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Jour 259 ☼ — Réformer pour retrouver la paix

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Résumé : Nouvel épisode de la série des parallèles entre rois de Juda et papes. Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 14 et 15 du deuxième livre des Chroniques : le roi Asa purifie le culte, fortifie le royaume, affronte l'immense armée de Zéra l'Éthiopien et renouvelle l'alliance à Jérusalem. Le commentaire rapproche Asa de Pie V, pape de la contre-réforme : même purification des rites, même relèvement des murailles — de pierre ou spirituelles —, même menace extérieure repoussée par la prière, et même longue période de paix retrouvée. Morale : quand les temps sont durs, on écoute l'homme qui parle de manière rugueuse.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Alors, est-ce que ça vous plaît ? Est-ce qu'on ne continuerait pas un peu comme ça, à faire le parallèle entre les rois et les papes ? Ah, écoutez, les comparaisons valent ce qu'elles valent, mais au moins ça vous permet de jeter un autre regard sur ces textes et de les rapprocher de nous.

Aujourd'hui, un nouveau roi : Asa. Vous noterez au passage, dans ce chapitre-là, la plus grande armée d'hommes jamais rassemblée sur terre : un million de personnes. Allez hop, n'ayons peur de rien ! On va entendre l'histoire d'Asa sur trois chapitres, aujourd'hui les deux premiers, et je vous laisse avec une question : à quel pape vous fera-t-il penser ? On se retrouve dans les commentaires.

Lecture : 2 Chroniques 14-15

Asa fit ce qui est bon et droit aux yeux du Seigneur son Dieu. Il supprima les autels d'origine étrangère et les lieux sacrés. Il brisa les stèles et abattit les poteaux sacrés. Il dit à Juda de chercher le Seigneur, Dieu de leurs pères, et de pratiquer la loi et le commandement. Il supprima de toutes les villes de Juda les lieux sacrés et les colonnes à encens, et le royaume fut tranquille sous son règne.

Il construisit en Juda des villes fortes, car le pays était tranquille. Il n'y eut pas de guerre contre lui en ces années-là, car le Seigneur lui avait procuré le repos. Asa dit aux gens de Juda : « Construisons ces villes, entourons-les d'un rempart avec des tours, des portes et des verrous. Tout le pays est encore devant nous. Comme nous avons cherché le Seigneur notre Dieu, il nous a cherchés et nous a donné le repos de tous côtés. » Ils construisirent donc, et le firent avec succès.

Asa avait comme armée trois cent mille hommes de Juda portant le grand bouclier et la lance, et deux cent quatre-vingt mille hommes de Benjamin portant le petit bouclier et tirant à l'arc. Tous étaient de vaillants guerriers.

Zéra l'Éthiopien marcha contre eux avec une armée d'un million d'hommes et trois cents chars, et il parvint jusqu'à Marésha. Asa marcha au-devant de lui et ils se rangèrent en bataille dans la vallée de Cefata, près de Marésha.

Asa invoqua le Seigneur son Dieu en disant : « Seigneur, il n'y a pas de différence pour toi entre aider le puissant et aider celui qui est sans force. Alors aide-nous, Seigneur notre Dieu, car nous nous appuyons sur toi et nous sommes venus en ton nom contre cette multitude. Tu es le Seigneur notre Dieu, car mortel ne l'emporte pas sur toi. »

Le Seigneur battit les Éthiopiens devant Asa et devant les gens de Juda, et les Éthiopiens s'enfuirent. Asa et le peuple qui était avec lui les poursuivirent jusqu'à Guérar. Il tomba tant d'Éthiopiens qu'il n'y eut aucun survivant, parce qu'ils avaient été taillés en pièces devant le Seigneur et devant son armée. Asa et le peuple emportèrent un très grand butin. Ils frappèrent toutes les villes aux alentours de Guérar, car la terreur du Seigneur s'était emparée d'elles. Ils pillèrent toutes les villes, car il s'y trouvait un grand butin. Ils s'en prirent même aux enclos des troupeaux. Ils emmenèrent du petit bétail en quantité et des chameaux. Puis ils revinrent.

L'esprit de Dieu fut sur Azarias, fils d'Oded, qui sortit au-devant d'Asa et il lui dit : « Écoutez-moi, Asa, et tout Juda et Benjamin. Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec lui. Si vous le cherchez, il se laisse trouver par vous. Si vous l'abandonnez, il vous abandonne. Pendant longtemps, Israël a été sans vrai Dieu, sans prêtre pour enseigner et sans loi. Mais dans sa détresse, il est revenu vers le Seigneur. Le Seigneur, Dieu d'Israël, ils l'ont cherché, et le Seigneur s'est laissé trouver par eux. En ce temps-là, il n'y avait pas de sécurité pour ceux qui allaient et venaient, car de nombreux désordres pesaient sur tous les habitants du pays. On se heurtait nation contre nation, ville contre ville, car Dieu les frappait de panique par toutes sortes de détresses. Mais vous, soyez forts ! Et que vos mains ne faiblissent pas, car vos actions auront leur récompense. »

Lorsqu'il entendit ces paroles et la prophétie d'Azarias, fils d'Oded, Asa prit courage. Il fit disparaître les horreurs de tout le pays de Juda et de Benjamin, ainsi que des villes dont il s'était emparé dans la montagne d'Éphraïm. Et il remit en état l'autel du Seigneur qui se trouvait devant le vestibule du Seigneur.

Asa rassembla tout Juda et Benjamin, et ceux d'Éphraïm, de Manassé et de Siméon qui résidaient parmi eux, car des gens d'Israël étaient passés en grand nombre de son côté, en voyant que le Seigneur son Dieu était avec lui. Ils se rassemblèrent à Jérusalem, le troisième mois de la quinzième année du règne d'Asa.

Ce jour-là, ils offrirent au Seigneur, sur le butin qu'ils avaient ramené, sept cents bœufs et sept mille moutons. Ils s'engagèrent par une alliance à chercher le Seigneur, Dieu de leurs pères, de tout leur cœur et de toute leur âme. Et quiconque ne cherchait pas le Seigneur, Dieu d'Israël, serait mis à mort, le petit comme le grand, homme ou femme. Ils prêtèrent serment au Seigneur d'une voix forte, avec des ovations, des trompettes et des cors. Tous ceux de Juda se réjouirent de ce serment, car ils l'avaient prêté de tout leur cœur, et c'est de leur plein gré qu'ils avaient cherché le Seigneur, qui se laissa trouver par eux. Et le Seigneur leur procura le repos de tous côtés.

Asa destitua Maaka, grand-mère du roi, du titre de reine mère, parce qu'elle avait fabriqué une infamie pour Ashéra. Asa abattit cette infamie, la réduisit en poussière et la brûla dans le ravin du Cédron. Mais les lieux sacrés ne disparurent pas d'Israël, bien que le cœur d'Asa fût intègre tous les jours de sa vie. Il fit apporter à la maison de Dieu les objets sacrés de son père et ceux qu'il avait lui-même consacrés : l'argent, l'or et les ustensiles. Il n'y eut plus de guerre jusqu'à la trente-cinquième année du règne d'Asa.

Commentaire

Pie V. On est au XVI siècle, 1566-1572. C'est lui qui va réformer l'Église pour essayer de contenir la réforme protestante. On reprend ça, vous allez voir, ça marche très bien.

Asa, vous l'avez entendu, il monte sur le trône après Roboam et Abia. Le royaume est encore fragile, marqué par l'idolâtrie et la division. Pie V, lui, il devient pape après des décennies de relâchement moral et après le choc de la réforme protestante. L'Église a perdu une partie de l'Europe, l'unité est fissurée, et on a réussi à colmater comme on pouvait les brèches, mais enfin, ça reste encore un peu du bricolage. Bref, tous les deux, Asa comme Pie V, héritent d'un royaume ou d'une Église encore puissants, mais, il faut bien le dire, compromis spirituellement.

Et les deux sont des réformateurs. Réforme radicale du culte par Asa, qui supprime les autels étrangers, qui abat les stèles païennes, qui détruit les poteaux sacrés, qui purifie Juda. De la même manière, Pie V clôture le concile de Trente, il interdit les abus liturgiques, il réforme les prêtres, il impose un missel unique. Il purifie, si l'on peut dire ça comme ça, il purifie l'Église rituellement. En tout cas, c'est la même logique de purification des rites, pour revenir à un culte authentique.

Mais le parallèle ne s'arrête pas là, parce qu'Asa comme Pie V vont essayer de réarmer et d'augmenter les défenses du royaume et de l'Église. Asa, lui, va bâtir des villes fortes, il va réparer des murailles, il va équiper Juda pour tenir face aux ennemis. Pie V, lui, ce n'est pas d'abord un chef de guerre, donc il ne va pas bâtir des murailles de pierre, mais il relève les murailles spirituelles, si l'on peut dire. Il impose une discipline stricte, il contrôle le clergé, et il réaffirme les grands principes de la morale chrétienne.

Ça ne s'arrête toujours pas là, parce qu'après, tous les deux vont faire face à une menace extérieure. Il y a une immense armée qui essaie d'envahir Juda : Asa fait face à Zéra l'Éthiopien, une armée humainement impossible à vaincre. On a entendu cette bataille. De la même manière, Pie V, le pape, lui, il voit l'Europe menacée par la flotte ottomane. C'est l'apogée de l'Empire ottoman, qui règne sur les mers.

Et les deux, en face de l'adversité, se mettent à prier. Asa prie publiquement, vous l'avez entendu :

Seigneur, il n'y a pas de différence pour toi entre aider le puissant et aider celui qui est sans force.

Et Pie V, lui, qui a appelé à la guerre contre l'Empire ottoman pour sauver Vienne — parce que l'Empire ottoman voulait envahir Vienne —, il convoque toute la chrétienté et il lui demande de prier le rosaire. Et il présente Lépante, la grande bataille navale, comme une bataille gagnée par l'intercession de Marie.

Et les deux en profitent après pour ressouder, rassembler le peuple autour de l'Alliance. Après la victoire, Asa fait un grand rassemblement à Jérusalem, il renouvelle le serment d'Alliance. Pie V, après Lépante, ressoude la chrétienté autour d'un même missel, d'un même bréviaire, d'une même discipline.

Et la conclusion, c'est que les deux retrouvent une grande période de paix. Asa assure une longue période de paix, et Pie V, lui, ouvre la grande phase de la contre-réforme. C'est quand même étonnant de voir comment ça marche très, très bien, cette affaire.

Alors, c'est quoi la morale de cette affaire ? Eh bien, vous avez un dicton qui vous dit : « Quand les temps sont faciles, on écoute les hommes qui parlent bien. Quand les temps sont durs, on écoute l'homme qui parle de manière rugueuse. » Asa, Pie V, ce sont deux chefs intransigeants, et justes.

En fait, si vous voulez, ça marche quand même tellement bien, cette affaire, qu'on a l'impression que ce qu'il y a au cœur du principe théologique du deuxième livre des Chroniques — quand on se rapproche de Dieu et qu'on fait bien les choses, Dieu vous aide et vous donne la victoire —, eh bien, c'est aussi vrai de la papauté. Quand l'Église se réforme, eh bien, elle fait de belles choses.

Proverbes 20,6-10

Tout un chacun proteste de sa bonne foi, mais un homme de confiance, qui le trouvera ?

Le juste marche droit : heureux ses enfants après lui !

Au tribunal, quand le roi préside, d'un regard il dissipe le mal.

Qui peut dire : « J'ai purifié mon cœur, maintenant je suis sans péché » ?

Deux poids, deux mesures : le Seigneur en a horreur.


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