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Jour 129 ☾ — Amos exhorte Israël : Dieu s'apprête à frapper

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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la lecture parallèle des petits prophètes avec les chapitres 3 à 5 d'Amos, où le prophète doit désormais justifier l'oracle qu'il a lancé contre Israël. Il donne avant la lecture deux clés : le refrain « Écoutez cette parole », qui introduit chaque nouvel argument, et le sens de l'élection, à double tranchant, selon le plan A de la bénédiction et le plan B de la malédiction annoncés au Deutéronome. La lecture déroule les oracles contre Samarie, l'apostrophe aux « vaches du Bashan », la longue litanie des châtiments que le peuple n'a jamais entendus, et l'appel insistant : « Cherchez-moi et vous vivrez. » Le commentaire revient sur la vierge d'Israël tombée, les sanctuaires de Béthel et de Gilgal, et ce choix toujours offert entre la vie et la mort. L'épisode se termine par la seconde partie du psaume 88.

Introduction

Vous vous souvenez qu'en lecture parallèle des livres des Rois, je vous ai proposé les petits prophètes, en ce moment Amos, qu'on avait vu dans le premier épisode, comment il avait porté sa première estocade contre les Israélites. Oui, mais Amos risque sa vie. Va falloir maintenant qu'il justifie son oracle. Vous allez me dire s'il y arrive, parce que c'est l'objet de ces trois chapitres 3, 4 et 5.

Alors, toujours pour vous permettre de bien rentrer dans le texte avant leur écoute, je vous donne une ou deux clés de lecture. Essayez de repérer cette phrase : « Écoutez la parole du Seigneur. » À chaque fois que vous entendrez cette phrase, vous saurez qu'Amos est en train de vous proposer un nouvel argument. Elle introduit chacun des chapitres.

Allez, je suis sympa, on fait le premier ensemble. Je vous cite le deuxième verset que vous allez entendre : « Écoutez la parole du Seigneur. Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre. Aussi, je vous demanderai compte de tous vos crimes. » Sous-entendu : c'est parce que je vous ai choisis que je vais vous demander compte de tous vos crimes. C'est un peu l'amour vache, quand même. À cause de cette élection, Dieu dit qu'il va maintenant châtier Israël.

Eh oui, mais souvenez-vous, cette élection, elle était à double tranchant. C'était Dieu qui promettait sa bénédiction si le peuple suivait ses commandements. Ça, c'est le plan A. Mais il y a un plan B. Souvenez-vous de la fin du Deutéronome et des malédictions que Moïse avait prononcées : si Israël ne suit pas les commandements, il y aura la malédiction sur eux, il y aura la famine, il y aura la peste, il y aura la déportation. Et l'élection, c'est précisément ça : un plan A, un plan B, en espérant que vous choisissiez le plan A. Pour citer le livre du Deutéronome : « Je mets devant toi et la vie et la mort ; choisis donc la vie. »

Voilà la première clé de lecture. Et voici la suivante, que vous entendrez lors de notre deuxième chapitre d'aujourd'hui, soit Amos chapitre 4. Dans le texte, vous entendrez ça quand il sera question des vaches du Bashan — et je sais qu'avec ça, ça suffira pour raviver votre attention. « Écoutez cette parole, vaches du Bashan. » « Écoutez cette parole », c'est toujours mon refrain argumentatif. Vaches du Bashan : appellation méprisante envers les femmes israélites qui se complaisent dans l'indolence, l'injustice et le luxe. Et dans cette partie, il sera question du culte corrompu à cause de l'injustice sociale que rendent les Israélites dans les hauts lieux de Béthel et de Gilgal, les grands sanctuaires. Et la preuve que leur culte est corrompu, c'est qu'ils n'arrivent pas à enlever les châtiments que Dieu envoie les uns après les autres et qui, normalement, devraient avertir les Israélites qu'il y a un problème. Donc vous allez entendre la longue liste de châtiments, assez saisissante d'ailleurs.

Bon, et avec ça, il vous manquera juste le troisième chapitre d'aujourd'hui, soit Amos chapitre 5. Mais écoutez, vous ferez simplement attention à cette phrase : « Écoutez la parole du Seigneur. » Et je vous laisse en exercice le soin de trouver le troisième argument que Dieu donne contre les Israélites.

Lecture : Amos 3-5

Écoutez cette parole que le Seigneur prononce contre vous, fils d'Israël, contre tout le peuple qu'il a fait monter du pays d'Égypte : « Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre. Aussi je vous demanderai compte de tous vos crimes. »

Deux hommes font-ils route ensemble sans s'être mis d'accord ? Est-ce que le lion rugit dans la forêt sans avoir de proie ? Le lionceau va-t-il crier du fond de sa tanière sans avoir rien pris ? L'oiseau tombe-t-il dans le filet posé à terre sans y être attiré par un appât ? Le piège ne se relève-t-il pas du sol sans avoir rien attrapé ? Va-t-on sonner du cor dans une ville sans que le peuple ne tremble ? Un malheur arrive-t-il dans une ville sans qu'il soit l'œuvre du Seigneur ?

Car le Seigneur Dieu ne fait rien sans en révéler le secret à ses serviteurs les prophètes. Quand le lion a rugi, qui peut échapper à la peur ? Quand le Seigneur Dieu a parlé, qui refuserait d'être prophète ?

Proclamez-le près des palais d'Ashdod, près des palais du pays d'Égypte ; dites : « Assemblez-vous sur les montagnes de Samarie, voyez les grands désordres au milieu d'elles, en elles, que d'oppression ! » Ils n'ont pas su agir avec droiture, oracle du Seigneur, ceux qui entassent dans leurs palais violences et rapines.

C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : « L'ennemi encerclera le pays, il te dépouillera de ta force et tes palais seront pillés. »

Ainsi parle le Seigneur : « Comme un berger sauve de la gueule du lion deux pattes ou un bout d'oreille, voilà comment seront sauvés les fils d'Israël, ceux qui sont dans Samarie, assis au bord de leurs couches, sur leur divan de Damas.

Écoutez et témoignez dans la maison de Jacob, oracle du Seigneur Dieu, le Dieu de l'univers : Car au jour de mon intervention, les crimes d'Israël seront sur lui, et j'interviendrai contre les autels de Béthel. Les cornes de l'autel seront brisées, elles tomberont à terre. Je ferai crouler maisons d'hiver sur maisons d'été. Les maisons d'ivoire seront détruites et les vastes maisons disparaîtront, oracle du Seigneur. »

Écoutez cette parole, vaches du Bashan, sur la montagne de Samarie, vous qui exploitez les faibles, qui maltraitez les malheureux, qui dites à vos seigneurs : « Apportez-nous à boire ! »

Le Seigneur Dieu le jure par sa sainteté : Oui, voici venir sur vous des jours où l'on vous enlèvera avec des crocs, où votre progéniture sera prise au harpon. Vous sortirez par les brèches, l'une devant l'autre, et vous serez poussées vers l'Hermon, oracle du Seigneur.

Allez à Béthel et commettez vos crimes. À Gilgal, multipliez-les. Apportez dès le matin vos sacrifices, et le troisième jour vos dîmes. Faites fumer en action de grâce du pain sans levain, proclamez en public des offrandes volontaires, car c'est cela ce que vous aimez, fils d'Israël, oracle du Seigneur Dieu.

Quant à moi, voici ce que je vous ai donné : rien à vous mettre sous la dent en toutes vos villes, plus de pain en aucun lieu. Et vous n'êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur.

C'est moi aussi qui vous ai refusé la pluie, à trois mois de la récolte. J'ai fait pleuvoir sur une ville et sur une autre ville je n'ai pas fait pleuvoir. Une parcelle a reçu la pluie et une autre, sans pluie, s'est desséchée. Deux ou trois villes se traînaient vers une autre ville pour boire de l'eau, mais sans être désaltérées. Et vous n'êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur.

J'ai frappé votre blé de rouille et de nielle, et tous vos jardins et vos vignes, vos figuiers et vos oliviers, la chenille les a dévorés. Et vous n'êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur.

J'ai jeté la peste chez vous, comme en Égypte. J'ai tué par l'épée vos jeunes gens, comme on a capturé vos chevaux. La puanteur de votre camp, je l'ai fait monter à vos narines. Et vous n'êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur.

Alors j'ai tout détruit chez vous, comme Dieu a détruit Sodome et Gomorrhe. Vous étiez comme un tison sauvé de l'incendie. Et vous n'êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur.

C'est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël, et puisque c'est ainsi que je vais te traiter, prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu.

Car c'est lui qui façonne les montagnes et crée le vent, qui révèle aux hommes sa pensée. Il a fait l'aurore et les ténèbres, il marche sur les hauteurs. Il est le Seigneur de la terre, et son nom est le Seigneur, Dieu de l'univers.

Écoutez cette parole que je profère contre vous, une lamentation, maison d'Israël : Elle est tombée, la Vierge d'Israël, elle ne se relèvera plus. Elle est abandonnée sur sa terre, sans personne qui la relève.

Car ainsi parle le Seigneur Dieu : La ville d'où sortaient un millier d'hommes n'en aura plus qu'une centaine. Celle d'où sortaient une centaine n'en aura plus que dix, pour la maison d'Israël.

Car ainsi parle le Seigneur à la maison d'Israël : Cherchez-moi et vous vivrez. Mais ne cherchez pas à Béthel, n'entrez pas à Gilgal, ne passez pas à Bersabée, car Gilgal sera entièrement déportée et Béthel réduite à néant.

Cherchez le Seigneur et vous vivrez, de peur qu'il ne tombe comme le feu sur la maison de Joseph, un feu qui dévore, et personne à Béthel pour l'éteindre.

On change le droit en poison, on jette à terre la justice. L'auteur des Pléiades et d'Orion, qui change en matin l'ombre de la mort et rend le jour obscur comme la nuit, qui convoque les eaux de la mer et les répand à la surface de la terre, son nom est le Seigneur. Sur le puissant il déchaîne la dévastation, et la dévastation arrive sur la citadelle.

Au tribunal, on déteste celui qui réprimande, et l'homme intègre dans sa parole, on le hait. C'est pourquoi, vous qui avez pressuré le faible et prélevé sur lui un tribut de blé, les maisons que vous avez bâties en pierres de taille, vous n'y habiterez pas. Les vignes exquises que vous avez plantées, vous n'en boirez pas le vin.

Oui, je connais vos nombreux crimes, vos énormes péchés, oppresseurs du juste, preneurs de pots-de-vin. Au tribunal, les malheureux sont écartés. C'est pourquoi, en ce temps-ci, l'homme avisé se tait, car c'est un temps de malheur.

Cherchez le bien et non le mal, afin de vivre. Ainsi le Seigneur, Dieu de l'univers, sera avec vous, comme vous le déclarez. Détestez le mal, aimez le bien, faites régner le droit au tribunal. Alors, le Seigneur, Dieu de l'univers, fera peut-être grâce à ceux qui restent d'Israël.

C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu de l'univers, mon Seigneur : Sur toutes les places on fera des lamentations, dans toutes les rues on dira : « Hélas ! » On convoquera le paysan en deuil et, aux lamentations, les pleureurs. Dans toutes les vignes on fera des lamentations, car je passerai au milieu de toi. Le Seigneur a parlé.

Commentaire

Est-ce que vous avez repéré, au cinquième chapitre, la phrase refrain qui l'introduisait ?

Écoutez cette parole que je profère contre vous.

Mais oui ! Ensuite, il était question de cette vierge d'Israël, une formule bien trempée, mais que l'on entend pour la première fois et qui a peut-être frappé vos oreilles :

Elle est tombée, la Vierge d'Israël.

La question, c'est : que vient faire une vierge sur un champ de bataille ? Eh bien, c'est Dieu qui se moque des armées israélites, qui, pensait-on, étaient imbattables, et qui ici sont comparées à une jeune fille.

Et puis, à nouveau, ces deux sanctuaires païens construits en plein Israël, qui sont la cause de tous les malheurs : Béthel et Gilgal, l'un au nord, l'un au sud de la région israélite. On apprendra plus tard que dans ces sanctuaires, les Israélites avaient construit des veaux d'or. Mais un vrai veau, en vrai or.

Et de la même manière, puisqu'on en est dans les refrains, vous avez entendu par trois fois cette parole qui revenait :

Cherchez-moi et vous vivrez.

C'est toujours ce choix entre le plan A, bénédiction, et le plan B, malédiction. « Je mets devant toi la vie et la mort : choisis la vie. »

Et nous terminons encore une fois, en guise de prière, par un psaume. C'est un peu compliqué en ce moment, les commentaires, je cours un peu après le temps. Psaume 88, deuxième partie.

Psaume 88b

Autrefois, tu as parlé à tes amis ; dans une vision tu leur as dit : « J'ai donné mon appui à un homme d'élite, j'ai choisi dans ce peuple un jeune homme.

J'ai trouvé David, mon serviteur, je l'ai sacré avec mon huile sainte, et ma main sera pour toujours avec lui, mon bras fortifiera son courage.

L'ennemi ne pourra le surprendre, le traître ne pourra le renverser. J'écraserai devant lui ses adversaires et je frapperai ses agresseurs.

Mon amour et ma fidélité sont avec lui, mon nom accroît sa vigueur. J'étendrai son pouvoir sur la mer et sa domination jusqu'au fleuve.

Il me dira : "Tu es mon père, mon Dieu, mon roc et mon salut !" Et moi, j'en ferai mon fils aîné, le plus grand des rois de la terre.

Sans fin, je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle. Je fonderai sa dynastie pour toujours, son trône aussi durable que les cieux.

Si ses fils abandonnent ma loi et ne suivent pas mes volontés, s'ils osent violer mes préceptes et ne gardent pas mes commandements,

je punirai leur révolte en les frappant et je châtierai leur faute, mais sans lui retirer mon amour ni démentir ma fidélité.

Jamais je ne violerai mon alliance, ne changerai un mot de mes paroles. Je l'ai juré une fois sur ma sainteté : non, je ne mentirai pas à David.

Sa dynastie sans fin subsistera, et son trône, comme le soleil en ma présence, comme la lune établie pour toujours, fidèle témoin là-haut. »


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