Jour 247 ☾ — La Sagesse à l'œuvre
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Résumé : Après le grand éloge amoureux et métaphysique de la Sagesse, le livre ouvre une nouvelle partie qui reprend la thèse initiale — le sort des justes et celui des impies — pour la vérifier dans le concret de l'histoire. Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 10, 11 et 12, où l'auteur relit toute l'histoire sainte, d'Adam à l'Exode, comme l'œuvre de la Sagesse. Le commentaire relève que les patriarches n'y sont jamais nommés : ce n'est pas l'histoire de Noé ou d'Adam qu'on raconte, mais celle de la Sagesse à l'œuvre. Le frère reconnaît s'être trompé de fichier et avoir lu un chapitre de trop, et reporte le commentaire des chapitres 11 et 12. L'épisode s'achève par une prière pour aimer les saints et devenir saint.
Introduction
Livre de la Sagesse, nouvelle partie ! On était dans le pivot du livre, qui nous a parlé de la Sagesse dans des termes à la fois métaphysiques et amoureux — c'était extrêmement beau. Là, dans cette nouvelle partie, petit retour en arrière : l'auteur va reprendre la thèse de la première partie et va l'amener dans ses conséquences.
Donc je vous redonne la thèse de la première partie, pour mémoire : on avait comparé le sort des justes et le sort des impies. Et je vous avais dit, si jamais vous vous en souvenez : très bien, mais pour l'instant, c'est une thèse philosophique. Il faudra quand même qu'on voie jusqu'au bout si ça marche vraiment, cette affaire. Et pour voir si vraiment ça marche jusqu'au bout, dans cette nouvelle partie, l'auteur va commencer par relire l'histoire d'Israël, pour savoir si c'était vraiment la Sagesse qui était à l'œuvre.
Du coup, on y va. Après avoir fait l'éloge de la Sagesse, on retourne dans le concret, on relit l'histoire d'Israël. Nouvelle partie : Sagesse 10, 11 et 12.
Lecture : Sagesse 10 – 12
La Sagesse elle-même a veillé sur celui qui fut façonné le premier, créé seul, le père du monde. Puis elle l'arracha à sa propre faute et lui donna la force de dominer toute chose.
Or, un homme injuste, pris de colère, se détourna d'elle et périt de cette rage fratricide. À cause de lui, la terre fut submergée par le déluge, mais la Sagesse de nouveau la sauva, en pilotant le juste sur un simple morceau de bois.
Lorsque les nations, unanimes dans le mal, furent confondues, c'est elle qui reconnut le juste, le garda irréprochable devant Dieu et assez fort pour surmonter sa tendresse envers son enfant.
Alors que les impies périssaient, la Sagesse délivra un homme juste qui fuyait le feu s'abattant sur les cinq villes. En témoignage de leur perversité reste une terre aride et fumante, des plantes dont les fruits ne mûrissent plus, et, en mémoire d'une âme qui ne voulut pas croire, se dresse une colonne.
Car ceux qui dédaignent la Sagesse non seulement se privent de la connaissance du vrai bien, mais laissent encore aux vivants un souvenir de leur folie, pour que leur égarement ne passe pas inaperçu. Quant à ceux qui servent la Sagesse, elle les délivre de leur épreuve.
Elle guida elle-même, sur des sentiers droits, un homme juste qui fuyait la colère de son frère. Elle lui fit voir en songe le royaume de Dieu et lui donna la connaissance des réalités saintes. Elle récompensa ses efforts et multiplia le fruit de ses labeurs. Elle l'assista contre la cupidité de ceux qui l'exploitaient et le rendit riche. La Sagesse le protégea de ses ennemis et le préserva de tous les pièges. Elle lui a donné la victoire dans un combat redoutable et lui a fait comprendre ainsi que la piété est plus puissante que tout.
Quand le juste eut été vendu, la Sagesse ne l'a pas abandonné, mais elle l'a arraché au péché. Elle est descendue avec lui au fond de la fosse ; dans les chaînes, elle ne l'a pas quitté, jusqu'au jour où elle lui donna le sceptre royal et le pouvoir sur ceux qui l'avaient opprimé. Elle a convaincu de mensonge ses accusateurs et lui a donné une gloire éternelle.
La Sagesse a délivré d'une nation d'oppresseurs le peuple saint, la race irréprochable. Elle entra dans l'âme d'un serviteur du Seigneur et, par des prodiges et des signes, s'est opposée à des rois redoutables. La Sagesse a récompensé les saints de leur peine, les a conduits sur un chemin de merveille. Le jour, elle fut pour eux un abri, et la nuit une clarté d'étoiles. Elle leur fit traverser la mer Rouge et franchir les eaux profondes. Elle noya leurs ennemis et les vomit du fond de l'abîme.
Alors les justes ont dépouillé les impies. Ils ont chanté, Seigneur, ton saint nom, et célébré d'un seul cœur ta main qui les défend. Car la Sagesse a ouvert la bouche des muets et délié la langue des tout-petits.
La Sagesse a mené à bien leur entreprise par la main d'un saint prophète. Ils ont traversé un désert inhabitable et planté leur tente en des lieux jamais foulés. Ils ont résisté aux assaillants, repoussé leurs ennemis. Quand ils souffrirent de la soif, ils t'invoquèrent, et l'eau leur fut donnée d'un roc escarpé, un remède à leur soif jaillit d'un rocher.
Ce qui avait servi à châtier leurs ennemis, cela même fut pour eux un bienfait dans leur détresse. Tandis qu'un fleuve au cours immuable était troublé d'un sang boueux, en punition du décret infanticide, tu donnas aux tiens, contre tout espoir, une eau abondante. Tu leur montrais, par cette expérience de la soif, comment tu avais châtié leurs adversaires. Au cours de cette épreuve, en effet, bien que corrigés avec miséricorde, ils comprirent quelle torture était infligée aux impies, jugés avec colère.
Les tiens, tu les as mis à l'épreuve, comme un père donne un avertissement, mais les impies, tu les as mis au supplice, comme un roi inflexible lorsqu'il condamne. Après le départ des tiens, ils n'étaient pas moins affligés qu'avant. Leur tristesse redoublée, les saisit un gémissement au souvenir des événements passés. Lorsqu'ils apprirent que l'instrument même de leur châtiment était source de bienfaits pour les autres, ils reconnurent le Seigneur.
Au terme de ces événements, après avoir souffert une soif bien différente de celle des justes, ils admirèrent celui que, tout petit, ils avaient exposé à la mort, rejeté et plus tard congédié en se moquant.
Pour prix des projets insensés que formait leur injustice — car ils s'égaraient jusqu'à vénérer de stupides reptiles et de misérables bêtes — tu leur envoyas en punition une multitude d'animaux stupides, afin qu'ils comprennent que l'on est châtié par où l'on pèche.
Certes, elle n'était pas embarrassée, ta main toute-puissante, elle qui créa le monde à partir d'une matière informe. Elle aurait pu envoyer contre eux une bande d'ours ou de lions féroces, ou des monstres inconnus et pleins de rage, créés tout exprès, exhalant un souffle de feu, répandant une fumée pestilentielle, ou lançant de leurs yeux de terribles éclairs. Non seulement leur ravage aurait pu les anéantir, mais leur vision déjà les aurait fait périr d'effroi. D'ailleurs, il aurait suffi d'un souffle pour qu'ils soient renversés, chassés par la justice, dispersés en tous sens par le souffle de ta puissance.
Mais toi, Seigneur, tu as tout réglé avec mesure, nombre et poids, car ta grande puissance est toujours à ton service. Et qui peut résister à la force de ton bras ? Le monde entier est devant toi comme un rien sur la balance, comme la goutte de rosée matinale qui descend sur la terre.
Pourtant, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés pour qu'ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n'as de répulsion envers aucune de tes œuvres. Et si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l'aurais pas créé. Comment aurait-il subsisté si tu ne l'avais pas voulu ? Comment serait-il resté vivant si tu ne l'avais pas appelé ?
En fait, tu épargnes tous les êtres parce qu'ils sont à toi, maître qui aime les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous. Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu. Tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu'ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur.
Ainsi, ceux qui habitaient autrefois ta terre sainte, tu les avais pris en haine pour leurs abominables pratiques, œuvres de sorcellerie et rites sacrilèges. Ils tuaient leurs enfants sans aucune pitié et faisaient des festins de chair humaine, de viscères et de sang. Ces adeptes des mystères, ces parents meurtriers d'êtres sans défense, tu avais décidé de les faire périr par la main de nos pères, afin que, sur la terre qui t'est chère entre toutes, viennent s'établir des enfants de Dieu dignes d'elle.
Et pourtant, même ceux-là, tu les as traités avec ménagement, parce qu'ils étaient des êtres humains. Tu n'as envoyé contre eux, en avant-coureurs de ton armée, que des frelons, ces insectes dangereux, pour ne pas hâter leur extermination. Tu aurais bien pu livrer ces impies aux mains des justes dans une bataille rangée, où les anéantir d'un coup par des fauves redoutables ou une parole tranchante, mais, en exerçant ta justice sans hâte, tu leur offrais l'occasion du repentir.
Tu n'ignorais pourtant pas que leur nature était viciée et leur malice innée, que leur mentalité ne changerait jamais, car c'était une descendance maudite dès l'origine. Ce n'est pas par crainte de quiconque que tu accordais l'impunité à leurs péchés.
Qui donc oserait dire : « Qu'as-tu fait ? » Qui contestera ta sentence ? Qui te citera en justice pour avoir détruit des peuples que tu as toi-même créés ? Qui encore viendra s'opposer à toi et prendre la défense d'hommes injustes ?
Il n'y a pas d'autre Dieu que toi qui prenne soin de toute chose. Tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes. Il n'est pas de roi ou de souverain qui puisse te braver pour défendre ce que tu as châtié, parce que tu es juste, tu gouvernes l'univers avec justice, tu estimes incompatible avec ta puissance de condamner celui qui ne mérite pas d'être puni.
Ta force est à l'origine de ta justice, ta domination sur toute chose te permet d'épargner toute chose. Tu montres ta force si l'on ne croit pas la plénitude de ta puissance, et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes. Mais toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n'as qu'à vouloir pour exercer ta puissance.
Par ton exemple, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain. À tes fils, tu as donné une belle espérance : après la faute, tu accordes la conversion. Les ennemis de tes enfants, tu les as punis avec un grand souci d'indulgence, alors qu'ils méritaient la mort : tu leur as donné le temps et l'occasion de renoncer au mal. Mais tes fils, avec combien plus de scrupules les as-tu jugés, toi qui as fait, en faveur de leurs pères, des serments et des alliances aux magnifiques promesses !
Ainsi tu modères le châtiment de nos ennemis pour nous apprendre à méditer ta bonté lorsque nous jugeons, et à compter sur ta miséricorde lorsque nous sommes jugés.
C'est pourquoi ceux qui menaient une vie absurde et injuste, tu les as tourmentés par leurs propres abominations. Ils ont vraiment dépassé les bornes de l'erreur et de l'égarement, prenant pour divinités les plus viles des animaux immondes et se laissant abuser comme des tout-petits sans intelligence.
Aussi, comme des gamins déraisonnables, tu les as tournés en ridicule pour les punir. Mais ceux qui ne comprennent pas les réprimandes pour enfants font l'expérience d'un jugement vraiment divin. Exaspérés par ces bestioles qu'ils faisaient souffrir, et se voyant châtiés par celles-là mêmes qu'ils prenaient pour des dieux, ils durent reconnaître pour un Dieu véritable celui dont autrefois ils ne voulaient rien savoir. C'est pourquoi la condamnation suprême s'abattit sur eux.
Commentaire
La lecture était super longue, non ? En fait, je me suis planté ! Ah, écoutez, c'est la première fois que ça m'arrive. J'ai eu un sombre problème dans la manière dont je gérais les fichiers, je ne peux pas trop vous dire. En fait, on ne lisait que deux chapitres aujourd'hui. Ce qui fait que là, je suis un peu pris de court.
Alors, ce n'est pas très grave, parce que le thème des chapitres 11 et 12, on les retrouvera plus tard, donc là, je pourrai en parler.
En attendant, il me restait le chapitre 10, où on a parcouru l'histoire avec les patriarches. Sauf que, vous avez vu, on ne donnait jamais leur nom. Alors, en les décrivant, on devinait qu'il s'agissait tantôt d'Adam, tantôt de Noé, mais on ne donnait pas leur nom. Ce qui était une manière de rehausser le rôle de la Sagesse.
Vous croyez que dans le déluge, on parlait de l'histoire de Noé ? Erreur ! On parlait de la révélation de la Sagesse et de son action. Vous croyez que dans Adam, on parlait de la beauté du monde et de l'homme ? Erreur ! On parlait de la Sagesse qui crée toute chose avec puissance et beauté.
Alors après, il était question de l'Exode et de l'Égypte. Ça, on le retrouvera aussi après, je pourrai en parler. En attendant, la prière tout de suite.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, apprends-moi à aimer les personnes saintes. Apprends-moi à voir dans les hommes qui m'ont précédé des modèles que je vais chercher à imiter pour pouvoir t'aimer.
Donne-moi la sagesse de François d'Assise. Donne-moi la tempérance de Noé. Donne-moi la foi d'Abraham. Donne-moi la pureté de la Vierge Marie. Donne-moi la docilité de saint Dominique.
Ah, Seigneur, à travers toutes ces personnes, fais-moi voir le reflet de ta beauté. Seigneur, c'est toi que je veux aimer. Et si tu as répandu ta beauté sur toutes ces personnes qui sont autour de moi, en les regardant, Seigneur, fais que je voie l'auteur de cette sagesse. Et Seigneur, si l'unique moyen de t'aimer, c'est de devenir saint, rends-moi saint pour que je t'aime.
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