Jour 249 ☼ — Quand la louange devient arme sacrée
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Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 25 et 26 du premier livre des Chroniques, le frère Paul-Adrien lit les longues listes des classes de chantres, des portiers, des responsables des trésors et des affaires extérieures du sanctuaire. Il compare cette organisation davidique à celle des dicastères du Vatican : avant les papes, il y avait David, et avant Rome, Jérusalem. Le commentaire s'arrête sur la place étonnante donnée aux chantres, placés au centre du dispositif liturgique à égalité avec les prêtres : héritage de l'exil, où la prière chantée avait remplacé les sacrifices, la musique devient un langage sacerdotal, un rite permanent et une porte d'entrée pour faire descendre Dieu sur terre. L'épisode se termine par cinq versets du livre des Proverbes.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Avant le Vatican, il y avait Jérusalem, et avant les papes, il y avait David. Nous voyons notre premier pape, notre premier Vatican, surgir de terre — en tout cas dans les papiers. David est en train de dresser les plans de la cité divine, de la capitale liturgique parfaite appelée à régner sur toute la terre.
Deux chapitres aujourd'hui. Chapitre 25 : on vous donnera la liste des chantres. Les voilà au centre de tout ce long passage consacré à l'organisation davidique de notre proto-cité du Vatican. On reviendra là-dessus. Et après, on vous donnera le nom, cette fois-ci, des portiers. Un long, un très long passage sur les portiers. Alors on se demande pourquoi autant d'importance sur les portiers. Souvenez-vous d'Ouzza, qui était mort parce qu'il avait touché par mégarde l'arche de l'Alliance. Donc il faut un accès réglementé entre le profane et le sacré, veiller au seuil de purification. Et probablement aussi que les portiers avaient une fonction mystique, militaire — en tout cas une fonction sécuritaire, un peu comme la police.
On vous parlera ensuite des questions financières du temple, le trésor, et même des affaires extérieures. En fait, c'est simple : on est en train de vous décrire ce qu'on appelle des dicastères. Les dicastères, c'est les ministères qu'il y a au Vatican. Il y a un ministère qui s'occupe des finances, il y a un ministère qui s'occupe du culte, etc. Eh bien, avant le Vatican, vous aviez David qui les avait faits à Jérusalem.
Premier livre des Chroniques, chapitres 25 et 26.
Lecture : 1 Chroniques 25–26
…Hachabya et Mattityahou : ils étaient six, sous la direction de leur père Yedoutoun, lequel prophétisait au son de la cithare pour célébrer et louer le Seigneur.
Pour Hémane, il y avait les fils de Hémane : Bouqqiyahou, Mattanyahou, Ouziel, Chebouel, Yerimoth, Hananya, Hanani, Éliata, Guiddalti, Romamti-Ézer, Yochbeqacha, Mallothi, Hothir, Mahaziôth. Tous ceux-là étaient les fils de Hémane, le voyant du roi, qui interprétait les paroles de Dieu pour exalter sa puissance. Dieu donna à Hémane quatorze fils et trois filles.
Ils étaient tous sous la direction de leur père pour chanter dans la maison du Seigneur au son des cymbales, des harpes et des cithares, pour le service de la maison de Dieu, sous la direction du roi, d'Asaph, de Yedoutoun et de Hémane.
Ceux-là, y compris leurs frères exercés au chant pour le Seigneur, en avaient tous acquis la maîtrise. Leur nombre était de deux cent quatre-vingt-huit.
On tira au sort l'organisation du service, pour le petit comme pour le grand, pour le maître comme pour le disciple.
Le premier tirage au sort désigna, pour Asaph, Joseph. Le deuxième désigna Guedalyahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le troisième désigna Zakkour, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le quatrième désigna Yicri, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le cinquième désigna Netanyahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le sixième désigna Bouqqiyahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le septième désigna Yesarela, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le huitième désigna Isaïe, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le neuvième désigna Mattanyahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le dixième désigna Chiméï, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le onzième désigna Azarel, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le douzième désigna Hachabya, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le treizième désigna Choubael, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le quatorzième désigna Mattityahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le quinzième désigna Yerimoth, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le seizième désigna Hananyahou, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le dix-septième désigna Yochbeqacha, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le dix-huitième désigna Hanani, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le dix-neuvième désigna Mallothi, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le vingtième désigna Éliata, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le vingt et unième désigna Hothir, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le vingt-deuxième désigna Guiddalti, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le vingt-troisième désigna Mahaziôth, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze. Le vingt-quatrième désigna Romamti-Ézer, avec ses fils et ses frères : ils étaient douze.
Et voici la répartition des classes des portiers. Pour les Coréites : Mechèlèmyahou, fils de Coré, l'un des fils d'Ébyasaph. Mechèlèmyahou eut des fils : Zekaryahou, l'aîné ; Yediaël, le deuxième ; Zebadyahou, le troisième ; Yatniel, le quatrième ; Élam, le cinquième ; Yohanane, le sixième ; et Élyehoénaï, le septième.
Obed-Édom eut des fils : Chemaya, l'aîné ; Yozabad, le deuxième ; Yoah, le troisième ; Sakar, le quatrième ; Netanel, le cinquième ; Ammiel, le sixième ; Issakar, le septième ; et Péoulletaï, le huitième — car Dieu avait béni Obed-Édom.
À son fils Chemaya naquirent des fils qui eurent autorité sur leur famille : c'étaient des hommes de grande valeur. Les fils de Chemaya étaient Otni, Rephaël, Obed, Elzabad, et ses frères, gens de valeur, Élihou et Semakyahou. Tous ceux-là étaient les fils d'Obed-Édom. Eux, leurs fils et leurs frères étaient des hommes de valeur par l'énergie qu'ils montraient dans leur service, et ils étaient soixante-deux, issus d'Obed-Édom.
Mechèlèmyahou eut des fils et des frères, gens de valeur, au nombre de dix-huit.
Hosa, l'un des fils de Merari, eut des fils : Chimri était l'aîné, car, sans qu'il fût le premier-né, son père en avait fait l'aîné ; Hilqiyahou était le deuxième, Tebalyahou le troisième, Zekaryahou le quatrième. Treize en tout, fils et frères de Hosa.
Ceci constituait les classes de portiers. Les chefs de ces hommes avaient pour tâche, comme leurs frères, d'officier dans la maison du Seigneur. On tira au sort les familles, pour le petit comme pour le grand, afin d'organiser le service de chaque porte.
Et pour la porte de l'Est, le sort tomba sur Chèlèmyahou. Pour son fils Zekaryahou, qui était un conseiller prudent, on tira au sort, et le sort le désigna pour le Nord. Obed-Édom eut la porte du Sud, et ses fils eurent les magasins. Chouppim et Hosa eurent, à l'Ouest, la porte Chalèketh, sur la route montante.
On avait proportionné les postes de la garde de la manière suivante : six lévites à l'Est, quatre par jour au Nord, quatre par jour au Sud, et deux, par groupe de deux, au magasin ; pour les dépendances à l'Ouest, ils étaient quatre pour la route et deux pour les dépendances. Telles étaient les classes des portiers chez les Coréites et les Merarites.
Les autres lévites, leurs frères, étaient préposés au trésor de la maison de Dieu et au trésor des choses saintes. Les fils de Ladane, fils de Guershonites par Ladane, avaient des Yehiélites pour chefs de famille. Les chefs des Yehiélites, Zétam et Joël son frère, étaient préposés aux trésors de la maison du Seigneur.
Pour les Amramites, les Yicharites, les Hébronites et les Ouzziélites, il y avait Chebouel, descendant de Guershom, fils de Moïse, comme surintendant des trésors. Ils avaient pour frères, par Éliézer, le fils de ce dernier, Rehabyahou, qui eut pour fils Isaïe, qui eut pour fils Yoram, qui eut pour fils Zikri, lequel eut pour fils Chelomith.
Ce Chelomith et ses frères furent préposés à tous les trésors des choses saintes, consacrés par le roi David, par les chefs de famille, les officiers de milliers ou de centaines, et par les officiers de l'armée. Ces choses, prises sur le butin de guerre, avaient été consacrées pour entretenir la maison du Seigneur. Chelomith et ses frères étaient préposés à tout ce qu'avaient consacré Samuel le voyant, Saül fils de Quich, Abner fils de Ner, et Joab fils de Cerouya — en un mot, tous ceux qui avaient été consacrés.
Pour les Yicharites, il y avait, pour les affaires extérieures en Israël, Kenanyahou et ses fils comme secrétaires et juges.
Pour les Hébronites, il y avait Hachabyahou et ses frères, hommes de grande valeur au nombre de mille sept cents, préposés à la surveillance d'Israël au-dessous du Jourdain, à l'ouest, pour toutes les affaires du Seigneur et le service du roi.
Les Hébronites avaient pour chef Yeriya, d'après la généalogie de leur père. Ceux-ci avaient fait l'objet de recherches en la quarantième année du règne de David, et l'on avait trouvé parmi eux des hommes de grande valeur, à Yazèr en Galaad. Quant aux frères de Yeriya, gens de valeur, ils étaient deux mille sept cents chefs de famille. Le roi David les nomma inspecteurs des Rubénites, des Gadites et de la demi-tribu de Manassé, en toute affaire royale ou divine.
Commentaire
Ce sont les chantres qui sont au centre de la liturgie. Ça vous paraît peut-être normal ; moi, ça ne me paraît pas normal. Normalement, ce qu'il devrait y avoir au centre de la liturgie, ça devrait être les prêtres, ça ne devrait pas être les chantres. Les prêtres, ils sont toujours là, on ne les a pas oubliés, et il y aura toujours des sacrifices dans le temple. N'empêche que quelques chapitres auparavant, on vous avait décrit vingt-quatre classes de prêtres, et voilà que maintenant, on voit en face vingt-quatre classes de chantres. On a presque l'impression que maintenant, ce qu'il y a au centre de la liturgie, ce ne sont plus les sacrifices : c'est le chant.
En même temps, ça s'explique, parce que le temple n'a pas encore été reconstruit, donc les sacrifices sont à Gabaon en ce moment. Mais en attendant, cette insistance nouvelle sur le chant, ça, c'est une révolution. Ça vient en fait de l'exil. En exil, qu'est-ce qui s'est passé ? Il n'y avait plus de sacrifice, il n'y avait plus de temple. Les gens, leur manière d'offrir des sacrifices, c'était de prier en chantant. Et de retour d'exil, on a fait droit à cette évolution spirituelle et liturgique.
Regardez : la musique, avant, ça existait. On a des cantiques dans l'Ancien Testament : on a le cantique de Moïse, on a le cantique de Débora. Donc l'exil n'a pas inventé la musique, mais il l'a transformée. Avant, c'était une expression ; maintenant, c'est devenu un langage sacerdotal. Avant, c'était un art occasionnel ; maintenant, ça devient un rite permanent. C'est tout le jour que l'on chante, pour imiter sur terre la cour céleste, les anges qui louent Dieu dans le ciel. Avant, c'était un souvenir du passé : ça permettait de commémorer les hauts faits, moi je ne sais pas, par exemple, de Moïse. Maintenant, ça devient une porte d'entrée pour faire descendre Dieu sur terre. Ça, on ne l'a pas encore vu, ce sera dans le deuxième livre des Chroniques, mais la gloire, la présence de Dieu, va descendre non pas à l'occasion d'un sacrifice, mais à l'occasion d'un chant de louange.
Bref, là, vous avez la musique qui est devenue institutionnalisée, qui est confiée à des familles lévitiques qu'on a réparties en classes. Et on lui donne des lettres de noblesse : on vous dit que les principaux chantres, Asaph, Hémane, Yedoutoun, sont maintenant rattachés à des lignées lévitiques. On vous dit que la musique, c'est une prophétie — par exemple, les chantres prophétisent avec la harpe. Ça, c'est ce que disait le texte, c'est une citation.
Alors, petite parenthèse aussi : un petit coup de génie politique. Parce que ce qui se passait, c'est que les lévites avaient tendance à être considérés comme un clergé de deuxième zone. Et en leur confiant une charge exclusive, le chant, ça leur redonne une dignité, entre guillemets, dans le temple.
Ce qui est assez beau, parce que c'est une manière aussi pour le peuple d'entrer dans le temple. Le peuple ne peut pas offrir des sacrifices, ils ne sont pas prêtres. Mais tout le monde peut chanter. C'est magnifique. Ça ne dit pas son nom, là, mais en fait, c'est une réforme liturgique — comme dans l'Église, de temps en temps, on essaye de réformer la liturgie pour lui donner plus d'âme, plus de cœur, et que ça fasse vibrer le cœur et l'âme des gens.
Bon, livre des Proverbes.
Proverbes 18,11-15
La fortune du riche est sa citadelle : il y voit son rempart.
Avant la chute, le cœur s'exalte ; avant la gloire, il s'humilie.
Rétorquer avant d'écouter : sottise et confusion.
Un bon moral rétablit le malade ; un moral au plus bas, qui le relèvera ?
Un cœur intelligent veut acquérir la connaissance ; l'oreille des sages la recherche.
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