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Jour 130 ☼ — Salomon reçoit la sagesse… et la gloire !

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 3 et 4 du premier livre des Rois : le songe de Gabaon où Salomon demande la sagesse plutôt que la richesse ou de longs jours, le célèbre jugement rendu entre les deux prostituées, puis la liste des douze préfets d'Israël. Le commentaire remonte le texte à rebours : un royaume heureux comme un nouveau jardin d'Éden, un nouvel Adam qui s'éveille et reçoit la Sagesse pour épouse, le discernement du bien et du mal qui évoque l'arbre mystérieux. Mais deux détails inquiètent dès le début du chapitre : la première femme de Salomon est une Égyptienne, et il sacrifie sur les hauts lieux. Dieu semble accorder à sa jeunesse le bénéfice du doute — tout cela demandera vérification.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Elle est loin l'image de David vieillissant, impuissant dans son lit, et elle est belle l'image de Salomon établissant son règne dans l'ordre et la sagesse. Admirez ces chapitres, 1 Rois chapitres 3 et 4. On se retrouve juste après leur écoute.

Lecture : 1 Rois 3-4

Salomon devint le gendre de Pharaon, le roi d'Égypte. Il épousa la fille de Pharaon et la fit venir dans la cité de David, en attendant d'avoir achevé la construction de sa propre maison, de la maison du Seigneur et du mur d'enceinte de Jérusalem. Seulement, le peuple sacrifiait toujours dans les lieux sacrés, car à cette époque, on n'avait pas encore construit une maison pour le nom du Seigneur.

Salomon aimait le Seigneur. Il marchait selon les ordres de David son père. Seulement, il offrait des sacrifices dans les lieux sacrés et y brûlait de l'encens.

Le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice. Il immola sur l'autel un millier de bêtes en holocauste.

À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. »

Salomon répondit : « Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône. Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c'est toi qui m'as fait roi, moi ton serviteur, à la place de David, mon père. Or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter. Et me voilà au milieu du peuple que tu as élu, si nombreux qu'on ne peut ni l'évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal. Sans cela, comment gouverner ton peuple qui est si important ? »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c'est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l'art d'être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé. Je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n'en a eu avant toi et que personne n'en aura après toi. De plus, je te donne même ce que tu n'as pas demandé : la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n'auras pas d'égal parmi les rois. Et si tu suis mes chemins, en gardant mes décrets et mes commandements comme l'a fait David ton père, je t'accorderai de longs jours. »

Salomon s'éveilla. Il avait fait un songe. Il rentra à Jérusalem et se présenta devant l'arche de l'Alliance du Seigneur. Il offrit des holocaustes et des sacrifices de paix et donna un festin à tous ses serviteurs.

Un jour, deux prostituées vinrent se présenter devant le roi. L'une des femmes dit : « De grâce, mon seigneur ! Moi et cette femme, nous habitons la même maison, et j'ai accouché alors qu'elle était à la maison. Or, trois jours après ma délivrance, cette femme accoucha à son tour. Nous étions ensemble, personne d'autre dans la maison, il n'y avait que nous deux dans la maison. Au milieu de la nuit, elle prit mon fils qui reposait à mon côté, ta servante dormait, et le coucha contre elle. Et son fils mort, elle le coucha contre moi. Au matin, je me lève pour allaiter mon fils : il était mort. Je l'examinai attentivement au petit jour : ce n'était pas mon fils, celui que j'avais mis au monde. »

L'autre femme protesta : « Non, mon fils est celui qui est vivant, ton fils est celui qui est mort. » Elles se disputaient ainsi en présence du roi.

Le roi dit alors : « Celle-ci affirme : "Mon fils est le vivant et ton fils est le mort." Celle-là affirme : "Non, ton fils est le mort et mon fils est le vivant." »

Le roi ajouta : « Donnez-moi une épée. » On apporta une épée devant le roi. Le roi poursuivit : « Coupez en deux l'enfant vivant. Donnez-en la moitié à l'une et la moitié à l'autre. »

Mais la femme dont le fils était vivant s'adressa au roi, car ses entrailles s'étaient émues à cause de son fils : « De grâce, mon seigneur ! Donnez-lui l'enfant vivant, ne le tuez pas ! » L'autre protestait : « Il ne sera ni à toi ni à moi. Coupez-le ! »

Prenant la parole, le roi déclara : « Donnez à celle-ci l'enfant vivant, ne le tuez pas. C'est elle, sa mère. »

Tout Israël apprit le jugement qu'avait rendu le roi, et l'on regarda le roi avec crainte et respect, car on avait vu que pour rendre la justice, la sagesse de Dieu était en lui.

Le roi Salomon régnait sur tout Israël. De plus, Salomon avait douze préfets pour l'ensemble d'Israël. Ils approvisionnaient le roi et sa maison. Un mois par an, chacun son tour, ils assuraient l'approvisionnement. Voici leurs noms : Ben-Deker, à Makas, à Chaalbim, à Beth-Shémesh et à Élon-Beth-Anân ; Ben-Hésed, à Aroubbot ; il avait la responsabilité de Soko et de tout le pays de Héfer ; Ben-Abinadab, celui des coteaux de Dor ; il eut pour femme Tafath, fille de Salomon ; Baana, fils d'Ahiloud, avait Tanak et Meguiddo, ainsi que tout Beth-Shéan à côté de Sartane, en dessous d'Izréel, depuis Beth-Shéan jusqu'à Abel-Mehola, au-delà de Yoqmeam ; Ben-Guèber, à Ramoth de Galaad ; il avait les campements de Yaïr, fils de Manassé, en Galaad ; il avait aussi la région d'Argob, dans le Bashân, soixante grandes villes avec remparts et verrous de bronze ; Ahinadab, fils d'Iddo, à Mahanaïm ; Ahimaas, en Nephtali ; lui aussi eut pris pour femme une fille de Salomon, Basmath ; Baana, fils de Houshaï, sur la contrée d'Asher et à Béalot ; Josaphat, fils de Parouah, sur Issakar ; Shiméï, fils d'Éla, sur Benjamin ; Guèber, fils d'Ouri, sur le pays de Galaad, pays de Sihon, roi des Amorites, et d'Og, roi du Bashân. Et il y avait aussi un préfet dans le pays de Juda.

Juda et Israël étaient nombreux, aussi nombreux que les sables au bord de la mer. On mangeait, on buvait, et on était dans la joie.

Commentaire

Je vous propose de remonter en sens inverse les chapitres que vous venez d'entendre, puisque vous avez encore les paroles fraîches dans votre oreille.

En ce temps-là, Israël et Juda étaient heureux — on vous présente les deux royaumes comme réunis — aussi nombreux que le sable de la mer : la promesse faite à Abraham accomplie. On mangeait, on buvait, et on était dans la joie. Et ça, c'est le pays ruisselant de lait et de miel. C'est le jardin d'Éden. Et au milieu de ce jardin, il y a un nouvel Adam, un roi, Salomon, et une nouvelle reine, la Sagesse.

Vous avez entendu cette prière que Salomon a faite, lui qui avait droit à tout, et qui demande la sagesse, sagesse qu'il va prendre pour femme. La sagesse, pour nous chrétiens, est non seulement la plus haute forme de la connaissance, parce que c'est celle qui s'attache, dira saint Thomas d'Aquin, au principe premier, mais elle est aussi un don de l'Esprit Saint. La sagesse, c'est voir toute chose dans l'amour de Dieu, et ici, elle vous est présentée comme la fine fleur du discernement et de l'art politique.

Et on retrouve, encore ici, notre parallèle entre Adam et Ève. De la même manière que c'est en s'éveillant qu'Adam vit Ève, qui lui était prise de sa côte au cours d'un sommeil mystérieux, ici, Salomon rêve, et en s'éveillant s'écrie : « J'ai eu un songe », et voici la sagesse. Cela inspirera les nombreux livres à venir, les livres sapientiaux, que l'on écoutera plus tard dans la Bible en un an. Vous avez ici un des passages de la plus haute mystique, de la plus belle poésie : prendre pour épouse la sagesse. Et avec elle, vous dit Dieu, vous viendront et la gloire et les vieux jours, à une condition : que vous obéissiez à la sagesse, comme un mari obéit à sa femme. Sauf qu'évidemment, c'est à double tranchant, parce qu'on a vu que dans cette famille, les relations homme-femme étaient parfois un peu compliquées.

Tiens, d'ailleurs, toujours pour continuer sur le même thème d'Adam et du jardin d'Éden : que demande Salomon avec la sagesse ? Il demande l'art de discerner le bien et le mal. Ça ne vous rappelle pas un arbre mystérieux ? Et il met ça tout de suite après dans ce fameux jugement de Salomon sur les deux prostituées, dans lequel vous pouvez relire quasiment toute l'histoire d'Israël. À travers cette femme qui accepte de donner son fils pour qu'il ne meure pas, vous avez quelque chose de l'ordre d'Abraham qui donne Isaac à Dieu. Vous avez encore une réminiscence de l'ange exterminateur en Égypte qui prenait la vie des premiers-nés. Il y a un condensé de toute l'histoire d'Israël pour vous montrer à quel point maintenant, Salomon est le pinacle de la révélation. Ce qui est en train de se passer plaît à Dieu.

Alors, continuons de remonter notre texte. Comment Salomon a-t-il réussi à en arriver là ? C'était ce que vous avez entendu au début du troisième chapitre :

Salomon aimait le Seigneur. Il marchait selon les ordres de David, son père.

C'est cette fidélité à son père qui attire à lui l'abondance et la gloire. Car en voyant Salomon, Dieu voit la promesse qu'il avait faite à son père. Et c'est ce qui est le plus important.

Même si… Ah, je vais jouer les rabat-joie encore. Remontons encore un tout petit peu plus haut, puisqu'on était au début du chapitre. Une ou deux petites choses. Le chapitre commençait par vous dire : « Salomon devint le gendre de Pharaon, le roi d'Égypte. » Alors, c'est très flatteur, parce que ça veut dire que Salomon est considéré comme à égalité avec l'Égypte. Mais de vous dire que tout de suite, la première femme de Salomon est une étrangère, eh bien, faut voir ! Et de la même manière, quand on vous dit qu'il a sacrifié sur les hauts lieux. « Hauts lieux », dans la Bible, c'est un terme technique pour vous dire « des lieux idolâtriques païens ». C'est quand même curieux, ça.

Donc, il y a quand même deux petits trucs au début. Et de l'autre côté, on a un Salomon qui aime Dieu, qui suit l'exemple de son père David et qui demande la sagesse. Alors, qu'est-ce qu'il faut en penser ? Eh bien, moi, je me dis, si jamais je devais me mettre à la place de Dieu — c'est un peu cuistre comme réflexion — mais Dieu s'est peut-être dit : « Oh, erreur de jeunesse, ne réagissons pas tout de suite. On va laisser une chance au produit. Salomon a le droit, il est jeune, de faire des erreurs. On sent bien qu'il y a une bonne volonté, qu'il y a comme un enthousiasme et une sincérité qui n'est pas sans rappeler David. » Mais vous notez quand même que ça veut aussi dire que Salomon, il ne va pas falloir lui accorder tout, tout de suite. Ça demande vérification, tout ça.

Psaume 88c

Pourtant, tu l'as méprisé, rejeté, tu t'es emporté contre ton Messie. Tu as brisé l'alliance avec ton serviteur, jeté à terre et profané ta couronne.

Tu as percé toutes ses murailles, tu as démantelé ses forteresses. Tous les passants du chemin l'ont pillé, le voilà outragé par ses voisins.

Tu as accru le pouvoir de l'adversaire, tu as mis en joie tous ses ennemis. Tu as émoussé le tranchant de son épée, tu ne l'as pas épaulé dans le combat.

Tu as mis fin à sa splendeur, jeté à terre son trône. Tu as écourté le temps de sa jeunesse, déversé sur lui la honte.

Combien de temps, Seigneur, resteras-tu caché ? Laisseras-tu flamber le feu de ta colère ? Rappelle-toi le peu que dure ma vie, pour quel néant tu as créé chacun des hommes.

Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort ? Qui s'arracherait à l'emprise des enfers ? Où donc, Seigneur, est ton premier amour ? Celui que tu jurais à David sur ta foi ?

Rappelle-toi, Seigneur, tes serviteurs outragés, tous ces peuples dont j'ai reçu la charge. Oui, tes ennemis ont outragé, et, Seigneur, poursuivi de leur outrage ton Messie.

Béni soit le Seigneur pour toujours. Amen ! Amen !


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