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Jour 169 ☼ — Josias : la réforme parfaite… qui ne sauve pas

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 23 du deuxième livre des Rois, le frère Paul-Adrien lit la grande réforme religieuse du roi Josias : lecture publique du livre de l'Alliance, destruction systématique des cultes idolâtriques, rétablissement de la Pâque — « les douze travaux de Josias ». Puis, en une toute petite phrase presque gênée, la mort du roi à Mégiddo face au pharaon Nékao. Le commentaire s'arrête longuement sur cette défaite incompréhensible : pourquoi le meilleur des rois, porteur de la meilleure des réformes, perd-il tout ? Deux indices sont relevés : une réforme menée par le seul roi, sans les prophètes, et uniquement cultuelle, sans aucune réforme sociale. C'est là, à Mégiddo, que Juda s'effondre militairement ; la suite ne sera qu'un épilogue.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Nous retournons au temps du roi Josias, qui vient de découvrir le livre du Deutéronome. Un bon roi, un bon grand prêtre, un bon prophète, un bon scribe — on y va ! Si jamais cette réforme religieuse n'aboutit pas, il n'y a rien qui aboutira.

Lecture : 2 Rois 23

Le roi fit convoquer auprès de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem. Il monta à la maison du Seigneur avec tous les gens de Juda, tous les habitants de Jérusalem, les prêtres et les prophètes, et tout le peuple, du plus petit au plus grand. Il lut devant eux toutes les paroles du livre de l'Alliance retrouvé dans la maison du Seigneur.

Debout sur l'estrade, le roi conclut l'Alliance en présence du Seigneur. Il s'engageait à suivre le Seigneur en observant ses commandements, ses édits et ses décrets, de tout son cœur et de toute son âme, accomplissant ainsi les paroles de l'Alliance inscrites dans ce livre. Et tout le peuple s'engagea dans l'Alliance.

Alors le roi donna l'ordre à Helcias, le grand prêtre, au prêtre en second et au gardien du seuil, de faire sortir du temple du Seigneur tous les objets qui avaient été faits pour Baal, pour Ashéra et pour toute l'armée des cieux. Il les fit brûler en dehors de Jérusalem, dans les champs du Cédron, et on apporta leur cendre à Béthel.

Il supprima les prêtres indignes que les rois de Juda avaient établis pour brûler de l'encens sur les lieux sacrés des villes de Juda et aux environs de Jérusalem. Il supprima également ceux qui brûlaient de l'encens en l'honneur de Baal, du soleil, de la lune, des constellations et de toute l'armée des cieux.

Le poteau sacré, on le transporta de la maison du Seigneur hors de Jérusalem, au ravin du Cédron, et on le brûla dans le ravin du Cédron. On le réduisit en poussière, et on jeta la poussière dans la fosse commune.

Dans la maison du Seigneur, il démolit les lieux où se pratiquait la prostitution sacrée, là où les femmes tissaient pour habiller Ashéra. Il fit venir des villes de Juda tous les prêtres, et il rendit impurs les lieux sacrés où ces prêtres avaient brûlé de l'encens, depuis Guéba jusqu'à Bershéba. Il abattit les lieux sacrés des portes, qui étaient à l'entrée de la porte de Josué, gouverneur de la ville, à gauche quand on entre dans la ville. Cependant, les prêtres des lieux sacrés ne montaient pas à l'autel du Seigneur à Jérusalem, mais ils mangeaient des pains sans levain au milieu de leurs frères.

Josias rendit impur le Tophète, dans la vallée de Ben-Hinnom, pour que personne ne fasse plus passer par le feu son fils ou sa fille en l'honneur de Moloch. Il supprima les chevaux que les rois de Juda avaient dédiés au soleil, à l'entrée de la maison du Seigneur, près de la chambre du dignitaire Netane-Mélek, dans les dépendances. Et il détruisit par le feu les chars du soleil.

Le roi démolit les autels qui étaient sur la terrasse de la chambre haute d'Akaz et que les rois de Juda avaient construits. Il démolit aussi les autels faits par Manassé dans les deux cours de la maison du Seigneur. Il les brisa sur place et en jeta la poussière dans le ravin du Cédron.

Le roi rendit impurs les lieux sacrés qui étaient en face de Jérusalem, au sud du mont de la Destruction, et que Salomon, roi d'Israël, avait bâtis pour Astarté, l'horreur des Sidoniens, pour Kamosh, l'horreur de Moab, et pour Milkom, l'abomination des fils d'Ammon. Il brisa aussi les stèles, coupa les poteaux sacrés et combla leur emplacement d'ossements humains.

De même, l'autel qui était à Béthel et le lieu sacré qu'avait fait Jéroboam, fils de Nebath, entraînant Israël dans le péché — cet autel et ce lieu sacré, le roi les détruisit. Il brûla le lieu sacré, qu'il réduisit en poussière, et il brûla le poteau sacré.

Josias se retourna. Il aperçut les tombeaux qui étaient dans la montagne. Il envoya retirer les ossements de ces tombeaux et les brûla sur l'autel pour le rendre impur. Il agit ainsi conformément à la parole du Seigneur proférée par l'homme de Dieu.

S'étant retourné, Josias leva les yeux sur le tombeau de l'homme de Dieu qui avait proféré ces paroles. Il demanda : « Quel est ce monument que je vois ? » Les gens de la ville lui répondirent : « C'est le tombeau de l'homme de Dieu qui est venu de Juda et qui a proféré contre l'autel de Béthel ces choses que tu as accomplies. » Le roi dit : « Laissez-le ! Que personne ne dérange ses ossements. » On épargna donc ses ossements, ainsi que les ossements du prophète qui était venu de Samarie.

De plus, dans les villes de Samarie, Josias supprima sur les lieux sacrés tous les édifices que les rois d'Israël avaient bâtis, provoquant ainsi l'indignation du Seigneur. Il agit pour ces édifices comme il avait agi à Béthel. Il immola sur les autels tous les prêtres des lieux sacrés qui étaient là, et il y brûla des ossements humains. Puis il revint à Jérusalem.

Le roi donna cet ordre à tout le peuple : « Célébrez une Pâque en l'honneur du Seigneur votre Dieu, selon ce qui est écrit dans le livre de l'Alliance. » Car on n'avait pas célébré de Pâque comme celle-là depuis le temps des juges qui avaient jugé Israël, ni pendant tout le temps des rois d'Israël et des rois de Juda. C'est seulement la dix-huitième année du roi Josias que l'on célébra cette Pâque en l'honneur du Seigneur à Jérusalem.

De plus, les nécromanciens et les devins, les divinités domestiques, les idoles immondes et toutes les horreurs que l'on voyait dans le pays de Juda et dans Jérusalem, Josias les balaya, afin de réaliser les paroles de la loi écrites dans le livre qu'avait trouvé le prêtre Helcias dans la maison du Seigneur.

Avant lui, il ne s'était pas trouvé de roi comme lui, qui soit revenu au Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse. Après lui, il ne s'en leva aucun comme lui.

Toutefois, le Seigneur ne revint pas de l'ardeur de la grande colère qui s'était enflammée contre Juda, à cause des offenses par lesquelles Manassé avait provoqué son indignation. Le Seigneur dit alors : « Même Juda, je l'écarterai loin de ma face, comme j'ai écarté Israël. Je rejetterai Jérusalem, cette ville que j'avais choisie, et la maison dont j'avais dit : "Là sera mon nom." »

Le reste des actions de Josias, tout ce qu'il a fait, n'est-ce pas écrit dans le livre des annales des rois de Juda ?

De son temps, le pharaon Nékao, roi d'Égypte, monta vers le roi d'Assour, près du fleuve Euphrate. Le roi Josias marcha à sa rencontre, mais Nékao, dès qu'il le vit, le mit à mort à Mégiddo. Ses serviteurs le transportèrent mort sur un char, l'emmenèrent de Mégiddo à Jérusalem et l'ensevelirent dans son tombeau. Les gens du pays prirent alors Joachaz, fils de Josias. Ils lui donnèrent l'onction et le firent roi à la place de son père.

Commentaire

S'il y a bien un roi qu'on a envie de sauver, c'est Josias. On a pu parler des douze travaux de Josias, la plénitude de la réforme.

Un : la lecture et l'engagement envers l'Alliance. Deux : la destruction des objets païens du culte. Trois : l'expulsion des prêtres idolâtres. Quatre : la profanation des hauts lieux. Cinq : la destruction du sanctuaire de Tophète. Six : la suppression des chevaux et des chars du culte solaire. Sept : la démolition des autels sur le toit du Temple. Huit : la profanation du mont des Oliviers. Neuf : la démolition de l'autel de Béthel. Dix : l'extermination des prêtres idolâtres. Onze : le rétablissement de la Pâque. Douze : l'interdiction des pratiques occultes. Qui dit mieux ?

Et même, il y a cette histoire de l'homme de Dieu dont on retrouve les ossements, qu'on avait entendue au début du premier livre des Rois. Souvenez-vous : un homme de Dieu qui était venu voir le roi Jéroboam, qui avait prophétisé contre un autel et qui, parce qu'il avait communié avec les faux prêtres de Béthel, s'était fait dévorer par un lion. Ça ne vous rappelle rien ? Mais si ! On l'avait enterré, et on avait même dit que ses ossements resteraient là jusqu'à ce que le temple de Béthel soit détruit. On est en train de clôturer tous les dossiers du livre des Rois.

Sauf que… sauf que ça ne passe pas. Sauf que ça ne passe pas. C'était un tout petit paragraphe, et comme gêné, le rédacteur n'a pas voulu trop insister là-dessus, mais tout était dedans. Je vous le redonne :

De son temps, le pharaon Nékao, roi d'Égypte, monta contre le roi d'Assour, près de l'Euphrate. Le roi Josias marcha à sa rencontre.

Josias se dit : « Je tente ma chance, maintenant que j'ai refait l'unité, maintenant que Dieu est derrière moi, forcément. » Et on ne nous donne simplement aucun détail :

Mais Nékao, dès qu'il le vit, le mit à mort à Mégiddo.

Point à la ligne. Il y a une bataille, on n'a aucun détail. Elle s'est passée à Mégiddo, qui est un des grands lieux de bataille de l'Antiquité. Et Josias, qui a fait la grande réforme religieuse, s'est dit : « Maintenant, je peux tenter ma chance, Dieu va me protéger. » Il lance les dés, et il perd. Et c'est d'autant plus rageant que, vous l'avez entendu, le pharaon ne voulait pas livrer cette bataille.

De cette défaite, Juda ne se relèvera jamais. On a tout donné, on a tout perdu. Mais pourquoi ? On avait le meilleur roi, on avait la meilleure des réformes, on aurait dû la gagner. On l'a perdue, cette bataille. À tel point que, dans le livre de l'Apocalypse, Mégiddo deviendra la bataille d'Harmaguédon, le lieu où les démons livreront le combat ultime contre les forces du bien. C'est quelque chose qui va hanter la mémoire collective d'Israël : pourquoi est-ce qu'on a perdu cette bataille de Mégiddo ?

Pour le coup, c'est vrai que le texte ne vous aide pas, parce qu'il ne vous donne pas beaucoup de clés de lecture. La seule qu'il vous donne, c'est que, de toute façon, ça ne servait à rien, parce que Dieu avait dit qu'à cause de Manassé, il allait détruire Juda. Si on en reste là, on va avoir l'impression d'un Dieu vengeur. Et ça ne colle pas très bien avec les nombreuses portes de sortie que Dieu n'avait pas arrêté de donner. Donc on se dit qu'il y a un truc. Il y a eu un truc dans cette réforme, mais on n'arrive pas très bien à voir quoi.

À mon avis, il y a quand même deux petits indices dans le texte. Et de un : cette réforme est faite uniquement par le roi. On se dit : super, quand même, grand enthousiasme du roi, c'est un peu lui qui donne l'impulsion de la réforme religieuse. Peut-être, mais en même temps, à cette époque-là, il y avait des prophètes. Il y avait la prophétesse Houlda. Il y a aussi le prophète Jérémie, qui a prophétisé à cette époque-là. C'est quand même curieux que nulle part les prophètes ne soient davantage impliqués dans la réforme. Attention à ne pas avoir un zèle trop excessif et à faire dire à Dieu ce qu'il ne dit pas, comme si on connaissait mieux sa volonté que lui-même.

Deuxième remarque : les réformes religieuses qu'entreprend le roi Josias sont toutes des réformes cultuelles. Ce qui, normalement, est le travail des prêtres. Normalement, le travail du roi, c'est plutôt la réforme sociale. Est-ce que vous avez entendu parler de réformes économiques sur l'exploitation des pauvres, sur la libération des esclaves, de réformes du système judiciaire ? Pas du tout. Alors, peut-être que les choses allaient très bien de ce côté-là, mais vous me permettrez quand même d'en douter. Et vous savez, quand, en parallèle, on lit dans le livre de Jérémie que le fils de Shafane s'est retrouvé dans le parti d'opposition, il y a quand même des choses, là.

Nous, comme c'est quelque chose qui est tellement important, on va continuer de creuser cet épisode : Mégiddo, la réforme de Josias, etc., parce que c'est là que tout s'est joué. C'était, je le répète, une toute petite phrase au milieu d'un chapitre, mais vous venez d'assister à l'effondrement militaire du pays. Il n'a plus aucune protection. Maintenant, les deux chapitres qui vont venir, c'est juste un épilogue. Le fruit est mûr, il ne reste plus rien. Eh oui : les Babyloniens arrivent, et vont tout envahir et tout raser. C'est dans ce chapitre, à cette bataille, que tout s'est joué.

Psaume 130

Seigneur, je n'ai pas le cœur fier, ni le regard ambitieux. Je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse. Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.


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