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Jour 119 ☼ — David devient roi… et Jérusalem sa capitale !

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Résumé : Cet épisode réunit, faute de place, les chapitres 4 et 5 du deuxième livre de Samuel : l'assassinat d'Ishbosheth par Rekab et Baana, châtiés par David, puis le sacre de David comme roi de tout Israël et la prise de Jérusalem aux Jébuséens. Le frère Paul-Adrien commente longuement le choix de Jérusalem — position centrale, citadelle naturelle, source d'eau — et la charge mystique dont la ville se chargera : mont Moria, jardin d'Éden, centre du monde. Il se montre plus critique sur le harem de David, qui contrevient à un ordre explicite de la Torah, et relève l'ironie du texte lorsque David s'empare des idoles philistines. L'épisode se clôt par la seconde partie du psaume 77.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Bon, aujourd'hui je ne suis pas très content, parce qu'on va lire à la suite 2 Samuel 4 et 2 Samuel 5, et ça, normalement, j'aurais dû les séparer dans deux épisodes différents. J'ai repassé encore un quart d'heure à regarder les chapitres d'avant, les chapitres d'après, enfin bref, ce n'est pas possible, il faut que je mette ces deux-là à la suite. Mais vous retenez, l'idée c'est que le chapitre 4 clôture une première partie, comment David accède au trône de tout Israël, et le chapitre 5 commence une nouvelle partie, David, roi de tout Israël.

Lecture : 2 Samuel 4

Ish-Boshèth, fils de Saül, apprit qu'Abner était mort à Hébron. Les bras lui en tombèrent, et tout Israël fut bouleversé.

Il y avait deux hommes, des chefs de bande, au service du fils de Saül. L'un s'appelait Baana, l'autre Rékab. Ils étaient fils de Rimmone, de Beéroth, de la tribu de Benjamin. En effet, Beéroth aussi est considéré comme benjaminite. Les gens de Beéroth s'étaient enfuis à Guittaïm. Ils sont restés jusqu'à ce jour comme des immigrés.

D'autre part, Jonathan, fils de Saül, avait un fils perclus des deux pieds. Ce dernier était âgé de cinq ans lorsque parvint d'Izréel la nouvelle concernant Saül et Jonathan. Sa nourrice l'avait emporté et s'était enfuie, mais dans la précipitation de cette fuite, l'enfant était tombé. Il resta boiteux. Il s'appelait Méphi-Bosheth.

Donc, Rékab et Baana, les fils de Rimmone de Beéroth, s'étant mis en marche, arrivèrent à l'heure la plus chaude du jour à la maison d'Ish-Boshèth. Celui-ci était couché pour la sieste de midi. Ils pénétrèrent à l'intérieur de la maison comme pour prendre du blé. Ils le frappèrent au ventre et s'échappèrent.

Rékab et son frère Baana étaient donc entrés dans la maison alors qu'Ish-Boshèth était couché sur son lit dans sa chambre. Ils l'avaient frappé à mort, décapité. Et ils avaient pris sa tête. Ils marchèrent toute la nuit par le chemin de la Araba et apportèrent la tête d'Ish-Boshèth chez David à Hébron.

Et ils dirent au roi : « Voici la tête d'Ish-Boshèth, fils de Saül, ton ennemi, qui en voulait à ta vie. Le Seigneur a accordé aujourd'hui même à monseigneur le roi une revanche complète sur Saül et sur sa descendance. »

Mais David répondit à Rékab et à son frère Baana, les fils de Rimmone de Beéroth, en leur disant : « Par le Seigneur vivant qui m'a racheté de toute détresse ! Celui qui m'annonçait "Saül est mort", celui-là se prenait pour un porteur de bonnes nouvelles. Et cependant je l'ai fait saisir et tuer à Ciqlag, en guise de récompense pour sa bonne nouvelle. À plus forte raison, si des hommes mauvais ont tué un homme juste dans sa maison et sur son lit, ne faut-il pas maintenant que je réclame son sang, qui est sur vos mains, et que je vous balaye de la terre ? »

Alors David donna un ordre à ses serviteurs. Ils les tuèrent et leur coupèrent les mains et les pieds, que l'on suspendit au-dessus du réservoir à Hébron. Quant à la tête d'Ish-Boshèth, on la prit pour l'ensevelir dans la tombe d'Abner à Hébron.

Lecture : 2 Samuel 5

Alors toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Vois, nous sommes de tes os et de ta chair. Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, c'est toi, c'est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais. Et le Seigneur t'a dit : "Tu seras le berger d'Israël, mon peuple. Tu seras le chef d'Israël." »

Ainsi tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux à Hébron devant le Seigneur. Ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.

Il avait trente ans quand il devint roi. Et il régna quarante ans. À Hébron, il régna sur Juda pendant sept ans et demi. Et à Jérusalem, il régna trente-trois ans, à la fois sur Israël et sur Juda.

Le roi, avec ses hommes, marcha sur Jérusalem contre les habitants de la région, les Jébuséens. On lui dit : « Tu n'entreras pas ici. Des aveugles et des boiteux suffiraient à te repousser. » Autrement dit : « David n'entrera pas ici. » Mais David s'empara de la forteresse de Sion. C'est la cité de David.

Et il dit ce jour-là : « Quiconque veut frapper les Jébuséens, qu'il passe par le souterrain pour atteindre ces boiteux et ces aveugles que David déteste de toute son âme. » C'est pourquoi l'on dit : « Ni aveugle ni boiteux n'entrera dans la maison. »

David s'établit dans la forteresse et l'appela cité de David. Ensuite, tout autour, depuis le terre-plein vers l'intérieur de la ville, il fit des constructions. David devint de plus en plus puissant. Le Seigneur, le Dieu des armées, était avec lui.

Hiram, le roi de Tyr, envoya des messagers à David, des charpentiers avec du bois de cèdre, des tailleurs de pierre pour les murs, et ils bâtirent pour lui une maison. Alors David comprit que le Seigneur l'avait établi comme roi sur Israël et qu'il avait exalté sa royauté à cause d'Israël, son peuple.

David prit encore des concubines et des femmes à Jérusalem, après son arrivée d'Hébron. Il eut encore des fils et des filles. Et voici le nom des enfants qui lui naquirent à Jérusalem : Shamoua, Shobab, Nathan, Salomon, Yibhar, Élishoua, Néphèg, Yaphia, Élishama, Élyada et Éliphèleth.

Les Philistins apprirent qu'on avait donné l'onction à David comme roi sur Israël, et ils montèrent tous à sa recherche. Mais David l'apprit et se réfugia dans la forteresse. Les Philistins arrivèrent et se déployèrent dans le val des Refaïtes.

Alors David consulta le Seigneur. Il demanda : « Dois-je monter au-devant des Philistins ? Les livreras-tu entre mes mains ? » Le Seigneur lui répondit : « Oh ! Monte ! Oui, je vais livrer les Philistins entre tes mains. »

Alors David partit pour Baal-Peratsim, où il battit les Philistins. Et David déclara : « C'est une brèche que le Seigneur a ouverte devant moi chez l'ennemi, comme une brèche ouverte par les eaux. » C'est pourquoi on a donné à ce lieu le nom de Baal-Peratsim, c'est-à-dire Maître des Brèches. Les Philistins avaient abandonné sur place leurs idoles, et David et ses hommes les emportèrent.

De nouveau, les Philistins montèrent à l'attaque et se déployèrent dans le val des Refaïtes. David consulta le Seigneur, qui lui répondit : « Ne monte pas ! Contourne-les par leurs arrières, tu les aborderas devant les micocouliers. Quand tu entendras un bruit de pas à la cime des micocouliers, dépêche-toi ! C'est que le Seigneur sera sorti devant toi pour frapper dans le camp des Philistins. »

Et David agit comme le Seigneur le lui avait ordonné, et il frappa les Philistins depuis Guèba jusqu'à l'entrée de Guèzer.

Commentaire

Donc David devient roi sur tout Israël, et passe d'Hébron, l'ancienne capitale de Juda, à Jérusalem, la capitale du nouveau royaume unifié. On nous dit qu'il avait trente ans, ce qui dans la Bible correspond à l'âge de la maturité, quand un prêtre peut officier dans le temple, et qu'il régna pendant quarante ans. Des chiffres symboliques qui vous disent que le règne de David a une portée mystique.

Bon, revenons à Jérusalem. Moi je me dis que s'il y a bien un chapitre pour parler un peu de Jérusalem, c'est celui-là. Jérusalem, la ville du dieu Salem. On ne sait pas exactement ce que ça veut dire. On l'appellera aussi Sion, du nom d'une des collines. C'est l'endroit où sera établi le temple. Une cité-État habitée par des Jébuséens, dont on a vu auparavant comment elle était en lien avec l'Égypte. Mais en cette période de reflux des grands empires hittites et égyptiens, David profite de ce moment d'accalmie pour fonder un État indépendant.

Alors le choix de Jérusalem s'explique relativement bien. C'est vraiment au centre du peuple israélite. En plus, elle a les allures d'une citadelle naturelle, c'est situé sur un piton rocheux. Et il y a une source d'eau, ce qui la rend particulièrement indépendante en cas de siège.

Il la conquiert avec une ruse. On ne sait pas très bien comment est-ce qu'il a su qu'il y avait par là une entrée secrète. Certains commentateurs disent que dans 1 Samuel, le texte nous disait qu'il avait pris la tête de Goliath pour l'apporter à Jérusalem. On ne sait pas très bien ce que ça voulait dire là. Mais peut-être que Jérusalem était déjà ennemie des Philistins, et qu'à cette occasion-là David avait déjà des visées sur Jérusalem, et qu'il aurait profité de sa visite éclair pour faire un peu d'espionnage. Bon, tout cela est spéculatif.

Mais Jérusalem, dont on nous avait dit dans le livre de Josué qu'elle était occupée puis finalement pas occupée, on en parle dans 1 Samuel, pour finalement, dans 2 Samuel, la voir réapparaître avec Abner, pour finalement que ce soit David qui la conquière. Une ville qui marque l'imagination du peuple juif et qui fera de Jérusalem une ville mystique, le centre du monde, le lieu où Abraham aurait sacrifié Isaac, le mont Moria, le lieu aussi où le jardin d'Éden aurait été planté. Bon, on ne prête qu'aux riches.

D'ailleurs, aussitôt conquise, le statut de Jérusalem, capitale du monde, commence. Vous avez Hiram qui symbolise les nations et qui commence à faire refluer vers Jérusalem la richesse des nations pour glorifier Dieu.

Bon, ensuite, on vous parle du harem de David. On ne sait pas très bien quoi en penser. Signe de prospérité ? Alors, j'ai certains commentateurs qui me disent que c'est le symbole que David accomplit le commandement de Dieu : croissez, multipliez-vous. Bon, je me permets d'être un peu plus critique et un peu moins mystique. J'ai quand même l'impression que c'est David qui règne à la manière des autres nations, cherchant à assurer la stabilité de sa dynastie par des moyens humains plutôt que par la promesse divine, et contrevenant par là à un ordre explicite de la Torah : votre roi ne prendra pas de nombreuses femmes.

En tout cas, symbole d'opulence. Sauf que quand les Philistins voient ça, ils se mettent en guerre. Tant que David ne régnait que sur Juda, ça ne les dérangeait pas, parce que les Philistins étaient en guerre contre les tribus du Nord. Maintenant que David règne sur tout ce beau monde, ça leur fait peur et ils partent en guerre. Ils perdent le combat.

Et vous notez, de manière ironique, petit clin d'œil, comment est-ce que le texte a bien soin de vous préciser que David s'empare de leurs idoles. C'est la réponse du berger à la bergère : vous aviez pris notre arche de l'Alliance, on vous prend vos idoles.

Psaume 77C

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient. Ils revenaient et se tournaient vers lui. Ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche, ils le trompaient, de leur langue, ils lui mentaient. Leur cœur n'était pas constant envers lui. Ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait. Maintes fois, il retint sa colère au lieu de réveiller sa violence. Il se rappelait : ils ne sont que chair, un souffle qui s'en va sans retour.

Que de fois au désert ils l'ont bravé, offensé dans les solitudes ! De nouveau, ils tentaient Dieu, ils attristaient le Saint d'Israël. Ils avaient oublié ce jour où sa main les sauva de l'adversaire.

Par ses signes, il frappa l'Égypte, et le pays de Tanis par ses prodiges. Il transforme en sang l'eau des fleuves et les ruisseaux, pour qu'ils ne boivent pas. Il leur envoie une vermine qui les ronge, des grenouilles qui infestent tout. Il livre les récoltes aux sauterelles et le fruit de leur travail aux insectes. Il ravage leurs vignes par les grêlons et leurs figuiers par le gel. Il abandonne le bétail à la grêle et les troupeaux à la foudre.

Il lâche sur eux le feu de sa colère : indignation, fureur, effroi. Il envoie des anges de malheur. Il ouvre la route à sa colère. Il abandonne leur âme à la mort et livre leur vie à la peste. Il frappe tous les aînés de l'Égypte sous les tentes de Cham, la fleur de sa race.

Tel un berger, il conduit son troupeau. Il pousse au désert son troupeau, son peuple. Il les guide et les défend, il les rassure. Leurs ennemis sont engloutis par la mer.

Il les fait entrer dans son domaine sacré, la montagne acquise par sa main. Il chasse des nations devant eux. Il délimite leur part d'héritage, et il les installe sous les tentes, les tentes des tribus d'Israël.

Mais ils bravaient, ils tentaient le Dieu Très-Haut. Ils refusaient d'observer ses lois. Ils déviaient, ils trahissaient comme leurs pères. Ils désertaient, trahissaient comme un arc infidèle. Leurs hauts lieux le provoquaient, leurs idoles excitaient sa jalousie.

Dieu a entendu, il s'emporte. Il écarte tout à fait Israël. Il quitte la demeure de Silo, la tente qu'il avait dressée chez les hommes. Il laisse capturer sa gloire et sa puissance par des mains ennemies.

Il livre son peuple à l'épée. Contre son héritage, il s'emporte. Le feu a dévoré les jeunes gens, les jeunes filles n'ont pas connu la joie des noces. Les prêtres sont tombés sous l'épée, les veuves n'ont pas chanté leurs lamentations.

Le Seigneur, tel un héros qui s'éveille, tel un guerrier que le vin ragaillardit, frappe l'ennemi à revers et le livre pour toujours à la honte.

Il écarte la maison de Joseph, il ne choisit pas la tribu d'Éphraïm. Il choisit la tribu de Juda, la montagne de Sion qu'il aime. Il a bâti comme le ciel son temple, comme la terre il l'a fondée pour toujours.

Il choisit David, son serviteur. Il le prend dans les parcs à moutons. Il l'appelle à quitter ses brebis pour en faire le berger de Jacob, son peuple, d'Israël, son héritage. Berger au cœur intègre, sa main prudente les conduit.


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