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Jour 125 ☼ — David revient… mais son cœur est déchiré

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Résumé : Ce matin, un long chapitre mais agréable à écouter : le retour du roi David à Jérusalem après la mort d'Absalom. David pleure son fils au point que Joab doit le rappeler brutalement à ses devoirs envers l'armée qui l'a sauvé. Le roi pardonne à Shiméï, tranche entre Siba et Méphi-Bocheth, bénit le vieux Barzillaï, et voit déjà la rivalité renaître entre Juda et Israël. Le commentaire oppose deux postures politiques — l'épreuve de force de Joab et la miséricorde du père de famille chez David — et y reconnaît un conflit que nous portons tous en nous.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Ce matin, un long chapitre, mais un chapitre agréable à écouter : le retour du roi à Jérusalem. Deuxième livre de Samuel, chapitre 19. Et vous me direz ce que vous pensez de la posture de David. Est-ce que vous, vous auriez réagi de la même manière ?

Lecture : 2 Samuel 19

Alors le roi fut bouleversé. Il monta dans la salle au-dessus de la porte et se mit à pleurer. Tout en marchant, il disait : « Mon fils Absalom ! Mon fils ! Mon fils Absalom ! Pourquoi ne suis-je pas mort à ta place ? Absalom, mon fils, mon fils ! »

On alla prévenir Joab : « Voici que le roi pleure. Il est en deuil d'Absalom. » La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour toute l'armée, car elle apprit ce jour-là que le roi était dans l'affliction à cause de son fils. En ce jour-là, l'armée rentra dans la ville à la dérobée, comme se dérobe une armée qui s'est couverte de honte en fuyant durant la bataille. Le roi s'était voilé le visage et criait à pleine voix : « Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils, mon fils ! »

Alors Joab alla trouver le roi dans sa maison et lui dit : « Aujourd'hui, tu couvres de confusion le visage de tous tes serviteurs, eux qui aujourd'hui t'ont sauvé la vie, à toi, à tes fils, à tes filles, à tes femmes et à tes concubines. En manifestant de l'amour envers ceux qui te haïssent et de la haine envers ceux qui t'aiment, tu montres aujourd'hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi. Oui, aujourd'hui je comprends : si Absalom était vivant et que nous soyons tous morts aujourd'hui, tu trouverais cela très bien. Mais maintenant, lève-toi, sors et va parler au cœur de tes serviteurs. Sinon, par le Seigneur, j'en fais le serment, si tu ne sors pas, personne ce soir ne restera avec toi pour passer la nuit, et ce serait pour toi un malheur pire que tous ceux qui te sont arrivés depuis ta jeunesse jusqu'à maintenant. »

Alors le roi se leva et vint s'asseoir à la porte de la ville. On informa tout le peuple en disant : « Voici que le roi est assis à la porte ! » Et le peuple se présenta devant le roi.

Israël s'était enfui, chacun à ses tentes. Or, dans toutes les tribus d'Israël, les gens se mirent à discuter. On disait : « Le roi nous avait délivrés de la main de nos ennemis, c'est lui qui nous a fait échapper à la main des Philistins. Or maintenant, il a dû fuir le pays à cause d'Absalom. Mais Absalom, lui à qui nous avons donné l'onction royale, il est mort au combat. Alors, comment ne faites-vous rien pour que le roi revienne ? »

De son côté, le roi David envoya dire aux prêtres Sadoc et Abiatar : « Vous parlerez ainsi aux anciens de Juda : Pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi dans sa maison ? La question que se pose tout Israël est déjà parvenue auprès du roi, chez lui. C'est vous, mes frères. Vous êtes mes os et ma chair. Alors, pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ? Vous direz aussi à Amasa : N'es-tu pas mes os et ma chair ? Que Dieu amène le malheur sur moi, et pire encore, si tu ne deviens pas pour toujours le chef de mon armée à la place de Joab. »

C'est ainsi qu'il inclina vers lui le cœur de tous les hommes de Juda comme le cœur d'un seul homme, si bien qu'ils envoyèrent dire : « Reviens, toi, et tous tes serviteurs. » Le roi revint donc et arriva au Jourdain, tandis que les hommes de Juda arrivaient à Guilgal pour aller à la rencontre du roi et lui faire passer le Jourdain.

Shiméï, fils de Guéra, le Benjaminite de Bahourim, se hâta de descendre avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David. Mille hommes de Benjamin l'accompagnaient, ainsi que Siba, serviteur de la maison de Saül, avec ses quinze fils et ses vingt serviteurs. Ils se précipitèrent vers le Jourdain au-devant du roi, et le bac traversa pour faire passer la maison du roi. Ils agirent ainsi pour se rendre agréables à ses yeux.

Lors de ce passage, Shiméï, fils de Guéra, se jeta aux pieds du roi et lui dit : « Que mon seigneur le roi ne retienne pas l'offense. Ne te souviens plus que ton serviteur t'a offensé le jour où mon seigneur le roi est sorti de Jérusalem. Que le roi ne prenne pas cela à cœur. Oui, ton serviteur le sait, j'ai péché. Mais aujourd'hui, je suis venu, précédant toute la maison de Joseph, pour descendre à la rencontre de mon seigneur le roi. »

Abishaï, fils de Cerouya, prit alors la parole : « Serait-ce là un motif pour ne pas mettre à mort Shiméï, lui qui a maudit le messie du Seigneur ? » Mais David lui répliqua : « Que me voulez-vous, les fils de Cerouya, en vous faisant aujourd'hui mes adversaires ? Aujourd'hui, on mettrait quelqu'un à mort ? En effet, ne suis-je pas certain d'être aujourd'hui roi sur Israël ? » Le roi dit à Shiméï : « Tu ne mourras pas. » Et le roi lui en fit le serment.

Méphi-Bocheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi. Il n'avait pris aucun soin de ses pieds, ni de sa barbe, ni lavé ses vêtements, depuis le jour où le roi était parti jusqu'à ce jour où il revenait en paix. Or, comme il arrivait de Jérusalem pour rencontrer le roi, celui-ci lui demanda : « Pourquoi n'es-tu pas venu avec moi, Méphi-Bocheth ? » Il répondit : « Monseigneur le roi, c'est que mon serviteur Siba m'a trompé. En effet, je m'étais dit : je vais seller mon ânesse et la monter pour m'en aller avec le roi, puisque ton serviteur est boiteux. Siba a bien calomnié ton serviteur auprès de monseigneur le roi, mais monseigneur le roi est comme un ange de Dieu. Alors agis, agis comme bon te semble. Pour monseigneur le roi, en effet, la maison de mon père ne comptait que des hommes qui méritaient la mort, et pourtant tu as admis ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table. Ai-je encore un droit ? Que puis-je encore réclamer au roi ? » Le roi lui dit : « Pourquoi continuer à te répandre en paroles ? Je te le déclare : toi et Siba, vous vous partagerez les terres. » Méphi-Bocheth dit alors au roi : « Qu'il prenne même le tout, du moment que monseigneur le roi rentre chez lui en paix. »

Barzillaï, le Galaadite, était descendu de Roguelim. Il devait passer le Jourdain avec le roi pour ensuite prendre congé de lui près du Jourdain. Or Barzillaï était très vieux, il avait quatre-vingts ans. C'est lui qui avait pourvu à l'entretien du roi lors de son séjour à Mahanaïm. C'était un personnage important. Le roi dit à Barzillaï : « Continue avec moi. À Jérusalem, quand tu seras près de moi, j'assurerai ton entretien. » Barzillaï dit au roi : « Combien d'années me reste-t-il à vivre pour que je monte avec le roi à Jérusalem ? Aujourd'hui, j'ai quatre-vingts ans. Est-ce que je peux discerner entre le bon et le mauvais ? Ton serviteur peut-il apprécier ce qu'il mange et ce qu'il boit ? Entendre encore la voix des chanteurs et des chanteuses ? Pourquoi ton serviteur devrait-il encore être une charge pour monseigneur le roi ? C'est à peine si ton serviteur pourrait passer le Jourdain avec le roi. Alors pourquoi le roi m'accorderait-il une telle récompense ? Permets que ton serviteur s'en retourne et que je meure dans ma ville, près de la tombe de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur Kimham : c'est lui qui passera avec monseigneur le roi. Fais donc pour lui ce qui est bon à tes yeux. » Le roi dit : « Kimham passera avec moi, et moi je ferai pour lui ce qui est bon à tes yeux. Quoi que tu choisisses, je le ferai pour toi. » Le roi embrassa et bénit Barzillaï, qui s'en retourna chez lui.

Le roi continua vers Guilgal, accompagné de Kimham. Tout le peuple de Juda, ainsi que la moitié du peuple d'Israël, avait fait passer au roi le Jourdain. Alors tous les hommes d'Israël, venant auprès du roi, lui dirent : « Pourquoi donc nos frères, ceux de Juda, t'ont-ils accaparé pour faire passer le Jourdain au roi et à sa maison, alors que tous les hommes de David étaient avec lui ? » Tous les hommes de Juda répliquèrent aux hommes d'Israël : « C'est que le roi est plus proche de nous. Pourquoi vous irriter de cela ? Avons-nous mangé quelque chose aux dépens du roi ? Nous a-t-il fait des cadeaux ? » Israël répondit à Juda : « J'ai dix fois des droits sur le roi, si bien que même pour David, je suis plus que toi. Pourquoi m'as-tu méprisé ? N'ai-je pas été le premier à demander que revienne mon roi ? »

Commentaire

Ah, ça non, il ne l'a pas digéré, la mort de son fils par Joab et son entourage. Mais n'empêche que c'est quand même la goutte d'eau qui fait déborder le vase sur un vieux contentieux que David avait à régler. D'où cette phrase que David dit à Amasa. Amasa, souvenez-vous, Amasa, c'est le cousin de Joab, qui était passé à Absalom et qu'Absalom, à la place de Joab, avait nommé commandant de l'armée qui devait combattre David. D'où la proposition que David fait à Amasa de devenir le nouveau général en chef. Amasa, pour que tout le monde se remette bien : c'est le cousin de Joab, qui était passé du côté d'Absalom pour diriger l'armée ennemie. Ah, il a dû l'avoir mauvaise, Joab ! Voilà que le général qu'il venait de combattre, c'est lui qui allait le remplacer.

Peut-être d'ailleurs que ce n'est pas uniquement contre Joab que David fait cette proposition. Peut-être que derrière, il y a l'espoir secret de réunifier l'armée d'Israël qui est maintenant divisée en deux. Parce que maintenant, l'enjeu, c'est de refaire l'unité du pays. Il y a deux armées : ce n'est jamais très bon. Et vous avez vu comment les tribus du Nord et les tribus de Juda, chacune essaye de tirer la couverture à elle.

Alors oui, au milieu de tout ça, il y a la brouille entre Joab et David qui revient comme un refrain tout au long du chapitre. On la retrouve à mots couverts dans l'épisode de Shiméï, où d'ailleurs vous avez pu admirer la grandeur d'âme de David, qui accorde son pardon gratuitement. Gratuitement, mais intelligemment : s'il s'agit de refaire l'unité du pays, ça ne sert à rien de se mettre tout le monde à dos. On la retrouve encore, cette querelle, lorsque David entre à Jérusalem et qu'il veut porter le deuil de son fils Absalom, et que Joab lui dit que si jamais il porte le deuil de son fils, c'est une nouvelle sédition qui va arriver. L'unité n'est pas encore faite. Et là, c'est difficile de ne pas donner raison à Joab.

N'empêche que vous sentez qu'il y a deux postures politiques ici qui sont en train de devenir radicalement différentes. Avec Joab, vous êtes dans l'épreuve de force, dans la réelle politique — et la politique, c'est ça aussi. Et avec David, vous êtes maintenant passés à autre chose : à la posture du père de famille qui essaye de s'élever au-delà des intrigues pour régner par la miséricorde. Et on aimerait que la politique, ce soit ça aussi. Alors on peut dire que c'est très beau. En même temps, David qui pleure davantage son fils que les soldats qui sont morts pour lui au combat, ça pose des questions.

Vous savez, ce conflit entre Joab et David, ça illustre un conflit qu'on porte tous en nous. Quand parfois on est trop gentil, et que parfois on est trop dur ; et vous savez que quand on est trop gentil, on finit par devenir cruel, et quand on n'est pas assez gentil, on finit par perdre son âme. Enfin, c'est très compliqué. Là, Jésus, encore une fois, aura l'art et la manière de résumer ça en une phrase : soyez rusés comme des serpents — ça, c'est Joab — et naïfs comme des colombes — ça, c'est David. Mais il ne faudrait pas que la colombe finisse par manger le serpent.

Bon, en bonus : Méphi-Bocheth. Ah, vous penchez pour qui ? Qui a raison, Siba ou Méphi-Bocheth ? Petite remarque quand même : quand Méphi-Bocheth est allé voir David, il était venu voir David avec des ânes sellés, et il n'y avait personne sur la selle. Peut-être qu'effectivement c'était Shiméï qui avait sellé son âne et qui s'est fait piquer sa monture par Méphi-Bocheth. Enfin, en tout cas, c'est mon opinion.

Bon, nous terminons par un psaume.

Psaume 84

Tu as aimé, Seigneur, cette terre. Tu as fait revenir les déportés de Jacob. Tu as ôté le péché de ton peuple. Tu as couvert toute sa faute. Tu as mis fin à toutes tes colères. Tu es revenu de ta grande fureur.

Fais-nous revenir, Dieu notre salut. Oublie ton ressentiment contre nous. Seras-tu toujours irrité contre nous ? Maintiendras-tu ta colère d'âge en âge ? N'est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre et qui seras la joie de ton peuple ? Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.

J'écoute. Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles. Qu'ils ne reviennent jamais à leur folie. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent. La vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui et ses pas traceront le chemin.


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