Jour 253 ☼ — Le Temple : axe du monde et nouvelle création
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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 3 et 4 du deuxième livre des Chroniques, qui décrivent en détail la construction du Temple de Jérusalem par Salomon : ses dimensions, son or, ses kéroubim, ses colonnes Yakin et Boaz, la mer de bronze portée par douze bœufs et tous les objets du culte. Le commentaire s'attarde sur les deux précisions topographiques du verset 3, 1 : le mont Moriah, lieu du sacrifice d'Isaac et, selon les Targoum, de la création et de la sépulture d'Adam ; et l'aire de battage d'Ornane le Jébuséen, lieu d'expiation et symbole du jugement divin. Le Temple apparaît ainsi comme l'axe du monde, reliant création, foi d'Abraham et expiation. Le frère montre enfin comment l'architecture du sanctuaire reproduit, jour après jour, le récit des sept jours de la création. L'épisode s'achève sur Proverbes 19, 6-10.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. On a amassé le matériau nécessaire à la construction du Temple, on peut y aller. Ne boudons pas notre plaisir : Deuxième livre des Chroniques, chapitres 3 et 4.
Lecture : 2 Chroniques 3-4
Alors Salomon commença à bâtir la maison du Seigneur à Jérusalem, sur le mont Moriah, là où le Seigneur était apparu à David, son père, à l'emplacement que David avait préparé, sur l'aire d'Ornane le Jébuséen. C'est au deuxième mois de la quatrième année de son règne qu'il commença à bâtir.
Les fondations établies par Salomon pour bâtir la maison de Dieu étaient, en longueur, de soixante coudées d'ancienne mesure, et en largeur de vingt coudées. Devant la grande salle de la maison, le vestibule était long de vingt coudées, dans le sens de la largeur de la maison. Il avait cent vingt coudées de haut. Salomon le plaqua d'or pur à l'intérieur.
La grande maison, il la recouvrit de bois de cyprès, qu'il recouvrit ensuite d'or pur, rehaussé de palmiers et de chaînettes. Il revêtit la maison d'une parure de pierres précieuses. L'or était de l'or de Parwaïm. Il recouvrit d'or la maison, les poutres, les seuils, les murs et les portes. Il fit graver des kéroubim sur les murs.
Puis il fit la salle du Saint des Saints. Salomon la plaqua d'or. Le vestibule était long de vingt coudées, dans le sens de la largeur de la maison, et large de vingt coudées. Il la recouvrit d'or pur, d'un poids de six cents lingots. Le poids des clous était celui de cinquante pièces d'or. Et il recouvrit d'or les chambres hautes.
Dans la salle du Saint des Saints, Salomon fit deux kéroubim, ouvrages de métal fondu, et on les plaqua d'or. Les ailes des kéroubim avaient une longueur de vingt coudées. L'une des ailes du premier kéroub, d'une longueur de cinq coudées, touchait le mur de la maison. L'autre, également de cinq coudées, touchait celle du second kéroub. Une aile du second kéroub, de cinq coudées, touchait le mur de la maison. L'autre, également de cinq coudées, rejoignait l'aile de l'autre kéroub. Déployées, les ailes de ces kéroubim mesuraient vingt coudées. Ils se tenaient debout sur leurs pieds, la face tournée vers la maison.
Et Salomon fit le rideau de pourpre violette et de pourpre rouge, de carmin et de lin, et le rehaussa de kéroubim.
Il fit devant la maison deux colonnes de trente-cinq coudées de haut. À leur sommet, le chapiteau avait cinq coudées. Il fit aussi des chaînettes en collier et les plaça au sommet des colonnes. Il fit encore cent grenades et les plaça sur les chaînettes. Il dressa les colonnes sur le devant de la grande salle, l'une à droite et l'autre à gauche. Il donna à celle de droite le nom de Yakin, ce qui signifie « il rend stable », et à celle de gauche le nom de Boaz, ce qui signifie « en lui la force ».
Il fit un autel de bronze dont la longueur était de vingt coudées, la largeur de vingt coudées et la hauteur de dix coudées.
Il fit la mer, bassin en métal fondu, de dix coudées. Elle avait cinq coudées de haut ; un cordeau de trente coudées en aurait fait le tour. Au-dessous, des figures de bœufs encerclaient la mer, tout autour, dix par coudée. Les bœufs étaient disposés sur deux rangées, fondues ensemble avec la mer. La mer était dressée sur douze bœufs : trois faisant face au nord, trois faisant face à l'ouest, trois faisant face au sud, trois faisant face à l'est. La mer reposait directement au-dessus ; leur arrière-train était tourné vers l'intérieur. L'épaisseur de la mer était d'une largeur de paume. Son rebord était comme le bord d'une coupe, en forme de fleur de lys. Sa contenance était de trois mille mesures.
Il fit dix cuves, qu'il disposa ainsi : cinq à droite et cinq à gauche. Elles servaient aux ablutions, mais on y nettoyait aussi ce qui était utile pour l'holocauste. Les prêtres faisaient leurs ablutions dans la mer.
Il fit dix chandeliers d'or, selon le modèle prescrit, et il les plaça dans la grande salle, cinq à droite et cinq à gauche. Il fit dix tables et les plaça dans la grande salle, cinq à droite et cinq à gauche. Il fit cent bols en or pour l'aspersion.
Il fit le parvis des prêtres et la grande cour, ainsi que les portes pour la grande cour. Et ces portes, il les plaqua de bronze. Quant à la mer, il la posa du côté droit, au sud-est.
Houram fit les vases, les pelles et les bols pour l'aspersion. Houram acheva le travail qu'il avait à faire pour le roi Salomon dans la maison de Dieu : les deux colonnes, les arrondis des chapiteaux sur le sommet des deux colonnes, les deux filets pour couvrir les deux arrondis des chapiteaux sur le sommet des deux colonnes, les quatre cents grenades destinées aux deux filets, deux rangées de grenades par filet, de façon à couvrir les deux arrondis des chapiteaux jusque sur le flanc des colonnes. Il fit les bases et fit les cuves sur les bases, la mer, une seule, avec les douze bœufs en dessous d'elle, les vases, les pelles, les fourchettes, tous les objets. Houram-Abi les avait fabriqués en bronze luisant pour le roi Salomon dans la maison du Seigneur. C'est dans la région du Jourdain, entre Soukkoth et Seredata, que le roi avait fait mouler dans des couches d'argile. Salomon fit tous ces objets. Il y en avait tant qu'on ne pouvait estimer le poids du bronze employé.
Salomon fit tous les objets de la maison de Dieu : l'autel d'or et les tables pour le pain de l'offrande, les chandeliers et leurs lampes en or fin, que l'on allume selon la règle devant le Saint des Saints, les fleurs, les lampes et les pincettes en or, d'un or, des ors incomparables, les ciseaux, les bols pour l'aspersion, les gobelets, les brûle-parfums en or fin, l'entrée de la maison, ses salles intérieures pour le Saint des Saints et les portes de la maison pour la grande salle, en or.
Commentaire
Je commente le 3, 1, qui apporte quelques précisions sur le lieu où le Temple fut construit. Je vous le redonne :
Alors Salomon commença à bâtir la maison du Seigneur à Jérusalem, sur le mont Moriah, là où le Seigneur était apparu à David, son père, à l'emplacement que David avait préparé, sur l'aire d'Ornane le Jébuséen.
Ah bah, première nouvelle ! On vient d'apprendre que le Temple a été construit sur le mont Moriah. Normalement, la montagne qu'il y a à Jérusalem s'appelle le mont Sion. Là, on l'appelle le mont Moriah. Alors, c'était peut-être les mêmes, mais ça fait référence à un autre endroit dans la Bible : le mont Moriah, c'est là où Abraham naguère avait pris son fils Isaac pour l'offrir en sacrifice. C'est une manière de relier le Temple à l'ancienne histoire d'Israël, mais c'est aussi une manière de vous dire, à vous, comment utiliser ce Temple. Ça veut dire que tout homme qui vient sacrifier au Temple de Jérusalem doit être un nouvel Abraham et un nouvel Isaac.
Je note en passant que les Targoum juifs vont aller encore plus loin et vont associer le Temple non seulement au mont Moriah et à Abraham, mais aussi à l'endroit où Adam aurait été créé et où il aurait été enseveli. Ah, le mont Moriah, c'est tout ça : l'endroit où il y avait eu avant le jardin d'Éden, l'endroit où Abraham aurait sacrifié son fils Isaac, et où maintenant on construit le Temple de Dieu. L'axe du monde. Le lieu où l'humanité a commencé, le lieu où l'humanité a été rachetée par la foi d'Abraham, et le lieu où l'humanité rend grâce à Dieu.
Ensuite, deuxième précision topographique : on vous a dit que ce Temple était non seulement construit sur le mont Moriah, mais sur l'aire de battage d'Ornane le Jébuséen. Souvenez-vous, c'était cette aire que David avait achetée lors du recensement. Il avait vu l'ange de la destruction qui arrivait vers Jérusalem, il s'était dit : il faut que j'offre un sacrifice. On lui avait dit : offre-le sur l'aire de battage d'Ornane le Jébuséen. Et il l'avait achetée.
Et ça rajoute au Temple de Jérusalem une autre connotation. Avec Adam et Ève, on était dans la création. Avec Abraham, on est dans le sacrifice de la foi. Là, maintenant, avec Ornane le Jébuséen, on est dans l'expiation pour les fautes, pour éviter la condamnation pour ses fautes. Et en plus, c'est là où — c'est toujours très subtil — ça vous permet d'intégrer, dès la construction du Temple, les étrangers, qui sont arrivés à la fois par le roi Hiram de Tyr et à la fois par Ornane le Jébuséen.
Tiens, autre fonction des aires à battre le blé : dans la Bible, ça fonctionne comme un lieu symbolique du jugement divin. L'endroit où on bat le blé, c'est l'endroit où on frappe le blé, à travers les épreuves, à travers le jugement, pour séparer le bon grain de la paille. La paille, on la brûle, et le bon grain, on le met dans les greniers. C'est en ces termes-là exactement que Jean-Baptiste, plus tard, présentera le jugement dernier. En parlant du Messie qui allait venir, de Jésus, Jean-Baptiste disait : il tient en sa main la pelle à vanner, il va battre le blé et nettoyer son aire ; le bon grain, il va le mettre dans le grenier, et la paille, il va la brûler dans le feu inextinguible.
Alors, pour le plaisir : moi je vous avais dit auparavant que le Temple reproduisait l'ordre du cosmos. Mais là, je suis tombé sur un bon commentaire qui résume ça, donc je ne résiste pas au plaisir de vous le donner.
Au centre, le Saint des Saints. Salomon, ici, place deux kéroubim, ce qui représente la cour céleste et la cour royale, avec une allusion au chariot d'Ézéchiel. Ça, c'est le jour 1 de la création, quand Dieu créa le ciel et la terre.
Qui sépare le Saint des Saints du Saint ? Vous aviez un voile. Ce voile correspond au firmament, qui empêche d'accéder tout à fait à l'air céleste. C'est ce voile-là que Jésus, par sa mort, va déchirer. Ça, c'est le jour 2 : Dieu créa le firmament d'en haut.
Ensuite, vous aviez l'autel de bronze et la mer. Ça, c'est le jour 3, quand Dieu fait émerger la terre des eaux. Je vous rappelle ici que la mer, la mer de bronze, symbolise l'ensemble du cosmos, que les douze bœufs — c'est-à-dire les douze tribus d'Israël — portent sur leur dos. Comme dans la mythologie grecque, vous aviez Atlas qui portait le poids du monde. Ça représente la prière d'Israël, qui doit intercéder pour le monde entier.
Ensuite, vous aviez les dix chandeliers : c'est le jour 4, quand Dieu créa les étoiles qu'il planta dans le firmament.
Après, vous aviez le jour 5, qui correspond au foisonnement de la vie, le foisonnement des animaux. Ce n'est pas très clair : on parle des cent bols, ou alors des dix tables. Plus ou moins convaincant.
Le jour 6 marche bien : ce sont tout simplement les cours extérieures, où le peuple et les prêtres viennent s'assembler.
Puis ensuite, jour 7 : on vous dit que Houram acheva le travail de Salomon. Un verbe qui est utilisé lors du récit de la création, lorsque Dieu achève son œuvre.
Proverbes 19,6-10
Il y a foule pour flatter un prince, et chacun veut être l'ami d'un mécène.
Tous les frères du pauvre le repoussent, et, bien sûr, ses amis ont pris leurs distances. Il en parle encore, mais ils ne sont plus là.
Qui acquiert du jugement s'aime soi-même ; qui reste clairvoyant trouve le bonheur.
Un faux témoin ne reste pas impuni ; il ment comme il respire, il se perdra.
Qu'un insensé ait la vie douce, c'est choquant, et qu'un esclave commande au prince, c'est pire encore.
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