entre ses mains ? Saül descendra-t-il comme ton serviteur vient de l'apprendre ? Seigneur, Dieu d'Israël, daigne en informer ton serviteur. » Et le Seigneur dit : « Saül descendra. » David dit : « Les notables de Keïla vont-ils nous livrer, moi et mes hommes, entre les mains de Saül ? » Le Seigneur dit : « Ils vous livreront. »

Alors David se leva, lui et ses hommes. Ils étaient environ six cents. Ils sortirent de Keïla et s'en allèrent à l'aventure. Mais on informa Saül que David s'était échappé de Keïla, si bien qu'il renonça à son expédition.

David alla demeurer au désert dans des refuges. Il demeura dans la montagne au désert de Ziph. Pendant tout ce temps, Saül ne cessa de rechercher David, mais Dieu ne le livra pas entre ses mains.

David s'aperçut que Saül s'était mis en campagne pour lui ôter la vie. David était dans le désert de Ziph, à Horécha. Jonathan, fils de Saül, se mit en route et alla trouver David à Horécha. Il l'encouragea au nom de Dieu et lui dit : « Sois sans crainte ! La main de mon père Saül ne te trouvera pas. C'est toi qui règneras sur Israël. Et moi, je serai ton second. D'ailleurs, Saül, mon père, le sait bien. » Ils conclurent tous deux une alliance devant le Seigneur. David demeura à Horécha et Jonathan s'en alla chez lui.

Des gens de Ziph montèrent auprès de Saül à Guibéa pour lui dire : « Est-ce que David ne se cache pas chez nous, dans les refuges de Horécha, sur la colline de Hakila, au sud de la steppe ? Et maintenant, si tel est ton désir, ô roi, descends ! C'est à nous de le livrer aux mains du roi. » Saül leur dit : « Soyez bénis du Seigneur, vous qui avez eu pitié de moi. Allez donc, vérifiez bien, tâchez de savoir en quel endroit il est passé et si quelqu'un l'a vu là-bas. On me dit, en effet, qu'il est plein de ruses. Tâchez de reconnaître toutes les cachettes où il peut se cacher. Vous reviendrez me voir quand vous aurez vérifié, et j'irai avec vous. Alors, s'il est dans le pays, je le chercherai parmi tous les clans de Juda. »

Précédant Saül, ils se mirent en route pour Ziph. David et ses hommes étaient dans le désert de Maon, dans la plaine au sud de la steppe. Saül et ses hommes allèrent à sa recherche. David en fut informé, il descendit à la roche et demeura dans le désert de Maon. Mais Saül, apprenant cela, poursuivit David au désert de Maon.

Saül marchait d'un côté de la montagne, David et ses hommes de l'autre côté. David précipita sa marche pour s'éloigner de Saül, mais Saül et ses hommes l'encerclaient déjà, lui et les siens, pour les capturer. Et c'est alors qu'un messager vint dire à Saül : « Viens vite, car les Philistins ont fait irruption dans le pays. » Abandonnant la poursuite de David, Saül fit demi-tour pour affronter les Philistins. C'est pourquoi on appelait ce lieu « la roche de la séparation ».

Commentaire

J'attire votre attention sur Abiatar. Abiatar, qui est le prêtre qui vient rejoindre David. Abiatar, nous dira plus tard le livre des Chroniques, qu'on n'a pas encore lu, appartient à la lignée sacerdotale maudite du grand prêtre Éli. Tout de suite, ça envoie un mauvais signal. Mais Abiatar, ici, quand même, en montrant sa loyauté à David, a racheté sa malédiction. C'est lui qui a sauvé David en lui permettant de manger les pains de la proposition pour qu'il échappe à Saül.

J'ouvre une parenthèse. Cet épisode, vous allez le retrouver plus tard dans le Nouveau Testament, dans la bouche de Jésus. De la même manière que Saül poursuivait David pour le tuer, vous aurez les pharisiens qui vont poursuivre Jésus pour le tuer, et qui vont prétexter du manquement à la règle du sabbat de Jésus, ces disciples qui froissent des épis le jour du sabbat. Et Jésus leur dira : « N'avez-vous pas lu comment David mangea les pains de la proposition, que ni lui ni ses soldats n'avaient le droit de manger, mais seulement les prêtres ? » Ça, en fait, je vous dis ça parce que ça veut dire que ces épisodes que vous êtes en train de lire, Jésus va les scruter. C'est en les lisant qu'il va comprendre sa mission et ce qu'on attend de lui comme Messie. Bon, peut-être que ma formulation est maladroite, parce que je ne sais pas si on comprend les choses grâce à la Bible, c'est plutôt le contraire, mais vous avez compris l'idée et l'importance de ce que vous venez d'entendre. Il y a quelque chose de la grandeur du Messie qui est dit ici, et c'est à la gloire d'Abiatar.

Abiatar, qui rejoint ici David, on le retrouvera plus tard, on n'a pas fini d'en entendre parler. Mais ici, ce qui m'intéresse, c'est le vêtement qu'il porte : l'éphod. Vous savez que les prêtres de l'Ancien Testament portent des tenues vestimentaires très précises et très codifiées, et l'éphod fait partie de l'attirail. Plus précisément, c'est une tunique de lin. Et par-dessus l'éphod, on portait sur la poitrine une sorte de collier qu'on appelait le pectoral, dans lequel étaient rangées deux pierres qui avaient des noms sacrés, l'Ourim et le Toummim, et qui servaient comme pierres de divination.

L'usage de ces pierres est autorisé par la Bible. On en parle en Exode 28 et en Lévitique 8. Vous allez me dire : c'est quand même curieux que la Bible autorise l'usage de pierres de divination. Et je vous l'accorde. D'ailleurs, leur usage va tomber en désuétude. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir que ce ne sont pas les pierres de divination en tant que telles qui sont interdites, c'est la manière dont on les utilise. Parce qu'on a déjà vu Saül utiliser l'éphod et c'était rejeté par Dieu. Et on est en train de voir David utiliser l'éphod par l'intermédiaire d'Abiatar, et cette fois-ci, Dieu va lui répondre. Mon sentiment, c'est que ce n'est pas tellement l'objet ou le rite qui fait la divination, mais c'est une certaine sorte et une certaine manière de s'en servir. Et ça, c'est quelque chose qu'on peut appliquer pour nous, parce que même, par exemple, dans notre manière de lire la Bible, il peut y avoir de la divination qui est rejetée par Dieu : ça s'appelle la bibliomancie.

Première différence entre Saül et David quant à la manière d'utiliser l'éphod : David utilise l'éphod par un prêtre, par un intermédiaire autorisé, Abiatar, dont j'ai pris soin de vous signaler la valeur en début de ce commentaire. Tandis que Saül, lui, utilisait l'éphod via un autre prêtre, qui est toujours de cette lignée, mais qui lui servait comme rival pouvant supplanter Samuel. D'où la leçon : quelle est la légitimité des institutions à partir desquelles nous essayons de discerner la volonté de Dieu ? Parce qu'on discerne toujours à partir d'une institution. On ne discerne jamais tout seul dans son coin ; ça n'existe pas, ça c'est une fiction.

Deuxième différence : David a une mission officielle. Il a été consacré roi par Dieu, alors que Saül, lui, il a été rejeté. Et donc ça, ça pose la question de notre propre légitimité. C'est-à-dire que si jamais Dieu vous a dit qu'il vous rejetait, ce n'est pas la peine de s'enfermer dans de la superstition à côté. Ce n'est pas comme ça que ça marche.

Troisième différence : comment est-ce que vous réagissez une fois que vous avez consulté Dieu ? On voit que David obéit tout de suite, avec docilité. Tandis que Saül, lui, il ne va jamais au bout des choses. Sans cesse, il interrompt en cours de route les consultations d'oracle. Et quand la consultation de l'oracle est arrivée, il fait systématiquement le contraire.

Donc, si vous voulez, ça fait quand même trois critères de discernement qu'on peut s'appliquer à soi-même quand nous essayons de discerner la volonté de Dieu. Il ne suffit pas d'ouvrir la Bible au hasard et de regarder ce qu'il y a écrit dedans, c'est un peu plus subtil que ça. Un : est-ce que nous le faisons d'une manière qui est légitime ? Deux : est-ce que, dans le contexte où nous sommes, notre question est légitime ? Et trois : est-ce qu'on est prêt à entendre la réponse de Dieu ? Si vous faites ça, que ce soit l'Ourim, le Toummim, la Bible ou n'importe quoi, oui, vous pouvez interroger Dieu et il vous répondra.

Alors maintenant, toujours pour élargir notre propos, vous remarquez aussi que cette consultation par l'éphod, ce n'est qu'un moyen de consulter Dieu parmi d'autres. Le premier moyen, avant qu'Abiatar n'arrive dans le clan de David, vous avez entendu David qui consultait lui-même Dieu. Ça, c'est la prière que vous avez cœur à cœur avec Dieu. Et c'est le grand moyen de discerner la volonté de Dieu. Et vous voyez comment Dieu, d'ailleurs, répondait à David, et qu'il lui faisait des réponses plus développées que par simplement l'éphod.

Bon, donc, deuxième moyen : l'éphod. Et puis, il y avait un troisième moyen, qui était peut-être le plus beau. Vous allez me dire que je suis un fan de Jonathan. Mais c'est vrai, j'assume. C'est Dieu qui répond par votre entourage. Et la manière dont Jonathan est introduit dans le discours vous fait dire que Jonathan, ici, est la réponse de Dieu à David. Et il y a quelque chose de très beau à se dire que dans la bouche de nos amis se trouve la parole de Dieu. Ça vous redit, encore une fois, s'il en était besoin, l'importance, la valeur, le prix que Dieu accorde à l'amitié. Il en fait un lieu de révélation de sa parole.

Nous terminons par une prière pour demander à Dieu la clarté dans nos questions, et qu'il puisse nous répondre, nous qui cherchons à faire sa volonté.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, je n'ai ni Ourim ni Toummim, mais j'ai ta parole, et j'ai l'Évangile, et j'ai la prière, et j'ai des amis.

Seigneur, je te demande, si jamais je suis autorisé à te poser des questions, la grâce d'entendre ta réponse. Et si jamais je ne suis pas la personne habilitée à poser la question, donne-moi la grâce de la repentance qui me fera trouver grâce à tes yeux.

Seigneur, donne-moi d'être attentif à ta parole, d'arriver à discerner ce que tu dis et de lui être fidèle. Donne-moi un cœur obéissant, Seigneur, et protège ma vie.

La seule chose que je te demande, Seigneur, c'est de pouvoir protéger ceux qui me sont chers et de pouvoir donner pour toi le meilleur de moi-même. Amen.


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