Jour 236 ☾ — Jésus vivant, Jésus jardinier
← J236 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J237 ☼ →
Résumé : Nous y sommes : la résurrection. Le frère Paul-Adrien lit d'une traite les chapitres 20 et 21 de l'Évangile selon saint Jean — le tombeau vide, Marie-Madeleine et le jardinier, Thomas, la pêche miraculeuse et le triple « m'aimes-tu ? » adressé à Pierre. Le commentaire montre que la scène du matin de Pâques rejoue le jardin d'Éden, mais sans le serpent ni la tentation, avec Jésus en nouvel Adam et en arbre de la connaissance du bien et du mal qu'on ne doit pas toucher. Il dégage ensuite le duo inséparable de Pierre, le disciple qui aime Jésus plus que tous, et du disciple bien-aimé, celui que Jésus aime plus que tous : l'un figure l'Église institutionnelle, l'autre chacun de nous, et l'un n'a de sens que par l'autre. L'épisode se termine par le dernier chapitre du Cantique des cantiques.
Introduction
Lorsqu'une femme accouche, disait Jésus, elle est dans la douleur, mais aussitôt qu'un homme est venu au monde, elle oublie sa peine et se réjouit. Eh bien, ça y est, nous y sommes. La résurrection. Jean, chapitres 20 et 21. Régalez-vous.
Lecture : Jean 20-21
Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin. C'était encore les ténèbres. Elle s'aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l'a déposé. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s'aperçoit que les linges sont posés à plat. Cependant, il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau. Il aperçoit les linges posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas compris que, selon l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts. Ensuite, les disciples retournèrent chez eux.
Marie-Madeleine se tenait près du tombeau, au dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds, à l'endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna, elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as déposé, et moi j'irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie. » S'étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c'est-à-dire : maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie-Madeleine s'en alla donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur ! » Et elle raconta ce qu'il lui avait dit.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint. Et il était là, au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous. De même que le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas, appelé Didyme, c'est-à-dire Jumeau, n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas. »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées. Et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et vois mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse d'être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous, vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom.
Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là ensemble Simon-Pierre, avec Thomas appelé Didyme, c'est-à-dire Jumeau, Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque. Or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait là sur le rivage. Mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois-ci ils n'arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons. La terre n'était qu'à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposés là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois ! Et malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, tu le sais, je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, toi, tu le sais, je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, Jésus lui demandait : « M'aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
S'étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C'est lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? »
C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites. Et s'il fallait écrire chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on aurait écrits.
Commentaire
C'est à nouveau comme une création, le récit de la Genèse, Adam et Ève, dans le paradis, le jardin d'Éden. Regardez. Jésus est sous les traits d'un jardinier : le jardin d'Éden. Il y a un homme et une femme : Jésus, Marie-Madeleine ; Adam et Ève. Et même, il est aussi l'arbre de la connaissance du bien et du mal, celui qu'il ne faut pas toucher — noli me tangere. Parce que Jésus, sagesse incarnée, est le maître du bien et du mal, ou plus exactement, il sait, par la puissance de Dieu et la charité, transformer le mal en bien.
Donc, c'est comme la scène du jardin d'Éden qui est rejouée, mais cette fois-ci sans la tentation. Le serpent a disparu, le diable a été vaincu, et tout ceci se fait dans la lumière d'un dimanche matin, au jour de la résurrection. L'image du paradis.
Tiens, une autre image à reprendre : le disciple bien-aimé. Vous, souvenez-vous, c'est vous. Derrière, regardez ce que ça donne ici. Jamais, dans l'Évangile selon saint Jean, le disciple bien-aimé n'apparaît sans que, tout de suite, avant ou après, il soit question de Pierre. C'est un duo inséparable, vous ne pouvez pas séparer l'un de l'autre.
Et alors, il y a quelque chose de très beau. Parce que le disciple bien-aimé — vous — c'est le disciple que Jésus préfère. Et vous êtes le chouchou de Dieu : c'est ça, la grandeur. Ce n'est pas de dire que saint Jean était le chouchou de Dieu, c'est de dire que vous êtes le chouchou de Dieu. Ce qui, en fait, veut dire un petit peu autre chose. Bon, bref : il y a le disciple que Jésus aime par-dessus tout.
Et, à l'inverse, il y a un autre disciple, Pierre, et lui, c'est le disciple qui aime Jésus plus que tous les autres. Parce que vous avez beau être le chouchou de Dieu, vous allez quand même avoir du mal à dire que c'est vous qui aimez Dieu par-dessus tous les autres. Eh bien, Pierre, il a ceci de particulier : c'est Jésus lui-même qui lui dit :
« M'aimes-tu plus que ceux-ci ? »
Pierre lui dit : « Oui, tu le sais ! » Et Jésus accepte la réponse, il le reconnaît.
Alors, maintenant, ça veut dire quoi d'avoir, d'un côté, un disciple qui aime Jésus plus que les autres, et de l'autre, un disciple qui est aimé par Jésus plus que les autres ? Eh bien, ça, les enfants, ça vous montre votre place dans l'Église. L'Église, l'institution ecclésiale que représente Pierre, aime Jésus par-dessus tout, malgré les balourdises, les maladresses, parfois les scandales, parfois les trahisons. Mais n'empêche que l'Église, en tant que communauté, aime Jésus par-dessus tout. C'est là qu'il y a le témoignage intégral de la foi.
Et nous, qui parfois avons des prétentions mystiques — Dieu qui nous parle, nous qui ressentons des choses dans la prière, qui sommes les chouchous de Dieu, et c'est vrai — eh bien, ceci n'a de sens que dans l'Église. De la même manière que l'Église n'a de sens que parce qu'il y a des chouchous et des mystiques parmi nous. Et maintenant, la délicatesse du disciple bien-aimé qui arrive le premier à la tombe, mais qui laisse passer devant lui Pierre, ça vous raconte une autre histoire.
Bon, en bonus : la dernière pêche miraculeuse, image du festin céleste, là où Dieu nous attend après la mort. Et le nombre de poissons, qui correspond au nombre de nations païennes.
Bref, nous terminons par le Cantique des cantiques.
Cantique des Cantiques 8
Chœur Un homme donnerait-il toutes les richesses de sa maison pour acheter l'amour ? Il ne recueillerait que mépris.
Nous avons une petite sœur qui n'a pas encore de seins. Que ferons-nous pour notre sœur le jour où l'on parlera d'elle ? Sera-t-elle un rempart ? Nous lui bâtirons un créneau d'argent. Sera-t-elle une porte ? Nous la munirons d'une barre de cèdre.
Elle Je suis un rempart, mes seins sont des tours, et je suis devenue à ses yeux celle qui a trouvé la paix.
Lui Salomon avait une vigne à Baal-Amone. Il remit la vigne à des gardiens ; chacun devait payer pour son fruit mille pièces d'argent. Ma vigne à moi, je l'ai sous mes yeux. À toi, Salomon, les mille pièces, et deux cents aux gardiens de son fruit.
Toi, l'habitante des jardins, des compagnons guettent ta voix : donne-moi de l'entendre !
Elle Fuis, mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche, sur des montagnes embaumées.
← J236 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J237 ☼ →