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Jour 143 ☼ — Israël au sommet... du pire !

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 16 du premier livre des Rois, le frère Paul-Adrien lit la chute de la maison de Baasha, l'assassinat d'Éla, le règne de sept jours de Zimri, la guerre civile entre Tibni et Omri, puis la fondation de Samarie et l'avènement d'Akab. Le commentaire montre que l'on est passé de la confusion au chaos total : rois ivres dans leur palais, commandants de chars qui se rebellent, peuple divisé en deux, jusqu'à l'abomination du culte de Baal introduit par Jézabel et à la refondation maudite de Jéricho. Mais le frère termine par un « gros sauf que » : l'archéologie décrit exactement la même période comme l'âge d'or du royaume du Nord — dynastie stable, nouvelle capitale, commerce phénicien — et pose la question : quelle description choisit-on ?

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Les enfants, préparez-vous : nous sommes dans le livre des Rois et nous continuons notre descente aux enfers. 1 Rois, chapitre 16.

Lecture : 1 Rois 16

La parole du Seigneur fut adressée à Jéhu, fils de Hanani, contre Baasha, en ces termes : « Alors que je t'avais tiré de la poussière et placé comme chef sur mon peuple Israël, tu as marché dans le chemin de Jéroboam et fait commettre le péché à mon peuple Israël, pour provoquer mon indignation par leur péché. Voici que je balaierai les derniers restes de Baasha et de sa maison. Je rendrai ta maison pareille à la maison de Jéroboam, fils de Nebath. Celui de la famille de Baasha qui mourra dans la ville, les chiens le mangeront ; celui qui mourra dans les champs, l'oiseau du ciel le mangera. »

Le reste des actions de Baasha, ce qu'il a fait, sa bravoure, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ? Baasha reposa avec ses pères et il fut enseveli à Tirsa. Son fils Éla régna à sa place.

De plus, par l'intermédiaire du prophète Jéhu, fils de Hanani, la parole du Seigneur fut adressée à Baasha et à sa maison. C'était à cause de tout le mal qu'ils avaient fait aux yeux du Seigneur, car ils avaient provoqué son indignation par l'œuvre de leurs mains, au point de ressembler à la maison de Jéroboam, et aussi parce qu'ils avaient abattu cette maison.

En la vingt-sixième année du règne d'Asa, roi de Juda, Éla, fils de Baasha, devint roi sur Israël à Tirsa, pour deux ans. Son serviteur Zimri, commandant de la moitié des chars, conspira contre lui. Alors qu'Éla était à Tirsa, buvant jusqu'à l'ivresse dans la maison d'Artsa, le maître du palais, Zimri entra, le frappa, et il mourut. C'était la vingt-septième année du règne d'Asa, roi de Juda, et Zimri régna à la place d'Éla.

Devenu roi, à peine assis sur le trône, il frappa toute la maison de Baasha. Il ne lui laissa subsister ni mâle, ni proche parent, ni compagnon. Zimri extermina la maison de Baasha, conformément à la parole que le Seigneur avait dite contre Baasha par l'intermédiaire de Jéhu, le prophète. Il fit cela à cause de tous les péchés de Baasha et de son fils Éla, ce qu'ils avaient commis et ce qu'ils avaient fait commettre à Israël, au point de provoquer l'indignation du Seigneur, Dieu d'Israël, par leurs vaines idoles.

Le reste des actions d'Éla, tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ?

En la vingt-septième année du règne d'Asa, roi de Juda, Zimri régna sept jours à Tirsa. Le peuple campait alors autour de Guibbetôn des Philistins. Le peuple qui campait entendit la nouvelle : « Zimri a conspiré, il a frappé le roi. » Alors, le jour même, dans le camp, tout Israël établit Omri, chef de l'armée, comme roi sur Israël. Omri, ayant tout Israël avec lui, monta de Guibbetôn et ils assiégèrent Tirsa. Quand Zimri s'aperçut que la ville était prise, il entra dans le donjon de la maison du roi, à laquelle il mit le feu, et où il mourut. Ce fut à cause des péchés qu'il avait commis : il avait fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur, il avait marché dans le chemin de Jéroboam et imité le péché que celui-ci avait commis en faisant pécher tout Israël. Le reste des actions de Zimri et le complot qu'il avait tramé, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ?

Alors le peuple d'Israël se divisa en deux parties : une partie du peuple suivit Tibni, fils de Guinath, pour le faire roi, et l'autre partie suivit Omri. Le peuple qui suivit Omri l'emporta sur celui qui suivait Tibni, fils de Guinath. Tibni mourut et Omri devint roi.

En la trente et unième année du règne d'Asa, roi de Juda, Omri devint roi sur Israël, pour douze années. Il régna six ans à Tirsa. Puis il acheta le mont de Samarie à Shèmer, au prix de deux lingots d'argent. Il fortifia la montagne et donna à la ville qu'il avait bâtie le nom de Samarie, du nom de Shèmer, le maître de la montagne.

Omri fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Il agit plus mal encore que tous ceux qui l'avaient précédé. Il marcha dans tous les chemins de Jéroboam, fils de Nebath, en imitant le péché que celui-ci avait fait commettre à Israël, au point de provoquer l'indignation du Seigneur, Dieu d'Israël, par leurs vaines idoles. Le reste des actions d'Omri, ce qu'il a fait, ses actes de bravoure, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ? Omri reposa avec ses pères et il fut enseveli à Samarie. Son fils Akab régna à sa place.

Akab, fils d'Omri, devint donc roi sur Israël, la trente-huitième année du règne d'Asa, roi de Juda. Akab, fils d'Omri, régna sur Israël à Samarie pendant vingt-deux années. Akab, fils d'Omri, fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, plus encore que tous ceux qui l'avaient précédé. Son moindre tort fut d'imiter les péchés de Jéroboam, fils de Nebath, car il prit pour femme Jézabel, fille d'Etbaal, roi des Sidoniens, et il alla servir Baal et se prosterner devant lui. Il lui dressa un autel dans le temple de Baal qu'il avait construit à Samarie. Akab fabriqua aussi le poteau sacré d'Achéra. Par ses actions, Akab ne cessa de provoquer l'indignation du Seigneur, Dieu d'Israël, plus encore que tous les rois d'Israël qui l'avaient précédé.

C'est de son temps que Hiel de Béthel rebâtit Jéricho. Au prix d'Abiram, son premier-né, il en posa les fondations ; au prix de Segoub, son cadet, il en fixa les portes, conformément à la malédiction que le Seigneur avait dite par l'intermédiaire de Josué, fils de Noun.

Commentaire

Dans ce chapitre, on est passé de la confusion — épisode dernier — au chaos total. Ce ne sont plus des guerres entre différents pays, c'est à l'intérieur d'un même pays, coup d'État sur coup d'État, avec une succession de noms dont on a du mal à faire la différence, avec des dates qui tantôt sont courtes, tantôt sont longues. On ne voit plus très bien où on en est, entre des règnes qui durent sept ans, d'autres quarante ans : c'est le bazar intégral.

Là, on pourrait se dire que c'est simplement le chapitre 15 qui continue, et de fait, la prophétie faite contre Baasha ressemble étrangement à celle que vous aviez déjà entendue contre Jéroboam — si tant est que, dans ce tourbillon de noms, vous arriviez encore à faire la différence entre qui et qui.

Mais il y a quelque chose de nouveau dans ce chapitre, et c'est ce sentiment de toucher le fond. Non seulement la roue s'emballe, mais là, vraiment, on arrive à un certain sommet dans la décadence, dans la déchéance et dans le mal. Ce ne sont plus simplement des noms qui se succèdent et des guerres qui s'enchaînent. Là, ce sont des rois qui sont dans leur palais à boire jusqu'à l'ivresse, verset 9 :

Alors qu'Éla était à Tirsa, buvant jusqu'à l'ivresse dans la maison d'Artsa…

Ce ne sont plus des guerres contre des puissances étrangères : c'est, à l'intérieur d'un même pays, des commandants de chars qui se rebellent contre leur roi. Ce sont des règnes qui deviennent extrêmement courts — enfin, Zimri règne sept jours à Tirsa ! Et puis, finalement, ce ne sont plus simplement des rébellions, c'est carrément une guerre civile, verset 21 :

Alors le peuple d'Israël se divisa en deux parties.

C'est ça que ça veut dire. Finalement, on arrive à Omri, qui fonde une nouvelle capitale, Samarie — c'est la capitale du mal —, et à son fils Akab, le dernier roi, qui vous est présenté comme l'abomination de la désolation, qui se marie avec une Cananéenne, Jézabel, et qui introduit le nouveau culte du dieu Baal.

Ça, c'est une nouveauté. Parce que vous aviez peut-être des veaux d'or, mais, si je puis dire, ce veau d'or s'inscrivait au moins dans une certaine tradition yahviste : c'était une sensibilité hérétique, mais de la religion d'Israël. Baal, pour le coup, c'est carrément une religion païenne, une religion 100 % cananéenne. Et quand on vous dit qu'Akab va prendre pour femme Jézabel — Jézabel, Baal —, fille d'Etbaal, vous vous dites que là, on est parti sur autre chose. D'où cette phrase :

Par ses actions, Akab ne cessa de provoquer l'indignation du Seigneur, Dieu d'Israël, plus encore que tous les rois d'Israël qui l'avaient précédé.

Pourtant, ils n'étaient pas mal !

Et là, on touche le fond : la refondation de Jéricho. Jéricho, souvenez-vous, c'était la ville que Josué avait détruite et qu'il avait maudite en disant que plus personne ne pourrait relever Jéricho, sinon au prix de ses enfants. Et là, vous avez Hiel de Béthel qui rebâtit Jéricho. Hiel de Béthel : Béthel, c'est en Israël. Donc Hiel de Béthel, c'est un Israélite. Et s'il rebâtit Jéricho, vous pouvez raisonnablement penser que c'est sur mandat du roi Akab. Et le texte dit qu'il en posa les fondations au prix de son premier-né, et qu'il en fixa les portes au prix de son cadet.

Vous pensez bien que Dieu ne va pas laisser les choses très longtemps comme ça. Il leur réserve un chien de sa chienne. Et le chien de sa chienne, si je puis dire, il arrive dans le prochain épisode. Vous allez voir.

Donc : l'apogée de la décadence et l'abomination de la désolation avec Akab, le fils du roi Omri. Sauf que — un gros « sauf que » — l'archéologie a découvert qu'en fait, le royaume d'Israël, au nord, c'était le royaume le plus puissant, c'était le royaume le plus riche. Vous êtes en fait dans la période d'apogée économique de ce royaume. Omri, qui vient de tuer tous les rois d'auparavant, Omri, c'est lui qui est en train de fonder la dynastie la plus stable : vous aurez Omri, vous aurez Akab, et vous aurez encore Joram. Trois rois successifs, on n'avait jamais vu ça. Il y a une nouvelle capitale, il y a une nouvelle ville, Jéricho, et derrière Jézabel, ce sont les nouvelles relations diplomatiques avec les royaumes phéniciens, pour s'enrichir du commerce. Donc c'est vraiment la période d'or de ce royaume. Et en face, au sud, Juda, c'est les ploucs qui habitent dans les montagnes.

Ça pose une question diablement intéressante. Vous avez deux descriptions totalement différentes du royaume d'Israël : l'une positive, avec l'archéologie ; l'une négative, avec la Bible. Vous choisissez laquelle ?

Psaume 103a

Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière.

Comme une tenture, tu déploies les cieux, tu élèves dans leurs eaux tes demeures. Des nuées, tu te fais un char, tu t'avances sur les ailes du vent. Tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs, la flamme des éclairs.

Tu as donné son assise à la terre, qu'elle reste inébranlable au cours des temps. Tu l'as vêtue de l'abîme des mers, les eaux couvraient même les montagnes.

À ta menace, elles prennent la fuite, effrayées par le tonnerre de ta voix. Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées, vers le lieu que tu leur as préparé. Tu leur imposes la limite à ne pas franchir, qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

Dans les ravins, tu fais jaillir des sources, et l'eau chemine au creux des montagnes. Elle abreuve les bêtes des champs, l'âne sauvage y calme sa soif. Les oiseaux séjournent près d'elle, dans le feuillage, on entend leurs cris.

De tes demeures, tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres. Tu fais pousser les prairies pour les troupeaux, et les champs pour l'homme qui travaille. De la terre, il tire son pain, le vin qui réjouit le cœur de l'homme, l'huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le cœur de l'homme.

Les arbres du Seigneur se rassasient, les cèdres qu'il a plantés au Liban. C'est là que vient nicher le passereau, et la cigogne a sa maison dans les cyprès. Aux chamois, les hautes montagnes ; aux marmottes, l'abri des rochers.

Tu fis la lune qui marque le temps et le soleil qui connaît l'heure de son coucher. Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient, les animaux dans les forêts s'éveillent. Le lionceau rugit vers sa proie, il réclame à Dieu sa nourriture.

Quand paraît le soleil, il se retire, chacun gagne son repaire. L'homme sort pour son ouvrage, pour son travail jusqu'au soir.


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