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Jour 252 ☼ — Salomon et la gloire du Temple

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Résumé : Le frère Paul-Adrien ouvre le deuxième livre des Chroniques — simple suite du premier, séparé pour des raisons de longueur de rouleau — avec l'inauguration du règne de Salomon. La lecture rassemble le pèlerinage à Gabaon, où demeurait l'autel de bronze et le rite sacrificiel, le songe où Salomon demande la sagesse plutôt que la richesse, puis la négociation avec Houram, roi de Tyr, pour les matériaux et les artisans du Temple. Le commentaire note que le Chroniste efface les épisodes truculents du règne pour concentrer la sagesse de Salomon sur le Temple, et file une longue comparaison avec les cathédrales gothiques : mêmes cercles concentriques de sainteté, même tripartition du clergé, même admiration des nations.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Nous commençons aujourd'hui le deuxième livre des Chroniques. Bon, ne vous emballez pas : à l'origine, c'était un seul livre. Simplement, comme c'était trop long, il a fallu deux rouleaux bibliques. C'est tout, ça ne va pas plus loin.

Et nous allons commencer ce deuxième livre avec le règne de Salomon. On va commencer le début du règne par un petit pèlerinage à Gabaon, là où était resté le rite sacrificiel. Souvenez-vous, l'Arche de l'Alliance avait été amenée par David à Jérusalem, et donc on priait en chantant, tandis que les sacrifices continuaient d'être offerts à Gabaon, devant l'autel de bronze et la mer de bronze. Bref, ce sera l'œuvre de Salomon que d'arriver à rapatrier les sacrifices à Jérusalem, en construisant un temple et un autel. Ce qui derrière, je vous l'avais dit, c'est le nec plus ultra de la sagesse : arriver à réconcilier la liturgie pré-exilique, les sacrifices, avec la liturgie post-exilique, les chants sacrés.

Donc, rendez-vous à Gabaon pour l'inauguration du règne de Salomon. Deux Chroniques, chapitres 1 et 2.

Lecture : 2 Chroniques 1-2

Salomon, fils de David, s'affermit dans sa royauté. Le Seigneur, son Dieu, était avec lui. Il l'éleva au sommet de la grandeur.

Salomon s'adressa à tout le peuple d'Israël, aux officiers de milliers et de centaines, aux juges et à tous les responsables de tout Israël, chefs de famille. Salomon, et toute l'assemblée avec lui, se rendirent au lieu sacré de Gabaon. C'est là que se trouvait la tente de la Rencontre de Dieu, celle que Moïse, le serviteur du Seigneur, avait faite dans le désert. Mais l'Arche de l'Alliance, David l'avait fait monter de Kiriath-Yéarim vers l'endroit qu'il avait fait préparer pour elle ; pour elle, en effet, il avait dressé une tente à Jérusalem. À Gabaon, devant la demeure du Seigneur, se trouvait l'autel de bronze qu'avait fait Betsaleel, fils d'Ouri, fils de Hour. Alors Salomon et l'assemblée consultèrent le Seigneur en ce lieu. Salomon monta à l'autel de bronze qui était devant le Seigneur, près de la tente de la Rencontre, et il y offrit en sacrifice mille holocaustes.

Cette nuit-là, Dieu apparut à Salomon et lui dit : « Demande ce que je dois te donner. »

Salomon répondit à Dieu : « Tu as traité David, mon père, avec une grande fidélité, et tu m'as fait roi à sa place. À présent, Seigneur Dieu, la parole que tu as adressée à David, mon père, se vérifie, car c'est toi qui m'as fait roi sur un peuple aussi nombreux que la poussière de la terre. Maintenant, Seigneur, donne-moi sagesse et connaissance, pour que je sache comment me comporter à la tête de ce peuple. Qui, en effet, pourrait gouverner ce grand peuple qui est le tien ? »

Dieu répondit à Salomon : « Puisque c'est cela que tu as pris à cœur, et que tu ne m'as demandé ni richesse, ni biens, ni gloire, ni la vie de tes ennemis ; puisque tu ne m'as pas demandé non plus de longs jours, mais que tu as demandé pour toi sagesse et connaissance afin de gouverner mon peuple sur lequel je te fais roi, ta sagesse et la connaissance te sont données. Je te donnerai aussi la richesse, les biens et la gloire, comme aucun roi n'en a eu avant toi et comme aucun n'en aura après toi. »

Salomon quitta le lieu sacré de Gabaon pour Jérusalem, loin de la tente de la Rencontre, et il régna sur Israël. Salomon rassembla des chars et des cavaliers. Il eut ainsi mille quatre cents chars et douze mille cavaliers. Il les cantonna dans les villes de garnison et près du roi à Jérusalem. À Jérusalem, le roi fit abonder l'argent et l'or autant que les pierres, et les cèdres autant que les sycomores dans le Bas-Pays. Les chevaux de Salomon provenaient d'Égypte, et le groupe des courtiers du roi à Qévé les achetait pour un prix convenu. Ces derniers montaient et ramenaient d'Égypte un char pour six cents pièces d'argent, et un cheval pour cent cinquante. Il en était de même pour tous les rois hittites et pour les rois d'Aram, que ses courtiers approvisionnaient.

Salomon donna l'ordre de bâtir une maison pour le nom du Seigneur, et pour lui-même une maison royale. Salomon engagea soixante-dix mille porteurs, quatre-vingt mille ouvriers pour les carrières dans la montagne, et avec eux trois mille six cents contremaîtres.

Salomon envoya ce message à Houram, roi de Tyr : « Tu as agi en faveur de mon père, à qui tu as fait parvenir des cèdres pour se bâtir une maison où habiter. Or voici que je vais bâtir une maison pour le nom du Seigneur mon Dieu ; je la lui consacrerai. On y brûlera de l'encens aromatique devant lui, on y disposera la rangée de pains pour l'offrande perpétuelle, et on y fera des holocaustes matin et soir, pour les sabbats, les nouvelles lunes et les solennités du Seigneur notre Dieu. Cela incombe à Israël pour toujours. La maison que je vais bâtir sera grande, car notre Dieu est plus grand que tous les dieux. Mais qui serait capable de lui bâtir une maison, quand les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent le contenir ? Et qui suis-je, moi, pour lui bâtir une maison, si ce n'était en vue de brûler de l'encens devant lui ? Maintenant, envoie-moi un homme habile à travailler l'or, l'argent, le bronze, le fer, la pourpre rouge, le carmin et la pourpre violette, et connaissant l'art de la gravure. Il se joindra aux artisans qui sont près de moi en Judée, à Jérusalem, ceux que David, mon père, a préparés. Fais-moi parvenir du Liban des bois de cèdre, de cyprès et de santal, car je sais que tes serviteurs peuvent abattre les arbres du Liban. Et voici que mes serviteurs seront avec tes serviteurs pour me préparer des bois en quantité, car la maison que je vais bâtir sera grande et merveilleuse. À tes serviteurs, les bûcherons qui abattront ces arbres, je donne pour les nourrir vingt mille quintaux de blé, vingt mille quintaux d'orge, ainsi que vingt mille mesures de vin et vingt mille mesures d'huile. »

Houram, roi de Tyr, répondit par une lettre qu'il envoya à Salomon : « C'est parce que le Seigneur aime son peuple qu'il t'a établi, toi, roi sur eux. » Houram dit encore : « Béni soit le Seigneur, Dieu d'Israël, lui qui a fait le ciel et la terre ! Il a donné au roi David un fils sage, prudent et intelligent, qui bâtira une maison pour le Seigneur, et pour lui-même une maison royale. Maintenant, j'envoie un homme habile et intelligent, appelé Houram-Abi. Il est le fils d'une femme originaire de Dan, mais son père est de Tyr ; et il sait travailler l'or, l'argent, le bronze, le fer, la pierre, le bois, la pourpre rouge, la pourpre violette, le lin et le carmin. Il connaît l'art de la gravure et saura réaliser toute œuvre qui lui sera confiée, en collaborant avec tes artisans et ceux de mon seigneur David, ton père. Et maintenant, le blé, l'orge, l'huile et le vin dont mon seigneur a parlé, qu'il les envoie à ses serviteurs. De notre côté, nous abattrons des arbres du Liban selon tous tes besoins, nous te les apporterons à Jaffa par radeaux sur la mer, et toi, tu les feras monter à Jérusalem. »

Salomon recensa tous les étrangers qui résidaient dans le pays d'Israël, après le recensement qu'avait fait David, son père. On en trouva cent cinquante-trois mille six cents. Il en employa soixante-dix mille comme porteurs, quatre-vingt mille comme ouvriers pour les carrières dans la montagne, et trois mille six cents comme contremaîtres pour faire travailler les gens.

Commentaire

Toujours une petite déception quand on s'aperçoit que les éléments les plus truculents de la vie de Salomon ont complètement disparu. Par exemple, ses difficultés d'accession au trône. Par exemple, l'épisode du jugement de Salomon, quand il fallait partager la garde d'un enfant entre deux femmes.

Petit changement éditorial : le but est de montrer comment la sagesse de Salomon s'exprime d'abord à travers le Temple qu'il va construire. Alors oui, je sais, on tourne et on retourne toujours autour du même thème. Excusez que je vous le dise, ce n'est pas moi qui ai écrit ce livre.

Bon, donc en attendant, les deux passages que vous venez d'entendre — le songe et la demande de la sagesse, et puis la négociation avec le roi Houram de Tyr — on les avait déjà entendus dans le livre des Rois. Une ou deux petites différences, mais mineures : la réponse de Houram. Houram accepte d'envoyer quelqu'un pour la construction du Temple, mais cette fois-ci le motif a changé un peu : ce n'est plus pour la gloire du roi, c'est pour la gloire du Dieu d'Israël.

Bon, essayons quand même de prendre un tout petit peu de distance pour rapprocher ce texte de nous. Parce que c'est vrai qu'il y a quand même quelque chose. Si vous voulez, quand vous proposez aux gens de participer à une construction grandiose, à quelque chose qui a de la classe, à quelque chose qui puisse être légitimement proposé comme un chef-d'œuvre d'une civilisation entière, tout le monde a envie de participer à ça. Regardez les cathédrales qu'il y a en France : elles font la gloire de Dieu et de l'Église. La sagesse d'un homme, la sagesse d'un peuple, la sagesse d'une religion, ça s'exprime aussi dans ses qualités architecturales et dans ses qualités esthétiques.

Allez, ça nous fera voyager un petit peu. De la même manière que vous aviez, pour le Temple de Salomon, des bois précieux, de l'or, des pierres taillées, des artisans étrangers, vous aurez dans les cathédrales gothiques des vitraux qui jouent avec la lumière, des arcs-boutants, des innovations architecturales, des sculptures, des maîtres d'œuvre et des compagnons. Et de la même manière que c'étaient les artisans du roi Hiram qui avaient construit le Temple, nos cathédrales sont remplies de touristes japonais. Et qui sait, après tout, c'est peut-être déjà une manière d'anticiper le rassemblement des nations qui, à défaut de partager la foi d'Israël, sont déjà capables de s'extasier devant la beauté de ce qu'elle produit. Ce n'est pas rien, déjà.

Et même — alors là vraiment, pour aller jusqu'au bout du bout du bout — de la même manière que le Temple de Salomon était construit en cercles concentriques de sainteté, avec les parvis extérieurs, le parvis d'Israël, et puis ensuite le Saint, le Saint des Saints, c'est exactement cette construction que vont reprendre les cathédrales gothiques. Le parvis extérieur devient le narthex, le parvis d'Israël devient la nef, et puis ensuite vous aviez le chœur, qui était fermé au public parce qu'il y avait un jubé.

Normalement, en fait, dans les cathédrales gothiques, on n'accédait pas au chœur : ils étaient fermés au public et on déambulait tout autour. Maintenant, on a supprimé les jubés. Les jubés, c'étaient des espèces d'estrades en bois qui fermaient l'accès au chœur, juste devant le chœur. On les a supprimés, maintenant on peut voir ce qu'il y avait dans le chœur, mais à l'origine c'était complètement fermé au public. Et à l'intérieur, il y avait le Saint : c'était là qu'il y avait les chœurs de moines qui venaient chanter, comme les lévites chantaient dans le Temple de Jérusalem. Et encore à l'intérieur, vous aviez le maître-autel, le Saint des Saints, où il y avait juste le prêtre qui venait célébrer la messe.

C'est assez amusant, mais vraiment, les cathédrales gothiques reprennent explicitement l'architecture du Temple de Jérusalem, et même la tripartition du clergé juif entre grands prêtres, prêtres et lévites se retrouvait avec évêques, prêtres et diacres.

Bon, eh bien, de la même manière qu'on prenait du temps et du soin à bichonner les cathédrales, ça, c'est ce que vous venez de lire dans le livre des Chroniques. Et de la même manière qu'il y a des millions de touristes qui viennent visiter les cathédrales françaises, le Temple de Salomon faisait la gloire d'Israël et l'admiration des païens. Si vous voulez bâtir un empire liturgique, il faut lui donner une capitale. Et après tout, c'est ça aussi, évangéliser et glorifier Dieu.

Proverbes 19,1-5

Mieux vaut un pauvre à la conduite intègre qu'un homme aux propos retors : c'est lui l'insensé.

Sans la réflexion, le zèle ne vaut rien ; qui se précipite manque son but.

La sottise d'un homme entrave sa route, et c'est contre Dieu qu'il tourne sa colère.

La fortune multiplie les relations, mais le faible voit partir son seul ami.

Un faux témoin ne reste pas impuni ; il ment comme il respire, il n'en réchappera pas.


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