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Jour 207 ☾ — Un sauveur inattendu venu de l'Est

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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit le livre de la consolation avec Isaïe 41-42, où Dieu annonce un instrument de salut inédit : un empire étranger suscité de l'Orient, non plus pour châtier mais pour restaurer, non plus idolâtre mais docile. Le chapitre 41 s'ouvre sur un grand procès cosmique où Dieu confond les idoles et rassure Israël, « pauvre vermisseau », tandis que le peuple, incrédule, panique devant l'annonce d'un nouveau conquérant. Le commentaire montre l'ironie de la situation — Israël ne croyait pas aux menaces, il ne croit plus aux consolations — puis dévoile comment, au chapitre 42, Dieu laisse transparaître derrière ce conquérant la figure d'un serviteur doux, qui ne brisera pas le roseau qui fléchit : le premier chant du Serviteur. La prière finale reprend la réponse de Jésus à Jean le Baptiste, écho direct de ces versets.

Introduction

On avait parlé d'une nouveauté. Continuons. Hier, c'était la nouvelle ligne éditoriale, la consolation. Aujourd'hui, c'est un nouvel instrument de salut, un nouvel empire qui va sauver Israël.

Alors que Dieu se serve d'un empire étranger comme instrument pour dérouler le cours de l'histoire, ce n'est pas nouveau. Il y a déjà eu l'Assyrie, il y a déjà eu Babylone, mais c'étaient des instruments choisis pour la destruction, et c'étaient des instruments idolâtres qui avaient fini par se rebeller contre Dieu et outrepasser leur mandat.

Là, deux nouveautés. Première nouveauté : cet instrument va être utilisé non pas pour châtier, mais pour restaurer. Deuxième nouveauté : il ne sera pas idolâtre, mais il sera docile. Païen peut-être, mais qui obéit à Dieu. Alors, ce sera qui ? Je ne vous dis pas qui c'est, je ne vais pas spoiler. Pour l'instant, faisons connaissance. Isaïe 41-42.

Lecture : Isaïe 41-42

Vous, les îles, faites silence devant moi. Que les peuples trouvent des forces nouvelles, qu'ils s'avancent et qu'ils parlent. Approchons ensemble pour le jugement.

Qui a fait sortir de l'Orient celui que la victoire rencontre à chaque pas ? Qui lui donne des nations et lui soumet des rois ? Son épée les réduit en poussière et son arc en paille qui vole. Il les poursuit, il passe en toute sécurité, et ses pas ne font qu'effleurer le chemin. Qui a fait cela ? Qui l'a réalisé ? Celui qui, dès le commencement, appelle les générations. Moi, le Seigneur, je suis le premier, et avec les derniers, encore je suis.

Et les îles ont vu, elles prennent peur. Les extrémités de la terre frémissent. Ils approchent, ils arrivent. Chacun aide son compagnon, il dit à son frère : « Courage ! » Le ciseleur encourage l'orfèvre, le chaudronnier encourage le forgeron. Il dit à la soudure : « Elle est bonne. » Il la renforce de clous, qu'elle ne bouge pas.

Toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j'ai choisi, descendance d'Abraham, mon ami, aux extrémités de la terre, je t'ai saisi, du bout du monde, je t'ai appelé. Je t'ai dit : « Tu es mon serviteur, je t'ai choisi, je ne t'ai pas rejeté. » Ne crains pas, je suis avec toi. Ne sois pas troublé, je suis ton Dieu. Je t'affermis, oui, je t'aide, je te soutiens de ma main victorieuse.

Les voici honteux et confus, tous ceux qui s'enflamment contre toi. Ils ne seront plus rien, ils périront, ceux qui te querellent. Tu les chercheras, tu ne les trouveras pas, ceux qui te combattent. Ils seront comme rien, comme néant, ceux qui te font la guerre. C'est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite et qui te dis : « Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. »

Ne crains pas, Jacob, pauvre vermisseau, Israël, pauvre mortel, je viens à ton aide. Oracle du Seigneur, ton rédempteur, c'est le Saint d'Israël. J'ai fait de toi un traîneau à battre le grain, tout neuf, à double rangée de pointes. Tu vas briser les montagnes, les broyer. Tu réduiras les collines en menue paille. Tu les vanneras, un souffle les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur, dans le Saint d'Israël, tu trouveras ta louange.

Les pauvres et les malheureux cherchent de l'eau, et il n'y en a pas. Leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai. Moi, le Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai pas. Sur les hauteurs dénudées, je ferai jaillir des fleuves, et des sources au creux des vallées. Je changerai le désert en lac et la terre aride en fontaine. Je planterai dans le désert le cèdre et l'acacia, le myrte et l'olivier. Je mettrai ensemble, dans les terres incultes, le cyprès, l'orme et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu'ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d'Israël en est le créateur.

Vous, les dieux, prenez votre défense, dit le Seigneur. Avancez vos arguments, dit le roi de Jacob. Qu'ils approchent et nous annoncent ce qui doit arriver. Les événements passés, que furent-ils ? Faites-en l'annonce. Nous y prêterons attention et nous en connaîtrons la suite. Ou bien, parlez-nous de l'avenir. Annoncez-nous ce qui viendra et nous saurons que vous êtes des dieux. Allons, bien ou mal, mais agissez ! Cela nous troublerait, nous aurions peur. Or, vous n'êtes rien, et votre œuvre, moins que néant : abominable.

Du nord, j'ai fait surgir un homme et il est venu. Depuis l'Orient, il se réclame de mon nom. Il piétine les gouverneurs comme de la boue, comme l'argile foulée par le potier. Qui l'avait annoncé dès le commencement pour que nous le sachions ? Dès les temps anciens, pour que nous disions : « C'est juste » ? Mais nul ne l'a annoncé, ne l'a fait entendre. Nul n'a entendu vos paroles. Moi le premier, je l'ai annoncé à Sion. À Jérusalem, j'ai donné un messager. J'ai regardé, il n'y a personne, pas un seul conseiller parmi eux qui réponde quand je les interroge. Voilà ce qu'ils sont tous : une malfaisance. Leurs œuvres, néant ; vent et vide, leurs idoles.

Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J'ai fait reposer sur lui mon esprit. Aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit. Il proclamera le droit, en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu'à ce qu'il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois.

Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu'elle produit, qui donne le souffle au peuple qui l'habite et l'esprit à ceux qui la parcourent : « Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice. Je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. Je suis le Seigneur, tel est mon nom. Et je ne céderai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux idoles. Les événements passés, voici qu'ils sont arrivés. Les nouveaux, c'est moi qui les annonce. Avant qu'ils ne germent, je vous les fais connaître. »

Chantez au Seigneur un chant nouveau. Louez-le des extrémités de la terre.

Le Seigneur s'avance en héros. Longtemps, j'ai gardé le silence. Je me suis tu, je me suis contenu. Je gémis comme celle qui enfante. Je suffoque, je cherche mon souffle. Je vais dévaster montagnes et collines, dessécher toute verdure, changer les fleuves en terre ferme, assécher les étangs.

Alors, je conduirai les aveugles sur un chemin qui leur est inconnu. Je les mènerai par des sentiers qu'ils ignorent. Alors, je changerai pour eux les ténèbres en lumière, les lieux accidentés, je les aplanirai. Telles sont les paroles que j'accomplis, je n'y renonce pas. Ils reculeront, ils seront couverts de honte, ceux qui se fient aux idoles, ceux qui disent à du métal fondu : « C'est vous qui êtes nos dieux. »

Vous, les sourds, entendez. Vous, les aveugles, regardez et voyez. Qui est aveugle sinon mon serviteur ? Qui est sourd sinon le messager que j'envoie ? Qui est aveugle comme mon familier, sourd comme le serviteur du Seigneur ? Tu as vu beaucoup de choses sans rien retenir, ouvert les oreilles sans rien entendre.

Le Seigneur prenait plaisir, pour sa justice, à magnifier, à faire grandir sa loi. Or, ce peuple est pillé et dépouillé. On les a tous mis dans des fosses, cachés dans des prisons. On les a pillés et nul ne délivre, dépouillés et nul n'ordonne de restituer. Qui de vous va prêter l'oreille à cela, se rendre attentif à l'écoute pour l'avenir ? Qui a livré Jacob à ceux qui l'ont dépouillé, livré Israël au pillard ? N'est-ce pas le Seigneur, contre qui nous avons péché ? Et il a déversé sur Israël l'ardeur de sa colère, la violence de la guerre. La guerre l'a embrasé de toutes parts, et lui n'a pas compris. Elle l'a consumé, et lui n'a rien voulu savoir.

Commentaire

Le chapitre commençait par un grand procès cosmique. On ramène tout le monde :

Vous, les îles, faites silence devant moi.

Un procès cosmique dans lequel Dieu va maintenant dévoiler son nouveau plan de consolation. Verset 2 :

Qui a fait surgir de l'Orient celui que la victoire rencontre à chaque pas ?

Sauf que le peuple comprend exactement l'inverse. Ce que le peuple comprend à travers ce verset, c'est que Dieu est en train d'annoncer un nouveau conquérant. Alors, Dieu dit que ce conquérant sera juste. Mais des conquérants justes, ça ne s'était jamais vu. Du coup, personne ne croit Dieu. Panique parmi le peuple : qu'est-ce qui va encore nous arriver ?

Ce qui énerve Dieu. Parce qu'avant, on ne croyait pas dans la destruction qu'il promettait. Maintenant, on ne croit plus dans la consolation qu'il promet. J'espère que tout le monde saisit bien la petite ironie, là.

Du coup, dans la suite du chapitre 41, verset 9 et suivants, Dieu redit qu'il va ramener un conquérant juste et gentil venu de l'Est. Ça ne suffit pas tout à fait à rassurer le peuple. Du coup, petit changement : au chapitre 42, Dieu commence à dévoiler ce qu'il a en tête, ce qui, en réalité, se cache derrière ce conquérant venu de l'Est.

Dans la tête de Dieu — c'est ce qu'il va dire au chapitre 42 — ce conquérant venu de l'Est préfigure un autre serviteur.

Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur.

Un élu qui a toute la faveur de Dieu, ça ne peut plus vraiment être un païen. Même avec la meilleure volonté du monde. Et Dieu continue :

Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton.

Sous-entendu : ce sauveur ultime, que mon serviteur venu de l'Est laisse préfigurer, ce sera un serviteur qui ne sera pas un conquérant militaire. Donc, c'est un empire qui ne fera pas de conquête militaire, mais qui règnera par la douceur et par le droit. Et ça continue :

Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice. Je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.

« Je fais de lui l'alliance du peuple, la lumière des nations. » Et donc, ce qu'il faut comprendre, c'est que derrière ce nouvel empire qui va venir pour restaurer Jérusalem, il faut comprendre que derrière se cache la figure d'un autre sauveur parfait à venir, qui sera investi selon la puissance de Dieu, selon l'autorité de Dieu, selon le droit, et qui sera la lumière des nations.

Évidemment, ces versets que vous venez d'entendre, les chrétiens les appliqueront mot pour mot à Jésus. Mais n'allons pas trop vite, trop loin, d'accord ? Pour l'instant, on reste dans Isaïe.

Cette nouvelle prophétie que Dieu utilise pour rassurer tout le monde, la tradition lui a donné un nom : le premier chant du Serviteur. Il y en aura d'autres, on aura l'occasion d'en reparler un peu.

Pour l'instant, c'est l'heure de la prière. Écoutez, en guise de prière, j'ai envie de vous citer cette phrase de l'Évangile qui est la réponse de Jésus à Jean le Baptiste et qui reprend les mots que vous venez d'entendre.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

« Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi. »

Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu dans les siècles ! Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus !


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