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Jour 134 ☾ — Osée face au déni d'Israël

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Résumé : Le frère Paul-Adrien introduit longuement les chapitres 7 à 9 d'Osée, placés sous le signe du déni : Dieu arrache le pansement pour soigner la plaie, et Israël met la main sur ses yeux. Il donne quatre repères pour soutenir l'attention pendant la lecture — le gâteau mal cuit, le four des pulsions désordonnées, le proverbe « ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête », et les rappels de Baal-Péor et de Guibéa. Après la lecture, il explique pourquoi les livres prophétiques sont si longs : leur longueur dit moins la colère de Dieu que l'ampleur de notre péché. L'épisode se termine par une prière pour demander la connaissance de son propre péché.

Introduction

Osée, chapitres 7, 8 et 9. Il va être question au cours de ces chapitres du déni d'Israël. Dieu est comme un médecin qui enlève le pansement, qui l'arrache pour mettre la plaie à vif et la soigner. Et à ce moment-là, Israël qui tout de suite met la main sur ses yeux plutôt que de voir. C'est comme quelqu'un qui aurait le cancer, mais qui refuserait d'admettre qu'il a le cancer. Vous savez, ça existe, et puis à la limite, on peut comprendre. Sauf qu'évidemment, ça n'aide pas les médecins. Ça, c'est le thème de ces chapitres.

Il y a un verset assez terrible : « Leurs rois sont tous tombés, ils n'ont pas voulu revenir vers moi. » C'est tout, plutôt que de revenir à Dieu. À la fin, on arrive même au comble du déni : vous avez Israël qui s'enfonce dans la fête et qui en vient à traiter le prophète de fou. C'est le monde à l'envers.

Alors, pour agrémenter votre lecture et pour essayer de réveiller votre attention — parce que j'ai toujours peur que ces versets extrêmement beaux, extrêmement poétiques… vous savez, une poésie qui dure trois chapitres, c'est dur à suivre — pour réveiller votre attention, je signale quelques images ou quelques citations fortes.

Première image, celle du gâteau trop cuit ou pas assez cuit, où Israël va être comparé à un gâteau trop cuit d'un côté — et ça, c'est dur à contretemps — trop mou de l'autre côté — et ça, c'est faible à contretemps — et qui se fait manger par des étrangers sans s'en apercevoir. Israël qui est un gâteau tout flasque et trop cuit en même temps.

Deuxième image, Israël, le peuple qui est comparé à un four. Merci d'enlever de votre tête les images du four électrique : il s'agit d'un four, d'un feu à bois. Et là, le four devient le symbole du désordre des pulsions mal ordonnées.

Ou encore, tiens, un verset qui est très beau, c'est un proverbe célébrissime. Là, on est au milieu de ce que vous allez entendre, Osée chapitre 8 : « Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. » Ça, c'est votre proverbe « qui sème le vent récolte la tempête ». C'est Israël qui, par son iniquité, par sa fébrilité diplomatique, a réussi l'exploit de simplement réveiller l'Assyrie, et c'est de l'Assyrie que viendra la destruction. Et derrière ce proverbe, « ils ont semé le vent et récolteront la tempête », c'est Dieu qui vous réprouve en vous laissant subir les conséquences de votre propre péché. C'est qu'il vous laisse dans l'impasse où vous-même vous êtes mis. Ce qu'on appelle le principe de rétribution : c'est le principe qui gouverne le jugement divin. Mais Dieu qui vous laisse à votre dureté de cœur et assumer tout seul les conséquences de votre péché, c'est le premier pas vers la damnation.

Bon, ensuite, on arrive au chapitre 9. Et là, vous aurez des petites références à des événements passés. Il sera question, par exemple, de Baal-Péor. Osée 9, 10 : « Ils sont allés à Baal-Péor, ils se sont consacrés à l'idole infâme et ils sont devenus abominables comme l'objet de leur amour. » Devenir abominable comme l'objet de votre amour, ça veut dire qu'il s'agit ici d'un culte à connotation sexuelle. Baal-Péor, c'est cet événement dans les Nombres, chapitre 25. Souvenez-vous, juste avant d'entrer en Terre promise, les Israélites qui se laissent séduire par les femmes moabites sous l'instigation de Balaam, le voyant, et qui participent à un culte idolâtrique. La référence à Baal-Péor, ici, ça veut dire qu'en fait, rien n'a changé depuis les temps où, dans le désert, Israël était déjà infidèle à Dieu. C'est le péché d'hier qui se répète aujourd'hui.

D'ailleurs, nouvelle référence : l'évocation de Guibéa. Vous allez l'entendre, c'est Osée 9, 9. Citation : « Ils se sont corrompus profondément comme au jour de Guibéa. » Guibéa, souvenez-vous, c'est cette femme qui s'est fait violer toute la nuit et que son mari avait dépecée en douze. Eh bien, ce que Osée vous dit, c'est que rien n'a changé : la corruption actuelle d'Israël, c'était déjà celle des Juges, et c'est la même cruauté.

Voilà quelques images, quelques citations pour réveiller votre attention : l'image du gâteau, l'image du four, la citation « ils ont semé le vent et ils récolteront la tempête », Baal-Péor et le crime de Guibéa. Vous essayez de les retrouver dans la lecture, ça ravivera votre attention. Et maintenant, bonne écoute.

Lecture : Osée 7-9

Sonne du cor ! Un aigle plane sur la maison du Seigneur, car ils ont transgressé mon alliance et contre ma loi ils se sont révoltés.

Ils crient vers moi : « Mon Dieu, nous t'avons connu, nous, Israël. » Israël a reçu mon amour. J'ai rejeté le bien, l'ennemi le poursuit.

Les fils d'Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord. Avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles : ils seront anéantis.

Je rejette ton veau, Samarie. Ma colère s'est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l'innocence ? Ce veau, c'est l'œuvre d'Israël, c'est un artisan qui l'a fabriqué. Ce n'est pas un dieu. Ce veau de Samarie sera mis en pièces.

Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L'épi ne donnera pas de grain. S'il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine. Et s'il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers.

Israël est dévoré. Les voici maintenant parmi les nations comme un objet de rebut. Quand ils montent vers Assour, alors que l'âne sauvage vit à l'écart, Éphraïm s'offre des amants. Même s'ils offrent des dons parmi les nations, je vais maintenant les regrouper. Ils trembleront bientôt sous le joug du roi et des princes.

Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché, et ces autels ne lui servent qu'à pécher. J'ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n'y voit qu'une loi étrangère.

Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n'y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu'ils retournent donc en Égypte !

Israël a oublié celui qui l'a fait, il s'est construit des palais. Quant à Juda, il a multiplié ses villes fortes. Mais j'enverrai le feu dans ces villes et il en dévorera les citadelles.

Ne te réjouis pas, Israël, ne jubile pas comme les peuples, car tu as pratiqué la prostitution loin de ton Dieu et tu en aimes le salaire sur toutes les aires à blé. L'aire à blé et le pressoir ne nourriront pas tes fils, et le vin nouveau les décevra.

Ils n'habiteront plus le pays du Seigneur. Éphraïm retournera en Égypte et en Assour ils mangeront des aliments impurs. Ils ne verseront plus de vin en libation pour le Seigneur, leurs sacrifices ne lui plairont plus. Ce sera pour eux comme un pain de deuil : tous ceux qui le mangent deviendront impurs. Ce pain-là ne sera que pour eux, il n'entrera pas dans la maison du Seigneur.

Que ferez-vous alors au jour de la rencontre, au jour de la fête du Seigneur ? Car voilà qu'ils ont fui devant la destruction : l'Égypte les rassemble, Memphis les enterre. L'ortie héritera de leurs trésors d'argent et les ronces envahiront leurs tentes.

Ils sont arrivés, les jours du châtiment, ils sont arrivés, les jours de la rétribution. Qu'Israël le sache : « Le prophète devient fou, l'homme inspiré délire ! » À cause de la grandeur de ta faute, grande est l'hostilité contre toi.

La sentinelle d'Éphraïm, le prophète, est avec mon Dieu. Un filet d'oiseleur est sur tous ses chemins, l'hostilité atteint la maison de Dieu. Ils ont touché le fond de la corruption comme au jour de Guibéa. Dieu se souviendra de leurs crimes et il fera le compte de leurs péchés.

Comme des raisins au désert, j'avais trouvé Israël. Comme un premier fruit sur un jeune figuier, ainsi j'avais vu vos pères. Mais eux, arrivés à Baal-Péor, ils se sont voués à la honte. Ils sont devenus aussi horribles que l'objet de leur amour.

Éphraïm, comme un oiseau s'envolera ta gloire, dès la naissance, dès la grossesse, dès la conception. Même s'ils élèvent des fils, je les en priverai avant qu'ils aient atteint l'âge d'homme. Oui, malheur à eux, quand je m'en éloignerai !

Éphraïm, je le vois comme Tyr, plantée dans un pâturage, mais il fait partir ses fils au-devant du tueur. Donne-leur, Seigneur. Et que vas-tu donner ? Donne-leur ventre stérile et sein desséché.

Toute leur malice est à Guilgal, c'est là que je les ai pris en haine. À cause de la méchanceté de leurs actes, je les chasserai de ma maison, je cesserai de les aimer. Ils sont rebelles, tous leurs princes.

Éphraïm a été frappé, leur racine s'est desséchée, ils ne feront pas de fruits. Même s'ils enfantent, je ferai mourir les trésors de leurs ventres. Mon Dieu les rejettera, car ils ne l'ont pas écouté, et ils s'en iront errants parmi les nations.

Commentaire

Je vous propose de terminer maintenant tout de suite par une prière. Je sais que vous aimez bien avoir les commentaires après la lecture, mais là, vraiment, ma crainte, c'est que si jamais je ne vous les donne pas avant, vous disiez : « Mais encore combien de chapitres des prophètes ? » Parce que finalement, à la fin, tout se ressemble.

Et en fait, c'est très simple : les prophètes, ça va durer et encore durer, dans l'espoir qu'à un moment, les gens finissent par se réveiller, quoi. À défaut d'être convaincu par l'ampleur du mal, qui est comme une sorte de nausée à constamment entendre les péchés dont on est accusé, pour qu'à la fin, on dise : « Bon, ben, écoute, très bien, je vais me convertir. » Peut-être pas par amour pour toi, mais au moins pour que cette litanie s'arrête.

La longueur des livres prophétiques, ça en dit davantage sur notre péché que sur la colère de Dieu. Et c'est pour ça que, pour tous ces chapitres — et je peux vous dire que ça va durer plusieurs mois — nous terminons par une prière pour que Dieu nous donne cette connaissance de notre péché, que nous ne soyons pas dans le déni.

Prière

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, tu sais que je ne veux pas voir mon péché. Tu sais, Seigneur, que je préfère chercher ailleurs des solutions plutôt qu'en toi. Tu sais, Seigneur, que je préfère réciter des chapelets, des prières, des formules magiques, plutôt que, dans mon cœur, de me repentir et de revenir à toi. Tu sais, Seigneur, que mon péché d'aujourd'hui, c'était déjà mon péché d'hier, que je refais sans cesse, parce qu'en fait, c'est moi-même que j'abuse.

Seigneur, réveille-moi. Prends pitié de moi.


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