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Jour 261 ☼ — Prophètes, procès et réforme

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Résumé : Nouvelle manche du « jeu des sept différences » entre les Chroniques et le livre des Rois : le frère Paul-Adrien lit l'alliance de Josaphat avec Acab, la prophétie de Michée fils de Yimla contre les quatre cents faux prophètes, la mort d'Acab à Ramoth de Galaad, puis le reproche du voyant Jéhu et la grande réforme judiciaire de Josaphat. Le commentaire souligne que les Chroniques gomment la vassalité de Juda envers le royaume du Nord, mais ajoutent une leçon cinglante sur la compromission avec les méchants. La réforme des juges est enfin rapprochée des réformes du droit canonique dans l'Église, voulues par Dieu et instituées par la Bible.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Nous continuons avec Josaphat, un épisode qu'on avait déjà entendu : on reprend notre jeu des sept différences. Et vous me direz en commentaire si vous avez trouvé la grande différence avec le livre des Rois.

Lecture : 2 Chroniques 18-19

Josaphat possédait en abondance richesse et gloire, et il s'allia par mariage avec Acab. Après quelques années, il descendit chez Acab à Samarie. Acab sacrifia pour lui et le peuple qui l'accompagnait quantité de moutons et de bœufs, et il l'incita à monter contre Ramoth de Galaad.

Acab, roi d'Israël, dit à Josaphat, roi de Juda : « Viendrais-tu avec moi à Ramoth de Galaad ? » Il lui répondit : « Il en est de moi comme de toi, de mon peuple comme de ton peuple. Nous serons avec toi au combat. »

Josaphat dit au roi d'Israël : « Mais consulte d'abord la parole du Seigneur. » Le roi d'Israël réunit les prophètes, au nombre de quatre cents. Il leur dit : « Irons-nous à Ramoth de Galaad pour combattre, ou dois-je y renoncer ? » Ils dirent : « Monte, Dieu livrera la ville aux mains du roi. »

Mais Josaphat reprit : « N'y a-t-il ici aucun autre prophète du Seigneur par qui nous pourrions le consulter ? » Le roi d'Israël répondit à Josaphat : « Il y a encore un homme par qui nous pourrions consulter le Seigneur, mais moi je le hais, car il ne prophétise aucun bonheur à mon sujet, mais toujours du malheur. Il s'agit de Michée, fils de Yimla. » Josaphat répliqua : « Que le roi ne parle pas ainsi. »

Le roi d'Israël appela un dignitaire et lui dit : « Vite, fais venir Michée, fils de Yimla. »

Le roi d'Israël et Josaphat, roi de Juda, siégeaient en tenue d'apparat, chacun sur son trône. Ils siégeaient sur l'esplanade à l'entrée de la porte de Samarie. Et devant eux, tous les prophètes se mirent à prophétiser. Sédécias, fils de Kenaana, s'était fabriqué des cornes de fer. Il disait : « Ainsi parle le Seigneur : avec cela, tu pourfendras Aram jusqu'à l'exterminer. » Et tous les prophètes prophétisaient de la même manière. Ils disaient : « Monte à Ramoth de Galaad, tu réussiras. Le Seigneur livrera la ville aux mains du roi. »

Le messager, qui était allé appeler Michée, lui dit : « Voici les paroles des prophètes : d'une seule voix, ils annoncent du bien pour le roi. Que ta parole soit donc conforme à celle de chacun. Annonce du bien ! » Michée répondit : « Par le Seigneur qui est vivant, ce que mon Dieu dira, c'est cela que moi j'annoncerai. »

Il entra chez le roi qui lui dit : « Michée, irons-nous à Ramoth de Galaad pour combattre, ou dois-je y renoncer ? » Il répondit : « Montez ! Vous réussirez ! Ces habitants seront livrés entre vos mains ! » Le roi lui rétorqua : « Combien de fois devrai-je t'adjurer de me dire seulement la vérité au nom du Seigneur ? » Michée dit alors : « J'ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes comme des brebis sans berger. Le Seigneur a dit : "Ces gens n'ont plus de maître. Qu'ils retournent en paix, chacun dans sa maison." »

Le roi d'Israël dit à Josaphat : « Ne te l'avais-je pas dit ? Il ne prophétise à mon sujet rien de bon, mais seulement du mal. »

Michée reprit : « Eh bien, écoutez la parole du Seigneur. J'ai vu le Seigneur qui siégeait sur son trône. Toute l'armée des cieux se tenait à sa droite et à sa gauche. Le Seigneur demanda : "Qui séduira Acab, roi d'Israël, pour qu'il monte et qu'il tombe à Ramoth de Galaad ?" Ils répondirent, l'un disant une chose, l'autre disant une autre chose. Alors un esprit s'avança, se tint en présence du Seigneur, et il dit : "Moi, je le séduirai." Le Seigneur reprit : "De quelle manière ?" Il répondit : "J'avancerai, je deviendrai esprit de mensonge dans la bouche de tous ces prophètes." Le Seigneur déclara : "Tu le séduiras, tu l'auras même en ton pouvoir. Avance et fais comme tu as dit." Maintenant donc, voici que le Seigneur a mis un esprit de mensonge dans la bouche des prophètes qui sont là. Voici que le Seigneur annonce contre toi le malheur. »

Sédécias, fils de Kenaana, s'approcha et frappa Michée sur la joue en disant : « Mais par quel chemin l'esprit du Seigneur s'est-il échappé de moi pour te parler ? » Michée répondit : « Eh bien, le jour où tu fuiras dans une chambre retirée pour te cacher, tu le verras. » Michée reprit : « Si vraiment tu reviens sain et sauf, c'est que le Seigneur n'a pas parlé par ma bouche. » Et il ajouta : « Vous, tout le peuple, écoutez. »

Le roi d'Israël et Josaphat, roi de Juda, montèrent à Ramoth de Galaad. Le roi d'Israël dit à Josaphat : « Je vais me déguiser pour marcher au combat, mais toi, revêts ta tenue. » Le roi d'Israël se déguisa pour marcher au combat.

Le roi d'Aram avait donné cet ordre à ses commandants de chars : « Vous n'attaquerez ni petit ni grand, mais uniquement le roi d'Israël. » Lorsque les commandants des chars virent Josaphat, ils dirent : « C'est lui, le roi d'Israël ! » Et ils l'encerclèrent pour l'attaquer. Mais Josaphat poussa un cri, le Seigneur le secourut, et Dieu les entraîna loin de lui. Alors les commandants des chars virent que ce n'était pas le roi d'Israël, et ils se détournèrent de lui.

Un homme tira de l'arc au hasard et atteignit le roi d'Israël entre les attaches et la cuirasse. Le roi dit au conducteur du char : « Tourne bride et fais-moi sortir du champ de bataille, car je me sens mal. » Le combat, ce jour-là, devint très violent. Le roi d'Israël se maintint debout sur son char face aux Araméens jusqu'au soir, et il mourut au coucher du soleil.

Josaphat, roi de Juda, revint en paix dans sa maison, à Jérusalem. Jéhu, un voyant, fils de Hanani, sortit à sa rencontre. Il dit au roi Josaphat : « Fallait-il porter secours aux méchants ? Est-ce que tu aimes ceux qui haïssent le Seigneur ? C'est pourquoi la colère du Seigneur est sur toi. Toutefois, il y a aussi en toi quelque chose de bon, puisque tu as fait disparaître du pays les poteaux sacrés et que tu as appliqué ton cœur à chercher Dieu. »

Josaphat habitait à Jérusalem. De nouveau, il visita le peuple depuis Bersabée jusqu'à la montagne d'Éphraïm, et il les fit revenir vers le Seigneur, le Dieu de leurs pères. Il établit des juges dans le pays, dans toutes les villes fortifiées de Juda, un pour chaque ville. Il dit aux juges : « Soyez attentifs à ce que vous ferez, car ce n'est pas selon les hommes que vous jugez, mais selon le Seigneur, et il est avec vous quand vous prononcez un jugement. Et maintenant, que pèse sur vous la crainte du Seigneur, prenez garde à ce que vous faites, car dans le Seigneur notre Dieu, il n'y a ni perfidie, ni partialité, ni vénalité. »

À Jérusalem également, Josaphat établit des lévites, des prêtres et des chefs de famille d'Israël pour juger selon le Seigneur et régler les litiges. Ils habitaient à Jérusalem. Il leur donna des ordres en disant : « Voici comment vous agirez : avec la crainte du Seigneur, dans la fidélité et d'un cœur sans partage. Chaque fois que vos frères, établis dans leurs villes, porteront devant vous un litige concernant une affaire de sang, ou concernant la loi, commandement, décret ou ordonnance, vous les avertirez, pour qu'ils ne se rendent pas coupables envers le Seigneur et que sa colère ne soit pas sur vous ni sur vos frères. En agissant ainsi, vous ne vous rendrez pas coupables. Et voici qu'Amarias, le chef des prêtres, veillera sur vous pour tout ce qui concerne le Seigneur ; et Zabadias, fils d'Ismaël, le chef de la maison de Juda, pour tout ce qui concerne le roi. Les lévites vous serviront de scribes. Maintenant, soyez forts et agissez, et que le Seigneur soit avec celui qui fait le bien. »

Commentaire

Je vous avais parlé d'une guerre contre les Araméens où le fils d'Asa, Josaphat, allait faillir mourir. C'est celle-là. Merci, papa, d'avoir armé les Araméens.

La différence avec le livre des Rois, c'est quoi ? C'est qu'ici, on vous présente Josaphat comme un allié qui va de son propre chef, alors que dans le livre des Rois, on avait quand même le furieux sentiment que c'était le royaume du Nord qui était le maître de la place. C'était lui le grand royaume, la dynastie des Omrides. Et en fait, à cette époque-là, le royaume de Juda, c'était un État vassal du royaume du Nord qui essayait tant bien que mal de retrouver son indépendance. Mais là, comme la perspective est mise sur le royaume de Juda, on gomme un peu tout ça : réécriture de l'histoire.

N'empêche que la leçon est cinglante, et là, pour le coup, on ne l'avait pas dans le livre des Rois. C'est un prophète qui va voir le roi Josaphat et qui lui dit : « Mais qu'est-ce que tu avais à aider les méchants ? » À cette époque-là, le royaume du Nord, ils sont en pleine compromission idolâtrique avec les dieux de Baal. Acab, c'est la vigne de Naboth, c'est Jézabel. Donc là, en fait, le royaume de Juda est en pleine compromission. Il se vend au royaume du Nord plutôt que, devant Dieu, demander de l'aide et assumer sa faiblesse et sa petitesse. C'est important d'être droit dans ses bottes et de ne pas perdre son âme, même si on est le petit, qu'on est le pot de terre contre le pot de fer.

Et Josaphat se reprend et cette fois-ci recommence les réformes. C'est quand même pas mal ! On l'avait vu au chapitre précédent qu'il avait fait une réforme catéchétique, et là, on le voit qu'il fait une réforme judiciaire. Il envoie des juges partout. C'était ce que vous avez entendu :

Il établit des juges dans le pays, dans toutes les villes fortifiées de Juda, un pour chaque ville.

Il leur donne des instructions d'être intègres, de juger selon le droit, etc. Grande réforme judiciaire !

Nous, si on continue notre parallèle avec l'organisation de l'Église et le pape, ça vous donne quoi ? Ça ne vous donne pas les réformes catéchétiques ni les réformes liturgiques. Ça vous donne encore un autre type de réforme, un peu plus abscons, parce que ça n'atteint pas tout de suite le grand public, mais c'est hyper important : c'est les réformes judiciaires, les réformes du droit canonique.

Parce que, oui, il y a un droit à l'intérieur de l'Église. La Bible vous dit que l'Église est une société parfaite qui peut avoir son droit propre, parce que fondée par Dieu. Exode 18, c'est Moïse qui choisissait des juges pour que le peuple soit jugé selon l'autorité de la loi. Vous avez Jésus dans l'Évangile selon saint Matthieu qui donne à Pierre, la figure du premier pape, qui lui donne les clés du royaume des cieux, ce qui représente l'autorité judiciaire. Vous avez même Jésus qui donne la marche à suivre : si ton frère a péché, va seul à seul, reprends-le ; s'il ne t'écoute pas, prends un ou deux témoins ; s'il ne t'écoute pas non plus, dis-le à toute l'Église, etc. Et vous avez encore dans saint Paul, 1 Corinthiens 5,12 : « Qu'ai-je à juger ceux du dehors ? N'est-ce pas ceux du dedans que vous devez juger ? » CQFD. Le droit canonique, un droit interne à l'Église, c'est voulu par Dieu et institué par la Bible.

Et c'est exactement ce que Josaphat vous racontait : une grande réforme judiciaire qui est un prélude pour une grande réforme de l'Église, de la même manière qu'il y a quelques années, où on a eu une grande réforme du droit canonique pour pouvoir juger des scandales et des abus. La réforme de Benoît XVI, la réforme de François, qui ont renforcé la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi pour juger les abus graves, qui ont mis des tribunaux dédiés à ces questions-là, qui ont clarifié les délits, les peines, qui ont mieux articulé la coopération entre la justice de l'Église et la justice civile, et surtout qui ont dénoncé la culture du silence.

Eh bien ça, c'est l'histoire de Josaphat, et c'est quelque chose qui va venir bénir le royaume de Juda au temps de Josaphat et qui va venir bénir l'Église, parce que Dieu est du côté de la justice.

Proverbes 20,16-20

Quelqu'un s'est-il porté garant pour un tiers ? Saisis son manteau ! Et s'il l'a fait pour des étrangers, prends-lui un gage !

Il est délicieux, le pain de la fraude, mais après, la bouche en reste pleine de gravier.

Avec des projets bien concertés, te voilà sûr : mène la guerre en bon stratège.

Qui colporte des cancans trahira le secret : ne fréquente pas les bavards.

Qui maudit son père et sa mère, sa lampe s'éteindra au cœur de la nuit.


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