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Jour 135 ☼ — Prière de Salomon : quand la fête cache une alerte

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit la seconde moitié du chapitre 8 du premier livre des Rois : la grande prière de Salomon au cœur d'une structure concentrique, puis la bénédiction, les sacrifices et le renvoi du peuple. Il invite à compter les sept scénarios de malheur évoqués par Salomon — serment, défaite, sécheresse, famine, étrangers, guerre, captivité — qui ressemblent étrangement aux plaies d'Égypte et aux malédictions du Deutéronome. Mais cette fois Dieu donne une porte de sortie : se tourner vers le Temple, prier et revenir à lui. Plus encore, ces sept malheurs semblent former un code secret annonçant à l'avance tout le programme du livre des Rois, jusqu'à l'exil à Babylone. Au sommet de sa gloire, Salomon prophétise sans le savoir : le vent est peut-être en train de tourner.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Nous avions commencé le chapitre 8 hier, mais à cause de sa longueur, je l'ai coupé en deux. En voici la deuxième partie. Pour que tout le monde suive bien la structure de ce texte, il faut voir en fait qu'il est construit de manière concentrique. Il y a la première partie qui répond à la deuxième partie. D'abord — enfin, ça c'était hier — Salomon qui appelle à lui toute la nation, appelée à lui Ecclesia en grec, du mot Église. Puis ensuite, on avait offert des sacrifices et on avait célébré l'Arche de l'Alliance qui est rentrée dans le Temple. Salomon avait béni le peuple. Puis nous arriverons au cœur de cette structure, la prière de Salomon. Nous allons ensuite remonter en sens inverse : à nouveau bénédiction, à nouveau sacrifice, à nouveau fête et à nouveau rassemblement du peuple en entier, mais cette fois-ci pour les renvoyer à la maison, tout est fini.

Donc là où je veux attirer votre attention, c'est sur le centre, la prière de Salomon. Et là, surprise ! On a l'impression de retrouver Moïse. Au moment où tout le monde est en fête, il commence à parler des malheurs qui peuvent s'abattre sur la nation. C'est quand même curieux, cette insistance de la Bible à constamment mettre au milieu de la joie et des fêtes le petit truc qui vient gâcher la fête. Vous compterez jusqu'à sept : les sept scénarios, les sept catastrophes qui risquent de s'abattre si le peuple prévarique et abandonne l'Alliance.

1 Rois, chapitre 8. Bonne écoute, et souvenez-vous de compter jusqu'à sept.

Lecture : 1 Rois 8 (suite)

Lorsqu'un homme aura péché contre son prochain et qu'on lui imposera un serment qui peut se retourner contre lui, s'il vient à prêter ce serment devant ton autel, dans cette maison, toi, dans les cieux, écoute, agis et juge tes serviteurs. Déclare coupable le coupable, que sa conduite retombe sur sa tête. Déclare juste le juste, traite-le selon ta justice.

Lorsque ton peuple Israël aura été battu devant l'ennemi, s'il revient à toi et célèbre ton nom, s'il prie et te supplie dans cette maison, toi, dans les cieux, écoute, pardonne le péché de ton peuple Israël et fais-le revenir sur le sol que tu as donné à leurs pères.

Lorsque les cieux seront fermés et qu'il n'y aura pas de pluie parce que les fils d'Israël auront péché contre toi, s'ils prient vers ce lieu et célèbrent ton nom, écoute et pardonne le péché de tes serviteurs et de ton peuple Israël. Tu leur enseigneras le bon chemin par où ils doivent marcher et tu accorderas la pluie à la terre, celle que tu as donnée à ton peuple en héritage.

Et lorsqu'il y aura la famine dans le pays, lorsqu'il y aura la peste, la rouille et la nielle du blé, les sauterelles et les criquets, lorsqu'un ennemi assiégera une ville dans le pays, en tout fléau, en toute maladie, quel que soit le motif de la prière ou de la supplication émanant de tout homme ou de tout ton peuple Israël, dès l'instant où chacun reconnaît la plaie de son cœur et qu'il tend les mains vers cette maison, toi, dans les cieux où tu habites, écoute, pardonne et agis. Traite chacun selon toute sa conduite, puisque tu connais son cœur. Toi seul, en effet, connais le cœur de tout homme, afin qu'ils te craignent tous les jours qu'ils vivront devant toi sur le sol que tu as donné à nos pères.

On entendra parler de ton grand nom, de ta main forte et de ton bras étendu. Si donc, à cause de ton nom, un étranger qui n'est pas de ton peuple Israël vient d'un pays lointain, prie dans cette maison, toi, dans les cieux où tu habites, écoute-le. Exauce toutes les demandes de l'étranger. Ainsi, tous les peuples de la terre, comme ton peuple Israël, vont reconnaître ton nom et te craindre. Et ils sauront que ton nom est invoqué sur cette maison que j'ai bâtie.

Lorsque ton peuple partira en guerre contre ses ennemis, dans la direction où tu l'auras envoyé, et qu'il priera le Seigneur, tourné vers la ville que tu as choisie et vers la maison que j'ai bâtie pour ton nom, toi, dans les cieux, écoute leur prière et leur supplication, et rends-leur justice.

Lorsqu'ils pécheront contre toi — car il n'est pas d'êtres humains qui ne commettent quelques péchés — et que tu seras irrité contre eux, alors tu les livreras à la merci de leurs ennemis, et leurs vainqueurs les emmèneront captifs dans un pays ennemi, lointain ou proche. Si, au pays où ils auront été emmenés captifs, ils rentrent en eux-mêmes, s'ils se repentent, s'ils élèvent vers toi leur supplication, dans le pays de ceux qui les ont fait prisonniers, en disant : « Nous avons péché, nous avons commis une faute, nous avons fait ce qui est mal », s'ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme au pays de leurs ennemis qui les auront emmenés captifs, et s'ils prient vers toi, tournés vers le pays que tu as donné à leurs pères, vers la ville que tu as choisie et vers la maison que j'ai bâtie pour ton nom, toi, dans les cieux où tu habites, écoute leur prière. Écoute leur prière et leur supplication et rends-leur justice. Pardonne à ton peuple qui a péché contre toi toutes les rébellions dont il s'est rendu coupable envers toi. Fais-le prendre en pitié par ses vainqueurs. Que ceux-ci les prennent en pitié parce qu'ils sont ton peuple et ton héritage, eux que tu as fait sortir d'Égypte, de cette fournaise à fondre le fer.

Que tes yeux soient ouverts à la supplication de ton serviteur et à la supplication de ton peuple Israël. Et tu les écoutes toutes les fois qu'ils crient vers toi. Car c'est toi qui les as séparés de tous les peuples de la terre pour qu'ils deviennent ton héritage, comme tu l'as dit par l'intermédiaire de Moïse, ton serviteur, quand tu as fait sortir d'Égypte nos pères, Seigneur notre Dieu.

Quand Salomon eut achevé d'adresser au Seigneur toute cette prière et toute cette supplication, il se releva devant l'autel du Seigneur, là où il s'était incliné, les mains tendues vers le ciel. Il se tint debout et bénit toute l'assemblée d'Israël d'une voix forte en disant : « Béni soit le Seigneur ! Comme il l'avait dit, il a donné à son peuple Israël le pays de son repos. Aucune des promesses qu'il avait faites par l'intermédiaire de son serviteur Moïse n'est restée sans effet. Que le Seigneur notre Dieu soit avec nous comme il a été avec nos pères. Qu'il ne nous abandonne pas, qu'il ne nous rejette pas. Qu'il incline nos cœurs vers lui pour que nous suivions tous ses chemins et que nous gardions les commandements, les décrets et les ordonnances qu'il a donnés à nos pères. Ces supplications que j'ai prononcées devant le Seigneur notre Dieu, qu'elles lui restent présentes jour et nuit afin qu'il rende justice à moi, son serviteur, et à son peuple Israël, jour après jour. Tous les peuples de la terre sauront alors que c'est le Seigneur qui est Dieu, il n'y en a pas d'autre. Alors, en observant ses décrets et en gardant ses commandements, votre cœur sera tout entier au Seigneur notre Dieu, comme aujourd'hui. »

Le roi et tout Israël avec lui offraient des sacrifices devant le Seigneur. Salomon offrit en sacrifice vingt-deux mille bœufs et cent vingt mille moutons. Sacrifices de paix qu'il offrait au Seigneur. C'est ainsi que le roi et tous les fils d'Israël firent la dédicace de la maison du Seigneur.

Ce jour-là, le roi consacra le milieu de la cour qui était devant la maison du Seigneur. C'est là, en effet, qu'il offrit l'holocauste, l'offrande de céréales et les graisses des sacrifices de paix, car l'autel de bronze qui était devant le Seigneur était trop petit pour contenir l'holocauste, l'offrande de céréales et les graisses des sacrifices de paix.

En ce temps-là, Salomon et tout Israël avec lui célébra la fête des Tentes. Ce fut un grand rassemblement, depuis l'entrée de Hamath jusqu'au torrent d'Égypte, en présence du Seigneur notre Dieu, durant sept jours. Le huitième jour, il renvoya le peuple. Les gens bénirent le roi et s'en allèrent à leurs tentes, joyeux et le cœur content, pour tout le bien que le Seigneur avait accordé à David, son serviteur, et à Israël, son peuple.

Commentaire

Alors, est-ce que vous les avez, mes sept scénarios ? Je vous avais demandé de les compter, je les redis avec vous. Voilà les circonstances dans lesquelles il peut être bon de prier. Un : quand un serment se retourne contre vous parce que vous avez fait du tort à votre prochain. Deux : quand vous êtes défait par un ennemi. Trois : quand il n'y a plus de pluie. Quatre : en cas de famine, de peste ou de sauterelles. Cinq : quand ce sont des étrangers. Six : en cas de guerre. Sept : en cas de captivité.

Mes notes de bas de page disent que dans ces cas-là, il peut être bon de prier le Seigneur. Tu m'étonnes ! Je confirme. Mais vous sentez bien qu'il est peut-être aussi question d'autre chose. Ces prières, ces scénarios, ça ressemble quand même étrangement à une malédiction.

Lorsque les cieux seront fermés et qu'il n'y aura plus de pluie, parce que les fils d'Israël auront péché… Lorsqu'il y aura la famine dans le pays, lorsqu'il y aura la peste, la rouille et la nielle du blé, les sauterelles et les criquets…

Alors vous saurez ce qu'il fallait faire. Ce sont les dix plaies d'Égypte que vous retrouvez, ce sont les malédictions à la fin du Deutéronome que vous retrouvez, et même il y en a des nouvelles. Ce septième scénario, quand vous serez pris en captivité : voilà l'annonce de la déportation. Au moment où on installe l'Arche de l'Alliance dans le Temple, au moment où la nuée rentre dans le Temple et où Salomon prie, il est déjà question des malheurs et de la déportation.

Alors, c'est quoi la différence entre les malédictions de Moïse et là, ce que vient de dire Salomon ? Il y a quand même une grosse différence. C'est que là maintenant, Dieu donne une porte de sortie. Il vous dit : « Dans ces cas-là, tournez-vous vers le Temple, priez Dieu et revenez vers lui, et alors tout se passera bien. » Ça fait une grosse différence quand même. Il y a du progrès dans la Révélation.

Je vous relis ce verset parce qu'il est magnifique :

S'ils rentrent en eux-mêmes, s'ils se repentent, s'ils élèvent vers toi leur supplication dans le pays de ceux qui les ont fait prisonniers, en disant : « Nous avons péché, nous avons commis une faute, nous avons fait ce qui est mal » ; s'ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme au pays même de leurs ennemis, écoute leur prière et leur supplication et rends-leur justice, parce qu'ils sont ton peuple, ton héritage.

Et même, allons plus loin. Et si derrière cette malédiction, derrière cette prière, il n'y avait pas un code secret ? Cette histoire de serment prêté devant l'autel, ça ne vous rappelle pas le début du règne de Salomon, qui avait commencé par une prière à un autel ? Peut-être qu'on retrouvera cette prière avec le règne du roi Jéroboam à venir. La défaite par les ennemis, deuxième malheur : mais ça, on y sera dans quelques chapitres, quand Israël sera divisé en deux et que des ennemis viendront l'attaquer. Le troisième malheur, l'absence de pluie : mais ce n'est pas ce dont on parlera à la fin du premier livre des Rois, avec Élie ?

Eh oui, dans cette prière de Salomon, peut-être que de manière cachée, on est déjà en train de tourner les pages du livre des Rois. C'est le programme, la suite à venir. Cinquième malheur, ces prières d'étrangers : ce seront peut-être ces étrangers qui remplaceront un jour les Israélites après leur déportation, du Royaume du Nord. Le fait de partir en bataille : les derniers jours de Juda. Et la captivité : l'exil à Babylone.

Au milieu de la fête et dans la prière de Salomon, il y a comme une malédiction, prête à se déployer. Souvenez-vous de la première page du livre des Rois, qui s'ouvrait sur le spectacle de David impotent, alité dans sa vieillesse. Nous sommes parvenus au sommet de la gloire de Salomon et, sans s'en rendre compte, il est en train de prophétiser. Le vent serait-il en train de tourner ?

Psaume 94

Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre rocher, notre salut.

Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur, le grand roi au-dessus de tous les dieux. Il tient en main les profondeurs de la terre et les sommets des montagnes sont à lui. À lui la mer, c'est lui qui l'a faite, et les terres, car ses mains les ont pétries.

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu. Nous sommes le peuple, le peuple qu'il conduit, le troupeau guidé par sa main.

Aujourd'hui, écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit.

Quarante ans, leur génération m'a déçu, et j'ai dit : ce peuple a le cœur égaré, il n'a pas connu mes chemins. Dans ma colère, j'en ai fait le serment : jamais ils n'entreront dans mon repos. »


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