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Jour 125 ☾ — Nouvelle révolte, nouveau drame… Joab frappe encore

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Résumé : Après la révolte d'Absalom, l'unité d'Israël vole à nouveau en éclats avec le soulèvement de Shéba, fils de Bicri. Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 20 du deuxième livre de Samuel : l'assassinat d'Amasa par Joab, la poursuite jusqu'à Abel-Beth-Maaka et l'intervention décisive d'une femme avisée qui met fin à la guerre. Le commentaire s'arrête sur les zones d'ombre des personnages : la cruauté assumée de Joab, digne d'une trahison de Judas, mais aussi les petites ombres de David, notamment sa dureté envers les dix concubines enfermées à perpétuité. L'épisode se termine par la liste des hauts dignitaires, signe que le livre approche de son épilogue, et par une prière pour confier à Dieu nos propres zones d'ombre.

Introduction

Une unité nationale à refaire et un souvenir, celui d'Absalom, à effacer. Comment David va-t-il s'y prendre ? Deuxième livre de Samuel, chapitre 20.

Lecture : 2 Samuel 20

Un vaurien se trouvait là, un dénommé Shéba, fils de Bicri, un Benjaminite. Il se mit à sonner du cor et déclara : « Pour nous, aucune part avec David, pas d'héritage avec le fils de Jessé. Chacun à ses tentes, Israël ! »

Alors tous les hommes d'Israël quittèrent David et montèrent à la suite de Shéba, fils de Bicri, tandis que les hommes de Juda, depuis le Jourdain jusqu'à Jérusalem, restèrent attachés aux pas de leur roi.

David rentra chez lui à Jérusalem. Il prit les dix concubines qu'il avait laissées pour garder sa maison et les mit dans une maison sous bonne garde. Il pourvut à leur entretien, mais ne s'en approcha plus. Elles furent séquestrées jusqu'au jour de leur mort, comme des veuves d'un vivant.

Le roi dit à Amasa : « Convoque-moi les hommes de Juda dans les trois jours, puis tiens-toi ici. » Amasa s'en alla convoquer Juda, mais il prit du retard sur le délai que David lui avait fixé.

David dit à Abishaï : « Maintenant, c'est Shéba, fils de Bicri, qui va être pour nous pire qu'Absalom. Toi donc, prends les serviteurs de ton maître et poursuis-le, avant qu'il ne trouve des villes fortifiées et qu'il n'échappe à nos regards. »

Abishaï partit en campagne. Derrière lui, les hommes de Joab, les Kérétiens et les Pelétiens, ainsi que toute l'élite des guerriers, sortirent de Jérusalem à la poursuite de Shéba, fils de Bicri.

Ils se trouvaient près de la grande pierre qui est à Gabaon quand Amasa arriva en face d'eux. Joab était équipé de sa tenue et, par-dessus, d'un ceinturon autour des reins avec une épée dans son fourreau. Elle tomba tandis qu'il s'avançait.

Joab dit à Amasa : « Vas-tu bien, mon frère ? » Et de sa main droite, il saisit Amasa par la barbe pour l'embrasser. Mais Amasa n'avait pas fait attention à l'épée que Joab avait reprise en main. Celui-ci l'en frappa au ventre et ses entrailles se répandirent à terre. Il n'eut pas à s'y reprendre à deux fois, et Amasa mourut.

Joab et son frère Abishaï repartirent à la poursuite de Shéba, fils de Bicri. L'un des serviteurs de Joab était resté près du corps et disait : « Quiconque est en faveur de Joab, quiconque est pour David, qu'il suive Joab ! » Cependant, Amasa avait roulé dans son sang au beau milieu de la route, et l'homme s'aperçut que tout le peuple s'arrêtait là. Il tira le corps d'Amasa à l'écart de la route, dans un champ, et jeta sur lui un manteau, s'étant aperçu que tous ceux qui arrivaient près de lui s'arrêtaient. Dès qu'il l'eut enlevé de la route, tout le monde se lança derrière Joab à la poursuite de Shéba, fils de Bicri.

Joab poursuivit Shéba, fils de Bicri. Il parcourut toutes les tribus d'Israël jusqu'à Abel-Beth-Maaka. Tous les alliés se rassemblèrent et partirent eux aussi derrière lui. Ils arrivèrent pour assiéger Shéba dans Abel-Beth-Maaka. Ils amoncelèrent contre la ville un remblai qui s'adossait à l'avant-mur. Et toute cette troupe qui était avec Joab se mit à saper le rempart pour le faire tomber.

Mais une femme avisée s'écria depuis la ville : « Écoutez ! Écoutez ! Veuillez dire à Joab : approche-toi jusqu'ici, je veux te parler. » Joab s'approcha d'elle et la femme lui demanda : « Est-ce bien toi, Joab ? » « C'est moi », répondit-il. Elle lui dit : « Écoute les paroles de ta servante. » Il répondit : « J'écoute. »

Elle poursuivit : « Jadis, on disait : "Interroge Abel, l'affaire sera close." Moi, je suis en Israël des plus pacifiques et des plus sûrs. Et toi, tu cherches à faire périr cette ville qui est une mère en Israël ? Pourquoi veux-tu engloutir l'héritage du Seigneur ? »

Joab lui répondit : « Quelle horreur ! Quelle horreur pour moi que d'engloutir et de saccager ! Il ne s'agit pas de cela. Mais il y a un homme de la montagne d'Éphraïm, un dénommé Shéba, fils de Bicri, qui a levé la main contre le roi David. Livrez-le, lui seul, et je m'éloignerai de la ville. »

La femme dit à Joab : « Eh bien, sa tête, on va te la jeter par-dessus le rempart. » La femme avisée vint faire part à tout le peuple de sa proposition. Ils coupèrent alors la tête de Shéba, fils de Bicri, et la jetèrent à Joab. Celui-ci sonna du cor et l'on se dispersa loin de la ville, chacun à ses tentes. Joab, quant à lui, revint à Jérusalem auprès du roi.

Joab commandait toute l'armée d'Israël. Benaya, fils de Yoyada, dirigeait les Kérétiens et les Pelétiens. Adoram était chef de la corvée. Josaphat, fils d'Ahiloud, était archiviste. Shewa était scribe. Sadoc et Abiatar étaient prêtres. Il y avait là aussi Ira, descendant de Yaïr, qui était prêtre au service de David.

Commentaire

Alors oui, il y a des personnages qui ont des zones d'ombre qu'il est difficile de ne pas voir, et certainement Joab fait partie de ceux-là. Amasa, oui, c'est le général en chef que Joab a combattu. Mais ça reste son cousin, et ça reste celui que David a mis en place. Et la manière dont Joab le tue… On peut comprendre la jalousie. On peut même comprendre le geste politique qui consiste à trouver que oui, c'est vraiment bizarre de mettre à la tête d'une armée le général en chef ennemi. Mais y avait-il pour cela besoin d'une trahison, de ces trahisons qui sont dignes de celle de Judas ?

Judas qui trahit Jésus en l'embrassant. Joab qui trahit son cousin en l'embrassant lui aussi, en feignant de lui caresser la barbe de la main droite. La main droite qui normalement porte l'arme et qui donc là est désarmée, pour lui caresser la barbe comme c'était la coutume à l'époque. Tandis que la main gauche, nonchalamment, se penche par terre pour ramasser le poignard qui était tombé. On reconnaît bien là les ruses du soldat aguerri qu'est Joab, pour tuer le cousin. Ben, il est comme ça, Joab.

Remarquez, ce n'est pas comme s'il n'avait pas prévenu tout le monde. C'était exactement ce qu'il avait fait à Abner au début du livre. Vous voyez d'ailleurs, au passage, que les événements commencent à se correspondre, le début et la fin, parce que oui, on approche de la fin. Et donc, pour tous ceux qui parmi vous doutaient de ce que je vous disais sur la cruauté de Joab, eh bien elle est là. Est-ce qu'il avait besoin ensuite de prendre son cadavre, de le laisser par terre baigné dans le sang, dit la Bible, pour que toute la foule armée passe devant lui et, frappée de terreur, suive Joab ? Ben, il est comme ça, Joab.

Alors, vous ferez attention, parce que Joab et David, ce n'est pas non plus le jour et la nuit. Je vous ai dit qu'il y avait des zones d'ombre qu'on finissait par voir tellement elles étaient grandes chez certains personnages. Mais il y a aussi des zones d'ombre qui sont petites, mais tout aussi embêtantes, et sur lesquelles on passe un peu trop rapidement.

Regardez David. David, je vous cite :

David rentra chez lui à Jérusalem. Il prit les dix concubines qu'il avait laissées pour garder sa maison et les mit dans une maison sous bonne garde.

Les dix concubines, celles qu'Absalom a violées pour s'emparer du harem du roi. Mais elles n'y sont pour rien ! Ce n'est pas comme si elles avaient trahi David. Et voilà que maintenant il les met en prison. Ah, bien sûr, elles auront de quoi manger jusqu'à la fin de leur vie, mais comme recluses, en n'ayant pas le droit de sortir. Enfin, c'est le même qui est capable de pardonner au général ennemi pour le mettre à la tête de son armée, et ces pauvres femmes qui n'ont rien fait, de les condamner à perpétuité.

Il y a quand même un problème chez David avec les femmes. Souvenez-vous de Mikal, qu'il n'a pas traitée avec beaucoup d'égards. Souvenez-vous du nombre de ses femmes. Souvenez-vous de Bethsabée. Et là maintenant, les concubines. Oui, il y a des zones d'ombre chez David. Ça ne doit pas vous faire oublier la grandeur d'âme que David a montrée tout au long de son exil, et le degré de miséricorde auquel il est parvenu et qui est réel. C'est un saint. Mais c'est un saint que l'on peut dater dans le temps, avec ses zones d'ombre elles aussi. L'Évangile n'est pas encore passé par là. Et ça se sent quand même un peu — même si, je ne sais pas si on a le quart de sa grandeur d'âme.

En parlant de femmes, c'est dommage, parce que le texte, à mots couverts, vous dit que le véritable chef de l'armée, en fait ici, ce n'est pas Joab : c'est cette femme qui, du haut des remparts, jette la tête du rebelle. C'est une femme qui met fin à la guerre. Et peut-être que si David avait mieux su prendre en considération le génie féminin, peut-être que le règne aurait été encore plus éclatant.

En attendant, vous avez entendu comment ce chapitre s'est terminé : par une liste de hauts dignitaires. Vous l'avez oublié, mais je vous le redis, au début du livre de Samuel, il y avait une liste semblable. Là encore, le phénomène d'inclusion : on arrive vraiment vers la fin du livre, le début qui répond à la fin. On est en train de clôturer les dossiers, l'épilogue arrive.

Parmi toute cette liste de noms, j'en tire un : Benaya, qui dirigeait les Kérétiens et les Pelétiens. Les Kérétiens et les Pelétiens, c'était l'élite de l'armée. Mes commentateurs disent que c'était peut-être pour donner un contre-pouvoir à Joab, qui dirigeait l'armée : David se ménage une porte de sortie en confiant sa garde prétorienne à Benaya. Vous retenez ce nom, on le retrouvera plus tard avec Salomon, de la même manière que les autres noms, Sadoc et Abiatar, qui étaient prêtres. Ça aussi, on aura l'occasion d'en reparler.

Nous terminons avec une prière pour confier à Dieu nos propres zones d'ombre.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, je viens à toi avec mes zones d'ombre, ces coins ténébreux que je n'ose pas toujours regarder, et cette cruauté qui parfois habite en moi et qui m'effraie, mais que je constate.

Parce que, comme Joab, parfois je tranche trop vite, même dans ma famille, et je peux être cruel. Je te demande pardon, parce que, comme David, je peux être dur, fermer les yeux sur la souffrance des autres et les maltraiter.

Seigneur, je ne suis peut-être pas un criminel au sens de la loi, mais il y a quand même des choses en moi qui ne vont pas et qui m'effraient.

Seigneur, montre-moi ces zones en moi, là où je suis aveugle et où je fais du mal sans même m'en rendre compte. Dénoue en moi les nœuds du ressentiment, de l'indifférence, de la vengeance, de la jalousie, de la peur, de l'égoïsme.

Seigneur, prends pitié de moi. Toi qui connais mes ombres mieux que moi, mets ta lumière en moi.


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