Jour 251 ☼ — Un temple, un peuple, un cœur
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Résumé : Dernier chapitre du premier livre des Chroniques, lu comme une fête : David présente à l'assemblée l'ouvrage du Temple, donne ses propres biens, et le peuple répond par des dons volontaires faits d'un cœur sans partage. Suit la grande bénédiction de David, puis l'onction de Salomon et de Sadoc — donnée par le peuple — et la mort de David après quarante ans de règne. Le commentaire souligne ce déplacement de la source de la légitimité vers le peuple, signe d'une relecture de l'histoire tournée vers le retour d'exil, et détaille la prière de David : les cinq attributs divins, l'action de grâce comme âme du Temple, et la religion intérieure du cœur droit.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Aujourd'hui, le dernier chapitre du livre des Chroniques. On va passer au deuxième livre des Chroniques. Alors, la séparation est un peu artificielle, parce qu'au début, vous sentez bien que c'était un même livre et on les a simplement coupés au milieu.
Ça n'empêche pas qu'aujourd'hui, comme vous avez été sages, sympas et que vous avez eu plein de généalogies, de listes de noms, eh bien David vous propose de faire la fête avec lui pour célébrer le plan qu'il va donner à son fils. Ah, il est content, et nous aussi avec lui. Bonne lecture, bonne fête.
Lecture : 1 Chroniques 29
Le roi David s'adressa à toute l'assemblée : « Mon fils Salomon, le seul que Dieu a choisi, est jeune et faible, alors que l'ouvrage à accomplir est considérable, car cette citadelle n'est pas destinée à un homme, mais au Seigneur Dieu. De toutes mes forces, j'ai préparé pour la maison de mon Dieu : de l'or pour ce qui doit être en or, de l'argent pour ce qui doit être en argent, du bronze pour ce qui doit être en bronze, du fer pour ce qui doit être en fer, du bois pour ce qui doit être en bois, des pierres de cornaline, des pierres d'ornement, des pierres noires, des pierres multicolores, toutes sortes de pierres précieuses, et de l'albâtre en abondance. Plus encore, ce que je possède, moi, personnellement, en or et en argent, je le donne à la maison de mon Dieu par amour pour elle, en plus de tout ce que j'ai déjà préparé pour ce sanctuaire. »
Alors les chefs des familles, les chefs des tribus d'Israël, les officiers des milliers et des centaines, ainsi que les chefs des travaux du roi, furent volontaires. Ils donnèrent pour le service de la maison de Dieu cinq mille talents d'or, dix mille pièces d'or, dix mille talents d'argent, dix-huit mille talents de bronze et cent mille talents de fer. Ceux qui possédaient des pierres précieuses les remirent pour le trésor de la maison du Seigneur, entre les mains de Yéhiel le Guershonite. Et le peuple se réjouit de leurs dons volontaires, car c'est d'un cœur sans partage qu'ils avaient ainsi fait des dons volontaires au Seigneur. Le roi David aussi en éprouva une grande joie.
Alors David bénit le Seigneur sous les yeux de toute l'assemblée, et il dit : « Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de notre père Israël, depuis les siècles et pour les siècles. À toi, Seigneur, force et grandeur, éclat, victoire, majesté, tout dans les cieux et sur la terre. À toi, Seigneur, le règne et la primauté sur tout. La richesse et la gloire viennent de ta face. C'est toi le maître de tout. Dans ta main, force et puissance, et tout par ta main grandit et s'affermit.
Et maintenant, ô notre Dieu, nous voici pour te rendre grâce, pour célébrer l'éclat de ton nom. Qui suis-je en effet, et qui est mon peuple, pour être en mesure de faire de tels dons volontaires ? Tout nous vient de toi, et c'est de ta main que nous avons reçu ce que nous te donnons. Car nous ne sommes devant toi que des immigrés, des hôtes comme tous nos pères. Nos jours sur la terre sont comme l'ombre, et il n'est pas d'espoir. Seigneur, notre Dieu, toutes ces richesses que nous avons préparées à profusion pour te bâtir une maison à ton saint nom viennent de ta main, et tout t'appartient. Je le sais, mon Dieu, tu scrutes les cœurs et tu aimes la droiture. Moi, c'est d'un cœur droit que j'ai fait tous ces dons volontaires. Et maintenant, ton peuple ici présent, je le vois avec joie te faire ces dons volontaires. Seigneur, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, nos pères, garde à jamais ces dispositions dans le cœur de ton peuple, et que son cœur s'attache à toi. À mon fils Salomon, donne un cœur sans partage, qu'il garde tes commandements, tes exigences et tes décrets, qu'il les mette tous en pratique et bâtisse la citadelle que je t'ai préparée. »
Et David dit ensuite à toute l'assemblée : « Bénissez le Seigneur, votre Dieu. » Et toute l'assemblée bénit le Seigneur, Dieu de leurs pères. Ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant lui et devant le roi.
Et le lendemain de ce jour, ils offrirent au Seigneur des sacrifices, des holocaustes : mille taureaux, mille béliers, mille agneaux, avec les libations habituelles, ainsi que des sacrifices en grand nombre pour tout Israël. Et ce jour-là, ils mangèrent et ils burent en grande joie devant le Seigneur.
Ils firent roi pour la seconde fois Salomon, fils de David. Ils donnèrent pour le Seigneur l'onction à Salomon comme chef, et à Sadoc comme prêtre. Salomon siégea sur le trône du Seigneur comme roi à la place de David son père, et il réussit. Tout Israël lui obéit. Tous les officiers, les guerriers, et même tous les fils du roi David se soumirent au roi Salomon. Sous les yeux de tout Israël, le Seigneur éleva Salomon au sommet de la grandeur. Il lui donna une majesté royale telle que n'en avait eu avant lui aucun roi en Israël.
David, fils de Jessé, régna donc sur tout Israël. Son règne sur Israël fut de quarante ans : il avait régné sept ans à Hébron et trente-trois ans à Jérusalem. Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesse et de gloire. Son fils Salomon régna à sa place.
Les actions du roi David, des premières aux dernières, cela est écrit dans les actes de Samuel le voyant, dans les actes de Nathan le prophète et dans les actes de Gad le voyant, avec ce qui concerne tout son règne, sa bravoure, et les événements survenus dans sa vie, en Israël et dans tous les royaumes des autres pays.
Commentaire
C'est toujours la même chose. Vous voyez, David s'adresse au peuple : après avoir donné le temple à construire à Salomon, finalement il se tourne vers le peuple pour dire que ce sera quand même à eux de le faire. Le peuple accepte, fait des offrandes volontaires. C'est ça en fait ce qui est véritablement recherché de la part d'un peuple en exil : reconstruire.
Et ensuite même, on va plus loin en vous disant que c'est le peuple qui va donner l'onction à Salomon et à Sadoc. Verset 22 :
Ils donnèrent pour le Seigneur l'onction à Salomon comme chef, et à Sadoc comme prêtre.
Alors ça, c'est très, très, très étonnant. Parce que jusqu'à présent, c'était un principe d'hérédité qui donnait la légitimité, ou alors un prophète qui donnait l'onction. Mais d'où est-ce que le peuple donne l'onction ? La source de la souveraineté, est-ce que c'est le peuple ? Alors on n'est pas encore dans la démocratie, mais vous sentez quand même que les choses ont sacrément changé.
Le peuple a choisi le fils héréditaire de David. D'accord, ça arrange tout le monde. Ça veut quand même dire que ce n'est pas automatique, cette affaire. Ils auraient pu choisir quelqu'un d'autre. Et peut-être qu'après l'exil, ils choisiront d'autres personnes. Alors je dis ça, je ne dis rien, je ne veux pas spoiler. Vous sentez que cette relecture de l'histoire, ça ouvre des possibilités. C'est ce que je vous disais : c'est pour ça que c'est bien de lire les Chroniques avant Esdras et Néhémie.
Et je ne voudrais pas que vous disiez que cette relecture du texte, c'est juste une manière de manipuler l'histoire pour légitimer un agenda politique qu'il y aurait après l'exil. Non, c'est beaucoup plus profond que ça. Vous voyez aussi qu'en parallèle, il y a toute une évolution et un approfondissement de la théologie, qui devient de plus en plus puissante et de plus en plus spirituelle.
Regardez, juste après, vous aviez la prière de David. Mais elle était magnifique. Et cette prière, elle est essentielle, parce que c'est elle qui vous donne la clé. C'est bien beau de construire un temple, mais encore faut-il savoir dans quel état d'esprit on va l'utiliser. Et c'est ça que vous donne la prière.
Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de notre père Israël, depuis les siècles et pour les siècles.
On vous rappelle le passé des patriarches derrière cela. Ensuite, instant contemplatif : David fixe les yeux sur Dieu et contemple les attributs divins. Il vous en donne cinq.
À toi, Seigneur, force et grandeur, éclat, victoire, majesté, tout dans les cieux et sur la terre.
La force, c'est l'omnipotence. La grandeur, c'est l'altérité, la radicalité, la sainteté. L'éclat, c'est la gloire, la beauté. La victoire, sous-entendu la victoire sur le mal : Dieu qui sauve. Et on termine finalement avec la majesté. La majesté, c'est une manière particulière d'exercer sa souveraineté sur l'univers, en étant débordant de générosité et en exerçant sa domination sur le monde d'une telle manière que le monde s'en trouve plus beau.
Ensuite, après cette contemplation, la prière continue. Elle reste à une très, très grande hauteur théologique, vous allez voir.
Dans ta main, force et puissance, et tout par ta main grandit et s'affermit.
L'idée qu'il y a derrière, c'est que la manière dont Dieu a d'exercer sa grandeur, c'est en rendant grand ce qui le sert. « Tout par ta main grandit et s'affermit. »
Du coup, devant une telle beauté, le peuple se présente devant Dieu pour le louer. C'était le verset 13 :
Et maintenant, ô notre Dieu, nous voici pour te rendre grâce, pour célébrer l'éclat de ton nom.
Voilà la vocation d'Israël : rendre gloire à Dieu pour sa grandeur. Ce temple, il faut qu'il ait une âme. L'âme de ce temple, l'âme de cette liturgie qu'a organisée David, c'est cette action de grâce. « Nous voici devant toi pour te rendre grâce. » C'est pour ça qu'on a construit le temple. Ce qui est très beau d'ailleurs, parce que ce n'est pas d'abord pour demander pardon pour ses péchés, mais pour célébrer la louange d'une réalité sainte qui nous dépasse et qui nous donne notre vie, notre beauté.
Puis ensuite, on vous disait :
Qui suis-je en effet, et qui est mon peuple, pour être en mesure de faire de tels dons volontaires ? Tout nous vient de toi, et c'est de ta main que nous avons reçu ce que nous te donnons.
On a l'impression de lire du saint Augustin. Nous ne pouvons rien donner à Dieu, qui est au-delà de nous. La seule chose qu'on peut lui donner, c'est lui redonner ce que lui-même nous a donné. Quand tu couronnes l'amour que nous avons pour toi, c'est ton propre amour que tu couronnes.
Ensuite, David rappelle l'état du peuple : « Nous sommes devant toi comme des immigrés. » Bah, tu m'étonnes ! Là, ce n'est pas David qui parle — David, ce n'est pas un immigré, ça fait je ne sais pas combien de générations qu'ils sont installés en Terre promise. Les immigrés ici, ce sont ceux qui reviennent d'exil. « Nous sommes des hôtes, comme tous nos pères. » C'est toi qui nous redonnes ce temple, c'est toi qui nous redonnes cette terre. Mais les étrangers, les immigrés, c'est nous aussi qui sommes sur terre comme des pèlerins. Et même David : vous sentez toute l'humilité qu'il y a dans cette prière.
Et là, maintenant, David rappelle qu'au cœur de la religion, ce ne sont pas les sacrifices, ce ne sont même pas les chants, c'est la religion intérieure. Verset 17 :
Je le sais, mon Dieu, tu scrutes les cœurs et tu aimes la droiture. Moi, c'est d'un cœur droit que j'ai fait tous ces dons volontaires.
La fine pointe de la religion intérieure, la pureté de l'intention, c'est quand la droiture s'exprime à travers la gratuité du don.
« Et maintenant, ton peuple ici présent, je le vois avec joie te faire ces dons volontaires » — dit David dans la prière. Conclusion de la prière : garde toujours ce peuple dans de telles dispositions. Ensuite, on se tourne vers Salomon pour dire : donne-lui un cœur sans partage, qu'il garde tes commandements, qu'il les mette en pratique et bâtisse la citadelle que je t'ai préparée. Et à nouveau, je vous signale la petite chose en passant : le peuple est mentionné avant Salomon.
Proverbes 18,21-24
La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; qui aime la parole mangera de son fruit.
Il trouve le bonheur, celui qui trouve femme : c'est une bienveillance du Seigneur.
Aux supplications du pauvre, le riche répond durement.
Il y a des relations qui tournent mal, mais il y a l'ami plus attaché qu'un frère.
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