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Jour 147 ☼ — Achab : un roi perdu entre violence et repentir

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Résumé : Journée exceptionnellement longue, sans commentaire ni psaume : le frère Paul-Adrien lit d'une traite les chapitres 20 et 21 du premier livre des Rois. On y voit Achab vaincre deux fois Ben-Hadad grâce à la parole du prophète, puis épargner celui que Dieu avait voué à l'anathème — et, à l'inverse, laisser tuer l'innocent Naboth pour s'emparer de sa vigne. En quelques mots d'introduction, le frère donne les clés : la vigne, c'est Israël ; Naboth, dont le nom partage la racine de navi, le prophète, annonce Jean le Baptiste et la parabole des vignerons homicides. Le livre des Rois annonce déjà l'Évangile : le meurtre des prophètes par les puissances politiques et les anciens du peuple.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Aujourd'hui, eh bien aujourd'hui, de manière exceptionnelle, les lectures sont exceptionnellement longues. Et après avoir retourné le problème dans tous les sens, je vous jure, j'en suis venu à la conclusion que c'était le mieux que je pouvais faire pour vous. Dans le tact, je ne pourrai même pas mettre de psaume à la fin, et même pas de commentaire non plus. Ceci dit, les deux chapitres se lisent très bien. Donc pas de panique, je sais que vous aimez mes commentaires, mais là, voilà, moi aussi je vous aime, ça va bien se passer, ne vous inquiétez pas.

Un tout petit mot. On était avec Élie, maintenant on revient au roi Achab. À l'issue d'une guerre, présentée pour le coup de manière assez juste, Achab refuse de tuer le roi araméen : malgré l'ordre du prophète, il épargne cette vie. Et à cette vie injuste qu'il épargne, répond Naboth, une vie innocente qu'il n'hésite pas à tuer : le célèbre épisode de la vigne de Naboth.

Vous vous souviendrez que la vigne représente Israël, que Dieu a planté. Que Naboth vous est présenté comme l'Israélite heureux. Et vous vous souviendrez aussi que Naboth, c'est la même racine que navi, prophète. Un prophète tué par une femme et un roi, ça vous donnera Jean le Baptiste. Et cette histoire de la vigne de Naboth, ça vous donnera la parabole des vignerons homicides dans la bouche de Jésus. Le livre des Rois est en train d'annoncer l'Évangile : le meurtre des prophètes par des rois, par les puissances politiques et par les anciens du peuple.

Lecture : 1 Rois 20

Ben-Hadad, roi d'Aram, réunit toute son armée. Il avait avec lui trente-deux rois, des chevaux et des chars. Il monta assiéger Samarie et l'attaqua. Il envoya dans la ville des messagers à Achab, roi d'Israël, pour lui dire : « Ainsi parle Ben-Hadad : ton argent et ton or sont à moi, à moi tes femmes et les meilleurs de tes fils. »

Le roi d'Israël répondit : « Selon tes ordres, mon seigneur le roi, je suis à toi, moi et tout ce qui m'appartient. »

Les messagers revinrent et dirent à nouveau : « Ainsi parle Ben-Hadad : je t'ai envoyé ce message : ton argent, ton or, tes femmes et tes fils, tu me les donneras. Eh bien, demain à la même heure, je t'enverrai mes serviteurs. Ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs. Ils mettront la main sur tout ce qui réjouit tes yeux et ils l'emporteront. »

Le roi d'Israël convoqua tous les anciens du pays et dit : « Reconnaissez-le, vous voyez bien que cet homme nous veut du mal. Quand il m'a réclamé mes femmes et mes fils, mon argent et mon or, je ne lui ai rien refusé. »

Tous les anciens et tout le peuple lui dirent : « Ne l'écoute pas ! N'accepte pas ! »

Il répondit aux messagers de Ben-Hadad : « Dites à mon seigneur le roi : tout ce que tu as fait demander à ton serviteur la première fois, je le ferai. Mais cette exigence, je ne peux la satisfaire. »

Les messagers s'en allèrent et rapportèrent au roi la réponse. Ben-Hadad lui envoya dire : « Que les dieux amènent le malheur sur moi, et pire encore, s'il reste à Samarie assez de poussière pour que tous les gens qui me suivent en aient une poignée ! »

Le roi d'Israël lui fit répondre : « Dites-lui : celui qui boucle son ceinturon, qu'il ne crie pas victoire comme celui qui le détache. »

Quand il entendit cette parole, Ben-Hadad, qui était en train de boire avec les rois sous les tentes, dit à ses serviteurs : « À vos postes ! » Et ils prirent position contre la ville.

Voici qu'un prophète s'avança au-devant d'Achab, roi d'Israël, et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur : as-tu vu cette grande multitude ? Voici que je la livre aujourd'hui dans ta main, et tu reconnaîtras que je suis le Seigneur. »

Achab demanda : « Par qui me la livres-tu ? » Il répondit : « Ainsi parle le Seigneur : par l'élite des chefs de district. » Achab reprit : « Qui engagera le combat ? » Le prophète répondit : « Toi ! »

Achab passa en revue l'élite des chefs de district : ils étaient deux cent quarante-deux. Après eux, il passa en revue tout le peuple, tous les fils d'Israël : sept mille hommes.

Ils firent une sortie à l'heure de midi, tandis que Ben-Hadad, sous les tentes, buvait jusqu'à l'ivresse avec les rois, les trente-deux rois, ses alliés. L'élite des chefs de district sortit d'abord. Ben-Hadad envoya aux nouvelles. On lui fit ce rapport : « Des hommes sont sortis de Samarie. » Il répondit : « S'ils sortent pour la paix, prenez-les vivants ; s'ils sortent pour le combat, prenez-les vivants aussi. »

Ceux qui étaient sortis de la ville, c'était l'élite des chefs de district, et l'armée venait après eux. Et ils frappèrent chacun son homme. Les Araméens s'enfuirent, et Israël les poursuivit. Ben-Hadad, roi d'Aram, se sauva à cheval avec quelques cavaliers. Le roi d'Israël sortit, il frappa les chevaux et les chars, infligeant à Aram une grande défaite.

Le prophète s'avança vers le roi d'Israël. Il lui dit : « Va, montre-toi courageux, considère bien ce que tu dois faire, car au retour du printemps, le roi d'Aram montera contre toi. »

Les serviteurs du roi d'Aram lui dirent : « Leur dieu, c'est un dieu des montagnes, c'est pourquoi ils l'ont emporté sur nous. Mais combattons-les dans la plaine, et à coup sûr, nous l'emporterons sur eux. Fais donc ceci : relève de son poste chacun des rois et mets à leur place des gouverneurs. Pour toi, recrute une armée aussi puissante que celle qui est tombée à tes côtés, cheval pour cheval et char pour char, et livrons-leur bataille dans la plaine. Alors, à coup sûr, nous l'emporterons sur eux. »

Il écouta leur avis et fit ainsi. Au retour du printemps, Ben-Hadad passa donc en revue les Araméens, puis il monta vers Afek pour livrer bataille à Israël. De leur côté, les fils d'Israël furent passés en revue et approvisionnés, puis ils marchèrent à la rencontre des Araméens. Les fils d'Israël campèrent en face d'eux, disposés comme deux petits troupeaux de chèvres, alors que les Araméens remplissaient le pays.

L'homme de Dieu s'avança et dit au roi d'Israël : « Ainsi parle le Seigneur : parce que les Araméens ont dit : "Le Seigneur est un dieu des montagnes et non un dieu des vallées", je livrerai entre tes mains cette grande multitude, et vous reconnaîtrez que je suis le Seigneur. »

Ils campèrent les uns en face des autres durant sept jours. Le septième jour, le combat s'engagea et les fils d'Israël battirent les Araméens : cent mille fantassins en un seul jour. Ceux qui restaient s'enfuirent dans la ville d'Afek, mais le rempart s'écroula sur ces vingt-sept mille hommes qui restaient.

Et Ben-Hadad s'enfuit. Il entra dans la ville et se réfugia dans une chambre retirée. Ses serviteurs lui dirent : « Voici, nous avons entendu dire que les rois de la maison d'Israël sont des rois qui font miséricorde. Permets que nous mettions de la toile à sac autour de nos reins et des cordes autour de nos têtes, puis nous sortirons au-devant du roi d'Israël. Peut-être te laissera-t-il la vie sauve ? »

Ils serrèrent de la toile à sac sur leurs reins et des cordes autour de leurs têtes, puis ils se rendirent auprès du roi d'Israël. Ils lui dirent : « Ton serviteur Ben-Hadad a dit : "Pourrais-je avoir la vie sauve ?" » Il répondit : « Est-il encore vivant ? Il est mon frère ! »

Les hommes virent là un bon présage. Ils se hâtèrent de le prendre au mot et dirent à leur tour : « Ben-Hadad est ton frère. » Achab reprit : « Allez le chercher. » Ben-Hadad sortit vers lui et celui-ci le fit monter sur son char.

Ben-Hadad lui dit : « Les villes que mon père a prises à ton père, je les restitue, et tu auras à Damas des rues pour le commerce, tout comme en possédait mon père à Samarie. » Achab répondit : « Et moi, je te laisserai aller si nous faisons alliance. » Il conclut donc avec lui une alliance et le laissa partir.

Par ordre du Seigneur, un des frères prophètes dit à celui qui l'accompagnait : « Frappe-moi ! » Mais l'autre refusa de le frapper. Il lui dit : « Parce que tu n'as pas écouté la voix du Seigneur, dès que tu m'auras quitté, un lion te frappera. » L'autre s'était à peine éloigné que le lion le rencontra et le frappa.

Le prophète rencontra un autre homme et lui dit : « Frappe-moi ! » L'autre le frappa et le blessa. Le prophète alla se poster, guettant le roi sur le chemin. Il s'était rendu méconnaissable, un bandeau sur les yeux.

Comme le roi passait, il lui cria : « Ton serviteur était sorti pour s'engager dans la bataille. Soudain, quelqu'un, s'écartant du combat, m'a amené un homme en disant : "Surveille cet homme. S'il vient à disparaître, ta vie répondra pour sa vie, ou bien tu paieras la valeur d'un lingot d'argent." Or, ton serviteur s'était occupé ici et là, et l'homme n'y était plus. »

Le roi d'Israël lui dit : « Voilà ta sentence, tu l'as rendue toi-même. » Aussitôt, l'homme enleva de ses yeux le bandeau, et le roi d'Israël s'aperçut que c'était un des prophètes. Celui-ci lui dit : « Ainsi parle le Seigneur : parce que tu as laissé échapper de ta main l'homme que j'avais voué à l'anathème, ta vie répondra pour sa vie, et ton peuple pour son peuple. »

Puis le roi d'Israël s'en retourna chez lui, sombre et irrité. Il rentra à Samarie.

Lecture : 1 Rois 21

Naboth, de la ville de Yizréel, possédait une vigne à côté du palais d'Achab, roi de Samarie. Achab dit un jour à Naboth : « Cède-moi ta vigne. Elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison. Je te donnerai en échange une vigne meilleure ou, si tu préfères, je te donnerai l'argent qu'elle vaut. » Naboth répondit à Achab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l'héritage de mes pères ! »

Achab retourna chez lui, sombre et irrité, parce que Naboth lui avait dit : « Je ne te céderai pas l'héritage de mes pères. » Il se coucha sur son lit, il tourna son visage vers le mur et refusa de manger.

Sa femme Jézabel vint lui dire : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu pas manger ? » Il répondit : « J'ai parlé à Naboth de Yizréel. Je lui ai dit : "Cède-moi ta vigne pour de l'argent ou, si tu préfères, une autre vigne en échange." Mais lui, il a répondu : "Je ne te céderai pas ma vigne." »

Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d'Israël, oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur. Moi, je vais te la donner, la vigne de Naboth. »

Elle écrivit des lettres au nom d'Achab, les scella du sceau royal, et elle les adressa aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth. Elle avait écrit dans ces lettres : « Proclamez un jeûne. Faites comparaître Naboth devant le peuple. Placez en face de lui deux vauriens qui témoigneront contre lui : "Tu as maudit Dieu et le roi." Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le, et qu'il meure. »

Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné dans ces lettres. Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple. Alors arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage : « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut. Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. »

Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Achab : « Va, prends possession de la vigne de ce Naboth qui a refusé de la céder pour de l'argent, car il n'y a plus de Naboth : il est mort. » Quand Achab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession.

Mais la parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie de Tishbé : « Lève-toi, va trouver Achab qui règne sur Israël à Samarie. Il est en ce moment dans la vigne de Naboth où il s'est rendu pour en prendre possession. Tu lui diras : "Ainsi parle le Seigneur : tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession !" C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : à l'endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth, les chiens laperont ton sang, à toi aussi. »

Achab dit à Élie : « Tu m'as donc retrouvé, toi, mon ennemi ? » Élie répondit : « Oui, je t'ai retrouvé. Puisque tu t'es déshonoré en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur, je vais faire venir sur toi le malheur. Je supprimerai ta descendance, j'exterminerai tous les mâles de ta maison, esclaves ou hommes libres en Israël. Je ferai à ta maison ce que j'ai fait à celle de Jéroboam, fils de Nabath, et à celle de Basha, fils d'Ahia, tes prédécesseurs, car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël. »

Et le Seigneur a encore cette parole contre Jézabel : « Les chiens dévoreront Jézabel sous les murs de la ville de Yizréel. Celui de la maison d'Achab qui mourra dans la ville sera dévoré par les chiens ; celui qui mourra dans la campagne sera dévoré par les oiseaux du ciel. »

On n'a jamais vu personne se déshonorer comme Achab, en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur, sous l'influence de sa femme Jézabel. Il s'est conduit d'une manière abominable en s'attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites que le Seigneur avait chassés devant les Israélites.

Quand Achab entendit les paroles prononcées par Élie, il déchira ses habits, se couvrit le corps d'une toile à sac, un vêtement de pénitence, et il jeûnait. Il gardait la toile à sac pour dormir, et il marchait lentement.

Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie : « Tu vois comme Achab s'est humilié devant moi. Puisqu'il s'est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant : c'est sous le règne de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. »


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