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Jour 215 ☼ — Un temple, des nombres et du ciel

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Résumé : Ce jour ouvre la dernière partie du livre d'Ézéchiel (ch. 40 à 48) avec la grande vision du Temple restauré, mesuré coudée par coudée par un homme d'aspect de bronze. Avant la lecture, le frère Paul-Adrien donne les clés indispensables : structure concentrique en cercles d'intimité croissante, succession de portes et de seuils, obsession du nombre et de la symétrie. Le commentaire ajoute un « patch » né de sa lecture d'Esdras et Néhémie : l'abstraction mathématique signifie que ce Temple ne vient plus de la gloire monarchique de Salomon, mais du ciel — c'est l'éternité descendue sur terre. L'épisode se clôt par quelques versets des Proverbes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

On reprend notre voyage céleste. La main du Seigneur va à nouveau se poser sur Ézéchiel et à nouveau son esprit va voler pour explorer d'autres mondes. Qu'est-ce que nous allons encore découvrir ? Ce sera la dernière partie du livre d'Ézéchiel qui va nous emmener jusqu'au chapitre 48. Mon Dieu, nous allons de merveille en merveille.

Qu'est-ce qui va se passer ? Eh bien, une vision du Temple, du Temple restauré, reconstruit. Dans Isaïe, ce Temple reconstruit est déjà en proie à l'injustice et au problème. Et ici, on est au ciel, ou plutôt au jardin d'Éden d'ailleurs, en haut de Jérusalem. Le Temple dont Ézéchiel, fils de prêtre, a toujours rêvé, il est là, sous vos yeux. Sauf que… Sauf que… J'ai peut-être intérêt à introduire la lecture d'aujourd'hui.

Vous commencez à être habitués, avec Ézéchiel, d'être toujours pris au défaut là où vous n'attendez pas. Là, vraiment, vous n'allez tellement pas vous y attendre que si jamais je ne vous introduis pas, ça va faire comme le soufflé qui se dégonfle. Mais qui eût cru qu'à travers toutes ces visions hallucinantes et hallucinées d'Ézéchiel — qui nous a montré des morts qui revivent, qui nous a montré des roues pleines d'yeux, qui s'amusait à cuire de la nourriture en utilisant des excréments comme combustible — le voilà qui termine dans une sorte de délire de mathématicien. On a l'impression d'entendre du Wittgenstein mystique.

Alors évidemment, vous allez avoir toute une symbolique derrière. Et c'est là où moi j'ai intérêt à vous donner quelques clés, parce que sinon je vous jure que vous allez être complètement perdus.

Vous avez d'abord une structure concentrique. Le Temple est organisé en cercles d'intimité croissante. On va commencer au parvis extérieur, lieu de purification. Ensuite, le parvis intérieur réservé à l'autel, un lieu d'intercession. Après, vous avez le sanctuaire, la présence divine, c'est médiatisé. Et ensuite, à l'intérieur, vous avez le saint des saints, le lieu de la gloire invisible. Bon, derrière, ce qu'il faut deviner, c'est une pédagogie de la sainteté avec ces cercles d'intimité croissante. Le sacré, ça se mérite, ça se traverse, ça s'approche avec crainte. Plus on se rapproche de Dieu, plus il faut une plus grande pureté.

Puis après, vous avez toute cette succession de portes : portes d'entrée, portes de transition, portes de sortie. Là aussi, symbole : le mystère de Dieu. Il y a une manière de rentrer dedans, il y a une manière de rester dedans, il y a une manière d'en sortir pour retrouver le monde. Ça symbolise les seuils, les purifications, les transformations qu'il faut passer. À mesure qu'on avance, on se purifie ; chaque seuil franchi est une étape d'intériorisation.

L'obsession du nombre aussi, de la symétrie parfaite, du carré : le Temple qui est le reflet du ciel. C'est une géométrie divine. Ici, tout est nombre, ordre, harmonie, pédagogie par l'espace. Vous allez franchir des lieux.

Lecture : Ézéchiel 40

La vingt-cinquième année de notre déportation, au début de l'année, le dix du mois, quatorze ans après la chute de la ville, en ce jour même, la main du Seigneur se posa sur moi. Il m'emmena là-bas.

Dans des visions divines, il m'emmena en terre d'Israël. Il me déposa sur une très haute montagne, sur laquelle, au sud, il y avait comme les constructions d'une ville. Il m'emmena là-bas, et voici : il y avait un homme. Son aspect était comme l'aspect du bronze. Il avait à la main un cordeau de lin ainsi qu'une canne à mesurer. Il se tenait à la porte.

L'homme me dit : « Fils d'homme, regarde de tes yeux, écoute de tes oreilles, sois attentif à tout ce que je te ferai voir. Car c'est pour que tu puisses voir cela que tu as été amené ici. Tu raconteras à la maison d'Israël tout ce que tu vas voir. »

Et voici : il y avait une muraille extérieure tout autour de l'édifice. L'homme avait dans la main une canne à mesurer de six coudées, cette coudée ancienne valant une coudée nouvelle et un palme. Il mesura l'épaisseur de la construction : une canne. La hauteur : une canne.

Il vint vers la porte qui fait face à l'orient. Il en monta les marches. Il mesura le seuil de la porte : une canne en profondeur — pour chaque seuil, une canne en profondeur. Les loges à l'intérieur des portes : une canne en longueur et une canne en largeur. Entre les loges, cinq coudées. Le seuil de la porte du côté du vestibule de la porte, depuis l'intérieur : une canne. Il mesura le vestibule de la porte : huit coudées. Ses piliers : deux coudées. Le vestibule de la porte étant situé vers l'intérieur. Les loges de la porte orientale étaient au nombre de trois d'un côté et trois de l'autre, même dimension. Et même dimension pour les piliers de part et d'autre. Il mesura la largeur de l'ouverture de la porte : dix coudées. La profondeur de la porte : treize coudées. Il y avait une barrière devant les loges. Cette barrière était d'une coudée de part et d'autre. Les loges avaient six coudées d'un côté et six coudées de l'autre. Il mesura la porte du toit d'une loge au toit de l'autre : sa largeur était de vingt-cinq coudées, chaque entrée étant en face d'une autre entrée. Le vestibule : vingt coudées. Quant au vestibule de la porte, la cour l'entourait. De la façade de la porte jusqu'à la façade du vestibule, côté intérieur de la porte : cinquante coudées. Il y avait des fenêtres grillagées sur les loges et sur leurs piliers, du côté intérieur de la porte, tout autour. De même pour le vestibule : des fenêtres tout autour du côté intérieur. Et sur chaque pilier, des palmiers.

Il me fit entrer dans la cour extérieure, et voici qu'il y avait des salles et un dallage. Les salles étaient aménagées tout autour de la cour : trente salles sur ce dallage. Le dallage sur le côté de la porte correspondait à la largeur des portes. C'était le dallage inférieur. Il mesura la distance du devant de la porte inférieure jusqu'à la façade extérieure de la cour intérieure : cent coudées. Voilà pour l'orient.

Quant au nord, il mesura la longueur et la largeur de la porte qui fait face au nord, dans la cour extérieure. Ses loges : trois d'un côté et trois de l'autre. Ses piliers et son vestibule étaient de même dimension que ceux de la première porte. Sa longueur était de cinquante coudées, sa largeur de vingt-cinq coudées. Ses fenêtres, son vestibule et ses palmiers étaient de même dimension que ceux de la porte qui fait face à l'orient. On y montait par sept marches devant le vestibule. Il y avait une porte sur la cour intérieure, face à la porte du nord. Comme à l'orient, l'homme mesura d'une porte à l'autre : cent coudées.

Il me fit aller en direction du sud, et voici : il y avait une porte en direction du sud. Il mesura ses piliers, son vestibule : même dimension que les autres. Ses fenêtres tout autour de son vestibule étaient semblables aux autres fenêtres. Sa longueur : cinquante coudées. Sa largeur : vingt-cinq coudées. On y montait par un escalier de sept marches devant son vestibule. Il y avait des palmiers de part et d'autre sur ses piliers. La cour intérieure avait une porte en direction du sud. Il mesura d'une porte à l'autre en direction du sud : cent coudées.

Il me fit entrer dans la cour intérieure par la porte sud, et il mesura cette porte : même dimension que les autres. Ses loges, ses piliers et son vestibule : même dimension que les autres. Il y avait des fenêtres tout autour de son vestibule. Sa longueur : cinquante coudées. Sa largeur : vingt-cinq coudées. Des vestibules l'entouraient : longueur, vingt-cinq coudées ; largeur, cinq coudées. Son vestibule donnait sur la cour intérieure. Il y avait des palmiers sur ses piliers. Son escalier avait huit marches.

Il me fit entrer par l'orient dans la cour intérieure. Il mesura la porte : même dimension que les autres. Il y avait des fenêtres tout autour de son vestibule. Sa longueur : cinquante coudées. Sa largeur : vingt-cinq coudées. Son vestibule donnait sur la cour extérieure. Il y avait des palmiers sur ses piliers de part et d'autre. Son escalier avait huit marches.

Il me fit entrer par la porte nord. Il mesura : même dimension que les autres, ainsi que pour ses loges, ses piliers, son vestibule. Il y avait des fenêtres tout autour. Sa longueur : cinquante coudées. Sa largeur : vingt-cinq coudées. Son vestibule donnait sur la cour extérieure. Il y avait des palmiers sur ses piliers de part et d'autre. Son escalier avait huit marches.

Une salle ouvrait sur le vestibule de la porte, pour qu'on y lave les victimes destinées à l'holocauste. Dans le vestibule de la porte, il y avait deux tables d'un côté et deux de l'autre, pour immoler les victimes des holocaustes ainsi que des sacrifices pour la faute et des sacrifices de réparation. Puis, du côté extérieur, pour qui monte vers l'entrée de la porte nord, il y avait deux tables ; et de l'autre côté du vestibule de la porte, deux tables. Quatre tables d'un côté et quatre tables de l'autre côté de la porte : huit tables sur lesquelles on immole. Quatre tables en pierre de taille pour l'holocauste. Leur longueur : une coudée et demie. Leur largeur : une coudée et demie. Leur hauteur : une coudée. Sur ces tables, on dépose les instruments pour immoler les victimes des holocaustes et des sacrifices. Des rebords d'un palme de largeur étaient aménagés à l'intérieur, sur le pourtour. Sur les tables, on met les viandes offertes en présent réservé.

Au-delà de la porte intérieure, dans la cour intérieure, se trouvaient les salles des chantres : l'une sur le côté de la porte nord, avec sa façade au sud ; l'autre sur le côté de la porte sud, avec sa façade au nord.

Et l'homme me dit : « Cette salle, dont la façade est en direction du sud, est pour les prêtres qui maintiennent les observances de la maison. Et la salle, dont la façade est en direction du nord, est pour les prêtres qui maintiennent les observances relatives à l'autel. Ce sont les fils de Sadoc qui, parmi les fils de Lévi, s'approchent du Seigneur pour le servir. »

L'homme mesura la cour : sa longueur, cent coudées ; sa largeur, cent coudées. C'était un carré. L'autel était devant la maison.

Il me fit entrer dans le vestibule de la maison. Il mesura les piliers du vestibule : cinq coudées d'un côté et cinq coudées de l'autre. Longueur du vestibule : vingt coudées. Largeur : douze coudées. On pouvait y monter par des marches. Il y avait des colonnes près des piliers, une d'un côté et une de l'autre.

Commentaire

Alors ça, c'est une première : je fais un petit patch dans mes commentaires. Au moment où je vous parle et où j'enregistre les livres, je suis beaucoup plus loin, dans le livre des Chroniques. Je suis en train de reconstruire le Temple avec Esdras et Néhémie. Et en fait, c'est dans les commentaires de ce livre-là que j'ai compris la vision d'Ézéchiel. Parce que ce qu'Ézéchiel vous propose, c'est une révolution dans la manière de concevoir le Temple. Du coup, je fais mon petit patch.

En fait, ce n'est pas un hasard si tout est dans l'abstraction mathématique, à coups de chiffres symboliques. C'est pour vous montrer, à travers cette abstraction, qu'on a quitté le domaine terrestre. L'ancien Temple de Jérusalem était lié à la gloire de la monarchie. Il y avait de l'or que Salomon avait fait venir. Il y avait des palmiers qui symbolisaient les déserts. Il y avait le roi de Tyr qui avait amené les cèdres du Liban. Bref, à travers le Temple, on pouvait aussi deviner l'histoire et la gloire de la monarchie davidique et salomonienne. Sauf qu'elles ont failli avec l'exil.

Du coup, le nouveau Temple qui va être reconstruit veut rompre avec cette ancienne histoire. Et à travers l'abstraction mathématique, ce qu'Ézéchiel veut vous dire, c'est que le Temple, ce n'est pas une construction humaine. Ce n'est pas un reflet historique des gloires passées. Ça vient d'en haut. Ça vient du ciel, dans l'abstraction du sacré. C'est l'éternité descendue sur terre.

Fin du patch, je reprends le commentaire que j'avais prévu.

Alors, je pense quand même que vous pouvez me remercier d'avoir attiré votre attention sur toute la portée symbolique. Les nombres qui refont la géométrie divine, sacrée, avec évidemment derrière tout un symbolisme. Par exemple, le nombre 5, c'est les cinq livres de la Torah, c'est les cinq doigts de la main. 5 × 5, 25 × 1000, la plénitude : 25 000. Les portes, les seuils d'entrée, de transition, de sortie ; les escaliers, l'élévation de l'âme ; les cercles d'intimité croissante, on pénètre de plus en plus à l'intérieur. Il y a tout ça.

Petite remarque : le commentaire d'aujourd'hui est long, la lecture est courte. Parce qu'en fait, ce n'était pas comme ça initialement que j'avais réparti les textes, mais vous alliez être complètement perdus. Donc demain, attention, demain pour le coup, ça va être une lecture beaucoup plus longue. Il n'y aura même pas le temps de faire des commentaires à la fin. Mais je me suis dit que vraiment, ça valait le coup de vous donner ces quelques clés introductives, pour pas que vous soyez perdus comme moi je l'ai été quand je l'ai découvert.

Allez, maintenant, livre des Proverbes.

Proverbes 14,11-15

L'homme avisé regarde où il met les pieds.


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