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Jour 258 ☼ — Dieu le veut ? Guerre sainte et conversion

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit la fin du règne de Roboam en 2 Chroniques 12 — l'invasion de Shishak, roi d'Égypte, l'humiliation du roi devant le prophète Shemaya, et l'épisode touchant des boucliers d'or remplacés par des boucliers de bronze — puis, au chapitre 13, la guerre d'Abia contre Jéroboam et son discours au sommet du mont Semaraïm. Le commentaire prolonge le jeu des parallèles entre rois bibliques et papes : Roboam évoque Clément VII, incapable de mesurer la gravité du schisme luthérien, tandis que le discours d'Abia, avec ses prêtres et ses trompettes, ressemble à s'y méprendre au « Dieu le veut » d'Urbain II. Une manière de réactualiser ces textes d'après l'exil en les relisant à la lumière de notre propre histoire : schisme, réforme, guerre sainte. L'épisode se termine par les cinq premiers versets du chapitre 20 des Proverbes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Roboam, suite et fin. Si jamais il ne s'était pas aussi mal comporté au début de son règne, moi je dois dire qu'il me ferait presque de la peine. Oui, il abandonne Dieu, mais en même temps, il s'humilie. Il y a quelque chose de touchant chez lui, notamment, vous allez voir, avec cette histoire de boucliers qu'il prend et qu'il déplace pour ne pas tout à fait perdre la face devant son peuple.

Lecture : 2 Chroniques 12

Quand Roboam eut affermi sa royauté et fut devenu fort, il abandonna la loi du Seigneur, et tout Israël le suivit.

La cinquième année du règne de Roboam, Shishak, roi d'Égypte, monta contre Jérusalem, parce que le peuple avait été infidèle au Seigneur, avec 1 200 chars, 60 000 cavaliers et une foule innombrable venue d'Égypte avec lui : Libyens, Soukiens, Éthiopiens. Il s'empara des villes fortes de Juda et atteignit Jérusalem.

Le prophète Shemaya vint trouver Roboam et les princes de Juda qui s'étaient regroupés à Jérusalem pour fuir Shishak. Il leur dit : « Ainsi parle le Seigneur : Vous, vous m'avez abandonné ? Eh bien, moi aussi, je vous ai abandonnés à la main de Shishak. »

Les princes d'Israël et le roi s'inclinèrent et dirent : « Le Seigneur est juste. » Et le Seigneur vit qu'ils s'inclinaient. La parole du Seigneur fut adressée à Shemaya : « Ils se sont inclinés. Moi, je ne les détruirai pas. Je leur permettrai sous peu d'en réchapper, et ma colère ne se déversera pas sur Jérusalem par la main de Shishak. Mais ils deviendront ses esclaves, et ils sauront la différence entre me servir, moi, ou servir les royaumes des autres pays. »

Shishak, roi d'Égypte, monta contre Jérusalem. Il s'empara des trésors de la maison du Seigneur, des trésors de la maison du roi. Il s'empara de tout. Il s'empara même des boucliers d'or qu'avait faits Salomon.

Le roi Roboam fit, pour les remplacer, des boucliers de bronze. Il les confia aux chefs des gardes, à la porte de la maison du roi. Chaque fois que le roi se rendait à la maison du Seigneur, les gardes venaient prendre ces boucliers, puis ils les rapportaient dans la salle des gardes.

Parce que le roi s'était incliné, la colère du Seigneur se détourna de lui et ne détruisit pas le royaume jusqu'à l'extermination. Il y avait encore en Juda quelque chose de bon.

Le roi Roboam s'affermit à Jérusalem et y régna. Roboam avait 41 ans lorsqu'il devint roi. Il régna 17 ans à Jérusalem, la ville que le Seigneur avait choisie parmi toutes les tribus d'Israël pour y mettre son nom. Sa mère s'appelait Naama, l'Ammonite. Il fit ce qui est mal, car il n'appliqua pas son cœur à chercher le Seigneur.

Les actions de Roboam, des premières aux dernières, cela n'est-il pas écrit dans les actes du prophète Shemaya et de Iddo le voyant, selon l'ordre généalogique ? Il y eut continuellement la guerre entre Roboam et Jéroboam. Roboam reposa avec ses pères. Il fut enseveli dans la cité de David, et son fils Abia régna à sa place.

Lecture : 2 Chroniques 13

La dix-huitième année du règne de Jéroboam, Abia devint roi sur Juda. Il régna trois ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Maaka, fille d'Ouriel. Elle était de Guibéa. Il y eut la guerre entre Abia et Jéroboam.

Abia engagea le combat avec une armée de vaillants soldats, 400 000 hommes d'élite. Et Jéroboam se rangea en bataille en face de lui avec 800 000 hommes, de vaillants guerriers.

Abia se dressa au sommet du mont Semaraïm, qui est dans la montagne d'Éphraïm. Il cria : « Écoutez-moi, Jéroboam et tout Israël ! Ne savez-vous pas que le Seigneur, Dieu d'Israël, a donné à David la royauté sur Israël pour toujours, à lui et à ses fils, par une alliance indestructible ? Mais Jéroboam, fils de Nebath, serviteur de Salomon fils de David, s'est dressé et s'est révolté contre son maître. Autour de lui se sont groupés des gens de rien, des vauriens, et ils ont tenu tête à Roboam, fils de Salomon. Roboam, jeune et de cœur timoré, n'a pu leur tenir tête.

Et maintenant, vous parlez de tenir tête à la royauté du Seigneur, qui est entre les mains des fils de David ? Vous êtes une foule immense, et vous avez apporté les veaux d'or que Jéroboam vous a faits pour qu'ils soient vos dieux. N'avez-vous pas expulsé les prêtres du Seigneur, les fils d'Aaron, et les Lévites, pour vous faire des prêtres comme les peuples des autres pays ? Quiconque vient recevoir l'investiture en apportant un jeune taureau et sept béliers, il devient un prêtre de ce qui n'est pas Dieu.

Mais nous, notre Dieu, c'est le Seigneur, et nous, nous ne l'avons pas abandonné. Les prêtres qui servent le Seigneur sont fils d'Aaron, et il y a des Lévites en fonction. Ils font brûler pour le Seigneur des holocaustes matin après matin, et soir après soir, avec de l'encens aromatique ; ils disposent la rangée de pains sur la table pure ; ils allument le chandelier d'or et ses lampes, soir après soir. Car nous gardons l'observance du Seigneur notre Dieu, mais vous, vous avez abandonné le Seigneur.

Voici que Dieu est avec nous, en tête, ainsi que ses prêtres et les trompettes de l'acclamation, pour les faire sonner contre vous. Fils d'Israël, ne combattez pas le Seigneur, Dieu de vos pères, car vous ne gagnerez pas ! »

Jéroboam les fit contourner sur leur arrière par une troupe placée en embuscade. Ainsi son armée se trouva devant Juda, et l'embuscade derrière. Ceux de Juda firent volte-face, et voici qu'il leur fallait combattre et devant, et derrière. Alors ils crièrent vers le Seigneur, et les prêtres sonnèrent de la trompette. Les hommes de Juda poussèrent le cri de guerre, et au cri de guerre des hommes de Juda, Dieu battit Jéroboam et tout Israël, en face d'Abia et des gens de Juda.

Les fils d'Israël s'enfuirent devant Juda, et Dieu les livra entre leurs mains. Abia et son peuple leur infligèrent une grande défaite. Du côté d'Israël tombèrent, frappés à mort, cinq cent mille hommes d'élite.

En ce temps-là, les fils d'Israël furent abaissés, et au contraire les fils de Juda rendus plus forts, parce qu'ils s'étaient appuyés sur le Seigneur, Dieu de leurs pères. Abia poursuivit Jéroboam et lui prit des villes : Béthel et ses dépendances, Yeshana et ses dépendances, Éphron et ses dépendances. Jéroboam ne retrouva plus sa puissance durant le règne d'Abia. Le Seigneur le frappa, et il mourut.

Quant à Abia, il s'affermit. Il prit quatorze femmes et engendra vingt-deux fils et seize filles. Le reste des actions d'Abia, sa conduite et ses actions, sont écrits dans le commentaire du prophète Iddo. Abia reposa avec ses pères, et on l'ensevelit dans la cité de David. Son fils Asa régna à sa place. De son temps, le pays fut tranquille pendant dix ans.

Commentaire

Je vous propose en commentaire un petit jeu. J'avais comparé David à un pape, je vous avais dit quand même que l'évolution de la figure royale, ça marchait plutôt pas mal. Écoutez, on va continuer le petit jeu. À quel pape vous fait penser Roboam ?

Alors, je sais, ce n'est pas évident, parce qu'il faut connaître l'histoire de la papauté. Là, on n'est même plus sur l'histoire biblique, on est sur l'histoire de la papauté. Mais il y en a un qui marche très bien : c'est Clément VII, 1523-1534.

Clément VII, c'est comme Roboam. Ils ont tous les deux une légitimité dynastique : Roboam, fils de Salomon ; et Clément VII, membre de la famille des Médicis, successeur de Léon X, son cousin. Roboam hérite d'un royaume encore riche, de la même manière que Clément VII hérite d'une Église encore puissante, juste avant la Réforme. Et Clément VII, lui, sous-estime la gravité du schisme luthérien, et il n'arrive pas à gérer ce schisme.

Bref. Abia, lui, vous dit qu'il est l'héritier légitime des promesses faites par Dieu — de la même manière qu'Urbain II disait « Dieu le veut », Deus lo vult, pour aller défendre le tombeau du Christ. Les deux présentent leur guerre comme une sorte de pèlerinage. Les croisés qui allaient défendre Jérusalem mettaient une croix sur leur torse ; et là, pour Abia qui accompagne l'armée à la guerre, vous avez les Lévites qui font sonner de la trompette. Si ce n'est pas une procession, je ne sais pas ce que c'est. C'est censé nous rappeler Jéricho, mais on est bien dans le concept de croisade ici, de guerre sainte.

Alors moi, je trouve que c'est quand même très intéressant de vous faire ces parallèles avec les papes, parce que, vous voyez, ça donne une actualité à ces textes. Ces histoires, on les connaît déjà, on les a déjà vues avant l'exil. Mais maintenant qu'on est après l'exil, on peut aller un peu plus loin, et puis on pioche dans notre propre histoire à nous. C'est une manière de moderniser, de réactualiser ce que vous entendez.

Et voilà que, derrière l'histoire de ces deux rois, on commence à évoquer des concepts lourds de conséquences : la Réforme luthérienne, le schisme de l'Église chrétienne, et puis de l'autre côté, la question de la guerre sainte. Ça donne une sacrée actualité à ces textes bibliques.

Proverbes 20,1-5

Le vin provoque, une boisson forte perturbe. Quiconque s'y aventure perd toute raison.

Rugissement d'un lion, la menace du roi. Qui se fâche avec lui risque sa vie.

Gloire à l'homme qui évite un procès. Ce sont tous les insensés qui s'y précipitent.

En automne, le paresseux ne laboure pas. Au temps de la moisson, il cherche, et il n'y a rien.

J'adore celui-là. On ne sait pas très bien ce qu'il veut dire, mais il est très, très beau. Écoutez :

Les projets du cœur sont une eau profonde. L'homme raisonnable y puisera.


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