Jour 165 ☼ — Dieu répond enfin… et fait tomber l'orgueil !
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Résumé : Au cent-soixante-cinquième jour, le frère Paul-Adrien félicite ses auditeurs d'avoir déjà parcouru un gros tiers de la Bible, puis lit le chapitre 19 du deuxième livre des Rois. Face aux provocations du roi d'Assour, Ézéchias déchire ses vêtements, monte à la maison du Seigneur et prie : c'est le premier roi depuis Salomon à faire du Temple autre chose qu'un entrepôt. Isaïe transmet alors l'oracle qui annonce la chute de l'orgueilleux Sénachérib, et l'ange du Seigneur frappe cent quatre-vingt-cinq mille hommes du camp assyrien. Le commentaire confronte le récit biblique aux annales assyriennes — le prisme de Taylor, muet sur la prise de Jérusalem — et à Hérodote, qui parle d'une armée assyrienne détruite par des rats. L'épisode se termine par le psaume 127.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Cent-soixante-cinquième jour. On n'est pas encore tout à fait à la moitié, mais on en a déjà fait un gros tiers, donc bravo ! Je pense que tout le monde peut s'arrêter ici quelques instants, se congratuler, se dire que ce n'est pas mal, que voilà, maintenant vous êtes en train de devenir, à votre manière, des biblistes, des hommes qui connaissent la Parole de Dieu. Et ce n'est pas fini !
Mais vous avez dû sentir comment, dans votre âme, certaines choses étaient en train de changer. Probablement un peu moins de naïveté, probablement aussi un peu plus d'amour, en tout cas de la vertu, de la finesse. La Bible. La Bible ! La Bible ! C'est tellement génial que ça ne peut venir que de Dieu. Enfin, vous l'avez senti à travers toute la finesse de ces chapitres. Ça alterne entre le rire, la cruauté, le génie, la tendresse, la justice et la colère. Enfin, c'est le yo-yo émotionnel, toujours et partout. C'est Dieu qui vous fait visiter les montagnes russes dans l'espoir qu'à un moment donné, votre cœur se retourne pour que vous reveniez à Lui parce que vous tombez amoureux de Lui.
Eh bien, moi je dis, ça mérite de votre part un petit coup de pouce et de nous aider. On n'y arrivera pas sans vous. Aidez-moi à payer les patates. Les liens sont en bas. Que la générosité des uns appelle la reconnaissance des autres.
Allez, on continue. On a vu comment Dieu avait été provoqué. Et ce n'est jamais très intelligent de provoquer Dieu. Comme disait Harry Potter, il ne faut jamais titiller le dragon qui dort. Numquam titillandus draco dormiens, je crois. Je ne sais plus. Enfin bref. Deuxième livre des Rois, chapitre 19.
Lecture : 2 Rois 19
Quand le roi Ézéchias entendit cela, il déchira ses vêtements, se couvrit d'une toile à sac et se rendit à la maison du Seigneur. Il envoya le maître du palais Éliakim, le secrétaire Shebna et les plus anciens des prêtres, couverts de toile à sac, vers le prophète Isaïe, fils d'Amots. Ils lui dirent : « Ainsi parle Ézéchias : jour d'angoisse, de châtiment et de honte que ce jour-ci ! Car des fils arrivent à terme et la force manque pour enfanter. Peut-être le Seigneur ton Dieu va-t-il entendre toutes les paroles du grand échanson, lui que le roi d'Assour, son seigneur, a envoyé pour insulter le Dieu vivant. Peut-être va-t-il le châtier pour les paroles que le Seigneur ton Dieu aura entendues. Fais monter une prière en faveur du reste qui subsiste. »
Les serviteurs du roi Ézéchias se rendirent auprès d'Isaïe, qui leur dit : « Vous parlerez ainsi à votre maître : ainsi parle le Seigneur. Ne crains pas les paroles que tu as entendues, les outrages proférés contre moi par les valets du roi d'Assour. Voici : une nouvelle qu'il apprendra. Je vais lui inspirer de retourner dans son pays, et c'est là que je le ferai tomber par l'épée. »
Le grand échanson partit, ayant appris que le roi d'Assour avait quitté la ville de Lakish. Il le trouva qui attaquait la ville de Libna.
Le roi d'Assour avait appris la nouvelle que voici au sujet de Tirhaka, roi d'Éthiopie : « Voici qu'il s'est mis en campagne pour passer à l'attaque contre toi. »
De nouveau, Sénachérib, roi d'Assour, envoya des messagers dire à Ézéchias : « Vous parlerez à Ézéchias, roi de Juda, en ces termes : Ne te laisse pas tromper par ton dieu en qui tu mets ta confiance, et ne dis pas : Jérusalem ne sera pas livrée aux mains du roi d'Assour. Tu sais bien ce que les rois d'Assour ont fait à tous les pays : ils les ont voués à l'anathème. Et toi seul, tu serais délivré ? Les dieux des nations les ont-ils délivrées, ces nations que mes pères ont détruites : Gozane, Harane, Récef, et les gens d'Éden qui sont à Telassar ? Où sont le roi de Hamath, le roi d'Arpad, le roi de Laïr, de Sepharvaïm, de Héna et d'Iwa ? »
Ézéchias prit la lettre de la main des messagers. Il la lut. Puis il monta à la maison du Seigneur, déplia la lettre devant le Seigneur, et devant lui il pria en disant : « Seigneur, Dieu d'Israël, toi qui sièges sur les Kéroubim, tu es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre. C'est toi qui as fait le ciel et la terre. Prête l'oreille, Seigneur, et entends. Ouvre les yeux, Seigneur, et vois. Écoute le message envoyé par Sénachérib pour insulter le Dieu vivant. Il est vrai, Seigneur, que les rois d'Assour ont ravagé les nations et leurs territoires, et brûlé leurs dieux. En réalité, ce n'étaient pas des dieux, mais un ouvrage de main d'homme, fait avec du bois et de la pierre : c'est pourquoi ils ont pu les faire disparaître. Maintenant, je t'en prie, Seigneur notre Dieu, sauve-nous de la main de Sénachérib, et tous les royaumes de la terre sauront que tu es, Seigneur, le seul Dieu. »
Alors le prophète Isaïe, fils d'Amots, envoya dire à Ézéchias : « Ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : j'ai entendu la prière que tu m'as adressée au sujet de Sénachérib, roi d'Assour. Voici la parole que le Seigneur a prononcée contre lui : Elle te méprise, elle te nargue, la vierge, la fille de Sion ! Elle hoche la tête pour se moquer de toi, la fille de Jérusalem ! Qui as-tu insulté, outragé ? Contre qui as-tu élevé la voix ? Avec hauteur, tu as porté les yeux sur le Saint d'Israël ! Par tes messagers, tu as insulté mon Seigneur. Tu as dit : avec mes nombreux chars, moi, j'ai gravi le sommet des montagnes, les cimes du Liban. J'ai abattu ses cèdres les plus fiers, ses cyprès les plus beaux. J'ai atteint sa plus lointaine retraite, son parc forestier. Moi, j'ai creusé, j'ai bu des eaux étrangères, et j'ai asséché sous mes pas tous les canaux de l'Égypte. N'entends-tu pas ? Depuis longtemps, j'avais fait ce projet. Depuis les temps anciens, je l'ai formé. Et maintenant, c'est moi qui le réalise : toi, tu étais destiné à réduire en tas de ruines les villes fortifiées. Leurs habitants ont la main trop courte. Ils sont effrayés, confondus. Ils ressemblent à l'herbe des champs, à la verdure des prés, à l'herbe des toits et au blé qui se consument avant d'avoir levé. Mais je sais quand tu t'assieds, quand tu pars en campagne et quand tu en reviens. Eh bien, parce que tu t'es emporté contre moi, que tes insolences sont montées à mes oreilles, je passerai un crochet à ton nez, un mors à ta bouche, et je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu.
Voici pour toi un signe, Ézéchias : cette année, on mangera le grain tombé ; l'an prochain, ce qui aura poussé tout seul ; mais la troisième année, semez et moissonnez, plantez des vignes et mangez-en le fruit. Le reste survivant de la maison de Juda fera de nouveau des racines par en bas, et par en haut donnera des fruits. Oui, un reste sortira de Jérusalem, et des survivants de la montagne de Sion. Il fera cela, l'amour jaloux du Seigneur.
Et voilà ce que dit le Seigneur au sujet du roi d'Assour : Il n'entrera pas dans cette ville. Il ne lui lancera pas une seule flèche. Il ne lui opposera pas un seul bouclier. Il n'élèvera pas un seul remblai. Il retournera par le chemin par lequel il est venu. Non, il n'entrera pas dans cette ville, oracle du Seigneur. Je protégerai cette ville, je la sauverai, à cause de moi-même et à cause de David, mon serviteur. »
La nuit même, l'ange du Seigneur sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp assyrien. Le matin, quand on se leva, ce n'était que des cadavres. Sénachérib, roi d'Assour, plia bagage et s'en alla. Il revint à Ninive et y demeura.
Or, comme il se prosternait dans la maison de Nisrok, son dieu, ses fils Adrammélek et Sarécer le frappèrent de l'épée et s'enfuirent au pays d'Ararat. Son fils Asarhaddon régna à sa place.
Commentaire
Verset 1 :
Quand le roi Ézéchias entendit cela, il déchira ses vêtements, se couvrit d'une toile à sac et se rendit à la maison du Seigneur.
Et il se mit à prier. Enfin ! C'est la première fois depuis je ne sais pas combien de chapitres que la maison du Seigneur sert à autre chose qu'à être un simple entrepôt dans lequel on met des richesses pour ensuite les envoyer à des rois étrangers. C'est la première fois qu'on entend un roi se rendre dans la maison du Seigneur pour y prier depuis Salomon. Il aura fallu tous ces chapitres. Il aura fallu la destruction d'un royaume, le siège de Jérusalem, pour qu'enfin un roi s'humilie devant Dieu, qui n'attendait que cela.
Et au grand roi Ézéchias répond le grand prophète Isaïe. Le prophète Isaïe : Yesha'Yahou, Isaïe, « Yahvé est mon salut ».
Une première incursion est évitée. Vous l'avez entendu, c'était cette expédition éthiopienne qui oblige l'Assyrie à changer de plan. Mais l'Assyrie revient encore. Sénachérib fait le grand, fait le fier, fait le beau, et provoque Dieu, ce qui n'est jamais une bonne idée. Dans un geste entre Ézéchias et Sénachérib qui n'est pas sans rappeler David contre Goliath, voilà que Dieu promet son assistance divine et envoie un ange frapper de peste l'armée.
Simple fanfaronnade biblique ? Hum, pas si sûr. Nous avons, dans les annales de Sénachérib, quelque chose qu'on appelle le prisme de Taylor, un artefact assyrien qu'on a découvert à Ninive et qui raconte précisément cette campagne de Sénachérib contre Juda. Voilà ce qu'on y lit, version assyrienne : Sénachérib dit qu'il a assiégé Jérusalem et enfermé Ézéchias « comme un oiseau en cage », capturant plusieurs villes fortifiées de Juda. Sauf que dans ce prisme de Taylor, donc dans les annales de Sénachérib, on ne mentionne pas la prise de Jérusalem, ce qui est assez étonnant, parce que les Assyriens étaient connus pour documenter en détail leurs victoires — et on ne trouve aucune mention de la prise de Jérusalem. Notamment, il y a Sénachérib qui se vante d'avoir conquis Lakish, qui est une ville autrement plus petite que Jérusalem.
Ce que l'on a aussi, c'est une trace chez Hérodote, un historien grec qui date du Ve siècle avant Jésus-Christ, et qui parle d'une armée assyrienne qui aurait été détruite par des rats. On peut supposer par là que les rats auraient véhiculé une maladie.
Bon, on n'aura jamais le fin mot de l'histoire, je suppose. Et en tout cas, moi j'en ai assez, et vous aussi probablement, pour me dire que j'ai raison de bien placer en Dieu ma confiance et mon refuge. À ce propos d'ailleurs, vous avez noté que c'était le troisième jour que l'armée s'était enfuie. Hasard ? Coïncidence ? Suivez mon regard.
Nous terminons par un psaume.
Psaume 127
Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : heureux es-tu ! À toi le bonheur !
Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d'olivier.
Voilà comment sera béni l'homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël !
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