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Jour 164 ☼ — Ézéchias face à l'Assyrie : Dieu provoqué !

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Résumé : Israël a disparu, Aram est tombé, et plus aucun État tampon ne sépare Juda de l'Empire assyrien. Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 18 du deuxième livre des Rois : l'avènement d'Ézéchias, sa réforme religieuse — il va jusqu'à briser le serpent de bronze de Moïse devenu idole —, la déportation d'Israël, puis la montée de Sennakérib et le discours de défi du grand échanson au pied des remparts de Jérusalem. Le commentaire éclaire l'existence historiquement attestée d'Ézéchias, son tunnel d'approvisionnement en eau, et les tendances idolâtriques de la religion israélite de l'époque. Surtout, il souligne le basculement final : en défiant le Seigneur lui-même, l'Assyrien transforme la guerre en un défi d'homme à Dieu — et Dieu n'a plus le choix, il va entrer en scène.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Le royaume du nord a disparu et les habitants ont soit été déportés, soit se sont réfugiés dans le sud. Souvenez-vous, nous avons vu de tels prophètes qui étaient partis d'Israël pour se réfugier dans le sud, probablement Nahoum, dont nous avons lu le livre auparavant.

Que va-t-il maintenant se passer dans le royaume de Juda ? Aram est tombé, Israël est tombé, il n'y a plus aucun état tampon entre cet empire au nord et Juda. L'heure de la confrontation a sonné. Sauf que pour une fois, il semble y avoir quelqu'un aux commandes à Juda.

Deuxième livre des Rois, chapitre 18.

Lecture : 2 Rois 18

La troisième année du règne d'Osée, fils d'Éla, roi d'Israël, Ézéchias, fils d'Acaz, roi de Juda, devint roi. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Abia, fille de Zacharie.

Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait David son ancêtre. C'est lui qui supprima les lieux sacrés. Il brisa les stèles, coupa le poteau sacré et mit en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fabriqué, car jusqu'à ces jours-là, les fils d'Israël brûlaient de l'encens devant lui. On l'appelait Nehouchtane.

C'est dans le Seigneur, le Dieu d'Israël, qu'Ézéchias mit sa confiance. Et aucun des rois de Juda ne lui fut comparable, ni avant ni après lui. Il resta attaché au Seigneur, sans jamais s'écarter de lui. Il garda les commandements que le Seigneur avait prescrits à Moïse. Le Seigneur fut avec lui, il réussit dans toutes ses entreprises. Il se révolta contre le roi d'Assour et ne lui fut plus soumis. C'est lui qui battit les Philistins jusqu'à Gaza et son territoire, aussi bien les postes de garde que les places fortes.

La quatrième année du roi Ézéchias, septième année du règne d'Osée, fils d'Éla, roi d'Israël, Salmanasar, roi d'Assour, monta contre Samarie et l'assiégea. Il prit la ville au bout de trois ans. La sixième année d'Ézéchias, neuvième année d'Osée, roi d'Israël, Samarie fut prise. Le roi d'Assour déporta les gens d'Israël au pays d'Assour. Il les conduisit à Halah, sur le Habor, fleuve de Gozan, et dans les villes de Médie. Cela arriva parce qu'ils n'avaient pas écouté la voix du Seigneur leur Dieu, parce qu'ils avaient transgressé son alliance, tout ce que Moïse, serviteur du Seigneur, avait prescrit. Ils n'avaient pas écouté et n'avaient rien mis en pratique.

La quatorzième année du règne d'Ézéchias, Sennakérib, roi d'Assour, monta contre toutes les villes fortifiées de Juda et s'en empara. Ézéchias, roi de Juda, envoya ce message au roi d'Assour, à Lakish : « J'ai commis une faute. Détourne-toi de moi. L'impôt que tu me fixeras, je l'apporterai. » Le roi d'Assour exigea d'Ézéchias, roi de Juda, trois cents talents d'argent et trente talents d'or. Ézéchias remit tout l'argent qui se trouvait dans la maison du Seigneur et dans les trésors de la maison du roi. À ce moment-là, Ézéchias arracha des portes du temple du Seigneur et de leurs montants le métal dont lui-même, roi de Juda, les avait recouverts. Il le remit au roi d'Assour.

De Lakish, le roi d'Assour envoya au roi Ézéchias, à Jérusalem, le commandant en chef, le grand dignitaire et le grand échanson, avec une armée considérable. Ils montèrent à Jérusalem, y arrivèrent et prirent position près du canal du réservoir supérieur, sur la route du Champ du Foulon. Ils appelèrent le roi. Le maître du palais Élyakim, fils de Hilqiyas, le secrétaire Shebna et l'archiviste Yoah, fils d'Asaph, sortirent à leur rencontre.

Le grand échanson leur dit : « Je vous en prie, dites à Ézéchias : Ainsi parle le grand roi, le roi d'Assour. Quelle est cette confiance en laquelle tu te reposes ? Tu te dis : paroles en l'air que conseil et vaillance pour la guerre ! En qui donc as-tu mis ta confiance pour te révolter contre moi ? Voici que tu as mis ta confiance dans le soutien d'un roseau brisé, l'Égypte, qui perce et pénètre la main de quiconque s'appuie sur lui. Tel est Pharaon, roi d'Égypte, pour tous ceux qui mettent leur confiance en lui. Vous me direz peut-être : c'est dans le Seigneur notre Dieu que nous mettons notre confiance. Mais n'est-ce pas ce Dieu dont Ézéchias a supprimé les lieux sacrés et les autels, en disant aux gens de Juda et de Jérusalem : c'est devant cet autel, à Jérusalem, que vous vous prosternerez ? Eh bien, fais donc un pari avec mon Seigneur, le roi d'Assour : je te donnerai deux mille chevaux, si tu peux te procurer des cavaliers pour les monter. Comment ferais-tu reculer un seul gouverneur, le moindre des serviteurs de mon Seigneur ? Et tu mets ta confiance dans l'Égypte pour avoir chars et cavaliers ? Et puis, est-ce sans l'accord du Seigneur que je suis monté contre ce lieu pour le détruire ? C'est le Seigneur qui m'a dit : Monte contre ce pays et détruis-le. »

Élyakim, fils de Hilqiyas, Shebna et Yoah dirent au grand échanson : « Je t'en prie, parle en araméen à tes serviteurs, nous le comprenons. Mais ne nous parle pas en judéen aux oreilles du peuple qui est sur le rempart. » Le grand échanson leur répondit : « Est-ce à ton maître et à toi que mon Seigneur m'a envoyé dire ces paroles ? N'est-ce pas aux hommes qui se tiennent sur le rempart, réduits comme vous à manger leurs excréments et à boire leur urine ? »

Le grand échanson se tint debout et cria d'une voix forte, en judéen. Il prononça ces mots : « Écoutez la parole du grand roi, le roi d'Assour. Ainsi parle le roi : Qu'Ézéchias ne vous trompe pas, car il ne pourra pas vous délivrer de ma main. Et qu'il ne vous persuade pas de mettre votre confiance dans le Seigneur en disant : Sûrement le Seigneur nous délivrera, cette ville ne sera pas livrée aux mains du roi d'Assour. N'écoutez pas Ézéchias, car ainsi parle le roi d'Assour : Faites la paix avec moi et rendez-vous à moi, que chacun de vous mange le fruit de sa vigne et de son figuier, et qu'il boive l'eau de sa citerne, jusqu'à ce que je vienne vous prendre pour vous emmener dans un pays comme le vôtre, un pays de froment et de vin nouveau, un pays de pain et de vignoble, un pays d'oliviers, d'huile fraîche et de miel. Ainsi vous vivrez et ne mourrez pas. N'écoutez pas Ézéchias, car il vous abuse lorsqu'il dit : le Seigneur nous délivrera. Les dieux des nations ont-ils vraiment délivré chacun son pays de la main du roi d'Assour ? Où sont les dieux de Hamath et d'Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm, de Héna et d'Iwa ? Ont-ils délivré Samarie de ma main ? Parmi tous les dieux de ces pays, lesquels ont délivré leur pays de ma main, pour que le Seigneur délivre de ma main Jérusalem ? »

Le peuple garda le silence et ne lui répondit pas un mot, car tel était l'ordre du roi : « Vous ne lui répondrez pas. » Élyakim, fils de Hilqiyas, maître du palais, le secrétaire Shebna et l'archiviste Yoah, fils d'Asaph, remontèrent vers Ézéchias, les vêtements déchirés, et lui rapportèrent les paroles du grand échanson.

Commentaire

Donc, ce sera Ézéchias. Ézéchias, roi de Juda vers 716-687 avant Jésus-Christ, un des rois bibliques dont l'existence est confirmée. On a retrouvé sa trace dans les annales de Sennakérib, c'est-à-dire dans les archives officielles de l'Empire assyrien. On y apprend que Juda était bien devenu vassal et que l'Empire assyrien avait bien exigé ses fameux trente talents d'or, et même huit cents talents d'argent, mais que ça n'avait pas suffi pour lui, et qu'Ézéchias s'était rebellé devant l'avidité de l'Empire assyrien.

Et on a encore à Jérusalem ce que l'on appelle le tunnel d'Ézéchias. On peut aller le visiter, je suis allé dedans, c'est assez magique. On va de la piscine de Siloé jusqu'au temple. C'est un aqueduc souterrain qui existe encore aujourd'hui, construit par ordre du roi Ézéchias pour protéger l'approvisionnement en eau de Jérusalem en cas de siège.

Et Ézéchias… souvenez-vous de ce que je vous disais, un peu blasé, la dernière fois : comment la deuxième marche était souvent la première. Eh bien, pour une fois, on a l'occasion de faire autrement : on retourne en haut du podium. On vous dit que non seulement Ézéchias fit ce qui était droit aux yeux du Seigneur, mais on vous rajoute la mention :

tout comme avait fait David son ancêtre.

Et ça, dans la plume du rédacteur, ça veut dire des choses. On vous dit qu'il suit la loi de Moïse, qu'il marche dans les commandements. On vous dit qu'il supprime les hauts lieux, et même qu'il met en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fait.

Ça, tout le monde s'en souvient. On l'a vu, c'était dans le livre des Nombres. Quand les Hébreux au désert étaient mordus par des serpents, pour les guérir, Moïse avait fait un serpent en bronze en disant : quiconque le regardera sera délivré. Et ça vous donnera plus tard la phrase de Jésus à Nicodème : de même que le serpent de bronze a été élevé, de même faut-il que le Fils de l'homme soit élevé. Sauf que ce serpent de bronze était devenu un objet de culte idolâtrique.

Et tout ça, ça va dans le sens de ce que je vous disais sur les tendances idolâtriques dans la religion israélite de l'époque. Le Dieu d'Israël était adoré tantôt sous la forme d'un veau d'or, dans les sanctuaires de Dan et de Béthel, tantôt sous la forme d'un serpent de bronze, dans le sanctuaire qu'Ézéchias fait disparaître. Avant, il était adoré sous la forme d'une Arche d'Alliance — souvenez-vous des tendances idolâtriques qu'on avait repérées dans le livre des Juges et dans Samuel. Mais manifestement, il n'y en avait pas beaucoup qui adoraient Dieu à travers ses commandements.

Bref, pour une fois, Ézéchias refonde tout ça, et devant l'avidité de l'Assyrie, refuse de se soumettre. C'est là que vous avez ce discours du grand échanson qui vient narguer les Israélites — enfin, les Judéens — en haut de leur rempart. Il faut imaginer la scène : Israël est tombé, Aram est tombé, Juda est le prochain sur la liste. Et là, il y a ce mélange de flatterie et de mensonges :

Que chacun de vous mange le fruit de sa vigne et de son figuier, et qu'il boive l'eau de sa citerne, jusqu'à ce que je vienne vous prendre pour vous emmener dans un pays comme le vôtre, un pays de froment et de vin nouveau, un pays de pain et de vignoble, un pays d'oliviers, d'huile fraîche et de miel. Ainsi vous vivrez et ne mourrez pas.

On a presque l'impression que la déportation qu'il propose, ça va ressembler à une balade au Club Med. Sauf que, verset 35, écoutez comment se termine son discours :

Parmi tous les dieux de ces pays, lesquels ont délivré leur pays de ma main, pour que le Seigneur délivre de ma main Jérusalem ?

C'est là où Dieu voulait en venir. Avec Ézéchias qui essaie de suivre Dieu, maintenant la guerre redevient ce qu'elle est vraiment : non pas un défi d'homme à homme, mais un défi d'homme à Dieu. Et c'est Dieu qui vient d'être provoqué. « Vas-y ! Si tu es Dieu, prouve-moi ta valeur. » Et là, pour le coup, Dieu n'a plus le choix. Il va rentrer en scène. C'est un défi qu'on lui a lancé, à lui.

Nous terminons par un psaume.

Psaume 126

Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain. Si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes.

En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain, un pain de douleur. Dieu comble son bien-aimé quand il dort.

Des fils, voilà ce que donne le Seigneur. Des enfants, la récompense qu'il accorde. Comme des flèches aux mains d'un guerrier, ainsi les fils de la jeunesse.

Heureux l'homme vaillant qui a garni son carquois de telles armes ! S'ils affrontent leurs ennemis sur la place, ils ne seront pas humiliés.


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