Jour 185 ☾ — Le Temple tombe, le sacrifice commence
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Résumé : Au cap symbolique du 185ᵉ jour, le frère Paul-Adrien lit la « petite apocalypse » de Marc — l'annonce de la destruction du Temple, les avertissements aux disciples, la venue du Fils de l'homme et l'appel à veiller — puis le début du chapitre 14 avec le complot des grands prêtres, l'onction de Béthanie, la trahison de Judas et les préparatifs de la Pâque. Le commentaire replace ce discours dans la logique des prophètes : comme Jérémie, Jésus prêche dans le Temple, se heurte aux autorités et en annonce la ruine. Mais un Temple en remplace un autre : la pierre rejetée devient pierre d'angle, et le nouveau sacrifice sera le corps et le sang offerts à table. Le figuier maudit au début de la séquence reverdit à la fin, signe que Dieu est maître de la vie et de la mort.
Introduction
Est-ce que tout le monde a réalisé ? Aujourd'hui, on en est au 185ᵉ jour ! Si jamais je fais 185 fois 2, ça me fait 390 ! Non, 370 ! Peu importe, tout le monde a compris là où je veux en venir : on a dépassé la moitié de la Bible ! Qui l'eût cru ?
Alors, vous êtes peut-être étonnés de vous-mêmes, et si jamais je puis dire, je le suis encore plus de moi-même. Je n'aurais jamais cru qu'on arriverait jusque-là. Moi, dans ma tête, c'était simple : normalement, avec de l'expérience, j'allais pouvoir réussir à raccourcir le temps que j'y consacrais. Sauf qu'en fait, c'est exactement le contraire qui se passe. Parce qu'au fur et à mesure que j'y passe du temps, je deviens de plus en plus exigeant. Alors, tant mieux pour vous, tant pis pour moi.
Ça commence à devenir la panique, question gestion de l'emploi du temps, parce qu'à côté, on a la chaîne YouTube, à côté, on a l'Instagram, il faut faire tourner toute la boutique. Mais c'est quand même passionnant. Enfin, j'adore ça. J'adore ça. Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que je prends. J'espère que vous aussi.
Bon, on en a fait la moitié. Moi, je dis que ça mérite bien un petit don. Ah, écoutez, si, quand même. D'accord, je suis un curé, je ne peux pas m'en empêcher. Mais vous savez que j'ai raison. Allez, on y retourne. Il reste encore la plus belle moitié à venir.
Aujourd'hui, Marc, chapitre 13 et début du chapitre 14.
Lecture : Marc 13
Comme Jésus sortait du Temple, un de ses disciples lui demanda : « Maître, regarde ! Quelle belle pierre ! Quelle construction ! » Et Jésus lui dit : « Tu vois ces grandes constructions ? Il n'en restera pas ici pierre sur pierre. Tout sera détruit. »
Et comme il était assis au mont des Oliviers, en face du Temple, Pierre, Jacques, Jean et André l'interrogeaient à l'écart : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe donné lorsque tout cela va se terminer ? »
Jésus se mit à leur dire : « Prenez garde que personne ne vous égare. Beaucoup viendront sous mon nom et diront : "C'est moi", et ils égareront bien des gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerre, ne vous laissez pas effrayer : il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. Car on se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura des tremblements de terre en divers lieux. Il y aura des famines. Et ce sera le commencement des douleurs de l'enfantement.
Vous, soyez sur vos gardes. On vous livrera aux tribunaux et aux synagogues. On vous frappera. On vous traduira devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : ce sera pour eux un témoignage. Mais il faut d'abord que l'Évangile soit proclamé à toutes les nations. Et lorsqu'on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d'avance pour savoir ce que vous direz, mais dites ce qui vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit Saint.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant. Les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé.
Lorsque vous verrez l'abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas être — que le lecteur comprenne ! — alors, ceux qui seront en Judée, qu'ils s'enfuient dans les montagnes ; celui qui sera sur sa terrasse, qu'il n'en descende pas et n'entre pas pour emporter quelque chose de sa maison ; celui qui sera dans son champ, qu'il ne retourne pas en arrière pour emporter son manteau. Malheureuses les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que cela n'arrive pas en hiver, car en ces jours-là il y aura une détresse telle qu'il n'y en a jamais eu depuis le commencement de la création, quand Dieu créa le monde, jusqu'à maintenant, et telle qu'il n'y en aura jamais plus. Et si le Seigneur n'abrégeait pas le nombre des jours, personne n'aurait la vie sauve ; mais à cause des élus, de ceux qu'il a choisis, il a abrégé ces jours-là.
Alors, si quelqu'un vous dit : "Voilà le Messie, il est ici ! Voilà, il est là-bas !", ne le croyez pas. Il surgira des faux messies et des faux prophètes, qui feront des signes et des prodiges afin d'égarer, si c'était possible, les élus eux-mêmes. Quant à vous, prenez garde : je vous ai dit tout cela à l'avance.
En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l'homme venir dans les nuées avec grande puissance et gloire. Et il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel.
Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. Prenez garde et restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C'est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. S'il arrive à l'improviste, il ne faudrait pas qu'il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
Lecture : Marc 14,1-16
La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir. Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter des troubles dans le peuple. »
Jésus se trouvait à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle lui versa le parfum sur la tête. Or, de leur côté, quelques-uns s'indignaient : « À quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu, en effet, le vendre pour plus de trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? Il est beau, le geste qu'elle a fait envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Ce qu'elle pouvait faire, elle l'a fait : d'avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : partout où l'Évangile sera proclamé, dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »
Judas Iscariote, l'un des Douze, alla trouver les grands prêtres pour leur livrer Jésus. À cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Et Judas cherchait comment le livrer au moment favorable.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville. Un homme portant une cruche d'eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : "Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?" Il vous indiquera, à l'étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Commentaire
Vous venez d'entendre ce que l'on appelle la petite apocalypse de Marc. Souvenez-vous, dans Matthieu, il y avait un grand discours apocalyptique qui durait d'ailleurs plusieurs, plusieurs chapitres, qui étaient longs. Dans Matthieu, on s'y arrête pour lui-même : il est tellement grand, tellement développé, qu'il vaut pour lui-même. Dans Marc, il est pris dans le mouvement d'ensemble, et il raconte une autre histoire.
Souvenez-vous, quand Jésus purifiait le Temple : on a parlé de Jérémie, on a parlé de ces prophètes qui laissaient éclater leur colère, on a parlé de ces réformes du Temple qui, à chaque fois, n'aboutissaient pas. Et il se passe quoi, dans l'histoire d'Israël, quand les réformes politiques que Dieu demande à l'intérieur du Temple n'aboutissent pas ? Ce qui se passe à chaque fois, c'est la destruction et du Temple et de Jérusalem.
Jérémie arrive dans le Temple, prêche la repentance et le message de la part de Dieu, se confronte aux autorités religieuses de l'époque, et comme rien n'aboutit, prédit ensuite la destruction du Temple. Nabuchodonosor arrive et envoie tout ce beau monde-là en exil. Jésus arrive dans le Temple, prêche la repentance, se confronte aux autorités religieuses — on a entendu tout le temps la série de controverses dans les épisodes précédents — et comme cela n'aboutit à rien, prédit la destruction du Temple. Sauf que ce ne sera plus Nabuchodonosor, ce seront les autorités romaines ; mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, en l'an 70, le Temple sera à nouveau détruit. Ce discours apocalyptique, Jésus ne le sort pas de sa poche, de nulle part : c'est simplement Jésus qui a lu l'Ancien Testament.
Donc, le Temple purifié au début, détruit à la fin. Mais en fait, le Temple, partout, dans tous les derniers épisodes, il n'était question que de lui. Jésus qui monte et qui entre dans le Temple, c'est la parole de Dieu qui vient investir le lieu de sa demeure. Mais Jésus qui quitte le Temple, ça, c'est la vision de la gloire divine qui quitte Jérusalem, pour prédire l'exil, la fin du monde. Tiens, en parlant de la fin du monde, on vous dit que Jésus va envoyer ses anges pour rassembler tous les élus des quatre coins du monde — et au début de la séquence, on vous disait que Jésus voulait faire de ce Temple une maison de prière pour toutes les nations.
Bon, on continue. Jésus qui vous dit :
« Tu vois ces grandes constructions ? Il n'en restera pas ici pierre sur pierre. »
Jésus prédit la destruction du Temple. Mais un clou chasse l'autre, et un Temple en vaut bien un autre. C'était ce même Jésus qui, juste avant, vous avait dit, épisode précédent :
« La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle. »
Il y aura un nouveau Temple, bâti sur une nouvelle pierre d'angle. Et cette pierre d'angle, ce sera le corps de Jésus. Il est là, le nouveau Temple à venir, qui remplacera l'ancien.
Et s'il y a un nouveau Temple, c'est donc qu'il y aura un nouveau culte et de nouveaux sacrifices. Les sacrifices de l'Ancien Testament, les béliers, les holocaustes, seront remplacés par un nouveau sacrifice. Ce nouveau sacrifice dont il avait été précisément question lors du double commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Le scribe avait commenté en disant : « Fort bien, tu as raison, maître ; aimer Dieu et aimer son prochain vaut mieux que tous les sacrifices et les holocaustes. » Et je vous avais dit, à la fin, que la seule chose qui manquait à ce scribe, c'était de pouvoir s'offrir en sacrifice lui-même. Eh bien, le voilà, le véritable Temple ! Voilà le véritable sacrifice qu'on doit y offrir à l'intérieur. Et voilà que, tout de suite après, Jésus sort du Temple, se remet à table — la table de la communion, où l'on communie à un sacrifice — et offre son corps et son sang à manger et à boire.
Vous n'êtes peut-être pas convaincus ? Eh bien alors, quand même, une allusion encore plus grosse, comme on les aime : notre figuier, il est revenu ! Et cette fois-ci, il a reverdi.
Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche.
Le figuier qu'au début de cette séquence nous avions vu maudit et desséché, le voilà qui, à la fin de cette séquence, est en train de porter du fruit. Avant d'être choqués par ce figuier qu'on avait vu se dessécher, n'oublions jamais que Dieu est le maître de la vie et de la mort, et qu'il est le maître. S'il était capable de faire périr ce figuier, il était aussi capable de le ressusciter.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Prière
Écoute, Israël, l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un. Béni soit le nom de la gloire de sa royauté à tout jamais.
Tu aimeras l'Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, avec tout ton pouvoir. Que les paroles que je t'adresse aujourd'hui soient sur ton cœur. Tu les enseigneras à tes fils, tu les répéteras et tu en parleras, assis dans ta maison, en marchant sur le chemin, à ton coucher et à ton lever. Tu les attacheras en signe sur ta main, et elles seront comme fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et à tes portes.
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