Jour 246 ☼ — David face aux géants
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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 18 à 20 du premier livre des Chroniques, c'est-à-dire la revue de presque toutes les guerres du roi David : Philistins, Moabites, Araméens, Édomites, Ammonites, puis les géants Refaïtes. Le commentaire relève que le Chroniste adoucit considérablement la violence des récits parallèles du livre de Samuel, tait volontairement l'épisode de Bethsabée pour ne pas enfermer le peuple revenu d'exil dans la culpabilité, et présente David en parfait intendant de la maison commune. L'affaire des ambassadeurs humiliés montre un David dont l'excès de miséricorde déchaîne l'excès du mal, et qui ne part en guerre que contraint. Enfin, les géants aux six doigts figurent la résurgence du chaos primitif, vaincu par un David qui n'est plus une personne mais une idée offerte aux Juifs exilés pour refonder leur identité.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Bon, vous sentez bien que le livre des Chroniques… il y a de très belles choses, il y a plein de poésie en hébreu, mais ça se cherche quand même pas mal au niveau des commentaires. Et encore, je peux même vous dire que j'ai même refait, parce que j'ai découvert à la fin quelques petits trucs pour vous y intéresser. Mais mon Dieu, ce que j'en ai bavé !
Ceci dit, maintenant, je suis devenu un spécialiste des querelles entre sensibilités idéologiques dans les différents clans lévitiques, entre les Itamarites, les Sadocites, etc. Trouvez-moi un seul autre podcast qui vous fasse la Bible en un an et qui vous donne autant de commentaires. Trouvez-moi un seul. Non mais sans rigoler, je vous mets au défi de trouver quelqu'un qui prend autant soin de vous, et qui met les petits plats dans les grands, et qui s'arrache les cheveux — je suis en train de devenir chauve — pour essayer de susciter votre enthousiasme. Et surtout sur les Chroniques. Non mais vous rigolez là. Vous êtes dans votre voiture, dans votre cuisine, tout le monde se marre. N'empêche que c'est vrai. Du coup, les liens sont en bas : aidez-moi, soutenez-moi dans l'effort de guerre.
Aujourd'hui, 1 Chroniques 18, 19, 20 : on va passer en revue à peu près toutes les guerres que David roi fit. Vous en connaissez déjà pas mal, on va aller un peu plus vite.
Lecture : 1 Chroniques 18-20
Après cela, David battit les Philistins et les soumit. Il prit de la main des Philistins Gath et ses dépendances. Puis il battit les gens de Moab, qui furent asservis à David et payèrent tribut.
David battit Hadadézer, roi de Soba, à Hamath, alors qu'il allait établir son pouvoir sur l'Euphrate. David lui prit mille chars, sept mille cavaliers et vingt mille fantassins. Il fit couper les jarrets de tous les attelages et n'en laissa qu'une centaine.
Les Araméens de Damas vinrent au secours de Hadadézer, roi de Soba, mais David battit vingt-deux mille hommes parmi les Araméens. David établit des postes de garde chez les Araméens de Damas. Aram fut asservi à David et paya tribut. En tout lieu où allait David, le Seigneur lui donnait la victoire.
David prit les carquois en or appartenant aux serviteurs de Hadadézer et les emporta à Jérusalem. À Tibhath et à Koun, villes de Hadadézer, David prit du bronze en grande quantité. Salomon en fit la mer de bronze, les colonnes et les objets de bronze.
Lorsque Tohou, roi de Hamath, apprit que David avait battu toute l'armée de Hadadézer, roi de Soba, il envoya son fils Adoram auprès du roi David pour le saluer et le féliciter d'avoir fait la guerre à Hadadézer et de l'avoir battu. En effet, Hadadézer était constamment en guerre avec Tohou. Adoram apporta toutes sortes d'objets en or, en argent et en bronze. Le roi David consacra ces objets au Seigneur, en plus de l'argent et de l'or qu'il avait enlevé à toutes les nations : Édom, Moab, les fils d'Ammon, les Philistins et Amalec.
Abishaï, fils de Sérouia, battit les gens d'Édom dans la vallée du Sel, au nombre de dix-huit mille. Il établit des postes de garde en Édom et tous les gens d'Édom furent asservis à David. En tout lieu où allait David, le Seigneur lui donnait la victoire.
David régna sur tout Israël, faisant droit et justice à tout son peuple. Joab, fils de Sérouia, commandait l'armée. Josaphat, fils d'Ahiloud, était archiviste. Sadoc, fils d'Ahitoub, et Abimélek, fils d'Abiatar, étaient prêtres. Shavsha était secrétaire. Benaya, fils de Yoyada, commandait les Kérétiens et les Pélétiens. Et les fils de David étaient les premiers aux côtés du roi.
Après cela, Nahash, roi des fils d'Ammon, mourut, et son fils régna à sa place. David se dit : « Je traiterai Anoun, fils de Nahash, avec fidélité, parce que son père m'a traité avec fidélité. » Et David envoya des messagers pour lui présenter des condoléances au sujet de son père. Les serviteurs de David arrivèrent au pays des fils d'Ammon, auprès d'Anoun, pour lui faire part de ses condoléances.
Mais les princes des fils d'Ammon dirent à Anoun : « Penses-tu que c'est bien pour honorer ton père que David t'envoie des porteurs de condoléances ? N'est-ce pas plutôt pour explorer, détruire, espionner le pays que ses serviteurs sont venus auprès de toi ? » Alors Anoun se saisit des serviteurs de David, les rasa et coupa leurs vêtements à mi-hauteur, jusqu'aux hanches. Puis il les renvoya.
On vint informer David de ce qui était arrivé à ces hommes. Il envoya quelqu'un à leur rencontre, car ils étaient pleins de confusion. Le roi leur fit dire : « Restez à Jéricho jusqu'à ce que votre barbe ait repoussé. Ensuite, vous reviendrez. »
Les fils d'Ammon virent bien qu'ils s'étaient rendus odieux à David. Anoun et les fils d'Ammon envoyèrent mille talents d'argent pour prendre à leur solde des Araméens de Mésopotamie, des Araméens de Maaka et de Soba. Ils prirent à leur solde le roi de Maaka, ses troupes, et trente-deux mille chars. Ils vinrent camper devant Médeba, tandis que les fils d'Ammon, après avoir quitté leurs villes et s'être rassemblés, arrivaient pour la bataille.
À cette nouvelle, David envoya Joab avec toute une armée, les guerriers d'élite. Les fils d'Ammon firent une sortie et se rangèrent en ordre de bataille à l'entrée de la ville, tandis que les rois qui étaient arrivés se tenaient à l'écart, en rase campagne.
Lorsque Joab vit qu'il avait un front de combat à la fois devant et derrière lui, il choisit parmi toute l'élite d'Israël des hommes qu'il rangea face aux Araméens. Il confia le reste de la troupe à son frère Abishaï : ils se rangèrent face aux fils d'Ammon. Joab dit alors à son frère : « Si les Araméens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours. Et si les fils d'Ammon sont plus forts que toi, je viendrai à ton secours. Sois fort ! Montrons-nous forts pour notre peuple, pour les villes de notre Dieu, et que le Seigneur fasse ce qui est bon à ses yeux. »
Et Joab, avec la troupe qui l'accompagnait, s'avança pour combattre les Araméens, qui s'enfuirent devant lui. Quand les fils d'Ammon virent que les Araméens s'étaient enfuis, à leur tour ils prirent la fuite devant Abishaï, le frère de Joab, et rentrèrent dans la ville. Alors Joab rentra à Jérusalem.
Les Araméens, se voyant battus par Israël, envoyèrent des messagers pour faire venir les Araméens d'au-delà de l'Euphrate. Shophak, chef de l'armée de Hadadézer, était à leur tête. David en fut informé. Il rassembla tout Israël, passa le Jourdain, les rejoignit et se rangea devant eux. David se rangea donc en ordre de combat en face des Araméens, qui engagèrent la bataille contre lui. Mais les Araméens s'enfuirent devant Israël. David massacra parmi les Araméens sept mille attelages et quarante mille fantassins ; il fit aussi périr Shophak, le chef de l'armée. Quand les serviteurs de Hadadézer se virent battus par Israël, ils firent la paix avec David et passèrent à son service. Et désormais les Araméens ne voulurent plus porter secours aux fils d'Ammon.
À l'époque du retour du printemps, époque où les rois se mettent en campagne, Joab emmena une forte armée et dévasta le pays des fils d'Ammon. Puis il vint mettre le siège devant Rabba, tandis que David restait à Jérusalem. Joab fit tomber Rabba et la détruisit.
David enleva la couronne qui était sur la tête de leur roi. Il remarqua qu'elle pesait un talent d'or et qu'elle était ornée d'une pierre précieuse. On la mit sur la tête de David. Puis celui-ci emporta de la ville une très grande quantité de butin. Quant à sa population, il l'emmena et la condamna à la scie, aux pics de fer et aux haches. Il traita ainsi toutes les villes des fils d'Ammon. Puis David et toute l'armée revinrent à Jérusalem.
Après cela, une bataille s'engagea contre les Philistins à Guèzer. C'est alors que Sibbekaï de Housha abattit Sippaï, un descendant des géants Refaïtes. Et les Philistins furent soumis.
Il y eut encore une bataille contre les Philistins. Elhanan, fils de Yaïr, abattit un nommé Lahmi, frère de Goliath de Gath, celui dont le bois de la lance était comme le rouleau d'un métier à tisser.
Il y eut encore une bataille à Gath. Là se trouvait un homme de haute taille qui avait six doigts à chaque main et six à chaque pied, vingt-quatre en tout. Lui aussi était un descendant du géant Rapha. Et comme il défiait Israël, Jonathan, fils de Shiméa, frère de David, l'abattit. Ces hommes étaient de la descendance de Rapha, à Gath, et ils tombèrent sous les coups de David et de ses serviteurs.
Commentaire
Ah, il y a plein de petites choses ! Le diable est dans le détail.
Regardez, ça commence par des guerres traditionnelles. On défend son territoire, au nord, au sud, à l'ouest, à l'est ; on met des entrepôts, on met des garnisons, enfin bref, on assure la sécurité du territoire. Et ces guerres sont présentées d'ailleurs plus ou moins comme des guerres saintes. Saintes, pas au sens de « on va faire la croisade pour conquérir tout le monde », mais saintes au sens où on interroge Dieu avant, ou on lui consacre le butin après. Enfin bref, elles s'inscrivent dans une relation, une recherche de Dieu.
Et ces guerres saintes — alors le mot fait frémir — mais concrètement, ça se traduit par une diminution drastique de la violence. Dans le livre de Samuel, ces mêmes guerres-là se soldaient par l'extermination, par David, des deux tiers de la population. Ici, il ne les tue pas, il les réduit simplement en esclavage. C'est encore largement suffisant, je suis d'accord, je ne vais pas défendre ça ; n'empêche que ça va quand même plus ou moins dans le bon sens, et que ça mérite d'être dit en passant, sans qu'on s'y attende trop. Parce que vivement que Jésus arrive pour régler ces questions-là de manière définitive.
De la même manière — pour passer de la guerre sainte au problème de la sexualité du roi David — on ne vous a pas parlé de l'épisode avec Bethsabée, alors que normalement c'est à ce moment-là précisément que ça arrive. Ici, on n'en parle pas. C'est pas qu'on l'a oublié, c'est pas qu'on ne le sait pas : on présuppose ces événements connus. Mais c'est aussi parce que, écoutez, le peuple revient d'exil, il a eu le temps de ne penser qu'à ça, qu'aux erreurs du passé, pendant soixante-dix ans. Maintenant, on tourne la page. Ce n'est pas en patougeant dans la culpabilité du passé qu'on arrive à reconstruire un peuple. Vous avez plutôt intérêt à le rendre fier de son histoire qu'à l'enfoncer dans la culpabilité, si vous voulez qu'il reparte de l'avant.
On continue. Ensuite, on vous a parlé de l'administration royale. En bon père de famille, en bon administrateur — le terme biblique exact, c'est « intendant » : Dieu qui met Adam intendant de la création. Derrière la figure du roi, le roi parfait, c'est le parfait intendant. David, qui prend soin de la maison commune : c'est la première tâche d'un roi, bon intendant.
Bon, et ensuite on continue. Nouvelle guerre. Le texte insiste sur la non-violence de David. Il veut montrer sa miséricorde aux Ammonites. Les Ammonites réagissent mal, ils sont vexés, ils défigurent les ambassadeurs. Et là, David ne part pas en guerre : il prend simplement soin de ses ambassadeurs. Et devant l'excès de cette miséricorde, de cette non-violence, se déchaîne alors l'excès du mal de la part des Ammonites. Et c'est pour combattre cet excès du mal que David est obligé de partir à la guerre. C'est parce qu'il n'a pas le choix qu'il part en guerre. Et vous voyez ce processus de pacification qui est toujours à l'œuvre.
Bonus : cette couronne d'or que le roi David prend et met sur sa tête, et qui pesait un talent d'or, soit trente-quatre kilos, ce qui fait une couronne qui pèse relativement lourd. Ça, c'est David qui pénètre jusque dans la capitale du mal et qui, par sa non-violence, sa miséricorde et son souci de l'honneur, parvient à enlever la couronne qu'il y avait sur la tête de l'idole du mal ammonite.
Et on termine, dernière guerre, avec des gens qui ont six doigts : les Refaïtes, les descendants des géants. Alors, six doigts, c'est peut-être un détail pour vous — enfin, je pense que pour ces personnes-là, ça n'en était pas un. C'est une maladie qu'on appelle la polydactylie. Mais ça peut arriver : parfois, il y a des gens qui ont six doigts à la place de cinq doigts. On n'en meurt pas, c'est extrêmement rare, je ne sais pas si je le souhaite à quelqu'un quand même.
Ici, c'est vu comme une résurgence du chaos primitif, de la démesure, de l'orgueil, de Goliath, de Léviathan, de ces anges qui étaient venus sur terre et qu'il avait fallu combattre. Six doigts représentant la disproportion vers les six directions du cosmos : le nord, le sud, l'ouest, l'est, le haut et le bas. En envoyant son armée les combattre, David lutte contre les forces obscures du mal. Le chaos primitif est vaincu, et il rétablit sur la terre un empire de paix et d'harmonie.
Bon, alors, au total, tout le monde sent bien qu'on n'est plus en train de parler du personnage de David. David, ce n'est plus une personne ici, c'est une idée. C'est un concept, c'est un fantasme que l'on présente aux Juifs exilés pour leur donner une nouvelle identité, eux qui l'ont perdue en exil.
Proverbes 17,25-28
Un fils insensé ne fait qu'irriter son père et désoler sa mère.
Punir un innocent est inadmissible ; frapper des gens de bien, ce n'est pas correct.
Qui sait tenir sa langue a du discernement, et qui garde son sang-froid est un homme de réflexion.
S'il se tait, même un sot passe pour un sage ; bien malin, celui qui mesure ses mots.
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