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Jour 160 ☼ — Réformes, pouvoir… et silence de Dieu

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 14 du deuxième livre des Rois, le frère Paul-Adrien lit le règne d'Amasias de Juda — sa justice mesurée envers les meurtriers de son père, sa victoire sur Édom, puis sa guerre orgueilleuse et perdue contre Joas d'Israël — avant le long et glorieux règne de Jéroboam II à Samarie. Le commentaire souligne l'ambivalence de cette période de flottement : des réformes religieuses incomplètes, une grandeur militaire réelle au nord, une fragilité politique chronique au sud où les rois tombent les uns après les autres sous les complots. Et surtout, un détail qui devrait alerter : on n'entend plus parler de prophètes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Alors maintenant, il se passe quoi ? Une fois qu'on a pris le pouvoir, qu'on a fait une réforme religieuse dont on a vu qu'il fallait quand même modérer l'ardeur — enfin, à défaut d'avoir de la ferveur, au moins on aura eu du sang — mais maintenant, qu'est-ce qui va se passer ? Ah, on va voir !

Lecture : 2 Rois 14

La deuxième année du règne de Joas, fils de Joachaz, roi d'Israël, Amasias, fils de Joas, roi de Juda, devint roi. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Yoadane, elle était de Jérusalem.

Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur, mais non pas comme David, son ancêtre. En tout, il fit ce qu'avait fait Joas, son père. Cependant, les lieux sacrés ne disparurent pas. Le peuple offrait encore des sacrifices et brûlait de l'encens dans les lieux sacrés.

Lorsque la royauté fut affermie entre ses mains, Amasias frappa ceux de ses serviteurs qui avaient frappé le roi, son père. Mais il ne mit pas à mort les fils des meurtriers, selon ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse, où le Seigneur a donné cet ordre : « Les pères ne seront pas mis à mort à la place des fils, les fils ne seront pas mis à mort à la place des pères, mais chacun sera mis à mort pour son propre péché. »

C'est lui, Amasias, qui frappa les Édomites dans la vallée du Sel, au nombre de dix mille, et qui prit d'assaut la Roche. Il lui donna le nom de Yoctéel, nom qu'elle porte encore aujourd'hui.

Alors Amasias envoya des messagers à Joas, fils de Joachaz, fils de Jéhu, roi d'Israël, pour lui dire : « Viens et affrontons-nous ! »

Joas, roi d'Israël, envoya à son tour des messagers à Amasias, roi de Juda, pour lui dire : « Le chardon du Liban envoya dire au cèdre du Liban : "Donne ta fille pour femme à mon fils." Mais une bête sauvage du Liban est passée, elle a piétiné le chardon. Parce que tu as vaincu Édom, ton cœur s'enorgueillit. Glorifie-toi, mais reste chez toi ! Pourquoi provoquer le malheur et tomber, toi et Juda, avec toi ? »

Mais Amasias n'écouta pas. Alors Joas, roi d'Israël, se mit en marche et affronta Amasias, roi de Juda, à Beth-Shémesh, qui appartient à Juda. Ceux de Juda furent battus par Israël et ils s'enfuirent chacun à sa tente.

À Beth-Shémesh, Joas, roi d'Israël, fit prisonnier Amasias, roi de Juda, fils de Joas, fils d'Ochozias. Puis il se rendit à Jérusalem. Il fit au rempart de Jérusalem une brèche de quatre cents coudées, depuis la porte d'Éphraïm jusqu'à la porte de l'Angle. Il prit tout l'or, tout l'argent, tous les objets qui se trouvaient dans la maison du Seigneur et dans les trésors de la maison du roi, ainsi que des otages. Puis il retourna à Samarie.

Le reste des actions de Joas, ce qu'il a fait, ainsi que sa bravoure, et comment il combattit Amasias, roi de Juda, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ?

Amasias, fils de Joas, roi de Juda, vécut encore quinze ans après la mort de Joas, fils de Joachaz, roi d'Israël. Le reste des actions d'Amasias, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois de Juda ?

À Jérusalem, certains tramèrent un complot contre lui. Il s'enfuit dans la ville de Lakish. Mais on envoya des gens à sa poursuite. C'est à Lakish qu'il fut mis à mort. Puis on le transporta sur des chevaux et il fut enseveli à Jérusalem avec ses pères, dans la cité de David.

Tout le peuple de Juda prit Azarias, âgé de seize ans, et le fit roi à la place de son père, Amasias. C'est lui qui rebâtit Élath et la réintégra en Juda, après que le roi Amasias eut reposé avec ses pères.

La quinzième année du règne d'Amasias, fils de Joas, roi de Juda, Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, devint roi à Samarie pour quarante et un ans. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Il ne s'écarta d'aucun des péchés que Jéroboam, fils de Nebath, avait fait commettre à Israël.

Lui qui rétablit les frontières d'Israël, depuis l'entrée de Hamath jusqu'à la mer de la Araba, conformément à la parole que le Seigneur, Dieu d'Israël, avait dite par l'intermédiaire de son serviteur, le prophète Jonas, fils d'Amittaï, qui était de Gath-Hépher. Car le Seigneur avait vu la misère très amère d'Israël : plus d'esclaves, plus d'hommes libres, plus personne pour secourir Israël. Mais le Seigneur n'avait pas dit qu'il effacerait le nom d'Israël de dessous les cieux. Et il le sauva par la main de Jéroboam, fils de Joas.

Le reste des actions de Jéroboam, et tout ce qu'il a fait, ainsi que sa bravoure, comment il avait combattu pour annexer Damas et Hamath au royaume d'Israël, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ? Jéroboam reposa avec ses pères, avec les rois d'Israël. Son fils Zacharie régna à sa place.

Commentaire

Alors, pour une fois, on vous a davantage parlé du royaume de Juda que du royaume d'Israël, avec un nouveau roi, Amasias, dont on nous dit que sa mère s'appelait Yoadane et qu'elle était de Jérusalem. C'est peut-être un détail pour vous, mais je suppose que pour les habitants de Jérusalem, ça voulait dire beaucoup. Ça veut dire en tout cas que pour une fois, il n'y a pas une mère, une régente qui vient d'Israël, et derrière, il y a peut-être un petit peu de patriotisme, comme une velléité de retrouver son indépendance vis-à-vis d'Israël.

Ensuite, le texte a continué en vous disant : « Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur » — donc ça, ça veut dire qu'il suit les prêtres et le temple — « mais non pas comme David, son ancêtre ». Donc ça, maintenant, on a inventé une nouvelle catégorie. Second best choice. Vous savez, comme dit le proverbe : à défaut de manger des grives, on se contente de merles.

Et puis, on a encore un autre proverbe dans la vie religieuse. Celui-là, c'est moi qui l'ai inventé, je réclame la paternité : les supérieurs que l'on a, c'est souvent la deuxième marche du podium, mais dans la vie religieuse, la deuxième marche du podium, c'est souvent la première. C'était un proverbe que j'avais inventé parce que j'en avais un peu ras-le-bol des supérieurs qui étaient des grands génies, qui avaient des super idées et qui finissaient parfois par être un peu cassants quand on ne les suivait pas. Et la deuxième marche du podium, c'était les supérieurs qui n'avaient pas forcément des idées géniales, mais ils étaient gentils, ils étaient bienveillants envers les frères. Et c'est là où je disais que la deuxième marche du podium, c'est souvent la première. Bref. Assez parlé de moi, retournons au texte.

Donc, nouvelle catégorie : les rois qui sont droits aux yeux du Seigneur, mais pas comme David. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a encore des lieux idolâtriques. Le peuple offre encore des sacrifices et brûle de l'encens dans les lieux sacrés. C'est ce que je vous avais dit une fois : quand même, jusque dans le temple de Jérusalem, on trouvera des idoles, des déesses de la fécondité.

Ensuite, on vous raconte les exploits militaires d'Amasias, qui a tout un programme derrière lui. Ça commence avec Édom, qui était un état anciennement vassal de Juda et qui s'était révolté. Et là, Juda réaffirme sa souveraineté sur Édom. Et Amasias, il prend la confiance, parce qu'il a gagné contre des tribus semi-nomades à l'est du Jourdain. Il se dit : maintenant, c'est le moment où je vais me faire le royaume d'Israël.

C'est un peu dommage quand même, on se dit. Parce qu'écoutez, il y avait une révolution qui s'était faite de manière conjointe au nord et au sud, et qui a eu un même mouvement de refondation spirituelle. On pourrait penser qu'il y aurait une fraternité accrue. Eh bien non, c'est une guerre entre le nord et le sud à laquelle on a droit.

En même temps, Amasias, vous me direz, ce n'est pas qu'il voulait faire la guerre pour faire la guerre, c'est qu'il voulait retrouver son indépendance. OK. Mais la vraie question, c'est : est-ce qu'Israël, à cette époque-là, gouvernait mal ? Juda qui veut retrouver son indépendance, on comprend, mais encore faut-il que ce soit intelligent. Parce que là, quand même, au nord, vous avez un nouveau roi, il s'appelle Jéroboam. Alors, je vous avoue, entre Jéroboam, Roboam, Josias, Joad… enfin, on ne s'en sort plus, quoi.

Donc, il y a un nouveau roi au nord, Jéroboam, qui, lui, on vous dit qu'il ne s'écarta pas des péchés que Jéroboam — le premier Jéroboam — avait fait commettre à Israël : les fameux sanctuaires de Dan et de Béthel. Mais ce nouveau Jéroboam, manifestement, c'est un grand roi aussi. Regardez du point de vue militaire : il arrive à rétablir les anciennes frontières. Verset 25 :

C'est lui qui rétablit les frontières d'Israël, depuis l'entrée de Hamath jusqu'à la mer de la Araba, conformément à la parole que le Seigneur, Dieu d'Israël, avait dite.

Ça, c'est à ce point une œuvre grandiose qu'il y a comme un lointain écho de la splendeur de Salomon. On a presque l'impression de retrouver l'ancien territoire. Donc, est-ce que c'était intelligent pour Juda de choisir de se rebeller à ce moment-là, sachant qu'Aram est en pleine période d'expansion, et ce qui allait venir avec la Syrie ? Eh bien, ce n'est pas dit.

Puis, regardez la réponse que vous avez entendue, la réponse que le roi d'Israël avait fait dire à Amasias quand il avait voulu se révolter. « Le chardon du Liban » — sous-entendu Juda, qui est comme Abimélek — « envoya dire au cèdre du Liban » — ça, c'est Israël, sous-entendu : écoute, nous, on est quand même une catégorie au-dessus. C'est vrai qu'ils sont plus riches.

Parce que tu as vaincu Édom, ton cœur s'enorgueillit. Glorifie-toi, mais reste chez toi. Pourquoi provoquer le malheur et tomber, toi et Juda, avec toi ?

Moi, je trouve que c'est une réponse qui dénote une certaine grandeur d'âme de la part des souverains du Nord. Tandis qu'Amasias, lui, non seulement il prend la confiance, mais à la fin, il devient parano. Et encore, comme son père, il devient victime d'un complot. On sent qu'il y a quand même une petite fragilité politique dans le royaume de Juda. Ça fait quand même pas mal de rois et de reines qui, successivement, se font remplacer à coups de poignard.

Donc, au total, on fait quoi de tout ça ? Eh bien, on ne sait pas. On est dans une période de flottement. Il y a des choses qui sont très bonnes, il y en a d'autres qui sont problématiques. Il y a des réformes religieuses, mais elles sont incomplètes. Il y a une grandeur militaire, mais en même temps, il y a Aram qui a commencé à amputer des territoires. C'est le moment où tout va se jouer. On est à l'équilibre. C'est dans les prochains chapitres que ça va se jouer, on ne sait pas ce que ça va donner.

Il y a quand même quelque chose qui devrait vous mettre la puce à l'oreille : on n'entend plus parler de prophètes. C'est comme s'ils avaient disparu.

Psaume 120

Je lève les yeux vers les montagnes : d'où le secours me viendra-t-il ? Le secours me viendra du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Qu'il empêche ton pied de glisser, qu'il ne dorme pas, ton gardien. Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d'Israël.

Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi. Le soleil pendant le jour ne pourra te frapper, ni la lune durant la nuit.

Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie. Le Seigneur te gardera au départ et au retour, maintenant, à jamais.


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